samedi 24 janvier 2009

Ciné, amie, alcool et répondeur

Le ciné. Amie P qui est la professeure privée d'anglais de Quatorze ans. Amie P qui est devenue l'idole de Quatorze ans. On se rencontre toutes les trois à seize heures. Quatorze ans s'est changée dans les toilettes de son école même si c'est interdit. Prête à prendre tous les risques nécessaires pour ne pas être vue en uniforme scolaire lors d'une sortie, Quatorze ans! Le film est en anglais, cours d'anglais oblige! Mais la prof d'anglais se permet de traduire à l'oreille, ce qui énerve la cinéphile en moi. Vont-elles se taire? Je ne peux réprimer un "chut" d'indignation, suivi d'une vague inquiétude, Amie P a-t-elle été vexée? Je le saurai à la fin du film qui est excellent, pas un chef-d'oeuvre, mais un bon divertissement. Slumdog millionnaire, j'avais déjà lu le livre.

Amie P. nous paie café et thé chaï. C'est pour Quatorze ans le capuccino glacé. Je ne savais pas du tout qu'elle buvait du café! On connaît si peu nos enfants. Et puis, Amie P va à la Régie et Quatorze ans la suit, Quatorze ans l'aime et l'admire et elles sont les meilleures amies du monde. On furète dans les bouteilles de vin, merveilleux monde et Amie P ne s'achètera qu'une seule bouteille pour cette soirée parce que les magasins de la société des alcools ne fournissent plus de sacs, une initiative que j'appuie tout à fait. On devrait en venir là partout. Alors la bouteille doit entrer dans son sac à main et on rit parce que le goulot dépasse. On s'embrasse. Métro. Maison. Au retour, il y a six messages sur le répondeur, messages que j'écoute. Tous pour Quatorze ans. Tous du même garçon. Sur un deux, il dit " Il faudrait qu'on s'embrasse plus!" Il faudrait qu'on s'embrasse plus, non mais.... sur le répondeur! Il devait bien se douter que tout le monde pouvait entendre son souhait. Je souris et j'ai envie de rire. Il faudrait bien qu'on s'embrasse plus, comme un ultimatum plus qu'un souhait. Curieux! Je dis à Quatorze ans d'aller écouter ses messages. On ne connaît pas ses enfants, ou si peu, ou si mal.

mercredi 21 janvier 2009

Histoires de filles

J'ai passé la journée avec Dix-huit ans hier tout en appelant régulièrement Dix-neuf ans qui avait besoin de ma signature pour son passeport. "Elle ne s'est pas levée, c'est pour ça qu'elle ne répond pas au téléphone." m'explique Dix-huit ans, qui en sait pas mal plus que moi sur sa soeur. Elle ajoute que Dix-neuf ans consomme et mange peu, ce qui explique sa maigreur et sa tendance à perdre la carte. Elle ne veut plus ni la voir ni lui parler depuis qu'elle a attaqué physiquement son chum à elle lors d'un excès de vapeurs éthyliques.

Je lui écris des courriels et des fois je l'attrappe sur msn. Elle y a inscrit comme commentaire avec son nick "Tout va pour le mieux. Il ne faut jamais sous-estimer l'adversaire." Elle s'est contenté de rire virtuellement quand je lui ai demandé d'expliciter davantage. Elle ne me contacte pas donc, mais n'hésite pas à le faire quand elle a besoin de moi, comme pour la signature de sa demande de passeport qui semblait urgente. Elle veut donc sortir du pays, mais je n'en saurai pas plus. Un beau cas de lâcher-prise et d'amour inconditionnel.

On est allées magasiner dans un magasin spécialisé en vêtements de maternité, Dix-huit ans et moi. À dix-huit semaines de grossesse, elle commence à avoir un tout petit ventre rond. C'est un vrai racket ces boutiques spécialisées. On y vend des tshirts ordinaires le double du prix parce qu'on les a déclarés "maternité". Le seul achat qui me semblait avoir du sens, ce sont les jeans cute et à la mode qu'elle pourra porter jusqu'à la fin. Je lui en ai acheté une paire. Elle a essayé des soutifs maternité pour les déclarer "archi-laids, pas question que mon chum me voit avec ça" et préférer s'arranger avec ceux qu'elle a déjà.

On a eu la bonne idée d'aller voir l'assermentation d'Obama sur les grands écrans télé du Costco. Magnifique spectacle, on était hypnotisées, pleines d'espoir, collées l'une contre l'autre dans un pur ravissement. Cet homme va changer la face du monde. On l'espère et on y croit.

Elle a décidé de nous faire à souper, délicieuse recette. Dix-huit ans cuisine très bien, c'est là un de ses nombreux talents, et est repartie chargée de sacs de nourriture.

lundi 19 janvier 2009

Savoir ce que l'on veut

Je veux déménager.

Je veux être en forme.

Je veux faire l'amour.

Je veux manger ce qui me tente.

Je veux maigrir.

Je veux avoir une fantastique relation avec mes enfants.

Je veux voir ma mère plus souvent.

Je veux que mon logement d'en haut soit rénové.

Je veux être utile.

Je veux être heureuse.

Je veux savoir ce que c'est que d'être heureuse (je le suis peut-être déjà).

Je veux voyager.

Je veux recommencer à faire du yoga.

Je veux continuer les activités aquatiques.

Je veux voir des spectacles.

Je veux voir plein de films.

Je veux recevoir.

Je veux cuisiner.

Je veux étudier.

Je veux lire.

Je veux voir mes amis.

Je veux être reconnue. `

Je veux être aimée.

Je veux être libre.

Je veux me libérer de mes possessions matérielles.

Je veux un nouvel ordi.

Je veux en connaître plus en informatique et en technologie.

Je veux déléguer les corvées. (à qui is the question?)

Je veux aller dans un spa (jamais fait ça).

Je veux me faire de nouveaux et nouvelles ami(es).

Je veux sortir davantage.

Je veux me débarrasser de mes vêtements.

Je veux m'habiller coloré et flyé.

Je veux un massage.

Je veux donner un massage.

Je veux prendre des cours de massage.

Je veux essayer toutes les écoles de yoga de Montréal.

Je veux aller à la bibliothèque.

Je veux me départir de la plupart de mes livres. (mais c'est si dur!)


Je veux boire du café.

Je veux boire du vin.

Je veux mettre des robes.

Je veux courir.

Je veux un amoureux.

Je veux apprendre.

Je veux me dépasser.

Je veux prendre soin de moi.

Je veux prendre soin des autres.

Je veux être en bonne santé.


Je veux vivre.

Je veux bouger.


Je veux relaxer.

Je veux arrêter de m'en faire pour rien.

Je veux me vider l'esprit. `

Je veux quitter cette maison.


Je veux faire un profit sur cette maison.

Je veux me faire respecter.

Je veux respecter les autres.

Je veux classer mes documents en ordre.

Je veux que ma maison soit propre.

Je veux être légère.

Je veux avoir chaud.

Je veux me taire.

Je veux écouter.

Je veux respirer.

Je veux progresser.

Je veux rajeunir.

Je veux entendre la musique de Buddy Bolden.

Je veux aider l'humanité.

Je veux tout.




vendredi 16 janvier 2009

Overdose

De la peinture des quarts-de-rond des tuiles de salle de bains décollées on achète un tour de bain ou bien on refait le gyproc là faut acheter des tuiles neuves faudrait un bon jobbeur pour que ça soit bien fait trois mille dollars pour la salle de bains la cuisine vous les changez les armoires faudrait savoir là vous les changez pas bon avez-vous choisi vos couleurs votre escalier est glissant ok je vais aller saler ça un beige neutre ça irait je sais pas c'est la mode le blanc non faut pas garder ça dépassé plafonds blancs oui mais faut de la couleur qui va plaire au plus grand nombre as-tu appelé pour les planchers c'est pas fait oh oh faudrait s'y mettre j'ai mis les vieux tapis sur le balcon ça va j'en ai jeté la moitié en bas aussi faudrait peinturer vous nous devez neuf cent dix dollars pour la semaine passée on va continuer aujourd'hui appelez pour les planchers lundi fini satiné à l'eau ça sent moins vont vous faire ça en deux jours oui c'est solide la porte du garde-robe ferme pas vraiment brisée faut en acheter une autre et puis les couleurs c'est quoi finalement et les luminaires du passage sont trop anciens ça serait mieux de les changer aussi avez-vous mesuré vos pièces pour les planchers c'est fait bon c'est bien.

mardi 13 janvier 2009

Grossesse adolescente

Les joies de la grossesse adolescente, c'est de se faire dire par sa sage-femme qu'il y a des femmes qui gardent leur bijou de nombril jusqu'à la fin et que ce n'est pas dangereux de le faire! C'est de déclarer, ravie, à sa grand-mère que le piercing de la langue, lui, ça, c'est certain qu'elle peut le garder! C'est de s'acheter une boîte de pogos parce que " je mange bien vu que je ne fais pas d'anémie," c'est de demander qu'on arrête de la stresser avec cette histoire de trouver un nom, c'est d'appeler son chum surexcitée en visitant des condos pour lui dire de mettre ses copains dehors "parce que j'arrive et qu'on doit discuter, " c'est d'aller travailler tous les jours à embrocher des poulets et à servir des clients pas toujours aimables, tout le temps debout, sans trop se plaindre. C'est toute cette belle énergie qui m'émeut, cet élan d'amour que j'éprouve pour ma jeune poulette qui se lance dans la vie sans garde-fou, confiante et tellement vivante. La beauté en personne.

lundi 12 janvier 2009

La familia

Ma mère était ravissante comme toujours. Elle avait mis son vison et son sourire. Fils est arrivé en retard, très en retard, ce qui a mis Dix-huit ans en rogne. "Il me fait toujours ça et il fait exprès en plus." Elle l'a pris personnel, ce grand retard et puis elle avait faim. Maman a demandé à changer de place, elle avait le soleil dans les yeux. J'étais à côté de ma Dix-huit ans, tellement juvénile dans son legging et dans son t-shirt qu'elle ne les faisait même pas ses nouveaux dix-huit ans. Elle ne faisait pas femme enceinte de dix-sept semaines non plus. Rien de visible encore. Pourtant, tous les tests sont favorables, elle ne fait pas d'anémie et le bébé se développe bien, selon la sage-femme qui est la meilleure sage-femme du Québec, alors on peut lui faire confiance. Elle buvait un punch aux fruits plein de sucre et Quatorze ans, un Sprite et maman et moi, un café au lait. Le soleil inondait le restaurant. Fils était toujours en retard. Dix-huit ans avait encore plus faim. Quatorze ans collait sa grand-mère.

Fils est arrivé dans le rayon du soleil, sa ravissante compagne palestinienne à son bras. On l'aime donc cette fille-là, avec son sourire et son sens de l'humour. Baisers à tous. Encore du café. On babille tous ensemble. Je parle de HLM à Dix-huit ans, ce qui l'insulte. Elle me parle plutôt condos, on ira en voir après le brunch. Je mange léger, je suis quand même WW, mais pas si léger que ça non plus. Ne pas se priver trop.

Quatorze ans fait ma critique publique. Ce qu'on peut se tomber sur les nerfs, elle et moi, depuis que nous vivons toutes les deux ensemble avec personne pour diluer la relation! Elle a un plaisir fou à se défouler. La famille rit et moi aussi je ris.

J'ai un léger pincement au coeur parce que Dix-neuf ans n'est pas là. Et je décide de ne plus y penser. Que puis-je faire? Tellement, tellement rien. Je garde contact du mieux que je peux. Un message sur son répondeur, un courriel de temps en temps. Mais si elle refuse de communiquer, qu'y puis-je? Je sais bien que les familles des gens qui se suicident se font beaucoup blâmer. Vous n'avez rien vu? Vous n'avez pas aidé? Moi, je ne juge pas ces familles, je les comprends tellement. Quand un membre adulte de ta famille coupe le contact, tu ne peux pas le forcer à communiquer avec toi. Et les périodes sans contact s'allongent tranquillement. Au début, après une semaine sans nouvelles, tu paniques. Ensuite, c'est après un mois que tu t'inquiètes. J'en suis là.

Dans l'après-midi, je suis allée voir des condos avec les filles. On en a vu des beaux. Vraiment. Très excitant comme projet. Dix-huit ans aimerait habiter dans le quartier de son enfance. En fait, c'est dans le logement vide que je rénove qu'elle aimerait habiter. Mauvaise idée. Je le lui ai dit clairement. Alors on a vu des condos! C'est quand est arrivé le moment de faire les calculs d'hypothèque que ma fille a déchanté. Je n'ai pas eu à dire un mot. Les faits parlent. Les chiffres aussi. Mais elle ne se décourage pas facilement ma fille. Une vigoureuse enfant. On est allées en voir d'autres encore, moins chers, moins beaux, tout aussi neufs. Sur plan. Calculs. Ça mijote. Dans la tête de Dix-huit ans et dans la mienne aussi. Drôle d'avoir des projets en quelque part semblables alors que nous sommes de générations différentes. Rassembleur. Jamais nous ne nous sommes senties plus proches que maintenant que nous ne vivons plus ensemble, Dix-huit ans et moi, maintenant qu'elle fait sa vie et que je fais la mienne, maintenant que nous sommes deux adultes qui se respectent et s'entraident.

On a parlé d'estime de soi. Très intéressant. Elle me dit que son chum en manque tout comme elle et que ce point commun les réunit et les rassemble. Je suis surprise. Dix-huit ans semble tellement guerrière et affirmative. C'est qu'elle cache bien son jeu, me dit-elle. On est ici en pleine honnêteté. L'estime de soi, ça se transmet et ça se bâtit à tout âge. Elle est d'accord. On parle du carnet de fierté. Son estime à elle pourrait se bâtir en même temps qu'elle bâtirait celle de son enfant à naître. Beau projet! J'ai de la misère à stationner, comme toujours. Je veux aller plus loin, car il y a une place plus grande. Et puis non, j'essaie encore et encore pour montrer l'exemple. Et puis finalement, j'entre enfin dans le petit espace, bien droite et tout à côté du trottoir. "Je vais écrire ça dans mon carnet de fierté ce soir, que c'était difficile de stationner mais que j'ai persévévé et que j'ai réussi." On rit, complices.

samedi 10 janvier 2009

L'amertume

L'amertume fait vieillir. Les amers sont parfois des jeunes bien vieux. Je pensais à ça parce que j'ai une petite tendance actuellement à me tourner vers mon passé, pas pour y voir les bons coups, mais bien pour ressasser ce qui n'allait pas. Comme le fait justement que je prenais mes couples en charge, que je m'attachais à des hommes attachants (hihi) mais souvent faibles. Mon premier chum, le père de mon fils était drogué en permanence aux Valiums. Quel beau défi pour moi que de le guérir! J'ai réussi. Et puis ma plus longue relation avait vécu une enfance horrible, débilitante, écrasante et ensuite un mariage avec une pas mal folle femme qui faisait partie d'une secte religieuse et y avait entraîné ses enfants. J'ai sorti les enfants de là. Je dis que c'est moi qui l'ai fait parce que Chummy regardait cette situation dramatique sans rien faire et je l'ai poussé, un peu malgré lui, à réagir. Évidemment, je n'en ai pas tout le crédit, s'il n'avait pas voulu du tout les reprendre ses enfants, ça ne serait pas arrivé non plus.

Le seul gars qui, lui, a pris soin de moi, c'était il y a quelques années seulement. Un homme qui m'a littéralement prise en charge, qui m'appelait tous les jours, venait me chercher à la maison (Pur Bonheur l'aurait aimé), qui organisait nos activités, qui me faisait amoureusement à manger, qui conduisait la voiture tout le temps, m'entourait, me complimentait. Je me suis laissé aller. Pas complètement, c'était louche tout de même. Il était un mauvais baiseur, mais ça n'avait pas une si grande importance, étant donné tout le reste, j'étais prête à bien des compromis. Il m'entourait, mais ne m'écoutait pas vraiment, pas souvent. Pas si grave non plus. J'étais conquise et puis je le trouvais intéressant. J'aimais l'écouter. Trois mois intenses. Et puis, il est parti à Québec et ne m'a écrit un mot que deux ans plus tard! Dans lequel il disait être parti à cause de son travail mais aussi parce qu'il commençait à tomber en amour avec moi et que ça lui faisait peur. Je n'ai pas répondu à son courriel. Et voilà qu'un an et demi plus tard, je viens de lui écrire. Et mon ressenti, c'est de l'amertume. Et l'amertume, ça fait vieillir. Je m'attends à un long silence de sa part également. Et moi, il me faut une cure, pour me libérer du poison de l'amertume, pour vivre dans la fraîcheur, dans le renouveau, dans le présent et dans l'espoir.

Les ouvrières (oui, oui, j'ai trouvé une équipe de femmes!) sont en haut en train d'arracher le tapis. Elles vont peindre les plafonds. L'opération rafraîchissement est en cours. Dans l'appartement du haut et chez moi aussi. Du neuf, c'est ce qu'il me faut!

vendredi 9 janvier 2009

Les insécurités

J'en ai beaucoup et j'ai honte d'en avoir. Même honte d'avouer en avoir autant. Plus qu'avant? Oui. Ça peut s'inverser? Absolument. J'y travaille très activement. Pour vaincre ses insécurités. il faut les confronter, plonger dans ce qui fait peur, prendre des risques. Un projet à la fois.

Il y a parfois chez moi ce désir de partager les responsabilités avec un autre. Sauf que le problème, c'est la tentation de s'en remettre à l'autre. Si j'avais un conjoint moindrement intéressé, possible que je la lui confierais la vente de cette maison, que je m'en laverais les mains car l'intérêt de base n'est pas là. Mais je n'ai pas le choix d'avancer et de procéder. Ça ne se fera pas tout seul. Je suis obligée d'apprendre malgré moi et de prendre les opérations en charge. Prendre sa vie en charge, n'est-ce pas un défi quotidien? Je ne pense pas que ce soit plus facile à cinquante ans qu'à vingt. Ce l'est moins, parce qu'on connaît davantage les risques, ce l'est plus, parce qu'on a l'expérience.

Derrière toute femme indépendante, il y a une petite fille qui rêve d'un prince charmant pour la prendre en charge. J'en ai trouvé un pendant trois mois seulement, il y a quelques années et je m'en souviens avec vivacité. Je pense que les hommes aussi aimeraient bien qu'on les prenne en charge, de temps en temps. Le repos du guerrier?


Me voilà donc plongée tout entière dans cette vente de maison. Mon blogue devient un blogue immobilier. Ensuite, je partirai. Où? C'est là que ça devient intéressant. Je peux aller n'importe où. Fascinant.

jeudi 8 janvier 2009

Maison et libido

Mes soucis de maison m'enlèvent toute libido et freinent ma joie de vivre. Il y a des problèmes de maison bien pires que les miens, je sais, M, je sais. Et ma joie de vivre, c'est à moi de la préserver et de l'entretenir, je sais aussi, V. Allons au WW en attendant. Pas trop certaine que ça va me remonter le moral.

Le taudis

Je ne suis pas une propriétaire fatigante. Je ne mets jamais les pieds chez mes locataires. Quand ils ont un problème de plomberie, je leur donne le numéro de téléphone de mon plombier et je paie la note, sans aller voir. Même chose pour l'électricité ou tout autre problème domestique. J'étais plus vaillante au début de ma carrière de propriétaire, je montais moi-même, je regardais ça d'un air connaissant, j'accompagnais le plombier, je supervisais ou faisais semblant de superviser ses travaux, mais maintenant, j'en ai marre. Il y avait plus de dix ans (quinze?) que je n'avais pas mis les pieds dans un des logements,donc. Celui qui avait été occupé par mon ex-amoureux et ensuite par sa fille. Et voilà que la fille est partie et que je suis allée voir le logement vide hier.

Catastrophe! Une odeur pestilentielle. Les chats! Mausus de chats. Semblerait qu'ils se servaient régulièrement du tapis comme litière quand ils étaient contrariés. C'est l'explication donnée par fille de l'ex, pas gênée du tout de m'expliquer les comportements parfois imprévisibles de la race féline. On ne se décourage pas. De toutes façons, le tapis, j'allais l'enlever.

Dans la salle de bain, des tuiles sont arrachées. Pas arrachées, enlevées, me dit fille-de-l'ex, elles tenaient mal et puis avec les fourmis, j'ai préféré les enlever et recouvrir le mur de plastique! Les fourmis? Elle m'en avait bien parlé il y a quelques années, je lui avais donné des produits et je croyais le problème réglé depuis longtemps. J'en ai pas vu de fourmis moi. Bon, les tuiles de céramique sont dans une boîte, ça doit bien se recoller.

La cuisine est vieille et d'origine, là , c'est la faute de personne sauf du temps. Une grosse dépense en vue.

Rien qui ne puisse se régler à force de travail, donc. Je mets une femme là-dessus.

Je ne peux pas vendre comme ça. Ce pépin me ralentit. Mais ne m'arrête pas.

lundi 5 janvier 2009

Je change de poste

C'est quoi cet apitoiement sur soi de mon billet précédent! Non, mais, je me relis et je me déprime moi-même. Stop! On repart en neuf. C'est la nouvelle année. Je peux faire ce que je veux. J'ai les moyens de faire ce que je veux. Je suis en santé, mon corps fonctionne très bien, c'est quoi ces barrìères que je me mets moi-même. Je recommence. En neuf. Projets. Action. On tourne.

Cul-de-sac

J'étais bien trop jeune pour la prendre cette retraite. Je ne voulais plus enseigner, soit, c'est correct. Je pouvais vivre sans travailler, quelle chance, me suis-je dit! Liberté 55 à quarante-huit ans. J'avais encore plein d'enfants à charge, ils m'ont gobé mon temps et je me suis laissé dévorer parce que je n'avais pas d'autre projet valable. Au moment de l'abandon de mon emploi, je voulais devenir famille d'accueil à plein temps, aménager mes logements pour y accueillir des enfants et donc me débarrasser de mes locataires du même coup. Au même moment, mon adolescente problème a été placée en centre d'accueil! Ça n'aurait pas vraiment dérangé mon dossier de famille d'accueil, m'a dit la travailleuse sociale, j'avais déjà fait mes preuves et le besoin est immense à Montréal. Mais moi, là-dedans, non, je ne me voyais pas d'un côté avoir une enfant placée et de l'autre accueillir des enfants placés. J'ai laissé tomber. Tout.

J'ai bien fini mes études en Petite enfance et Famille, histoire de bien les comprendre, les troubles de l'attachement dont souffrait ma fille. J'ai même travaillé un peu, très peu, dans un centre de la petite enfance et j'ai détesté. Je me suis alors retrouvée dans un espèce de cul-de-sac et j'y suis toujours. Je me suis lancée à corps perdu (c'est le cas de le dire!) dans l'exercice intensif et les cours de yoga et j'en ai retiré une certaine satisfaction et une satisfaction certaine. Devenir professeure de yoga a été un de mes buts, jamais atteint et que je ne suis plus certaine de vouloir atteindre, plutôt certaine de ne plus vouloir l'atteindre, tiens.

C'est pour toutes ces raisons que j'ai intitulé ce billet "Cul-de-sac".

Un cul-de-sac, il ne faut pas rester dedans, il faut s'en sortir et je veux m'en sortir. Reste à savoir comment et par où commencer.

samedi 3 janvier 2009

Fierté

"Ce garçon va devenir quelqu'un de bien." Ce sont les parents du premier bébé de l'année à Montréal qui parlent.

"Il sera un grand Montréalais et un grand Canadien, un citoyen d'exception capable de contribuer à la société."

C'est un discours qu'on entend trop peu souvent. Élever un enfant pour en faire un citoyen d'exception et une contribution à la société, ça dépasse élever un enfant pour qu'il soit heureux. Ça implique des efforts, de la droiture et de la discipline. Du temps aussi. Cette petite personne est importante car elle aura un futur grandiose. C'est tout plein d'espoir. Et je suis persuadée qu'un enfant élevé avec cette grandiosité et cet investissement parental total a beaucoup plus de chance d'être heureux.

On croit en lui, en ses capacités, il deviendra quelqu'un de bien, entend-il de la bouche de ses parents. Comment faire autrement avec une telle foi et un tel encouragement.

vendredi 2 janvier 2009

Bye bye raciste

Le Bye Bye 2008 a été écrit par des gens sans culture, sans connaissances générales, centrés sur eux, leur petit vécu québécois fermé bien dur, anti-immigrants, anti-anglais, anti-noirs, anti tout ce qui déborde de leur petite vie étroite, douillette et nombriliste.

Dans de grands événements comme l'élection d'Obama ils n'ont vu que l'occasion d'étaler toute la panoplie de leurs jokes racistes éculées et de bas étage, supposément pour ridiculiser Denis Lévesque. Du spectacle grandiose de Paul McCartney, Véronique aura cette petite phrase assassine et hypocrite, à la toute fin du Bye Bye "Je ne parle pas français, mais je prends le cachet." Péché mortel pour tout le monde de ne pas parler français ou de voter différemment de Véro et son chum, les Anglais deviennent des ennemis qui ne seront pas accueillis chez nous, nous dit agressivement Jean-François Mercier, leurs bars ferment à quatre heures de l'après-midi et leurs femmes ne baisent pas avant le mariage, ni après. Si quelqu'un du Canada anglais attaquait aussi méchamment des Québécois, on en entendrait parler longtemps. Un discours xénophobe, petit, bas, dont j'ai eu honte. Je paie des taxes pour de telles insanités? Comment se sentaient mes filles en voyant l'imitateur de Denis Lévesque pointer vulgairement son doigt vers la "zigounette" du président des États-Unis? Et mon amie anglophone, elle, comment se sentait-elle?


On dirait que les scripteurs sont déconnectés de la réalité multiculturelle et ouverte qui les entoure. En fait, s'il y avait eu d'autres personnes que des Blancs francophones peu cultivés pour écrire les sketchs, certains d'entre eux ne seraient jamais passés, celui de l'entrevue de Obama, jamais en tout cas et le commentaire absolument disgracieux de Jean-François Mercier sur la plus grande facilité de tirer du noir sur blanc, certainement pas non plus. Il n'y avait rien, vraiment rien de drôle là-dedans, rien qu'un gros malaise devant tant de bêtise.

Il y a eu des bons moments, le numéro sur la listériose était réussi. Les vieux chanteurs qui refont les chansons des jeunes aussi. Céline Dion, numéro éculé mais Véronique Cloutier l'imite bien tout comme elle faisait une Julie Couillard plus vraie que vrai. J'ai aimé que Julie Couillard participe, elle démontre un étonnant sens de l'humour, la dame, et elle va percer dans le show bizz. C'est déjà parti. J'ai aimé qu'on souligne les cinquante années de carrière de Michel Louvain. Beau numéro empreint de respect, trop rare le respect dans ce bye bye, il faut le relever!

En y repensant, même dans le numéro sur Céline Dion, on introduit du racisme en lui faisant dire que son jardinier c'est Mandela. Une obsession?

Comparé à ça, le Tout le monde en parle a été un grand succès. On y a fait se donner l'accolade à Jean et Pauline et ils ont su nous rendre la vie politique plus humaine. Tous les invités étaient excellents, le ton joyeux mais sans vulgarité. Bravo! On m'a dit que l'émission de Jean-René Dufort était très bonne aussi mais je n'ai pas eu l'occasion de la voir.

mercredi 31 décembre 2008

Voisin et l'amour encore

Voisin a eu une vie amoureuse atypique. ll a vécu quinze ans heureux avec sa professeure à la maîtrise à l'université. Elle avait vingt ans de plus que lui. Ils ont voyagé beaucoup, vu plein d'expositions dans le monde entier (les deux sont artistes), acheté une terre aux Îles-de-la-Madeleine et Voisin, qui est très habile de ses mains, y a construit une maison. Ils y passaient tous leurs étés, étant tous deux du domaine de l'éducation.

Et puis, Voisin tombe follement amoureux d'une jeune femme, sa partenaire dans un cours de plongée sous-marine. Tout va très vite, il quitte sa compagne, s'établit avec la nouvelle, lui fait un enfant et divorce bruyamment quand le bébé est encore tout jeune. Une relation passionnée et houleuse dès le début, me dira-t-il. Un divorce destructeur, dans lequel Voisin perd son petit garçon, c'est du moins comme ça qu'il l'a vécu.

Depuis, il a fait des rencontres, mais légères. Il est extrêmement méfiant, se débrouille fort bien seul et n'a pas vraiment besoin de femme dans sa vie. Il a ses chiens, il dort avec, leur parle, les caresse et les aime de tout son coeur.

Je me demandais même s'il avait la capacité de tomber amoureux d'une femme. Et puis, l'année passée, il y eût Dulcinée! Et j'ai vu Voisin vulnérable, rougissant, balbutiant, tendre et absolument et visiblement amoureux. Leur amour ne s'est jamais véritablement matérialisé et il n'en a plus de nouvelles ou si peu, ne travaillant plus au même endroit qu'elle. Mais il y a eu de l'espoir et je l'ai découvert incroyablement romantique.

Alors, Voisin, je le prends comme il est, avec ses qualités et ses défauts. On n'est clairement pas amoureux mais il y a une certaine tendresse entre nous. Je suis absolument et totalement libre de chercher ailleurs, si tel est mon désir.

mardi 30 décembre 2008

Voisin et l'amour

Je le vois régulièrement, on va prendre des marches, je l'accompagne à l'hôpital quand il passe des tests, il me répare les fuites d'eau, il a fait le ménage de ma cave, il a coupé mon jambon de Noël, il a raccompagné ma mère à la voiture pour ne pas qu'elle glisse, on fait l'amour si je veux, il n'a jamais refusé jusqu'ici, si je n'en parle pas, il n'en parle pas, il me raconte ses troubles avec ses locataires, il m'a présenté son ami intime, il me reçoit à la tisane ou au scotch, il me fait de la pissaladière, son fils s'entend bien avec ma plus jeune fille, et pourtant je dis que nous ne sommes pas amoureux et nous ne le sommes pas.

Serais-je de celles qui ont besoin des genoux qui tremblent et du coup au plexus solaire? Serais-je une incorrigible romantique à laquelle il faut faire la cour et la couvrir de fleurs et de compliments? Ai-je besoin d'être demandée en mariage? Non, ce n'est pas ça non plus.

Au début, quand j'ai rencontré Voisin, j'ai fondé certains espoirs sur cette relation. Légers, les espoirs, mais espoirs quand même. Je ne pense pas que l'amour doive être instantané. Le temps, la connaissance de l'autre, la communication ouverte et la bonne volonté peuvent faire leur oeuvre. Pas dans notre cas.

Quand je l'ai rencontré, c'était un homme profondément blessé. Le juge avait statué qu'il n'aurait pas la garde de son fils, ni totale, ni partagée, pas de garde du tout, des droits d'accès minimaux, une fin de semaine sur deux et les vacances et voilà. Il était extrêmement amer, d'une amertume cuisante, oxidante, dérangeante, perturbante. Et moi, j'avais plein de problèmes graves avec ma fille aînée, alors adolescente, oui, la même, celle qui souffre maintenant (selon moi) de maladie mentale non diagnostiquée. On se racontait nos troubles dans son petit salon et en fin de soirée, on baisait.

Je me rappelle qu'on avait décidé de passer un week-end ensemble, à Québec. J'avais mis des espoirs romantiques dans cette fin de semaine qui, je l'espérais secrètement, en serait une d'amoureux. C'était un temps de festival, alors on avait dû se rabattre sur une chambre luxueuse. Il ne voulait pas payer ça, je l'avais offert. J'en avais envie de confort, moi et puis, j'étais si heureuse de faire un petit voyage avec lui. Je ne pourrais pas expliquer clairement ce qui s'est passé, mais dès le lendemain midi, on rentrait à Montréal, froidement, sans se dire un mot dans la voiture. Je m'attendais à trop, j'avais eu le malheur d'exprimer ma déception, il avait été froissé et s'était fermé et quand il se ferme, il se ferme, cet homme-là!

Car c'est une autre de ses caractéristiques: monsieur boude. Et il boude longtemps! Ce n'est absolument jamais lui qui va tenter une réconciliation après une de ses bouderies. Au bout de quatre mois à peu près, je communique avec lui, je m'excuse, des fois, je ne me rappelle plus clairement de quoi je m'excuse mais l'étape de l'excuse ne doit pas être escamotée, et puis, tout revient comme avant mais il ne faut surtout pas reparler de l'épisode qui a causé la bouderie.

lundi 29 décembre 2008

Varia

La personne la plus utile lors de la réception d'hier, qui a été un succès, a été Voisin. Je l'aime et je l'apprécie cet homme. Il a décoré ma maison en cinq minutes, c'était Noël sans arbre de Noël. Allumé et brillant. C'est un artiste. Et puis, il a découpé le jambon, vu à ce que personne ne manque de vin, a pris des photos, a tenu compagnie au chum de ma mère qui l'adore, a servi de chauffeur à amie P. Un amour! Il a même téléphoné à tante R qui ne pouvait venir et s'ennuyait chez elle et lui a fait du charme au téléphone. Sans lui, ça n'aurait pas été pareil.

Mon fils grippé n'a pu venir nous voir. Dix-neuf ans est arrivée tard, on avait déjà fini de manger. Elle est tombée dans le vin et est restée bien tranquille. Aujourd'hui, Dix-huit ans m'a appris qu'elles étaient allées en gang chez des amis de son chum après la soirée et que là Dix-neuf ans était devenue agressive avec les gens là-bas et qu'elle avait même sauté à la gorge du chum de Dix-huit ans qui tentait de la calmer. Finalement, ils auraient réussi à la mettre dans un taxi. Dix-huit ans veut prendre ses distances, elle a eu peur et elle me dit de m'assurer de ne jamais laisser Quatorze ans seule avec sa grande soeur. Je lui avais pourtant parlé de ça justement cette semaine, de prendre soin d'elle et de son bébé, de ne pas porter sa soeur sur son dos et elle m'avait accusée de vouloir abandonner Dix-neuf ans, alors que ce n'est pas du tout de ça dont il s'agit. On ne l'abandonne pas, on l'aime, mais on se protège.

Quatorze ans est partie deux jours chez des amis. Je suis seule. Je me sens fatiguée et vaguement triste, c'est à cause de Dix-neuf ans probablement. L'impuissance. Je vais retourner voir la psy en janvier. Peut-être. C'est peut-être la fatigue tout simplement.

Demain, je vais voir un film qui a gagné des prix et qui m'attire, Le septième ciel. Je vous en donne des nouvelles.

samedi 27 décembre 2008

Les seins et les fesses

Voisin travaille dans un milieu de femmes. Il nous montrait la photo de son groupe hier, lui tout seul d'homme avec une trentaine de femmes. Il nous les décrivait affectueusement, l'une après l'autre, comme s'il s'était agi de son harem. Un bon mot sur chacune, sur leur caractère mais sur leur physique aussi. "Elle est bien gentille et quel beau visage, mais elle n'a ni seins ni fesses, la pauvre, " disait-il d'une de ses collègues, comme si elle souffrait d'une infirmité certaine. Sur la photo, la jeune femme était pourtant ravissante, un peu style mannequin. Elles y ont toutes passé, le copain de Voisin commentant aussi. Même opinion sur le physique des dames. Rassurant.

Weight Watchers

Je suis plus ou moins mon système de points Weight Watchers. Le but pendant les trois semaines du temps des Fêtes, ce n'est pas de perdre du poids, mais bien de ne pas en prendre. C'est déjà bien assez difficile. On n'a pas de rencontres pendant trois semaines et on ne paie pas non plus évidemment. Mais notre coach a fait cet arrangement avec nous: ne pas prendre de poids. Chaque année, je prends dix livres pendant cette période de réjouissances et ensuite, j'en ai jusqu'au printemps pour les reperdre! Cette année, ce sera différent. Le fait de savoir que je suis inscrite à WW, le fait d'écrire sur ma feuille ce que je mange, gérer les excès, et puis me peser aussi, va marcher. Je garde le contrôle tout en m'accordant du bon temps. La plupart des jours, on va faire le tour du lac avec Voisin, mais c'est certain que je fais moins d'exercices qu'en temps normal.

C'est demain que je reçois famille et amis. Repas tout à fait traditionnel cette année, dinde, tourtière et compagnie. Et des petits cadeaux pour tous. La maison sera pleine.

Je ne fais plus de yoga. Pourtant, j'en connais tous les bénéfices. On dirait que mon histoire avec la gourou folle m'a vraiment perturbée. Il faut que je passe par-dessus.

vendredi 26 décembre 2008

L'ami de Voisin

Voisin a un ami intime. C'est le seul. Ils se parlent de leur vie sexuelle dans le moindre détail, c'est même leur sujet de conversation préféré et ça dure depuis trente ans. "Tu lui as donc parlé de moi?" que je demande.

"Toi, pouf! et comment! Il sait tout de toi, et comment tu jouis aussi et .... et ..... et même...."

Ce soir, je suis encore invitée à souper chez Voisin et l'ami en question sera là. J'en suis vaguement gênée. Vaguement troublée aussi. Et amusée.

mardi 23 décembre 2008

Retomber sur ses pattes

C'est toujours ce que je fais. J'en remercie mon père, j'en remercie ma mère, qui m'ont transmis de la confiance en moi à travers une enfance relativement normale. Et j'ai beaucoup d'admiration pour ceux qui s'en sortent haut la main malgré une enfance pas du tout normale! Je l'ai facile finalement.

La loi du moindre mal

Avoir quelqu'un de proche dans sa famille qui souffre de maladie mentale non-diagnostiquée, c'est une lourde épreuve. Ma fille aînée est venue faire les cheveux de sa soeur hier. On ne l'avait pas vue depuis des mois. Il a fallu lui payer le taxi parce qu'elle est incapable de marcher sur la rue et de prendre le métro et que ma voiture était encore enfouie. Elle est très maigre et souffre probablement d'anorexie en plus du reste. D'alcoolisme aussi. À onze heures du matin, avec rien dans le corps, elle m'a demandé si elle pouvait avoir un verre de vin. Mais ce sont tous des diagnostics à la gomme de noix et que j'imagine peut-être. C'est le néant. Elle m'a montré sa patche contraceptive et nous a expliqué, décontractée, que, sa soeur lui ayant dit être enceinte, elle avait eu l'idée de passer un test elle aussi, qui s'était avéré positif! N'ayant jamais utilisé de contraception pendant des années sans jamais tomber enceinte, elle en avait conclu qu'elle était stérile! Finalement, elle fera une fausse couche alors qu'elle est en attente d'avortement. Ce qui est sorti de bien de tout ça, c'est cette patche qui la protégera des grossesses futures.

Je vous écris tout ça et vous imaginez un être hagard, échevelé, malpropre. Tout le contraire! Ma fille est une ravissante personne, toujours bien mise et qui prend un temps fou (et anormal) pour se maquiller et "s'arranger". Hier, elle ne l'était pas maquillée et nous l'a dit vingt-cinq fois. Ça lui avait pourtant pris deux heures à se préparer. Elle est cultivée, très intelligente, extrêmement habile de ses mains, elle fait des coiffures magnifiques, dessine avec talent, écrit sans fautes, peut monter des meubles sans regarder les plans. C'était notre dépanneuse officielle quand quelque chose ne marchait pas dans la maison. Habile et ingénieuse.

Dans son cas, il faut appliquer la loi du moindre mal. On nous avait prédit une vie de droguée prostituée itinérante. La psychiatre qui nous avait prédit ça! Et la psychologue qui me suivait me préparait à cette éventualité aussi. C'est bien moins pire. Elle ne travaille pas, elle est sur le bien-être social, elle ne sort à peu près pas, mais elle n'est ni droguée ni prostituée ni itinérante. Elle a un chum qui fait peut-être de la petite criminalité, j'en sais pas trop et je ne veux pas en savoir plus, mais rien de trop grave, semble-t-il. Donc, je devrais me réjouir. Elle tourne bien moins mal qu'on ne me l'avait prédit. Sa sécurité de base n'est pas en jeu, pas trop en tout cas.

Hier, les cheveux de sa soeur toute la journée, ça a été trop. Quand je suis sortie acheter à souper, elle avait quitté sans prévenir avant mon retour et Quatorze ans était en larmes. Elle était partie avec un grand couteau de cuisine et notre téléphone. J'ai pu savoir plus tard qu'elle était bien rentrée chez elle ( en taxi) et qu'elle s'était débarrassé du couteau ... quelque part dans la neige. Elle n'avait pas jeté notre téléphone.

Je ne sais pas trop quand je la reverrai. Elle est invitée pour notre fête de Noël qui se passera la fin de semaine prochaine mais, devant son immense déception absolument pas dissimulée que je ne donne pas de cadeaux en argent cette année, il est bien possible qu'elle ne vienne pas.

Elle devrait se faire soigner? Absolument! Essayez donc, vous, de faire soigner un membre adulte de votre famille qui ne le veut pas. Bonne chance!


Dans un tel contexte, la famille souffre souvent plus que la malade. Quatorze ans est malheureuse, les cheveux faits au tiers et elle ne veut pas que je lui touche la tête, même si moi aussi, je sais faire les rallonges. Et puis, Dix-huit ans a appelé en larmes, car Dix-neuf ans lui avait laissé un message alarmant et puis ensuite, elle ferme son téléphone et on ne peut plus la rejoindre. Elle fait souvent ça.

lundi 22 décembre 2008

Noël en famille d'accueil

Ma carrière de famille d'accueil ne s'est pas arrêtée à Lesly. D'autres enfants ont suivi, plus jeunes. Je vais vous parler de deux Noëls, où, n'ayant pas d'enfants placés, mais des enfants déjà adoptés, j'avais donné mon nom pour la liste d'urgence des CCS, qu'on appellerait maintenant le Centre Jeunesse. Le temps des Fêtes est une période de grand stress et les familles en difficulté ont trop souvent de la misère à y faire face. Les besoins de placement d'urgence augmentent dramatiquement.

J'ai fait ça deux ans. Je ne me rappelle plus quelle histoire vient avant l'autre, alors je vais commencer par la moins pire des deux. À bien y penser, elles sont aussi pires l'une que l'autre, mais l'une des deux se termine moins mal. C'est l'histoire d'Olivier. Je mets les vrais noms parce que depuis tout ce temps, ces enfants sont grands.


La veille de Noël, le téléphone sonne "J'ai un petit Jésus pour toi". C'est ma travailleuse sociale, à qui on vient à l'instant de confier le cas d'un bébé de sept semaines, qui attend de le placer pour pouvoir partir pour ses propres vacances de Noël. La mère du bébé fait une psychose, elle est entrée à l'hôpital psychiâtrique accompagnée des policiers après avoir tout cassé chez elle. Le père, pas trop clair son histoire. Il serait séparé de la mère mais c'est pas trop évident. Un alcoolique, semblerait-il. Bref, personne pour s'occuper de ce petit bébé et on ne peut pas le laisser à sa mère qui serait dangereuse pour lui. Je dis oui et une heure plus tard, ça sonne à la porte, en même temps que la pharmacie qui vient me livrer bouteilles, lait et couches, car je n'ai absolument rien pour accueillir un si jeune enfant!

Le placement se révèlera très difficile. En l'examinant un peu, je découvre un bel enfant potelé, bien soigné, les ongles impeccablement coupés. Pas du tout un bébé négligé, ce petit Olivier. Il a reçu de bons soins, c'est clair et ce qui devient encore plus clair, c'est qu'il était allaité. Alors, le pauvre, il est coupé et de sa mère et de son sein et projeté d'un seul coup, comme ça, dans une atmosphère de stress intense (il était là quand sa mère saccageait tout et quand les policiers l'ont arrrêtée), dans un milieu étranger et dans des bras étrangers. Et il ne sait pas du tout prendre le biberon! Il a fini par apprendre, pauvre petit, pas le choix, mais ça n'a été facile ni pour lui, ni pour moi.

Une fois habitué au biberon, cependant, il redevient un beau bébé de bonne humeur, qui nous accompagne partout pendant les fêtes de Noël, endormi dans son petit couffin ou bien dans nos bras. Mes filles et mon fils l'adorent et on prend plein de photos avec ce petit bébé roux et adorable. Une semaine après son arrivée, on me demande de l'amener au Centre Jeunesse pour une visite parentale, la mère a un congé de l'hôpital et le père est là aussi. J'entre par une porte réservée, les parents par une autre, on ne se voit donc pas. Au bout de deux heures, je le ramène à la maison. Quelques temps plus tard, la travailleuse sociale m'appelle de la cour. La père a obtenu la garde provisoire de l'enfant, sous surveillance de la DPJ, il s'en vient chercher le bébé. Une heure après, mon bel Olivier part dans les bras de son papa tout heureux. Je n'en aurai plus jamais de nouvelles. J'ai envoyé des copies des photos prises de lui au Centre Jeunesse pour qu'ils les remettent aux parents.

dimanche 21 décembre 2008

Lesly

Il y a dix-huit ans j'ai vu une annonce dans le journal. On cherchait des familles pour des jeunes réfugiés non-accompagnés. Des mineurs qui arrivaient ici seuls et que la direction de la protection de la jeunesse devait prendre en charge vu qu'ils n'avaient pas dix-huit ans. Ils venaient principalement d'Afrique, étaient adolescents et il s'agissait surtout de garçons. Je téléphone. On me dit qu'ils sont autonomes en général mais qu'il faut les initier à l'utilisation des appareils ménagers. Le besoin est grand et pressant. J'ai une grande maison, au départ, j'y vivais avec mon chum, mon fils et les deux enfants de mon chum. Là, j'y vis seule avec mon fils de dix ans qui est en garde partagée une semaine chez papa, une semaine chez moi. Il y a au moins une chambre de libre. Je travaille à plein temps et plus, ce qui n'est pas un problème avec des adolescents autonomes.

Dès que je me dis intéressée, les choses se précipitent. C'est que les centres jeunesse sont vraiment débordés avec ces jeunes réfugiés qu'ils ne savent plus trop où placer. Pas délinquants les jeunes et tout élevés, et avec une famille en Afrique, ils ont surtout besoin d'un toit et ça presse. Je suis très rapidement rencontrée, acceptée et on me fait immédiatement une proposition qui pourrait rentrer chez moi... le lendemain! Oups!

Il ne s'agit pas d'un jeune Africain mais plutôt d'une jeune fille du Nicaragua de quinze ans. Sa mère réfugiée est ici depuis deux ans et la jeune est arrivée il y a six mois. C'est une de ses professeures qui a appelé la DPJ. La jeune habite d'ailleurs chez elle pour le moment, en dépannage d'urgence. La mère de la jeune fille ne la connaît à peu près pas, car elle a quitté le Nicaragua depuis plusieurs années, la confiant à ses grands-parents, qui eux l'ont confié à un oncle qui lui l'a confiée à un cousin. Elle a ainsi fait le tour de la famille là-bas, dans des conditions misérables et sans aller à l'école. Depuis son arrivée en terre québécoise, elle sert de gardienne et de ménagère pour la famille, manque donc souvent l'école et voilà qu'elle a confié à sa professeure être également abusée par le beau-père, d'où le signalement et la protection d'urgence.

Elle arrive rapidement chez nous et je suis ravie de pouvoir pratiquer mon espagnol. Nous nous entendons comme larron en foire, elle est charmante, facile et me fait mon ménage le samedi quand je travaille sans que je ne le lui demande! Je l'emmène partout chez tous mes amis et ma famille et tout le monde l'adore. Il y a bien des petits pépins, comme un jeune homme pas si jeune que ça qui fait un genre de harcèlement, je lui dis que s'il revient, on appelle la police. Il ne revient plus et elle me dit qu'il la laisse tranquille. Parfois, je l'entends pleurer, c'est toujours quand elle parle à sa mère. Je demande à ce qu'elle ait de l'aide psychologique pour ses problèmes, ça semble bien compliqué.

Dans ce temps-là, je suis toujours à court d'argent. Il m'en manque. Ça commence à m'inquiéter. Je suis du genre à en sortir quand il n'y en a plus, sans trop compter, mais là, il me semble que je passe mon temps à retirer de l'argent. Je décide de tenir un compte plus serré, d'écrire ce que je retire et mes dépenses aussi. Un samedi,après mon travail, je retire trois cents dollars, j'ai une grosse épicerie à faire et des sorties en vue. Je laisse mon sac sur mon bureau de chambre, comme je le fais toujours. Quand je fais mon épicerie, il n'y a plus que quarante dollars dans mon sac à main! Je refais le chemin en regardant soigneusement sur le sol au cas où j'aurais échappé l'argent, deux cent soixante dollars, ça ne disparaît pas comme ça! Je cherche partout et puis là, je vais dans la chambre de Lesly. En ouvrant le troisième livre de sa bibliothèque, je trouve les deux cent soixante dollars à la sixième page. Je fouille ses tiroirs, mes carnets de chèque sont là, mon napperon en dentelle, celui que je cherchais justement, des bibelots pourtant sans valeur sont cachés parmi ses petites culottes. En fait, les objets de ses larcins sont facilement accessibles, à peine cachés. Je trouve plein de petits objets qui m'appartiennent, partout. Quand elle rentre, je la confronte, elle pleure, ne nie pas. J'appelle la travailleuse sociale. Je veux qu'elle parte. Je n'ai plus confiance. En plus, je ne suis pas souvent là, je travaille beaucoup et même le samedi. Je me sens flouée. Une semaine plus tard, on lui trouve une place dans un centre d'accueil.

Le pire, c'est qu'elle avait probablement volé aussi chez mes amis et ma famille. Une amie qui avait une maison de campagne où nous avions passé quelques jours dans le temps des Fêtes m'avait appelée avant que je ne découvre que Lesly me volait pour me dire qu'elle s'était fait dérober des bijoux de prix. Son accueil avait été très chaleureux pour Lesly et elle lui avait fait plein de cadeaux. Je me rappelle fort bien avoir défendu Lesly, très fâchée qu'elle puisse l'accuser. Elle avait immédiatement reculé en disant que oui, évidemment, ça pouvait être n'importe qui et qu'elle avait eu beaucoup de visite. Je n'ai jamais osé lui dire la raison du départ de Lesly, je ne l'ai dit à personne d'ailleurs. J'ai dit que le placement se terminait parce qu'elle retournait dans sa famille.

Citation

L'artiste devient toujours ce qu'il fait.

C'est de Gaétan Bouchard, un peintre-écrivain-raconteur-musicien-chanteur de talent.

samedi 20 décembre 2008

Fixation

Encre m'accuse d'avoir une fixation sur les hommes qui trompent leur femme et c'est vrai. J'en ai une. Il n'y a pas de sécurité en amour et les meilleurs hommes, des bons pères de famille, des personnes au-delà de tout soupçon, j'en ai connu qui tout en aimant leur femme, la trompaient. Parfois sans culpabilité. Sans vouloir la quitter. Mais non, surtout pas la quitter. Mais l'autre, ils ne pouvaient pas s'en passer. Tout simple, non? Est-ce fréquent? Je ne sais pas. Mais il n'y a pas de règle et on ne peut être absolument certaine de la fidélìté d'un conjoint. Ou d'une conjointe. Les femmes s'y mettent aussi. Suis-je désabusée? Peut-être pas. Mais réaliste, oui, je suis réaliste.

Faut-il pour autant qu'une personne en couple vive dans l'angoisse et la méfiance? Non, absolument pas. Mais en sachant que c'est au jour le jour. En faisant des projets communs, évidemment, mais encore mieux si ces projets pourraient se réaliser de toutes façons, quoi qu'il arrive. En se reconquérant chaque jour. En ne prenant pas l'autre pour acquis car il ne l'est pas. Jamais.

Dans la formation d'un couple, il y a la notion de risque, de beau risque. Le monde appartient à ceux qui osent, alors osons, si l'occasion se présente, les yeux bien ouverts.

vendredi 19 décembre 2008

Négativisme

Je pensais avoir attrappé le syndrôme de la page blanche dont dit être atteint Mazsellan, mais non, ce n'est pas ça. En fait, comme je suis déprimée, malade et que je trouve ma vie plate, je me suis demandé si ces détails palpitants pouvaient intéresser quelqu'un. Et puis, je me suis rappelée que c'est d'abord pour moi que j'écris et que si j'ai envie de chiâler dans mon journal personnel public, il n'en tient qu'à moi. Écrire, surtout dans un blogue où on n'est pas payé pour le faire, doit être un plaisir et ça me fait du bien de me plaindre. Ça pourrait même me faire aller plus loin et m'aider à me sortir de mon marasme. Alors ça vaut la peine en soi.

Donc, après un rhume d'homme, voilà que j'ai attrappé la gastro de Quatorze ans, qui elle (Quatorze ans, pas sa gastro), va tout à fait bien et est en train de passer sa dernière journée d'école avant les vacances de Noël habillée en "couleurs". C'est fou comme les enfants qui ont un costume d'école les apprécient ces journées couleurs. Récompense sublime et délectation de l'individualisme vestimentaire qui a si rarement l'occasion de s'exprimer qu'il laisse les jeunes ravis, brièvement ravis. Je suis pro uniformes scolaires, vous l'aurez deviné.

Alors, malade comme ça, pas de grand programme d'activités pour moi et j'ai le temps en masse de jongler et je jongle négativement. Je suis si fermement engluée dans le négativisme qu'il me faudrait une douche à l'eau de Javel pour m'en libérer. C'est certain que quand j'aurai fini de vomir, la vie sera meilleure.

Demain, probablement.

mardi 16 décembre 2008

Une femme libre veut savoir

Chers lecteurs de ce blogue, j'ai besoin de vous pour aider un jeune homme. Je ne l'ai jamais rencontré mais je lisais son blogue quand il en avait un. Il a trente ans, beau bonhomme, en forme, intelligent, universitaire, bon travail, cultivé, sportif et tout et tout. Et surtout, il a une grande ouverture d'esprit, ce qui m'attire chez les gens. Il était en couple mais ça s'est terminé et il se retrouve donc célibataire.

Voilà la question. Cet homme aimerait avoir des enfants, donc il recherche une relation "sérieuse", avec un potentiel pour former une famille. Devrait-il faire part de ce désir d'enfants et de famille dans sa fiche? Est-ce que les femmes vont penser qu'il se cherche une mère-porteuse?

lundi 15 décembre 2008

Temps gris, très gris, trop gris.

Maudit que je suis donc up and down. Et là, c'est le down. Total. Heureusement que je sais que le up suivra. Je me raccroche au futur up quand je suis dans le terrible down. Et je ne suis pas si exhibitionniste que ça, en tout cas pas tout le temps. Je me terrerais dans mon terrier que je ne veux pas émotivement quitter. Ou me terrerai-je alors? Logiquement, je veux et j'espère vendre, on s'entend et le plus tôt est le mieux. C'est le passage qui est pénible. Et mon mausus de désir de perfection qui m'empoisonne parfois la vie, faudrait que la maison soit impeccable, elle a soixante-dix ans cette maison, elle accuse son âge, elle ne peut pas l'être, impeccable comme une neuve. Mais elle a son charme, ses boiseries, son vécu. Des familles ont grandi ici, se sont aimées, déchirées, divorcées? Je vais aller m'acheter du millepertuis. Je pense que j'en aurai besoin pour passer les Fêtes.

dimanche 14 décembre 2008

Promenade d'hiver




Envol

Joli titre poétique, non? c'est pourtant le nom du nouveau programme de Weight Watchers. On revient au comptage de points pour tout le monde, L'aubergiste. J'aime cet aspect. Il faut donc écrire tout ce qu'on mange. Le nouveau carnet de route est minuscule alors on peut le traîner partout avec soi. Ça m'a permis de soustraire quatre points de ma ration quotidienne en prenant mon capuccino pendant que les filles sirotaient leur chocolat chaud lors d'une pause de notre magasinage cet après-midi. La valeur en points des aliments est aussi inscrite dans le même petit carnet. Facile et pratique.

L'exercice est maintenant obligatoire. Une demi-heure minimum tous les jours. On insiste sur les aliments "rassassiants" qui sont tout simplement des aliments plus santé et ils sont marqués en vert dans le carnet, pour se rappeler de les privilégier. Tout demeure permis si on ne dépasse pas les points alloués, mais on insiste davantage sur la notion d'aliments-santé. Il y a des normes de bases à respecter. Un minimum de cinq portions de fruits et légumes par jour, 2 cuillerées à thé d'huile santé, deux portions de lait (trois après cinquante ans), des grains entiers, deux portions de protéine maigre, six verres de liquide. Ou plus. En respectant les points, bien sûr, c'est la base! Il faut aussi prendre une multivitamine par jour.

On doit aussi s'interroger sur notre satiété quatre fois par jour et remplir un graphique à ce sujet. Les végétariens ne sont pas en reste cette fois et les menus suggérés sont soit végétariens ou bien ont un équivalent pour les participants végétariens.

Notre ami Small bites, en qui j'ai confiance, recommande le programme Weight Watchers et il n'est pas subventionné par eux!

Je suis certaine que ça va marcher pour moi et sans porter atteinte à ma santé. Bien au contraire! Je mange mieux que jamais et j'avais besoin de ce contrôle externe pour y arriver.

samedi 13 décembre 2008

Voisin et l'hiver

On se promenait au parc, Voisin et moi, avec ses chiens, cet après-midi. C'était magnifique le givre dans les arbres et le soleil à travers. Une ravissante journée d'hiver. Voisin, qui est si verbal et expressif, n'arrêtait pas d'encenser la nature et de parler de ses chers chiens évidemment. Je lui ai demandé, comme ça, directement, dès qu'on est arrivés au lac. Il n'a aucunement paru surpris et a trouvé que c'était une bonne idée. J'aurais dû lui demander avant. Et puis non, je lui ai demandé juste au bon moment. Du coup, je me sens beaucoup plus femme, lègère aussi. Nous avons passé un chaleureux après-midi.

vendredi 12 décembre 2008

Hommes et femmes et séduction

Vient un temps où une femme doit séduire avec autre chose que son corps. Pour un homme vieillissant, le problème ne se pose absolument pas. L'étincelle dans l'oeil, l'assurance, parfois le prestige ou bien le côté mauvais garçon, selon le goût des femmes, suffisent largement. Et comme les années ajoutent généralement de l'assurance à un homme et puis finissent par lui apprendre les plaisirs de l'attente et les rouages subtils de la séduction, plus le temps passe, plus l'homme devient intéressant, s'il s'est minimalement entretenu, on s'entend. Bien que j'entendais dernièrement des jeunes femmes dans la trentaine révéler craquer pour une petite bedaine, toute petite quand même.

Les femmes sont séduites par des regards, des attentes, des paroles ou un silence éloquent. Même l'indifférence d'un homme sûr de lui peut séduire! Le sex-appeal d'un homme a peu à voir avec des biceps imposants ou des mollets d'acier. Tout est dans la prestance, dans la subtilité et surtout dans l'intelligence. L'intelligence d'un homme est érotique.

Celle d'une femme ne l'est pas. Pour une femme qui vieillit, les enjeux sont diamétralement différents. L'homme est un voyeur et son désir passe par le corps, l'attirance du corps, la jeunesse du corps. Il faut accepter cette réalité et composer avec. J'accepte mais je ne sais pas trop bien comment composer. Je trouverai. Je suppose. Ou pas. Je m'adapte et je m'adapterai. J'en suis là.

jeudi 11 décembre 2008

L'acharnement

La mère du papa du bébé que porte ma fille m'a téléphoné hier soir. C'est la deuxième fois. La première était lors de l'annonce de la grossesse de Dix-Huit ans et nous étions plutôt sur la même longueur d'ondes, soit d'influencer le vote vers l'avortement. On avait l'air de deux mères assez catastrophées lors de cet appel, je m'en souviens très bien.

Mais hier, là, vraiment, c'était encore pour parler d'avortement. J'ai été surprise. Ma fille n'en est plus là du tout et j'ai défendu son droit et le droit du fils de madame d'avoir cet enfant en paix, dans l'ouverture et le soutien. Vraiment plus le temps de parler d'avortement alors que toute leur énergie (celle du garçon, je ne sais pas avec certitude, mais celle de ma fille, certainement) est centrée sur ce bébé à venir.

Je lui ai dit que je l'avais trouvé très bien son fils, articulé et drôle. Elle a répliqué qu'il était immature. "Ma fille ne l'est pas, elle est même très mature pour son âge et je n'ai pas d'inquiétude pour ce bébé." J'ai senti qu'elle était déçue que je n'appuie pas sa démarche. Son idée était de les rencontrer ensemble pour leur faire valoir notre point de vue pro-avortement. Dommage pour elle, mais j'ai changé de camp, je suis dans le camp de ma fille et celui de ce jeune homme, tant qu'ils seront ensemble, en fait même s'ils ne sont plus ensemble, il sera toujours le père de mon petit-fils ou fille.

mercredi 10 décembre 2008

Vantardise

Je me vante depuis quelques années, depuis que je fais intensivement du yoga en fait, de ne plus savoir ce que c'est qu'un rhume, alors que le monde entier atchoume joyeusement autour de moi. Et voilà que je connais à nouveaux les affres du nez bouché et de la tête compressée. Et, curieux non?, je ne fais justement plus du tout de yoga. Je manque mon cours Iyengar depuis deux semaines. C'est dur et je n'ai plus trop envie d'y aller.

Je me remets en selle et rapidement à part ça. J'irai au cours la semaine prochaine et je demanderai à reprendre les deux cours manqués. Et puis, c'est décidé, je m'inscris à Weight Watchers. J'ai quinze livres de trop et je n'arrive pas à m'en débarrasser toute seule. Et puis, ils ont un nouveau programme Millenium, qui serait la crème de la crème, testé sur des milliers de personnes, très santé et recommandations diététiques à la fine pointe des connaissances en nutrition et qui commence... cette semaine justement! Alors, j'y serai demain. J'ai besoin d'aide.

Mon visiteur ne va pas acheter la maison, trop chère pour lui, mais sa visite aura été profitable car elle lance le coup d'envoi officiel à la vente de mon antre. Je fais venir un agent d'immeubles et hop! c'est parti.

Énervement ce matin. Dix-huit ans a perdu connaissance dans un Mcdonald! (Et moi qui pensais qu'elle mangeait bien), elle a reçu beaucoup d'aide, on a même fait venir l'ambulance mais elle a préféré retourner chez elle. Heureusement, c'est aujourd'hui qu'elle voyait un médecin. La doc lui a dit que les Tylénols étaient corrects lorsqu'on est enceinte. Espérons qu'elle ne va pas se mettre à en gober à la pelletée.

lundi 8 décembre 2008

Visite

Un acheteur potentiel visitera ma maison demain. Je ne sais même pas quel prix demander. Stressant. Calmons-nous.

samedi 6 décembre 2008

Mal à la moppe

Je me trouve inefficace. Des heures pour nettoyer la mausus de cuisine. Me semble que ça devrait se faire en moins d'une heure. Je suis bonne dans tant de choses et tellement nulle en ménage. C'était une magnifique période de ma vie quand j'avais une femme de ménage. Là, j'ai l'impression qu'en m'en allant dans un tout petit appartement neuf, le ménage va être réduit au minimum, comme l'espace. Je voudrais savoir ce qu'il en est vraiment. Un autre prof qui habite dans 600 pieds, il me semble, qu'en est-il vraiment? Ou d'autres dans cette situation. En réduisant mon espace, est-ce que je réduis automatiquement l'entretien de cet espace comme je le crois et l'espère.

Si je veux être tout à fait sincère, le fait que je travaille un peu et que je vienne un peu à l'ordi, comme hypnotisée, n'aide pas vraiment à venir à bout d'une tâche, haïe en plus, dans un temps record.

jeudi 4 décembre 2008

Simon est démasqué

J'étais une fidèle lectrice de Ton Papa me fourre, un blogue dessiné et absolument original, tenu par un certain Simon Poulin, qui y exposait sa vie de jeune paumé ayant eu une enfance difficile et qui étudiait à l'UQAM. Le blogue était vivant et intéressant, les commentaires parfois scabreux, amenaient leur lot de sympathisants, d'anonymes et de trolls. Et voilà qu'on apprend que tout était faux, qu'un jeune homme avait inventé le tout, brillamment, il faut le dire. Et qu'il n'en serait pas à sa première expérience pour berner les médias.

mercredi 3 décembre 2008

Aider les enfants à maigrir

Hier, en attendant ma fille, j'ai lu une nouvelle publication à la bibliothèque. Je n'arrive pas à me rappeler du titre mais ça me reviendra. C'est un ouvrage d'un pédiatre français qui a mis sur pied une méthode pour aider les enfants en surplus de poids à maigrir. Son taux de succès serait absolument réjouissant. Comme c'est adapté aux enfants, c'est simplissime. Il y a un contrat et dans le contrat, il y a des règles simples, claires et accessibles.

Première règle: je marche une demi-heure tous les jours.

Pas plus, pas moins et je ne passe aucune journée sous aucun prétexte. S'il fait noir, je ne vais pas me coucher sans avoir marché et mon parent doit alors m'accompagner. Je ne peux pas passer une journée de marche et marcher une heure le lendemain. Je marche une demi-heure sept jours par semaine sans exception.

Signature de l'enfant:
Signature du parent:

Deuxième règle: Je ne mange qu'aux repas et accompagné.

Qu'est-ce qu'un repas? C'est de la nourriture que je mange assis, à la table avec un couvert et avec une ou plusieurs personnes, sans télé, sans jeux, sans internet. Je peux manger tout ce que je veux au repas, mais comme je suis un enfant, je mange ce que mes parents ou la cantine m'ont préparé. Entrée, plat principal, salade, dessert. Je peux manger de tout.

Signatures:


Troisième règle: Je ne me ressers pas.

C'est là que c'est aidant de manger avec d'autres pour t'aider à respecter la règle.

Signatures:

Il n'y a que ces trois règles. Rien d'autre. Si tu les suis bien, tu pourras manger de tout, y compris des frites et du chocolat et tu vas maigrir.

J'ai trouvé ça super intéressant comme programme. Ça pourrait fort bien s'appliquer aux adultes, il me semble. Faudrait essayer!

Maman et bébé

Cette histoire d'enfants maltraités parce que je parle d'eux ici m'a complèment flabergastée. Et le pire, c'est que je veux encore vous parler de ma chère Dix-huit ans, qui me fait vivre de belles émotions en communion avec les siennes. Ma vie personnelle est-elle si nulle pour que je parle tant de mes enfants? Ce qui me rassure, c'est que je ne parle à peu près jamais de Vingt-huit ans. Il est casé, heureux dans son travail, heureux en amour, indépendant. Dix-neuf ans, je n'en parle pas non plus beaucoup, c'est que j'en ai peu de nouvelles.

Je parle beaucoup de Dix-huit et Quatorze ans. Je suis en lien étroit avec les deux, dans un cas, parce que la petite a encore besoin de maman et le fait savoir, dans l'autre, j'habite avec elle!

Hier, Dix-huit ans avait donc rendez-vous avec sa sage-femme. Étude de cas pour voir si les services offerts lui conviendraient. Elle voulait absolument que j'y aille avec elle et pourtant (c'est du moins ce qu'elle m'a dit) son chum était disponible et volontaire pour y aller avec elle. "Quand je ne connais pas une nouvelle place, c'est ma maman que je veux avec moi." Bon, bon ,elle m'a eue et j'ai remis mon cours de yoga à un autre jour pour l'accompagner. Comme rien n'est simple, dès qu'elle s'est sentie sécure et en confiance, au tout début de l'entrevue en fait, quand la sage-femme lui a demandé "Raconte-moi l'histoire de cette grossesse." , elle a souhaité que je parte, ce que je fis. Je l'ai attendue à la bibliothèque pas loin et une heure plus tard, nous sommes allées manger ensemble. Elle était ravie, souriante, avec plein de papiers pour des tests de sang ou autre et un rendez-vous médical la semaine suivante. Le plus extraordinaire, c'est qu'elle a entendu le coeur du bébé! Elle serait enceinte de onze ou douze semaines. Je suis rassurée, elle est entre bonnes mains.

lundi 1 décembre 2008

Paul Laurendeau

Paul Laurendeau parle de moi dans son dernier billet. De ma naïveté face à mon supposé anonymat qu'il met en doute. J'aime être naïve et je compte vraiment le rester. Ma vie en est plus belle car je ne vois que ce que je veux bien voir. Pour ce qui est de Paul, je ne comprends pas toujours ce qu'il écrit sur son blogue d'opinion, mais je le trouve fort sympathique depuis qu'il nous a révélé que ça l'inquiétait de ne pas bander. Les hommes ne deviennent intéressants que lorsqu'ils se livrent et c'est leur vulnérabilité qui me charme.

Quels sont les plaisirs de l'anonymat ou du demi-anonymat, Paul? Parler de moi comme ça me chante, sans me soucier de faire de la peine à qui que ce soit, parler de ma sexualité, de mon intimité, même s'il y a toujours une certaine censure, elle est bien moins grande que si mon nom était écrit en toutes lettres. Je me sers de mon blogue comme d'un journal, j'écris par plaisir et tant mieux si j'ai des lecteurs et des commentaires, j'apprécie cette interraction, sinon je tiendrais un journal intime que je cacherais sous mon matelas comme quand j'étais adolescente!

Recyclage

Je songe à demander à Voisin de me dépanner sexuellement. Je sais, ce n'est pas une idée tout à fait originale.