vendredi 20 mars 2009

Voisin

Juliette me demande ce qu'il advient de Voisin. Il boude. Encore, direz-vous? Eh oui, c'est reparti. Cette fois, c'est parce qu'il voulait acheter ma maison. Il a décidé ça la veille de la pose de la pancarte "à vendre". S'il y avait pensé avant, je n'aurais pas engagé d'agent immobilier et le prix aurait été plus bas.

Il a fait venir mon agent pour évaluer sa propriété à lui et est arrivé tout fier pour me dire qu'il achetait. Je venais tout juste d'accepter une offre d'achats et à un prix qu'il n'aurait jamais payé, s'est-il exclamé. Depuis lors, aucune nouvelle. J'attends pour le recontacter. Je sais que ses bouderies sont longues.

Branler dans le manche

J'aime cette expression un peu grivoise.

Je ne sais plus si ça va marcher avec monsieur Relation.

Pour aucune raison précise.

Parce que je doute au moindre recul ou à ce que je perçois comme du recul de sa part.

Parce que si ça a à finir, aussi bien finir ça tout de suite, sinon, ça va faire mal, très très mal.

Parce que je m'attache bien trop vite et que je ne suis pas capable de m'en empêcher.

Parce que j'ai vécu ça déjà, au moins une fois, plus même, avec un autre, tout va bien, trop bien et je me laisse aller et hop! il est disparu.

Parce que je ne suis pas très douée pour les relations amoureuses. Ça s'apprend, je le sais.

Parce que de m'inquiéter comme ça est malsain. Plus d'amour, fini l'inquiétude. Simple. Plate, drastique mais simple.

jeudi 19 mars 2009

Victoire!

Une mine d'or ce petit condo avec sa situation géographique stratégique. C'est ce que m'a dit l'inspecteur d'immeubles, un super gars très gentil et professionnel. C'est un excellent investissement, avec une valeur de revente assurée, même en temps de crise économique. Je l'aurais embrassé (et en plus, il est du style plutôt embrassable). Ravie? Heureuse! Que oui, que oui. Je devrais donc me faire confiance plus souvent.

mercredi 18 mars 2009

Texte à parenthèses

Je suis stressée. Je dors mal. Je maigris (mais non, de ça, vous savez bien que je ne me plains pas!). J'ai fait une offre d'achats (qui sera tout probablement acceptée) sur un condo qui n'a pas de garanties légales car c'est une succession. J'ai payé cher (c'est quoi cher? tellement pas simple). Ce n'est pas neuf et je voulais du neuf au départ. C'est situé à cinq minutes de marche du métro Place-des-Arts (situation idéale, c'est ce que je voulais et je suis sur une superbe rue en plus) et j'ai une place de stationnement dans la cour comprise dans le prix (ça vaut cher au centre-ville).

J'ai fait l'offre tellement vite que je n'ai pas tout vu. Heureusement, je fais inspecter demain si l'offre est acceptée (elle le sera). C'est petit (c'est un condo centre-ville), une des chambres est carrément minuscule, un lit double y entre en touchant les murs, un queen n'entre pas. Pas de garde-robe non plus dans cette chambre. Culpabilité. Ma Quatorze ans a une immense chambre ici. Logiquement, c'est moi qui prends la grande chambre, je suis la mère. Mais il y a une telle disproportion entre les deux espaces(je fais quoi, je fais quoi?)

Je suis contente mais stressée (oui, je l'ai déjà dit que j'étais stressée!) Tellement de changements en si peu de temps. Ce soir, je vais souper avec monsieur Relation et si l'offre d'achats est acceptée, je lui annoncerai que nous serons voisins (mais non, voyons, je ne lui annoncerai pas comme ça, que pensiez-vous? Je ne veux pas que le pauvre homme panique, bien que ce ne soit pas le genre paniqué.)

mardi 17 mars 2009

Similitudes

J'écoutais parler Rose-Marie Charest, la présidente de l'ordre des psychologues, à la radio. Elle a écrit un livre sur les relations amoureuses. Je n'ai pas lu le livre car ce que j'avais retenu de son discours oral me disait exactement ce que je voulais savoir. Les couples qui marchent sont formés de personnes qui se ressemblent. Plus on est pareil, plus la vie est facile, moins il y a de chicanes, plus on se comprend. Logique. Pourquoi n'y avais-je pas songé avant?

C'est donc sur ces bases nouvelles que je me suis inscrite à Réseaucontact. J'ai fait une description le plus juste possible de ma personne et j'ai recherché uniquement des hommes qui s'en approchaient: même goûts, même attitude devant la vie, même scolarité, même ville, ayant déjà vécu en couple, ayant eu des enfants, un caractère qui ressemblait au mien. Je n'ai pas regardé l'âge ni l'apparence. J'y suis allée méthodiquement et c'est moi qui ai contacté les hommes compatibles. J'en ai rencontré trois et monsieur Relation était le troisième. Et j'ai enlevé ma fiche de Réseau contact. Et je pense que ça va marcher.

Hier, il m'appelle pour me parler d'un condo dans son coin qu'il avait vu à vendre. "Ça te plairait. En tout cas, ça me plaît à moi. " "Ça me plaît en effet", et je lui donne l'adresse. Il est ébahi. Je vais le visiter cet après-midi à une heure. On a plein de chassé-croisé comme ça, il commence une idée et je la termine. Notre communion est vraiment surprenante.

lundi 16 mars 2009

Condos

Je cours les condos. Des beaux, des neufs, des vieux, des laids qui semblaient si supers sur les fiches. Je sais de plus en plus ce que je veux. On apprend beaucoup sur soi dans cette recherche de logis. Et l'adrénaline se met de la partie. Je suis super pressée car je dois avoir quitté avant mai mais en même temps, je ne veux pas n'importe quoi. Stimulant. Excitant.

dimanche 15 mars 2009

À la rue!

Pas si simple de se loger convenablement dans des délais si courts. J'ai vu de véritables taudis à mille piastres par mois. Mais je ne panique pas (pas encore! rires). Monsieur Relation est extra. C'est le printemps. Je me sens toute emplie de Monsieur Relation en fait. Fantastique. Tellement longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Il m'a demandé "C'est correct que tu laisses encore ta fille seule pour qu'on aille au cinéma demain après-midi?" Présenté comme ça, je me suis sentie mauvaise mère. Je ne sais pas trop ce que je fais finalement. Il va m'appeler bientôt. S'est ennuyé de moi pendant son voyage en ski. Mêlée la fille. Agréablement mêlée, autant que faire se peut. Ma fille aussi est importante. Bof! Je ferai pour le mieux.

J'ai jamais aimé ça moi, les parents qui négligent leurs enfants (ou leurs amis) quand enfin ils ont un chum. Je ne veux pas tomber là-dedans. Il y a sûrement moyen de moyenner pour que tout le monde soit content.

samedi 14 mars 2009

Samedi

Journée merveilleuse entre toutes, bénie sois-tu!

Je dois et je vais:

1) Chercher et trouver un logement.

2)Me magasiner une quêpière dans laquelle je serai belle et bien. Il y en a des confortables, j'en suis persuadée.

3)Aller souper au restaurant avec Monsieur Relation qui sera revenu de son voyage de ski. J'ai déjà réservé. Lui parler, le sentir, le toucher. Bonheur!

4) Lui laisser entrevoir ma guêpière.

J'ai plus de plaisir dans la vie que quand j'avais 20, 30 ou 40 ans, c'est pas magnifique ça?

vendredi 13 mars 2009

Un job

Cette année, je reçois mes prestations de retraite pour vrai. Et c'est évidemment cette année que je vais me chercher et me trouver un job. Esprit de contradiction oblige et changement de vie!

jeudi 12 mars 2009

Démotivée

Quatorze ans l'est. Tous ces efforts, tous ces tourments, tout ce temps et si peu de résultats. Elle approche de ses quinze ans, est intelligente et le voit et le sait qu'elle progresse peu académiquement, qu'elle sait à peine écrire à cause de sa dyslexie, qu'elle ne comprend pas ou peu ce qu'elle lit, qu'elle ne sait pas compter non plus. Un tourbillon de découragement l'envahit. Et puis, cette petite classe spéciale dans l'école spéciale, cette petite classe où elle passera tout son secondaire, qui n'en est pas un vrai secondaire, avec les deux même profs et les mêmes élèves. Pas de changements. La routine. Démotivée. Elle est triste et je suis triste avec elle. Des solutions, je n'en ai pas.

mercredi 11 mars 2009

Lueur d'espoir

On s'est parlé au téléphone hier. J'ai laissé paraître mes hésitations. Ça l'a inquiété. Il voulait reporter son voyage de ski afin qu'on se voie et qu'on se parle en personne. J'ai refusé. Je veux réfléchir toute seule. On se verra donc samedi soir à son retour comme prévu. Notre relation n'est pas que sexuelle, on a tellement de points communs, ce serait bête de tout laisser tomber. Là-dessus, je suis d'accord.

J'avais plein de préjugés sur les hommes de plus de soixante ans. Celui-là vient de les faire tomber d'aplomb! Il a deux jobs, plein d'amis, est très actif, il s'intéresse à tout et surtout il s'intéresse à moi.

On va donc parler de tout ça samedi. J'arrête de paniquer pour rien. Car il n'est rien arrivé de désagréable jusqu'ici. Et il n'arrivera rien qui me déplairait ou lui déplairait. On va mettre cartes sur table. C'est d'ailleurs ce qu'il fait depuis le début. Il est lui-même, très ouvert.

Je faisais mon aquaforme en pensant à lui. Il envahit pas mal mes pensées. Trop? Qu'est-ce qui est trop ou pas assez, correct ou pas correct?

Chose certaine, ma vie n'est pas plate ces temps-ci.

mardi 10 mars 2009

Entre-deux

L'acheteuse est venue dimanche avec son inspecteur, un ami-qui-connaît-ça-les-maisons et son agente d'immeubles. Ils ont inspecté pendant trois heures et pris des photos de tous les recoins. Sachant l'expérience malheureuse d'une blogueuse que je remercie chaleureusement de ses mises en garde, je me suis empressée de divulguer le moindre secret que pouvait receler ma demeure. Il paraît que le rapport de l'expert peut, dans certains cas, entraîner une demande de baisse de prix et même une annulation de l'offre. Je ne m'inquiète pas trop pour la deuxième éventualité, en général, les commentaires que j'entendais étaient favorables et mon acheteuse est vraiment en amour avec la maison. Ce matin, c'est l'évaluateur de la banque de l'acheteuse qui est venu inspecter. Visite rapide cette fois.

Je ne cherche pas un autre logis avant que tout ne soit finalisé. Et là, ce devra être rapide. Je dois avoir quitté avant le premier mai. En fait, mon acheteuse aimerait bien que ce soit fait pour le 15 avril, mais je ne me suis pas engagée pour cette date.

J'ai acheté une super-poussette-siège-d'auto pour le futur bébé de Dix-huit ans. On a fait ça ensemble. Elle m'en avait déjà parlé. Je vais lui porter ça aujourd'hui. Elle est super contente. Finalement, le jeune couple ne déménage pas et je suis très contente de la façon dont j'ai abordé ce "dossier". Pas une seule fois je n'ai mentionné à Dix-huit ans qu'ils n'avaient peut-être pas les moyens d'acheter un condo en ce moment, avec leurs petits salaires et aucune économie. Pas une seule fois. Je suis allée en visiter tout plein de condos avec elle, en partageant son enthousiasme. Et, chaque fois, rendue au calcul, elle déclarait qu'il était trop cher celui-là. Et puis, on allait en voir un autre. Dimanche, elle me dit, sans amertume, qu'ils ont décidé de rester où ils sont une autre année. Ils vont réaménager pour le bébé. Elle travaille toujours, même si elle accouche dans trois mois et son travail est exigeant physiquement. Ses heures ont été coupées mais elle a mal au dos et est épuisée quand elle rentre à la maison. Mercredi, elle ira voir son médecin pour demander une date ferme de retrait préventif. C'est une fille courageuse, énergique et pleine de vie. J'ai de l'admiration pour elle.

lundi 9 mars 2009

Complexité

J'aimerais tellement écrire que tout va pour le mieux entre monsieur Relation et moi, que nous nous découvrons dans la joie et le bonheur. Mais... non. C'est pas tout à fait ça. Ce n'est pas tout à fait pas ça non plus. Complexe au cube. Pas facile du tout.

Il y a bien cette envie de tout lâcher qui me turlupine. Je sais que j'en serais profondément (bon pas si profondément que ça peut-être) malheureuse. Une relation tuée dans l'oeuf, sans vraiment avoir eu l'occasion d'éclore. Non, faut pas abandonner avant d'avoir vraiment essayé.

Il y a cette espèce de fierté d'avoir un chum. Après sept ans sans! Un chum qui veut me voir régulièrement et qui me voit régulièrement. Un chum qui est venu passer toute une nuit chez moi. Wow! Je ne sais plus comment dormir avec un homme, donc je n'ai pas dormi de la nuit. Et ce n'était pas à cause de nos flamboyants ébats sexuels. En fait, de la sexualité, il n'y en a à peu près pas, à peu près plus.

Les hommes aiment les femmes qui n'ont jamais l'ombre de ce qui pourrait ressembler à une critique sexuelle, les femmes qui jouissent facilement, de la façon qui convient à l'homme, celles qui leur disent,pâmée, qu'il a le plus beau sexe qu'elle ait jamais vu. Oui, le plus gros aussi, chéri.

La sexualité n'est qu'une partie de la vie d'un couple, soit, je l'admets et je veux vivre les autres parties. Je suis même enthousiaste. Mais quand la sexualité ne marche pas ou mal, on fait quoi? On fait sans? On se masturbe tranquillement chez soi après la sortie? On en parle? Oui, évidemment, on communique!!! La communication dans le couple, c'est la clé, n'est-ce-pas? Et quand on a communiqué, il nous dit que c'est pas grave, que ce n'est pas si important le sexe après tout. Il veut de la tendresse, il veut partager le quotidien. Et il ne nous touche plus.

jeudi 5 mars 2009

Monsieur Relation

Sexuellement, je ne me sens pas à la hauteur avec lui. Il a beaucoup d'expérience et s'occupe beaucoup de moi et j'ai comme l'impression de ne pas faire grand chose et de ne pas savoir quoi faire non plus. Ça m'achale vraiment. Ce soir, je le lui dis au téléphone. Ça le fait rire. Je suis vexée. Il cesse de rire et me dit "Relaxe donc, la sexualité, ce n'est qu'une petite partie d'une relation. Le plus important pour moi, c'est l'affectif et ça, ce n'est pas instantané. Il faut prendre son temps, apprendre à se connaître. On fait quoi samedi?"

J'ai proposé les activités. Il a accepté sans modifications. J'en ai été surprise car il est assez directif. Probablement qu'il n'avait pas encore eu le temps de décider et que je l'ai pris de court. Non, répond-il, les suggestions lui plaisent pour vrai, sinon, il se serait bien organisé pour modifier les plans. Un directif honnête, monsieur Relation! On va escalader la montagne et ensuite, on ira manger des moules et après, on ira chez lui. J'y coucherai peut-être. Il aimerait beaucoup passer une nuit avec moi. Moi? Je ne suis pas certaine. Encore plus intime que baiser que de dormir ensemble. Je n'ai pas fait ça depuis des années. Mais je pense que j'aimerais. Pas trop hâte de partir quand je le visite. Et il ne me bouscule jamais. Je lui jouerais bien dans les cheveux (il a une superbe tête de cheveux) toute une nuit. Bien doucement.

Changements

Hier, mon super agent d'immeubles italien qui est pas mal bel homme pour couronner le tout a enfoncé une belle affiche rutilante sur mon terrain. Une demi-heure après, sa secrétaire m'appelait pour une visite. Déjà? Venez tout de suite parce que je quitte à quatre heures (je voyais super monsieur Relation, moi et il y a des priorités dans la vie n'est-ce-pas?). Une agente donc, avec sa cliente. Comme l'agente ne connaissait pas ma maison, c'est moi qui l'ai fait visiter. La cliente, une jeune professeure avec enfants, m'a paru fort sympathique. Elle m'a bien aimée aussi. Placote, montre ci, montre ça, une visite pas stressante du tout. Un peu comme recevoir une amie. Elles quittent à quatre heures comme convenu pour que je ne manque pas ma sortie. Mais l'agente revient sonner "Serez-vous là ce soir pour une offre d'achat?" Je pense qu'il s'agit d'une blague et je réponds que non, ça devra aller à demain. Ce matin, la secrétaire de mon super agent qui est pas mal bel homme appelle tôt pour prendre rendez-vous . Offre d'achats il y eût, bon prix, offre acceptée. Ma maison est vendue! Non, mais c'est incroyable. Je suis sur le high de l'adrénaline. Je dois avoir quitté pour le premier mai. Excitation totale. Ma vie est chamboulée ces temps-ci et c'est moi qui l'ai décidé. Magnifique.

mardi 3 mars 2009

On fonce!

Il a enlevé sa fiche de Réseaucontact! On va au restaurant demain. On choisira lequel ensemble. Il a eu de la misère à être concentré au travail lundi matin. À cause de moi. J'ai l'estomac noué.

lundi 2 mars 2009

Doutes, gros doutes

Mes amis, merci de m'avoir donné tant de suggestions toutes plus intéressantes les unes que les autres, variées, originales, pratiques et accessibles. Et pourtant, je ne me vois en faire aucune avec nouveau Monsieur Relation. En fait, si je m'écoutais, je finirais ça drette là cette histoire de relation. Je pense que je suis pas mal plus fuckée que je ne le croyais au niveau des histoires amoureuses. Un cas de psychothérapie. Ça m'attriste beaucoup et j'ai bien envie de pleurer sur mon sort et je le ferais si j'étais seule. C'est la semaine de relâche et Quatorze ans est là avec une amie dysphasique qui pompe l'air. La jeune est avec nous depuis vendredi. Sa mère a eu un diagnostic récent de sclérose en plaques et ça va faire du bien au couple de se retrouver un peu. Je cherche des qualités à cette ado qui a un rire hystérique sans fin et qui entre dans la salle de bain quand on y est, c'est un job à plein temps de lui trouver des qualités. Non, je blague, on peut arriver à l'aimer et des fois, j'y arrive. De plus en plus même. Mais c'est une jeune qui demande beaucoup d'énergie de la part de l'adulte.

Mon monsieur Relation donc. Je ne me sens pas à la hauteur. Pas assez disponible. Pas assez expérimentée. Je ne sais pas comment on fait pour bâtir ça une vraie relation. J'ai peur que ça ne marche pas et aussi bien finir ça tout de suite. En même temps, je trouve mon raisonnement absolument ridicule.

L'hôpital psychiatrique cherche ma fille. Elle n'est allée à aucun rendez-vous de suivi et elle n'a plus de médication. Elle ne me répond pas, ni au téléphone, ni par internet. Aucune nouvelle depuis sa sortie de l'hôpital.

L'autre, ma Dix-huit ans, vient de me dire qu'elle n'a pas l'argent pour acheter sa passe de métro du mois. Voix légèrement chevrotante au téléphone. "Mais tu viens de sortir cinq cents dollars de ton compte de placements!" "Tu oublies qu'il faut que je paye mon loyer."

Relation

"Je suis fasciné par la facilité avec laquelle notre relation s'est installée." , m'écrit-il ce matin.

Bon, ça y est, je suis "en relation" avec un homme qui me plaît et qui a envie de faire plein de choses avec moi. On se revoit mercredi. Et il y a neuf jours, on ne se connaissait pas! Je suis charmée. Et heureuse. Je ne m'y connais pas du tout là-dedans. Il m'a demandé "On fait quoi mercredi?"

Et je lui ai répondu "'Mais je vais chez toi et on baise encore." Mais non, mais non , chers lecteurs, je n'ai pas dit ça. Bien que c'est une activité qui ne me déplairait pas du tout. Bon, bon, bon, faisons différent. Sauf que je ne m'y connais pas trop, moi. Je suis assez poche en vraie relation amoureuse, avec tous les tralalas. Mais j'apprends vite. Conseillez-moi. On fait quoi à la cinquième rencontre, quand on a, dans l'ordre des rencontres:

1) pris un café

2)visité un musée

3)vu un film

4) mangé chez lui et fait l'amour

Le numéro cinq, ça pourrait être quoi?

vendredi 27 février 2009

Moi

J'écris dans mon blogue et je suis donc celle qui donne à mes lecteurs l'image de qui je suis. Or, Sophie, une gentille commentatrice a l'impression que je pourrais vendre ma maison toute seule. C'est donc que je parais plus hardie que je ne le suis. En amour, je suis plutôt poche, la plupart l'ont compris. Enthousiaste, enflammée, passionnée mais assez poche.

En affaires, je me débrouille assez bien et j'étais encore mieux avant, quand je m'en occupais plus sérieusement. J'ai un certain sens des transactions à faire et de celles à éviter. Je fonctionne par intuition et mon intuition est souvent juste.

Mais, ma vie privée est très privée et, même si je l'aime ma maison, même si je la connais, je ne saurais la vendre toute seule. Par pudeur. Par horreur un peu d'être envahie par des inconnus qui voudraient raser ma cour et mettre du béton sur mes fleurs. Les acheteurs inconnus ne se pressent pas aux portes, entendons-nous, le marché est déjà à la baisse et si j'avais vendu ma maison l'an passé, j'en aurais obtenu un prix supérieur à celui que j'aurai cette année. Donc, désolée Sophie de vous décevoir, votre idée est brillante et j'y ai réfléchi mais je n'ose pas. Trop pour moi.

J'ai donc signé avec un autre agent d'immeubles hier après-midi. Un Italien qui l'aime ma maison et qui trippe sur mon grand jardin et mes boiseries. Une personne qui en a compris tout le potentiel, un homme qui s'adressait avec une grande gentillesse à Quatorze ans en journée pédagogique, un sensible qui a dit que ma maison respirait l'amour et qu'il trouverait des acheteurs qui la rempliraient d'enfants! Et je ne l'ai pas trouvé cucul du tout.

Il me dit de ne plus dépenser un sou, je ne récupérerais pas les investissements. Son évaluation était réaliste. C'est une partenaire d'aquajogging qui me l'avait chaudement recommandé. Elle avait bien raison. On trouve de tout à l'Aquadôme, même un agent d'immeubles.

jeudi 26 février 2009

S'expliquer

Il m'a téléphoné à la suite de mon courriel. Je l'idéalise trop, dit-il. Oui, il a été en couple avec une sexologue, oui, il a été massothérapeute, oui, il a de l'expérience de vie, mais à son âge... "Quoi, tu ne bandes plus?" Je deviens plus hardie, plus directe. Je n'en connais pas, moi, des hommes de soixante-quatre ans. On se parle. On s'explique. C'est bien. Il me désire, dit-il. C'est tout ce qui compte. Je suis rassurée.

Intimidée

Je suis gênée avec cet homme. Pas excessivement. Mais je n'ose pas grand chose. Et ma hardiesse fait partie de mon charme. Il faut accepter d'être différente. Pas le choix. Il me fait vraiment trop d'effet. J'en suis littéralement submergée.

J'analyse trop. Son processus de séduction est rapide,efficace, transparent. Première rencontre, deux sorties culturelles dans la même semaine et puis le souper chez lui dimanche. Si je veux. Mais je sentais qu'il était mieux que je veuille. J'ai voulu. Souper chez lui dimanche donc. On fera l'amour. Si je le veux, a-t-il précisé. Il sait trop bien que je le veux. Et à partir de là, la relation va s'éteindre aussi vite qu'elle est née. Je suis beaucoup trop défaitiste? Non, réaliste, je pense.

Laisser tout tomber maintenant? Bien sûr que non.

Mais l'extase, l'élan et le bonheur total ont diminué. Je suis une excessive, moi. J'aime l'émotion pure, l'excès, le coeur qui bat, le tout est possible, la peur au ventre, l'excitation jusque dans les cheveux. Je carbure à cette adrénaline de la folie des rencontres, des phéromones qui explosent dans ma tête et mon corps. Je ne vieillirai jamais.

La réalité peut être belle, heureusement. Il vaut mieux vivre sa vie les yeux ouverts. Et en tirer le meilleur. Lucidement.

mardi 24 février 2009

L'agent d'immeubles

Il est arrivé avec un peu de retard mais, homme de parole, il avait appelé pour m'en aviser et ça faisait bien mon affaire. Est-on jamais vraiment prête quand il s'agit de subir une inspection de notre lieu de vie?

On a d'abord visité mon logement libre du haut. Il a émis quelques commentaires (judicieux!) et on s'est retrouvés en bas chez moi. J'ai pris son paletot et je l'ai rangé dans la garde-robe. Il a demandé si j'avais des pantoufles, en phentex, ça serait très bien, a-t-il dit. Il avait froid aux pieds. J'ai cherché mais je n'en avais pas. En fait, je savais très bien que je n'en avais pas mais j'ai cherché quand même. Je me sentais soudainement inadéquate parce que je n'avais pas de pantoufles en phentex pour les visiteurs. Des chaussettes chaudes? Oui, mais pas pour les grands pieds d'un homme. Il a finalement accepté d'avoir froid aux pieds! J'ai monté le chauffage.

Je voulais lui faire revisiter la maison mais non, il voulait d'abord et avant tout signer le contrat, the contract, le papier qui officialiserait notre relation. Mais il a au préalable voulu me faire un long discours sur le marché de l'immobilier et sur la crise économique. Or, j'ai lu sur le sujet, j'ai écouté des émissions sur le sujet et j'en ai juste ras-le-bol du sujet. Non, ce n'est pas un bon temps pour vendre mais je vends. Un agent qui essaie de me convaincre de ne pas vendre, c'est le bout du bout ou le boutte du boutte, selon votre niveau de classe. Car de la classe, il n'en avait pas. Des sti tonitruants ponctuaient son analyse du marché. Pas de classe et pas d'écoute non plus. Quand l'interlocutrice soupire, bâille, lève les yeux au plafond, regarde ailleurs, fouille dans ses papiers, il me semble que c'est évident qu'elle n'est pas intéressée. Il émit un "stie" de trop. Avant, plus jeune, je n'aurais rien dit, j'aurais ravalé, peut-être même que je l'aurais signé son contrat. Là, non, ça ne passait plus. Je lui ai dit fermement "Arrêtez!" ce qui eut l'effet escompté de le faire taire.

Je lui ai calmement expliqué que je ne le signerais pas son contrat, parce que je ne puisse imaginer être associée à un homme qui profère des jurons à la pelle. Il s'est immédiatement excusé, a dit ne pas s'en rendre compte. N'a pas insisté pour le contrat et a remballé ses papiers. "Autre chose que vous me reprochez?" "Votre manque d'écoute." On s'est expliqué calmement. Comme des amis, en fait, sans aucune animosité. Il a demandé ma discrétion et m'a remerciée. "C'est la première fois que quelqu'un me le dit pourquoi il ne veut pas signer avec moi. Le plus souvent, je reste dans le vide."

Je lui ai rendu son paletot et on a échangé une poignée de mains. Pas d'amertume. Je lui ai dit qu'il était un bon monsieur et que je n'avais rien contre lui en tant que personne. Un peu plus, et on s'embrassait, il y avait comme une espèce de drôle d'émotion dans l'air. Celle de la vérité?

Avec tout ça, elle n'est pas vendue ma maison. Et l'état du marché est mauvais et dégringole de jour en jour, on vient de me l'expliquer longuement de nouveau!

dimanche 22 février 2009

Activité culturelle

On va voir l'exposition Van Dongen au musée des Beaux-Arts cet après-midi, le mystérieux étranger et moi.

samedi 21 février 2009

Trouble

Une rencontre tellement chargée sexuellement des deux bords que j'ai envie de fuir. Trop c'est comme pas assez. Surtout que je m'étais dit que je partais cette fois sur la base d'affinités réelles, comme la présidente de l'ordre des psychologues, Marie-Rose Charest le recommande dans son dernier livre sur les relations amoureuses. Plus on se ressemble, plus il y a des chances de succès. Dans ce cas-ci, je ne le sais pas si on se ressemble. L'attirance brute est si forte que tout le reste est mis dans l'ombre. C'est réciproque, non seulement je l'ai viscéralement senti comme un coup de poing ou de poignard, comme une emprise impitoyable et sans merci, mais il l'a verbalisé tout comme j'ai verbalisé mon trouble. "On fait quoi? a-t-il demandé. Je ne le sais pas. Ça fait tellement longtemps que ça ne m'est pas arrivé. Je ne songeais qu'à rentrer chez moi, comme si j'étais en danger. Je ne me sens pas du tout en contrôle. Ça me fait peur et je fuis. J'ai couru jusqu'à la maison et j'ai refermé la porte, soulagée. En sécurité.

mardi 17 février 2009

Attente

Une journée passée à attendre. Je voulais bien m'occuper à autre chose mais j'en étais tout à fait incapable. Ma fille sortait de l'hôpital aujourd'hui et j'étais la chauffeure désignée. J'avais hâte de la voir ma fille. On ne répondait pas à son pavillon à l'hôpital. J'ai appelé le chum, il lui est maintement interdit par Dix-neuf ans de me parler, elle le trouve trop bavard, mais là, je voulais savoir ce qui se passait. "Je lui ai parlé et elle va vous rappeler pour aller la chercher."

J'ai donc attendu. Finalement, elle était là, toute prête quand elle m'a finalement contactée. Belle, ce qu'elle ne croyait pas car elle n'était pas maquillée. Avec ses traits parfaits, elle est bien plus jolie sans maquillage mais de ça, je ne la convaincrai jamais. Elle était calme et tenait ses médicaments dans un petit sac blanc. J'ai écrit le nom des pilules en arrivant devant sa porte. Ce sont bien des médicaments pour traiter le trouble bipolaire, ai-je pu lire en faisant une recherche.

Maintenant qu'elle est chez elle en sécurité, je pourrais devenir productive, mais je me sens étrangement épuisée. Et pourtant, je n'ai rien fait de la journée. Je vais aller courir un peu, pour me réveiller...

Tiens, ma Quatorze ans qui rentre. Vais-je la convaincre de venir courir avec moi?

lundi 16 février 2009

Vulgarité

Les spectateurs au spectacle de Céline sont exécrables. Ils parlent, crient, filment, photographient, se lèvent pendant le spectacle. S'adressent directement à la star pendant qu'elle chante, d'ailleurs, il y a des chansons qu'elle a bien de la misère à chanter à cause des hurlements d'enthousiasme. Ceux d'en avant montent sur leur banc et cachent ceux d'en arrière, mais on s'en fout des autres, hein, ses fans hystériques ont payé deux cent dollars et se croient seuls dans leur salon avec leur idole. Ces grossiers personnages se mettraient à péter et à roter qu'on n'en serait pas surpris. Ils sont à l'aise, ils sont chez eux. Aucune classe.

À travers le chahut, l'artiste reste bien calme et souriante, tout à fait parfaite la Céline. On vient lui porter des cadeaux directement sur la scène, des fleurs, des toutous laids, des dessins d'enfants et elle trouve le moyen de prendre les offrandes et de remercier tout en continuant à chanter, simple et gracieuse.

Véronic Dicaire en première partie. Surprenante de justesse dans ses imitations. Vraiment excellente.

J'ai aimé le spectacle, je n'ai pas aimé le public.

dimanche 15 février 2009

Dating

Je viens de m'inscrire à réseaucontact et j'ai déjà eu un rendez-vous le lendemain, soit vendredi! Un homme très bien sous tous rapports. Une rencontre agréable, un bon film et un bon café. Je n'en demande pas plus.

Je me concentre cette fois sur les hommes de mon âge ou plus vieux que moi. Plus vieux que moi, je n'ai aucune expérience. Je dois appeler un homme qui a dix ans de plus que moi cet après-midi. Ils ont l'air bien au-dessus de leurs affaires passé soixante ans, ayant un immense bassin potentiel de femmes désespérées et prêtes à tous les compromis, à leur disposition. J'ai bien l'impression que je vais rapidement revenir aux plus jeunes...

On s'en va au brunch familial aujourd'hui. Dix-huit ans sera là et mon fils et sa blonde peut-être bien et ma mère, évidemment et ma Quatorze ans. Cette dernière est allée à un souper de la Saint-Valentin chez son "chum" hier. Ils sont tellement gênés en personne ces deux-là qu'ils en font pitié. Au point où la mère du jeune a demandé à ma fille si vraiment elle voulait rester quand je suis allée la reconduire. Holà! Bien sûr qu'elle va rester, ai-je proclamé en me sauvant à toutes jambes. Finalement, elle a bien aimé sa soirée.

J'ai parlé à Dix-neuf ans hier qui a retrouvé toute sa tête et dit finalement que c'est une bonne idée cette semaine supplémentaire à l'hôpital pour la stabiliser. Elle m'appellera lors de sa sortie pour que je la reconduise chez elle.

J'ai des amis qui voudraient peut-être acheter la maison. Ils sont venus en grande pompe prendre des photos et ont amené les beaux-parents. J'attends des nouvelles. Ce serait idéal. Sans la commission de l'agent d'immeubles, le prix serait plus bas et puis on pourrait s'arranger pour la date d'occupation. Si ça ne marche pas, j'appelle l'agent d'immeubles. Le premier, le stable, celui qui ne m'a jamais laissé tomber et qui m'appelle chaque année depuis dix ans! La persévérance paie. Dans tous les domaines d'ailleurs. En amour aussi.

On a gagné des billets pour Céline Dion! On y va ce soir, ma mère, ma nièce, Quatorze ans et moi! Chanceuses, nous? You bet!

samedi 14 février 2009

Presque végétarienne

Je ne mange à peu près pas de viande mais je ne suis pas pour autant une vraie végétarienne. Je mange encore pas mal de produits animaux : poissons, fruits de mer, oeufs, lait et fromage. Bien que le fromage soit devenu très extrêmement rare depuis que je fais le régime Weight Watchers. C'est qu'il y a tout plein de calories dans du bon fromage et que le fromage sans gras, yak, je n'aime pas. J'ai essayé le fromage végétarien à base de soya et j'aime, pas à la folie, mais je gratine avec et c'est très bien.

Cuisiner végétarien est simplissime, facile, accessible. J'adore ce choix que j'ai fait. Je prépare un repas rapidement. La base? Des légumes que je fais revenir dans du Pam à l'huile d'olive (WW oblige!), le plus souvent des légumes congelés provenant du Québec. J'évite les dépenses reliées au transport des aliments et j'encourage nos producteurs. Alors on fait revenir les beaux légumes et il y en a une grande variété, j'ajoute ail et oignons et puis les protéines: tofu ou poisson, ou crevettes ou pétoncles, ou crabe ou légumineuses ou noix. Une petite sauce sans gras (souvent du tamari ou bien du vinaigre balsamique ou bien du cari ou le fameux curcuma que j'ai appris à aimer). Et hop! on verse le mélange sur du riz brun ou des pâtes de blé entier ou du quinoa ou une autre céréale (en petite quantité les féculents, en très petite quantité, une demi-tasse), un verre de vin rouge et le repas est prêt!

Je me sens vraiment bien depuis que j'ai adopté cette alimentation.

jeudi 12 février 2009

Bonheur

On a le devoir d'être heureux et c'est le plus grand service que l'on puisse se rendre à nous ainsi qu'aux affligés ou malades qui nous entourent. Notre bonheur risque de rejaillir sur eux. La vie continue. Je me suis inscrite à Réseau-contact hier. Encore? Oui. Et ça me fait du bien.

Les tractations et hésitations vont bon train pour ce qui est de la maison à vendre et du condo à acheter. De plus en plus de tractations et de moins en moins d'hésitations. On va s'en sortir! Je sens que les lecteurs de mon blogue qui suivent cette saga qui s'éternise depuis des années maintenant (plus d'une année en tout cas!) vont m'applaudir virtuellement quand j'en aurai enfin fini avec ce sujet! héhé!

Je m'en vais à WW. Un bon côté de mes inquiétudes maternelles est que je suis à peu près certaine d'avoir maigri. Allons vérifier! J'ai une amie très chère qui vient dîner avec moi. La vie est belle car j'en ai ainsi décidé.

lundi 9 février 2009

Les bas

L'agente d'immeuble prévue pour une heure aujourd'hui avait oublié notre rendez-vous. Heureusement, je l'ai su d'avance au moment où je tentais de le reporter d'une petite demi-heure, ce fameux rendez-vous oublié, histoire de finir le ménage qui semble sans fin. La peinture a été terminée hier soir et elle a causé le grand dérangement, celui qui ressemble à tous les cossins pêle-mêle dans une pièce, question de libérer celles à peindre. Couleurs très jolies, neutres sans ennui. J'aime. Maison claire, propre, bien plaisant. Pourquoi donc n'ai-je pas pensé à me payer ça avant, une maison fraîche peinte, avant de vouloir quitter ladite maison, je veux dire? Là, j'admire mes murs, le sourire aux lèvres.

Car je souris, oui. Je devrais pourtant être morte d'inquiétude, ma fille passe en cour contre l'hôpital demain. Une petite poulette de cent dix livres, pleine d'énergie et de désir de sortir faire sa vie avec tous les risques de sa périlleuse vie contre deux éminents psychiatres de ce grand hôpital. Deux contre une. Et toute seule la jeune femme, pas de chum, pas de mère, personne. Voyez-vous, si j'y vais, ce serait pour dire au juge que je considère que ce serait une bonne chose de soigner ma fille même contre sa volonté. Je me sens incapable de faire ça car ma fille me demande exactement le contraire, soit de témoigner de sa bonne santé mentale revenue et de sa capacité de se prendre en charge sans danger pour elle et pour les autres. C'est vrai que la psychose semble finie et qu'elle a un raisonnement logique, mais pour combien de temps? Alors, je n'y vais pas. Demain, elle sortira avec des gardes? Dans un fourgon d'hôpital? Je n'en sais rien. Mais elle aura son tout petit manteau de printemps et pas de bas dans ses pieds. Elle se promène comme ça l'hiver, ma fille. Je lui ai bien acheté des vêtements pour l'hôpital mais je n'ai pas pensé à lui acheter des chaussettes. Je croyais qu'elle en avait dans ses pieds et d'autres dans sa petite minuscule valise. Ça ne prend pas de place une paire de chaussettes et puis, je les ai élevées comme ça mes filles, on apporte des petites culottes et puis une paire de bas quand on va coucher ailleurs. Mais Dix-neuf ans ne met pas de bas dans ses souliers même en plein hiver. Ce sont curieusement des petites choses comme ça qui me font de la peine.

Le bonheur est dans l'action selon Encre qui l'a écrit sur le blogue de Pierre. Étant professeure de philosophie, Encre sait de quoi elle parle, alors je m'affaire. On fête l'anniversaire de P ce soir, plus d'une semaine en retard. C'est elle qui donne des cours d'anglais à Quatorze ans. Elle a eu cinquante-sept ans. Toujours belle. Hésite à sortir parce qu'elle n'aime pas laisser son chien seul? Elle va peut-être l'amener. Je ne porte plus de jugement sur des comportements que je ne comprends pas. Je les accepte. C'est plus simple. La vie m'aura au moins appris ça. Et ça vaut pour ma fille aussi. Mon cercle d'acceptation s'élargit tout le temps, on dirait.

mardi 3 février 2009

Ma petite fille

Je viens de la reconduire à l'hôpital psychiatrique. Elle va y passer la nuit. Elle ne dort plus, ne mange plus depuis plusieurs jours. S'est fait des engelures elle ne sait plus trop comment. Dit que ça s'est infecté. Voit des "ombres" et en a peur. C'est tellement tellement positif qu'elle ait décidé de se faire soigner. Je suis soulagée.

vendredi 30 janvier 2009

Silence, on vaccine!

Les vaccins ne sont pas sans danger. Leurs victimes sont rares, très rares, mais réelles. Lina B. Moreco les a rencontrées. Un autre très bon documentaire de cette jeune cinéaste (bof! un bon cinq ans de moins que moi, la jeunesse totale quoi!) talentueuse, qui a le don de s'attaquer à des sujets difficiles: mort, acharnement médical et là, vaccination. Sujet tabou s'il en est. Quand un parent relie la maladie de son enfant à la vaccination, on ne l'écoute pas et on essaie de le faire taire. Il y a des produits toxiques dans les vaccins et certains individus y seraient plus sensibles et développeraient des maladies graves à la suite d'une vaccination. Un film qui fait réfléchir. Une problématique complexe.

jeudi 29 janvier 2009

Lecture défendue

Je tenais déjà un journal quand j'avais dix ans. Je l'ai gardé. Quand on l'ouvre, il y a une tête de mort de dessinée sur la première page avec écrit en rouge au crayon gras "Maman, si tu lis ce journal privé, je n'aimerais pas être à ta place car je te lance un sort et mes sorts marchent." J'écrivais sans fautes déjà à cet âge-là. C'est que je lisais énormément beaucoup et je savais lire depuis l'âge de quatre ans à cause de mon adorable grand-père qui me l'avait appris sur ses genoux le dimanche après-midi. Je me cachais pour lire car ma mère était persuadée que ça nuisait à mes yeux. J'avais déjà des lunettes épaisses et c'était sûrement à cause de toute cette lecture, pensait-elle. Alors, l'été, les livres étaient interdits et je devais obligatoirement aller jouer dehors. J'avais prévu le coup et j'avais heureusement des cachettes. J'en extirpais mes livres comme un fruit défendu et je me trouvais un petit coin d'où je pouvais lire tout en épiant les possibles dénonciateurs qu'étaient mes frères. Parfois, j'entendais crier "Maman, Libre lit un livre!" Merde! Maman se pointait immédiatement, m'arrachait l'objet du délit des mains et m'ordonnait de sauter à la corde ou bien, il y aurait du ménage à faire. La menace ultime et terrible, celle que j'utilise encore avec Quatorze ans quand elle ne veut pas faire ses devoirs. Mon petit frère, lui, téteux, la suivait en lui assurant que lui, il ne lirait jamais. Et il a tenu parole!

mardi 27 janvier 2009

La madame

Pour les enfants qui souffrent de troubles de l'attachement sévères, la famille n'est pas nécessairement le milieu de vie le plus adéquat. Les demandes affectives d'une famille aimante confrontent directement ces enfants dans leurs manques, non seulement cet amour qu'on leur offre, ils ne peuvent pas le rendre, mais il les agresse et les fait réagir. Les familles s'épuisent et l'enfant est déménagé de milieu, parfois à répétition.

Quand j'étais famille d'accueil, dans les cas où toutes les ressources avaient échoué, il y avait la madame. Une femme célibataire dans la quarantaine, qui avait ses méthodes et imposait sa loi. Les intervenants ne discutaient pas sa façon de faire, parce qu'avec elle, c'était à prendre ou à laisser.

Je l'avais connue lors de nos rencontres de famille d'accueil. Une maîtresse femme, corpulente et excentrique à souhaits, souvent habillée en rouge et avec... son petit caniche dans les bras et un gros trousseau de clé à la main. Elle barrait tout, absolument tout quand elle sortait, y compris le frigo et les armoires! Chez elle, il y avait neuf jeunes entre douze et dix-sept ans, deux par chambres. Impeccables les chambres car dans cette maison régnait une discipline de fer et pourtant, les jeunes voulaient habiter là et étaient prêts à de grands efforts pour y rester!

Elle habitait une grande maison avec une piscine. Quand un jeune débarquait chez elle, elle mettait cartes sur table. Je ne t'aime pas parce que je ne te connais pas mais je te respecte. Je suis famille d'accueil parce que c'est mon travail. Ici, tout le monde travaille et c'est moi qui dirige. On est pas une démocratie (tu ne sais pas c'est quoi une démocratie?, ok, je te l'expliquerai après), je suis le boss et vous devez suivre mes règles. Sinon, tu t'en vas, bonhomme et moi j'accueillerai un autre jeune.

Il y avait des corvées, des récompenses méritées, une vie quand même réglée mais le vendredi soir, c'était le party. Danse, friandises, musique au boutte, on s'amusait ferme et toute la nuit si on voulait. Pas d'alcool et pas de drogue mais le party. Et elle participait la madame.

La semaine, tout était réglé au quart de tour. La madame ne faisait ni l'épicerie, ni le lavage, ni la cuisine, ni le ménage. Mon but, nous expliquait-elle dans les réunions de famille d'accueil, c'est de rendre ces jeunes-là autonomes. Ne rien faire à leur place. Les entraîner à la vie en appartement. Quand ils vont sortir de chez moi, ils vont savoir tout faire. Alors, on fonctionnait en équipes de travail et ça allait rondement.

Un jeune qui ne se pliait pas partait. Immédiatement. Les autres, voyant que la madame ne faisait pas de grands discours mais agissait, la respectaient. Il fallait étudier ou travailler si on avait plus de seize ans pour habiter chez elle, mais elle ne se mêlait pas de trop près de la vie scolaire. Si on lui demandait de l'aide, elle en donnait, sinon, elle gérait au plus pressé.

Des jeunes qui n'avaient jamais pu s'intégrer nulle part, elle en a récupéré. Je me rappelle de ses clés, de sa grosse voix, de son petit caniche mais surtout, surtout, de son rire, un grand rire communicatif, un rire de party. Ses fêtes du vendredi soir devaient valoir la peine!

samedi 24 janvier 2009

La faim

Ça ne va pas si bien avec ma perte de poids. Le programme Weight Watchers marche quand on le suit, pas seulement quand on paie et qu'on lit sur le sujet ou qu'on en parle. Il faut faire des efforts, l'animatrice a raison. Je la paie pour qu'elle me dise de faire des efforts. J'ai faim. Au moment où j'écris ces lignes en ce beau samedi soir, j'ai faim. Il ne reste plus de points. Même les points supplémentaires sont sérieusement entamés et on n'est que samedi et la pesée est jeudi. J'ai faim donc. Je pourrais manger la soupe 0 points ou la salade sans vinaigrette mais je n'en ai vraiment aucune envie. Se changer les idées. Penser à autre chose. Se tenir occupée. Si j'avais un partenaire consentant, je ferais l'amour et je suis certaine que cette foutue faim passerait. J'en ai pas alors faut compenser autrement. Un verre de vin? Mais non, là aussi, il y a des points (les points, pour les néophytes Weight Watchers, ce sont des calories). Courir autour du bloc, autre bonne idée mais il fait vraiment vraiment trop froid. Alors je vais lire ma Presse avec de la tisane bien chaude et me tenir à ça. Je suis capable, bazouelle. Pensons à tous ceux qui ont arrêté de fumer. Eux aussi, ils souffrent. Encore mieux, pensons à ceux qui souffrent de la vraie faim, celle dont on peut mourir, celle qui dure depuis des jours. Bon, là ,c'est bien, je me fais honte. On est une société d'enfants gâtés, de privilégiés, de ventres pleins. Je ne vais quand même pas me laisser aller. Non. Je tiens bon. Un peu de yoga peut-être si j'ai le courage. Non, je n'ai pas le courage. Faut pas m'en demander trop quand même sinon je vais craquer. La Presse, la tisane, ça va aller.

Ciné, amie, alcool et répondeur

Le ciné. Amie P qui est la professeure privée d'anglais de Quatorze ans. Amie P qui est devenue l'idole de Quatorze ans. On se rencontre toutes les trois à seize heures. Quatorze ans s'est changée dans les toilettes de son école même si c'est interdit. Prête à prendre tous les risques nécessaires pour ne pas être vue en uniforme scolaire lors d'une sortie, Quatorze ans! Le film est en anglais, cours d'anglais oblige! Mais la prof d'anglais se permet de traduire à l'oreille, ce qui énerve la cinéphile en moi. Vont-elles se taire? Je ne peux réprimer un "chut" d'indignation, suivi d'une vague inquiétude, Amie P a-t-elle été vexée? Je le saurai à la fin du film qui est excellent, pas un chef-d'oeuvre, mais un bon divertissement. Slumdog millionnaire, j'avais déjà lu le livre.

Amie P. nous paie café et thé chaï. C'est pour Quatorze ans le capuccino glacé. Je ne savais pas du tout qu'elle buvait du café! On connaît si peu nos enfants. Et puis, Amie P va à la Régie et Quatorze ans la suit, Quatorze ans l'aime et l'admire et elles sont les meilleures amies du monde. On furète dans les bouteilles de vin, merveilleux monde et Amie P ne s'achètera qu'une seule bouteille pour cette soirée parce que les magasins de la société des alcools ne fournissent plus de sacs, une initiative que j'appuie tout à fait. On devrait en venir là partout. Alors la bouteille doit entrer dans son sac à main et on rit parce que le goulot dépasse. On s'embrasse. Métro. Maison. Au retour, il y a six messages sur le répondeur, messages que j'écoute. Tous pour Quatorze ans. Tous du même garçon. Sur un deux, il dit " Il faudrait qu'on s'embrasse plus!" Il faudrait qu'on s'embrasse plus, non mais.... sur le répondeur! Il devait bien se douter que tout le monde pouvait entendre son souhait. Je souris et j'ai envie de rire. Il faudrait bien qu'on s'embrasse plus, comme un ultimatum plus qu'un souhait. Curieux! Je dis à Quatorze ans d'aller écouter ses messages. On ne connaît pas ses enfants, ou si peu, ou si mal.

mercredi 21 janvier 2009

Histoires de filles

J'ai passé la journée avec Dix-huit ans hier tout en appelant régulièrement Dix-neuf ans qui avait besoin de ma signature pour son passeport. "Elle ne s'est pas levée, c'est pour ça qu'elle ne répond pas au téléphone." m'explique Dix-huit ans, qui en sait pas mal plus que moi sur sa soeur. Elle ajoute que Dix-neuf ans consomme et mange peu, ce qui explique sa maigreur et sa tendance à perdre la carte. Elle ne veut plus ni la voir ni lui parler depuis qu'elle a attaqué physiquement son chum à elle lors d'un excès de vapeurs éthyliques.

Je lui écris des courriels et des fois je l'attrappe sur msn. Elle y a inscrit comme commentaire avec son nick "Tout va pour le mieux. Il ne faut jamais sous-estimer l'adversaire." Elle s'est contenté de rire virtuellement quand je lui ai demandé d'expliciter davantage. Elle ne me contacte pas donc, mais n'hésite pas à le faire quand elle a besoin de moi, comme pour la signature de sa demande de passeport qui semblait urgente. Elle veut donc sortir du pays, mais je n'en saurai pas plus. Un beau cas de lâcher-prise et d'amour inconditionnel.

On est allées magasiner dans un magasin spécialisé en vêtements de maternité, Dix-huit ans et moi. À dix-huit semaines de grossesse, elle commence à avoir un tout petit ventre rond. C'est un vrai racket ces boutiques spécialisées. On y vend des tshirts ordinaires le double du prix parce qu'on les a déclarés "maternité". Le seul achat qui me semblait avoir du sens, ce sont les jeans cute et à la mode qu'elle pourra porter jusqu'à la fin. Je lui en ai acheté une paire. Elle a essayé des soutifs maternité pour les déclarer "archi-laids, pas question que mon chum me voit avec ça" et préférer s'arranger avec ceux qu'elle a déjà.

On a eu la bonne idée d'aller voir l'assermentation d'Obama sur les grands écrans télé du Costco. Magnifique spectacle, on était hypnotisées, pleines d'espoir, collées l'une contre l'autre dans un pur ravissement. Cet homme va changer la face du monde. On l'espère et on y croit.

Elle a décidé de nous faire à souper, délicieuse recette. Dix-huit ans cuisine très bien, c'est là un de ses nombreux talents, et est repartie chargée de sacs de nourriture.

lundi 19 janvier 2009

Savoir ce que l'on veut

Je veux déménager.

Je veux être en forme.

Je veux faire l'amour.

Je veux manger ce qui me tente.

Je veux maigrir.

Je veux avoir une fantastique relation avec mes enfants.

Je veux voir ma mère plus souvent.

Je veux que mon logement d'en haut soit rénové.

Je veux être utile.

Je veux être heureuse.

Je veux savoir ce que c'est que d'être heureuse (je le suis peut-être déjà).

Je veux voyager.

Je veux recommencer à faire du yoga.

Je veux continuer les activités aquatiques.

Je veux voir des spectacles.

Je veux voir plein de films.

Je veux recevoir.

Je veux cuisiner.

Je veux étudier.

Je veux lire.

Je veux voir mes amis.

Je veux être reconnue. `

Je veux être aimée.

Je veux être libre.

Je veux me libérer de mes possessions matérielles.

Je veux un nouvel ordi.

Je veux en connaître plus en informatique et en technologie.

Je veux déléguer les corvées. (à qui is the question?)

Je veux aller dans un spa (jamais fait ça).

Je veux me faire de nouveaux et nouvelles ami(es).

Je veux sortir davantage.

Je veux me débarrasser de mes vêtements.

Je veux m'habiller coloré et flyé.

Je veux un massage.

Je veux donner un massage.

Je veux prendre des cours de massage.

Je veux essayer toutes les écoles de yoga de Montréal.

Je veux aller à la bibliothèque.

Je veux me départir de la plupart de mes livres. (mais c'est si dur!)


Je veux boire du café.

Je veux boire du vin.

Je veux mettre des robes.

Je veux courir.

Je veux un amoureux.

Je veux apprendre.

Je veux me dépasser.

Je veux prendre soin de moi.

Je veux prendre soin des autres.

Je veux être en bonne santé.


Je veux vivre.

Je veux bouger.


Je veux relaxer.

Je veux arrêter de m'en faire pour rien.

Je veux me vider l'esprit. `

Je veux quitter cette maison.


Je veux faire un profit sur cette maison.

Je veux me faire respecter.

Je veux respecter les autres.

Je veux classer mes documents en ordre.

Je veux que ma maison soit propre.

Je veux être légère.

Je veux avoir chaud.

Je veux me taire.

Je veux écouter.

Je veux respirer.

Je veux progresser.

Je veux rajeunir.

Je veux entendre la musique de Buddy Bolden.

Je veux aider l'humanité.

Je veux tout.




vendredi 16 janvier 2009

Overdose

De la peinture des quarts-de-rond des tuiles de salle de bains décollées on achète un tour de bain ou bien on refait le gyproc là faut acheter des tuiles neuves faudrait un bon jobbeur pour que ça soit bien fait trois mille dollars pour la salle de bains la cuisine vous les changez les armoires faudrait savoir là vous les changez pas bon avez-vous choisi vos couleurs votre escalier est glissant ok je vais aller saler ça un beige neutre ça irait je sais pas c'est la mode le blanc non faut pas garder ça dépassé plafonds blancs oui mais faut de la couleur qui va plaire au plus grand nombre as-tu appelé pour les planchers c'est pas fait oh oh faudrait s'y mettre j'ai mis les vieux tapis sur le balcon ça va j'en ai jeté la moitié en bas aussi faudrait peinturer vous nous devez neuf cent dix dollars pour la semaine passée on va continuer aujourd'hui appelez pour les planchers lundi fini satiné à l'eau ça sent moins vont vous faire ça en deux jours oui c'est solide la porte du garde-robe ferme pas vraiment brisée faut en acheter une autre et puis les couleurs c'est quoi finalement et les luminaires du passage sont trop anciens ça serait mieux de les changer aussi avez-vous mesuré vos pièces pour les planchers c'est fait bon c'est bien.

mardi 13 janvier 2009

Grossesse adolescente

Les joies de la grossesse adolescente, c'est de se faire dire par sa sage-femme qu'il y a des femmes qui gardent leur bijou de nombril jusqu'à la fin et que ce n'est pas dangereux de le faire! C'est de déclarer, ravie, à sa grand-mère que le piercing de la langue, lui, ça, c'est certain qu'elle peut le garder! C'est de s'acheter une boîte de pogos parce que " je mange bien vu que je ne fais pas d'anémie," c'est de demander qu'on arrête de la stresser avec cette histoire de trouver un nom, c'est d'appeler son chum surexcitée en visitant des condos pour lui dire de mettre ses copains dehors "parce que j'arrive et qu'on doit discuter, " c'est d'aller travailler tous les jours à embrocher des poulets et à servir des clients pas toujours aimables, tout le temps debout, sans trop se plaindre. C'est toute cette belle énergie qui m'émeut, cet élan d'amour que j'éprouve pour ma jeune poulette qui se lance dans la vie sans garde-fou, confiante et tellement vivante. La beauté en personne.

lundi 12 janvier 2009

La familia

Ma mère était ravissante comme toujours. Elle avait mis son vison et son sourire. Fils est arrivé en retard, très en retard, ce qui a mis Dix-huit ans en rogne. "Il me fait toujours ça et il fait exprès en plus." Elle l'a pris personnel, ce grand retard et puis elle avait faim. Maman a demandé à changer de place, elle avait le soleil dans les yeux. J'étais à côté de ma Dix-huit ans, tellement juvénile dans son legging et dans son t-shirt qu'elle ne les faisait même pas ses nouveaux dix-huit ans. Elle ne faisait pas femme enceinte de dix-sept semaines non plus. Rien de visible encore. Pourtant, tous les tests sont favorables, elle ne fait pas d'anémie et le bébé se développe bien, selon la sage-femme qui est la meilleure sage-femme du Québec, alors on peut lui faire confiance. Elle buvait un punch aux fruits plein de sucre et Quatorze ans, un Sprite et maman et moi, un café au lait. Le soleil inondait le restaurant. Fils était toujours en retard. Dix-huit ans avait encore plus faim. Quatorze ans collait sa grand-mère.

Fils est arrivé dans le rayon du soleil, sa ravissante compagne palestinienne à son bras. On l'aime donc cette fille-là, avec son sourire et son sens de l'humour. Baisers à tous. Encore du café. On babille tous ensemble. Je parle de HLM à Dix-huit ans, ce qui l'insulte. Elle me parle plutôt condos, on ira en voir après le brunch. Je mange léger, je suis quand même WW, mais pas si léger que ça non plus. Ne pas se priver trop.

Quatorze ans fait ma critique publique. Ce qu'on peut se tomber sur les nerfs, elle et moi, depuis que nous vivons toutes les deux ensemble avec personne pour diluer la relation! Elle a un plaisir fou à se défouler. La famille rit et moi aussi je ris.

J'ai un léger pincement au coeur parce que Dix-neuf ans n'est pas là. Et je décide de ne plus y penser. Que puis-je faire? Tellement, tellement rien. Je garde contact du mieux que je peux. Un message sur son répondeur, un courriel de temps en temps. Mais si elle refuse de communiquer, qu'y puis-je? Je sais bien que les familles des gens qui se suicident se font beaucoup blâmer. Vous n'avez rien vu? Vous n'avez pas aidé? Moi, je ne juge pas ces familles, je les comprends tellement. Quand un membre adulte de ta famille coupe le contact, tu ne peux pas le forcer à communiquer avec toi. Et les périodes sans contact s'allongent tranquillement. Au début, après une semaine sans nouvelles, tu paniques. Ensuite, c'est après un mois que tu t'inquiètes. J'en suis là.

Dans l'après-midi, je suis allée voir des condos avec les filles. On en a vu des beaux. Vraiment. Très excitant comme projet. Dix-huit ans aimerait habiter dans le quartier de son enfance. En fait, c'est dans le logement vide que je rénove qu'elle aimerait habiter. Mauvaise idée. Je le lui ai dit clairement. Alors on a vu des condos! C'est quand est arrivé le moment de faire les calculs d'hypothèque que ma fille a déchanté. Je n'ai pas eu à dire un mot. Les faits parlent. Les chiffres aussi. Mais elle ne se décourage pas facilement ma fille. Une vigoureuse enfant. On est allées en voir d'autres encore, moins chers, moins beaux, tout aussi neufs. Sur plan. Calculs. Ça mijote. Dans la tête de Dix-huit ans et dans la mienne aussi. Drôle d'avoir des projets en quelque part semblables alors que nous sommes de générations différentes. Rassembleur. Jamais nous ne nous sommes senties plus proches que maintenant que nous ne vivons plus ensemble, Dix-huit ans et moi, maintenant qu'elle fait sa vie et que je fais la mienne, maintenant que nous sommes deux adultes qui se respectent et s'entraident.

On a parlé d'estime de soi. Très intéressant. Elle me dit que son chum en manque tout comme elle et que ce point commun les réunit et les rassemble. Je suis surprise. Dix-huit ans semble tellement guerrière et affirmative. C'est qu'elle cache bien son jeu, me dit-elle. On est ici en pleine honnêteté. L'estime de soi, ça se transmet et ça se bâtit à tout âge. Elle est d'accord. On parle du carnet de fierté. Son estime à elle pourrait se bâtir en même temps qu'elle bâtirait celle de son enfant à naître. Beau projet! J'ai de la misère à stationner, comme toujours. Je veux aller plus loin, car il y a une place plus grande. Et puis non, j'essaie encore et encore pour montrer l'exemple. Et puis finalement, j'entre enfin dans le petit espace, bien droite et tout à côté du trottoir. "Je vais écrire ça dans mon carnet de fierté ce soir, que c'était difficile de stationner mais que j'ai persévévé et que j'ai réussi." On rit, complices.

samedi 10 janvier 2009

L'amertume

L'amertume fait vieillir. Les amers sont parfois des jeunes bien vieux. Je pensais à ça parce que j'ai une petite tendance actuellement à me tourner vers mon passé, pas pour y voir les bons coups, mais bien pour ressasser ce qui n'allait pas. Comme le fait justement que je prenais mes couples en charge, que je m'attachais à des hommes attachants (hihi) mais souvent faibles. Mon premier chum, le père de mon fils était drogué en permanence aux Valiums. Quel beau défi pour moi que de le guérir! J'ai réussi. Et puis ma plus longue relation avait vécu une enfance horrible, débilitante, écrasante et ensuite un mariage avec une pas mal folle femme qui faisait partie d'une secte religieuse et y avait entraîné ses enfants. J'ai sorti les enfants de là. Je dis que c'est moi qui l'ai fait parce que Chummy regardait cette situation dramatique sans rien faire et je l'ai poussé, un peu malgré lui, à réagir. Évidemment, je n'en ai pas tout le crédit, s'il n'avait pas voulu du tout les reprendre ses enfants, ça ne serait pas arrivé non plus.

Le seul gars qui, lui, a pris soin de moi, c'était il y a quelques années seulement. Un homme qui m'a littéralement prise en charge, qui m'appelait tous les jours, venait me chercher à la maison (Pur Bonheur l'aurait aimé), qui organisait nos activités, qui me faisait amoureusement à manger, qui conduisait la voiture tout le temps, m'entourait, me complimentait. Je me suis laissé aller. Pas complètement, c'était louche tout de même. Il était un mauvais baiseur, mais ça n'avait pas une si grande importance, étant donné tout le reste, j'étais prête à bien des compromis. Il m'entourait, mais ne m'écoutait pas vraiment, pas souvent. Pas si grave non plus. J'étais conquise et puis je le trouvais intéressant. J'aimais l'écouter. Trois mois intenses. Et puis, il est parti à Québec et ne m'a écrit un mot que deux ans plus tard! Dans lequel il disait être parti à cause de son travail mais aussi parce qu'il commençait à tomber en amour avec moi et que ça lui faisait peur. Je n'ai pas répondu à son courriel. Et voilà qu'un an et demi plus tard, je viens de lui écrire. Et mon ressenti, c'est de l'amertume. Et l'amertume, ça fait vieillir. Je m'attends à un long silence de sa part également. Et moi, il me faut une cure, pour me libérer du poison de l'amertume, pour vivre dans la fraîcheur, dans le renouveau, dans le présent et dans l'espoir.

Les ouvrières (oui, oui, j'ai trouvé une équipe de femmes!) sont en haut en train d'arracher le tapis. Elles vont peindre les plafonds. L'opération rafraîchissement est en cours. Dans l'appartement du haut et chez moi aussi. Du neuf, c'est ce qu'il me faut!

vendredi 9 janvier 2009

Les insécurités

J'en ai beaucoup et j'ai honte d'en avoir. Même honte d'avouer en avoir autant. Plus qu'avant? Oui. Ça peut s'inverser? Absolument. J'y travaille très activement. Pour vaincre ses insécurités. il faut les confronter, plonger dans ce qui fait peur, prendre des risques. Un projet à la fois.

Il y a parfois chez moi ce désir de partager les responsabilités avec un autre. Sauf que le problème, c'est la tentation de s'en remettre à l'autre. Si j'avais un conjoint moindrement intéressé, possible que je la lui confierais la vente de cette maison, que je m'en laverais les mains car l'intérêt de base n'est pas là. Mais je n'ai pas le choix d'avancer et de procéder. Ça ne se fera pas tout seul. Je suis obligée d'apprendre malgré moi et de prendre les opérations en charge. Prendre sa vie en charge, n'est-ce pas un défi quotidien? Je ne pense pas que ce soit plus facile à cinquante ans qu'à vingt. Ce l'est moins, parce qu'on connaît davantage les risques, ce l'est plus, parce qu'on a l'expérience.

Derrière toute femme indépendante, il y a une petite fille qui rêve d'un prince charmant pour la prendre en charge. J'en ai trouvé un pendant trois mois seulement, il y a quelques années et je m'en souviens avec vivacité. Je pense que les hommes aussi aimeraient bien qu'on les prenne en charge, de temps en temps. Le repos du guerrier?


Me voilà donc plongée tout entière dans cette vente de maison. Mon blogue devient un blogue immobilier. Ensuite, je partirai. Où? C'est là que ça devient intéressant. Je peux aller n'importe où. Fascinant.

jeudi 8 janvier 2009

Maison et libido

Mes soucis de maison m'enlèvent toute libido et freinent ma joie de vivre. Il y a des problèmes de maison bien pires que les miens, je sais, M, je sais. Et ma joie de vivre, c'est à moi de la préserver et de l'entretenir, je sais aussi, V. Allons au WW en attendant. Pas trop certaine que ça va me remonter le moral.

Le taudis

Je ne suis pas une propriétaire fatigante. Je ne mets jamais les pieds chez mes locataires. Quand ils ont un problème de plomberie, je leur donne le numéro de téléphone de mon plombier et je paie la note, sans aller voir. Même chose pour l'électricité ou tout autre problème domestique. J'étais plus vaillante au début de ma carrière de propriétaire, je montais moi-même, je regardais ça d'un air connaissant, j'accompagnais le plombier, je supervisais ou faisais semblant de superviser ses travaux, mais maintenant, j'en ai marre. Il y avait plus de dix ans (quinze?) que je n'avais pas mis les pieds dans un des logements,donc. Celui qui avait été occupé par mon ex-amoureux et ensuite par sa fille. Et voilà que la fille est partie et que je suis allée voir le logement vide hier.

Catastrophe! Une odeur pestilentielle. Les chats! Mausus de chats. Semblerait qu'ils se servaient régulièrement du tapis comme litière quand ils étaient contrariés. C'est l'explication donnée par fille de l'ex, pas gênée du tout de m'expliquer les comportements parfois imprévisibles de la race féline. On ne se décourage pas. De toutes façons, le tapis, j'allais l'enlever.

Dans la salle de bain, des tuiles sont arrachées. Pas arrachées, enlevées, me dit fille-de-l'ex, elles tenaient mal et puis avec les fourmis, j'ai préféré les enlever et recouvrir le mur de plastique! Les fourmis? Elle m'en avait bien parlé il y a quelques années, je lui avais donné des produits et je croyais le problème réglé depuis longtemps. J'en ai pas vu de fourmis moi. Bon, les tuiles de céramique sont dans une boîte, ça doit bien se recoller.

La cuisine est vieille et d'origine, là , c'est la faute de personne sauf du temps. Une grosse dépense en vue.

Rien qui ne puisse se régler à force de travail, donc. Je mets une femme là-dessus.

Je ne peux pas vendre comme ça. Ce pépin me ralentit. Mais ne m'arrête pas.

lundi 5 janvier 2009

Je change de poste

C'est quoi cet apitoiement sur soi de mon billet précédent! Non, mais, je me relis et je me déprime moi-même. Stop! On repart en neuf. C'est la nouvelle année. Je peux faire ce que je veux. J'ai les moyens de faire ce que je veux. Je suis en santé, mon corps fonctionne très bien, c'est quoi ces barrìères que je me mets moi-même. Je recommence. En neuf. Projets. Action. On tourne.

Cul-de-sac

J'étais bien trop jeune pour la prendre cette retraite. Je ne voulais plus enseigner, soit, c'est correct. Je pouvais vivre sans travailler, quelle chance, me suis-je dit! Liberté 55 à quarante-huit ans. J'avais encore plein d'enfants à charge, ils m'ont gobé mon temps et je me suis laissé dévorer parce que je n'avais pas d'autre projet valable. Au moment de l'abandon de mon emploi, je voulais devenir famille d'accueil à plein temps, aménager mes logements pour y accueillir des enfants et donc me débarrasser de mes locataires du même coup. Au même moment, mon adolescente problème a été placée en centre d'accueil! Ça n'aurait pas vraiment dérangé mon dossier de famille d'accueil, m'a dit la travailleuse sociale, j'avais déjà fait mes preuves et le besoin est immense à Montréal. Mais moi, là-dedans, non, je ne me voyais pas d'un côté avoir une enfant placée et de l'autre accueillir des enfants placés. J'ai laissé tomber. Tout.

J'ai bien fini mes études en Petite enfance et Famille, histoire de bien les comprendre, les troubles de l'attachement dont souffrait ma fille. J'ai même travaillé un peu, très peu, dans un centre de la petite enfance et j'ai détesté. Je me suis alors retrouvée dans un espèce de cul-de-sac et j'y suis toujours. Je me suis lancée à corps perdu (c'est le cas de le dire!) dans l'exercice intensif et les cours de yoga et j'en ai retiré une certaine satisfaction et une satisfaction certaine. Devenir professeure de yoga a été un de mes buts, jamais atteint et que je ne suis plus certaine de vouloir atteindre, plutôt certaine de ne plus vouloir l'atteindre, tiens.

C'est pour toutes ces raisons que j'ai intitulé ce billet "Cul-de-sac".

Un cul-de-sac, il ne faut pas rester dedans, il faut s'en sortir et je veux m'en sortir. Reste à savoir comment et par où commencer.

samedi 3 janvier 2009

Fierté

"Ce garçon va devenir quelqu'un de bien." Ce sont les parents du premier bébé de l'année à Montréal qui parlent.

"Il sera un grand Montréalais et un grand Canadien, un citoyen d'exception capable de contribuer à la société."

C'est un discours qu'on entend trop peu souvent. Élever un enfant pour en faire un citoyen d'exception et une contribution à la société, ça dépasse élever un enfant pour qu'il soit heureux. Ça implique des efforts, de la droiture et de la discipline. Du temps aussi. Cette petite personne est importante car elle aura un futur grandiose. C'est tout plein d'espoir. Et je suis persuadée qu'un enfant élevé avec cette grandiosité et cet investissement parental total a beaucoup plus de chance d'être heureux.

On croit en lui, en ses capacités, il deviendra quelqu'un de bien, entend-il de la bouche de ses parents. Comment faire autrement avec une telle foi et un tel encouragement.

vendredi 2 janvier 2009

Bye bye raciste

Le Bye Bye 2008 a été écrit par des gens sans culture, sans connaissances générales, centrés sur eux, leur petit vécu québécois fermé bien dur, anti-immigrants, anti-anglais, anti-noirs, anti tout ce qui déborde de leur petite vie étroite, douillette et nombriliste.

Dans de grands événements comme l'élection d'Obama ils n'ont vu que l'occasion d'étaler toute la panoplie de leurs jokes racistes éculées et de bas étage, supposément pour ridiculiser Denis Lévesque. Du spectacle grandiose de Paul McCartney, Véronique aura cette petite phrase assassine et hypocrite, à la toute fin du Bye Bye "Je ne parle pas français, mais je prends le cachet." Péché mortel pour tout le monde de ne pas parler français ou de voter différemment de Véro et son chum, les Anglais deviennent des ennemis qui ne seront pas accueillis chez nous, nous dit agressivement Jean-François Mercier, leurs bars ferment à quatre heures de l'après-midi et leurs femmes ne baisent pas avant le mariage, ni après. Si quelqu'un du Canada anglais attaquait aussi méchamment des Québécois, on en entendrait parler longtemps. Un discours xénophobe, petit, bas, dont j'ai eu honte. Je paie des taxes pour de telles insanités? Comment se sentaient mes filles en voyant l'imitateur de Denis Lévesque pointer vulgairement son doigt vers la "zigounette" du président des États-Unis? Et mon amie anglophone, elle, comment se sentait-elle?


On dirait que les scripteurs sont déconnectés de la réalité multiculturelle et ouverte qui les entoure. En fait, s'il y avait eu d'autres personnes que des Blancs francophones peu cultivés pour écrire les sketchs, certains d'entre eux ne seraient jamais passés, celui de l'entrevue de Obama, jamais en tout cas et le commentaire absolument disgracieux de Jean-François Mercier sur la plus grande facilité de tirer du noir sur blanc, certainement pas non plus. Il n'y avait rien, vraiment rien de drôle là-dedans, rien qu'un gros malaise devant tant de bêtise.

Il y a eu des bons moments, le numéro sur la listériose était réussi. Les vieux chanteurs qui refont les chansons des jeunes aussi. Céline Dion, numéro éculé mais Véronique Cloutier l'imite bien tout comme elle faisait une Julie Couillard plus vraie que vrai. J'ai aimé que Julie Couillard participe, elle démontre un étonnant sens de l'humour, la dame, et elle va percer dans le show bizz. C'est déjà parti. J'ai aimé qu'on souligne les cinquante années de carrière de Michel Louvain. Beau numéro empreint de respect, trop rare le respect dans ce bye bye, il faut le relever!

En y repensant, même dans le numéro sur Céline Dion, on introduit du racisme en lui faisant dire que son jardinier c'est Mandela. Une obsession?

Comparé à ça, le Tout le monde en parle a été un grand succès. On y a fait se donner l'accolade à Jean et Pauline et ils ont su nous rendre la vie politique plus humaine. Tous les invités étaient excellents, le ton joyeux mais sans vulgarité. Bravo! On m'a dit que l'émission de Jean-René Dufort était très bonne aussi mais je n'ai pas eu l'occasion de la voir.