mercredi 11 novembre 2009

Le docteur

C'est un bel homme qui me fait sentir l'espace d'une visite comme la femme la plus importante du monde. Il m'examine, me parle, prend soin de moi, me chicane affectueusement si je n'ai pas suivi ses conseils. Il est toujours affable et souriant. Il pose les bonnes questions et il sait écouter. C'est un grand spécialiste mais avec lui je ne me sens jamais un numéro. Et je sais que le prochain patient pensera exactement la même chose. Il nous aime et se soucie vraiment de notre santé. Alors, j'ai décidé d'écrire à l'hôpital pour chanter un peu ses louanges.

lundi 9 novembre 2009

Scène du dimanche matin

Dans la voiture avec Dix-huit ans et son bébé, en chemin pour aller bruncher avec ma mère. Quinze ans, grippée, est restée à la maison.

Dix-huit ans: Tu trouves ça normal, toi, que la mère de mon chum m'ait demandé si on a recommencé à faire l'amour?

Moi: Non.

Dix-huit ans: Je le savais! Non, mais, c'est super indiscret. De quoi elle se mêle? Ça ne regarde que le couple lui-même, pas les parents du couple. J'ai fait une crise à mon chum parce que je pensais qu'il lui en avait parlé, mais il dit que non.


Moi: Hum...

Dix-huit ans: Et en plus, elle veut nous faire une espèce de thérapie de couple, nous rencontrer un après l'autre et ensuite les deux ensemble. Là, elle exagère. Elle prend trop de place.

Moi: Elle garde beaucoup votre bébé, non?

Dix-huit ans (tranchante): Oui, pis après? Cest elle qui veut. On ne la force pas. Et si on a à se séparer, ça va se faire. Elle ne pourra rien contre ça.

Moi: Non, évidemment. Mais tu sais, c'est un peu angoissant quand il y a un bébé d'envisager la séparation d'un couple. On s'inquiète pour l'enfant, tu comprends ça?

Dix-huit ans: Oui, c'est sûr. Mais quand les deux parents sont responsables, il n'y a pas vraiment de raison de s'inquiéter.

Moi: Si jamais tu te séparais, tu n'aurais pas d'inquiétude à laisser le bébé seul avec son père?

Dix-huit ans: Aucune. C'est un bon père. J'ai fait un bon choix.

Moi: Ça, ne l'oublie jamais, quoi qu'il arrive. C'est important.

Elle a souri.

dimanche 8 novembre 2009

Cinémania

Mes lecteurs et lectrices savent à quel point je suis folle du cinéma. C'est moi qu'on va trouver faisant la queue dans les festivals de films la passe au cou à neuf heures du matin à m'enfiler film sur film jusqu'à en défaillir. Mais alors qu'au festival des films du Monde ou à celui du Nouveau Cinéma, on risque autant de tomber sur des films quelconques ou simplement ennuyants que sur des chef-d'oeuvres, à Cinémania, le festival du film francophone, tous les films sont de qualité. Et en plus on présente un film à la fois, dans une seule salle, ce qui empêche les cinéphiles maniaques (j'en suis) de se mordre les doigts d'avoir choisi un navet alors qu'un amour de film joue peut-être dans une autre des salles. Et puis, à Cinémania, il n'y a pas de cohue, personne n'est refusé à la porte et c'est tout simplement agréable. Ma fille ayant attrappé la grippe, (pas de panique, là , plusieurs seront atteints mais ils n'en mourront pas tous!), je passe mon temps entre les soins à la malade et le cinéma Imperial, commodément situé à distance de marche de chez moi. Bouillon, amour, tylénol et cinéma, voilà mon quotidien ce week-end.

vendredi 6 novembre 2009

Mentir

Il s'en doutait bien qu'il se passait quelque chose car quand je lui ai dit que je n'avais plus le temps d'aller dîner parce que j'avais trop de choses à faire, il a immédiatement dit:"Pourquoi? Je t'énerve?" "Je suis fatiguée et j'ai plein de choses à faire." "Mais qu'est-ce donc que tu as tellement à faire de toute urgence cet après-midi?" Et là, je suis restée vague car je suis une fort mauvaise menteuse. Je ferais une piètre infidèle.

La vérité aurait été la suivante:

"Oui, tu m'énerves. Tu parles tout le temps, que ça m'intéresse ou non. J'en ai rien à foutre de ton renouvellement d'hypothèque et pourtant je pourrais y aller à ta place, tellement j'en connais tous les détails. Je fais tout pour que tu te rendes compte que ça ne m'intéresse pas. Je baîlle, je regarde ailleurs, je ne fais aucun hum hum de politesse. Rien. Et tu continues! Aujourd'hui, je me sentais plus seule avec toi que si tu n'avais pas été là. Et je n'ai pas un moral du tonnerre ces temps-ci. Je combats la déprime avec un certain succès. J'ai plein de choses dans la tête. J'aurais bien aimé t'en parler. Un peu. Mais il n'y a pas de place pour moi. Il faudrait que je la réclame la place. Et je n'ai pas l'énergie de réclamer en ce moment. Tu me pompes mon énergie, voilà! Et même notre vie sexuelle ne m'intéresse plus vraiment. Plus le goût. Je veux du sexe associé à de l'amour. Pas je veux et j'exige, mais j'aimerais ça. Je suis devenue une commodité qui peut t'amener au Costco parce qu'elle a une voiture. C'est comme ça que je me sens. Aujourd'hui. Voilà."


Mais comme je ne lui ai rien dit de tout ça, je ne lui ai pas donné l'occasion de s'exprimer et en quelque part, je le regrette.

jeudi 5 novembre 2009

Rejet

On devait dîner ensemble après le Costco. Et voilà que je ne pouvais plus l'endurer mais que je n'étais pas capable de le lui dire. Ça se dit? J'ai prétexté la fatigue et que j'avais beaucoup de choses à faire et me voilà chez moi. Clairement déprimée cette fois. Yoga à dix-huit heures. J'y serai.

mercredi 4 novembre 2009

Action

Dimanche, monter ma montagne à la course (et la redescendre, héhé!).

Lundi, cours de yoga kripalu. C'est un yoga difficile. Beaucoup de poses d'équilibre, ce qui est mon point faible. Excellent donc, travailler ce qui a besoin d'être travaillé. En soirée, aquaforme à la piscine près de chez moi.

Mardi, encore un cours de kripalu. J'ai déjà mal aux muscles des deux jours précédents, alors c'est un peu pénible. La prof nous dit "Surprenez-vous!" et je persévère et je me surprends. "Let your eyes smile" et mes yeux sourient. J'ai eu hâte que ça finisse jusqu'au shavasana mais je sors de là fière de moi et le moral en hausse.

Aujourd'hui, aquapoussette avec super bébé et sa maman. Je nage dans le bassin d'à-côté. Et ce soir, souper au restaurant (léger, le souper, léger) et la pièce Une maison face au nord, au théâtre Jean-Duceppe (oui, oui, à côté de chez moi).

Je vais vraiment mieux. Bien. Demain, je vais au Costco avec le monsieur qui veut se marier, qui en est devenu un adepte! Il n'a pas de voiture, le monsieur, problèmes avec ses yeux. En fait, je soupçonne qu'il ne voit pas bien du tout mais il se débrouille et a voyagé dans le monde entier, alors je ne vais pas le prendre en pitié. Au Costco, donc, je vais acheter la fameuse lampe spéciale qui pallie au manque de lumière hivernal. Ça devrait aussi m'aider. Et je n'ai pas abandonné l'idée d'aller brièvement consulter un psy-orienteur.

mardi 3 novembre 2009

Aidez-moi!

La vie est un éternel recommencement. Déprimant de penser comme ça. Tenter de voir ce qui a changé, évolué, progressé. Mon condo. C'est bien plus que du matériel, c'est un changement de vie. Et là, là, je cherche autre chose. Autre chose qui n'est pas un homme. Du moins, je crois. Je suis à une autre étape. Une étape mauvais poil. Touffue. Embroussaillée. Embrumée. Je tente de trouver un chemin à travers les ronces épaisses. Je vais devoir demander de l'aide. En autant que je ne tombe pas sur un psychologue comme celui de La Galère de l'épisode d'hier!

lundi 2 novembre 2009

Descente

J'ai fait mon premier souper au condo. Un souper d'Halloween. Il y était. Mes amis aussi. Et leurs enfants. Il parlait trop. Et ça m'a énervée. Un peu. Et puis aujourd'hui, il m'a téléphoné. Pas pour prendre de mes nouvelles. Pour me demander quand j'allais au Costco. Descendu de son piédestal, Monsieur. C'était un tout petit piédestal, plutôt un escabeau qu'une estrade alors la descente n'a pas été trop rude. Il va rester l'amitié lucide. Là, je peux rencontrer quelqu'un d'autre, si je veux. Mais je sais que je devrais faire la rencontre de moi-même avant, combler mon vide, me centrer sur moi. Le vrai bonheur est intérieur et bla bla bla. Méditer. J'haïs ça ces affaires-là. Pas capable pour le moment. Non. Bon.

Recherche de l'équilibre

La vie est ordinaire. J'ai toujours eu tellement de misère avec ça. Je pensais que ça se calmerait avec le temps, que je finirais par accepter le quotidien, les jours qui passent, semblables. Que non, que non! J'aime que ça bouge? Faut que je fasse bouger. Personne ne va vivre ma vie à ma place, personne ne va la rendre palpitante, sauf moi. Il y eût une époque où je ne me posais aucune question sur le vide ou le plein de ma vie. Quatre enfants, une poignée d'enfants d'accueil en plus, des défis d'éducation, des visites chez les ergothérapeutes, les psychologues d'enfants, une grande maison à tenir, des repas à faire, le tout assaissonné d'un job à temps plein dans l'enseignement et d'un cours ou deux à l'université. Je ne me posais aucune question sur le sens de ma vie. J'étais grosse et pas du tout en forme, cependant. J'avais un chum de fin de semaine et c'était parfait. Si ça avait été si bien comme vie, je ne me serais pas retrouvée avec un pré-diabète à quarante-sept ans. Le corps parle. S'oublier pour les autres n'est pas non plus la solution. Il doit bien y avoir un moyen terme dans tout ça, une façon d'être utile, heureuse, en forme et de ne pas avoir une vie plate? Je suis certaine que oui. N'est-ce-pas vers quoi nous travaillons toutes et tous, la recherche de l'équilibre?

samedi 31 octobre 2009

Des nouvelles de Voisin

Il est tout enthousiasmé. Il s'était inscrit sur réseaucontact. "Homme gentil, doux, sincère, aimant le chocolat, les enfants, les animaux .... (s'ensuit une petite liste de ses goûts), cherche femme pour amour.

Il en a rencontré deux. La première, ça n'a pas marché. La seconde est mariée, mari invalide. Une artiste. Voisin, ne l'oublions pas, est du milieu des arts. Rencontre dans une boîte de jazz. Écoute du spectacle sans pouvoir se parler ni se toucher, à sentir les vibrations de l'autre tout à côté. Du necking intense et cochon par la suite dans la voiture, sans se parler encore. Et depuis, ils se voient. Aujourd'hui, ils allaient visiter des musées. Elle a mon âge. Il est charmé. Bon pour sa santé. Je suis contente pour lui. Très.

jeudi 29 octobre 2009

mercredi 28 octobre 2009

Monsieur

Est-ce réciproque? Et sinon, est-ce souffrant? demande Méli. Est-il centré sur lui-même? se demande Anna-Belle.

Au départ, quand on s'est rencontrés, il a émis très clairement et c'était déjà dans sa fiche, son désir de cohabiter avec une femme, d'avoir une relation maritale, officialisée ou non. Il était prêt à faire des changements importants dans sa vie, à vendre son condo ou bien à le partager, à déménager dans un nouveau coin si nécessaire. Il était en ouverture et en désir de changer de vie. Ce n'était pas une chum d'occasion qu'il désirait, mais bien une compagne de vie à long terme, dans la même maison. Clair. Limpide.

Alors que moi, je lui dis que je veux un ami, un amoureux, que je suis prête à de l'engagement émotif, à prendre soin l'un de l'autre, à se voir régulièrement. Mais pas prête à cohabiter, pas du tout. Ni à déménager non plus. Je viens de déménager dans un coin qui m'enchante et je n'ai pas de place physique pour un conjoint non plus.

On part de là. Incompatibilité donc. Tout aurait pu se terminer sur-le-champ mais Monsieur m'offre l'amitié. Platonique l'amitié, ça va de soi pour lui. J'accepte. On se voit. Le plus souvent pour discuter ou aller au restaurant ou les deux ensemble! C'est très plaisant, coulant, facile. Et j'ai envie de quitter le mode platonique et c'est moi qui le propose. Et je m'amourache un peu. Lui pas. Il répond à mes demandes d'intimité sexuelle. Il ne tombe pas en amour pour autant. Un échange de bons procédés.

Est-il imbu de lui-même, Anna-Belle? Pas nécessairement. Il parle beaucoup mais c'est rarement pour ne rien dire. C'est un homme très cultivé sans être pédant. Il lit beaucoup, réfléchit, s'informe. Il fait partie de plein de comités. Il connaît énormément de gens, dont des politiciens et des penseurs. Il bénévole, étudie, bricole des gadgets, ose, voyage, aide. J'ai une certaine admiration pour lui. Et je me sens bien aussi. Peu de temps mort quand on est ensemble. Cette certitude qu'il n'est pas avec moi pour mon cul. Cette nouvelle certitude qu'il n'est pas amoureux. Mais il m'apprécie, c'est clair. Rien ne l'oblige à me voir et il revient toujours à la charge.

Ce qui est le plus étrange et contradictoire, c'est que si jamais il tombait amoureux de moi et insistait pour que l'on vive ensemble, je paniquerais. Il est vieux. Quand je le visite ou que je sors avec lui, ¸ça ne me dérange pas. Dans le quotidien, ce serait bien difficile. Il écoute la radio fort. Insupportable. Quand je le visite, je lui demande de la fermer,ce qu'il fait­. Je prétexte que je ne l'entends pas parler et c'est vrai. Il parle constamment et est mal à l'aise dans le silence. Pendant quelques heures, là encore, ça va bien. Pas besoin de chercher un sujet de conversation. Tout le temps? Je ne sais pas. Il finirait bien par se taire, je suppose. Il n'est pas très en forme. Bien que là, c'est trompeur. Il ne fait pas vraiment d'exercice, des marches comme hier avec moi, mais rien d'athlétique. Il mange un peu de tout, trop. Il a une bedaine. Et pourtant, il n'est jamais malade et très en forme sexuellement, plus que bien des jeunes hommes. Alors, c'est peut-être moi avec mon yoga et mes légumes qui serait malade avant lui!

Mais la question ne se pose pas. Il n'est pas amoureux de moi et me proposera probablement d'autres activités amicales. Il cherche de son bord. À moi de chercher du mien. Je ne le fais pas parce que je ne suis pas motivée. J'ai tout de même un homme dans ma vie. Pas un amoureux, mais un bon ami avec lequel je fais des activités. Voilà la réalité!

mardi 27 octobre 2009

Bateau sur l'eau coule coule coule

Je pense que je me monte un bateau, pas un grand paquebot, plutôt un petit voilier tout discret, mais un bateau quand même. Cet homme-là non plus ne tombera jamais en amour avec moi. Car c'est bien ça que je recherche dans le fond, sans trop oser le nommer, de l'amour partagé. Disons, avouons, cessons de nous raconter des histoires. Les gens, la plupart des gens, recherchent l'amour et j'en fais tout à fait partie. Il est un bon ami, sans plus, et ça va rester comme ça. Le fait que nous fassions des choses sexuelles n'y change rien du tout. On arrêterait ça demain matin que nous demeurerions amis. C'est une partie accessoire et indépendante de la relation amicale. Il est comme l'autre sur certains aspects. Jamais de compliments et il parle tout le temps. Plus discret et empathique par contre. Un vrai philanthrope aussi. Et un lettré. J'aime sa compagnie, c'est clair. Je ne suis pas amoureuse non plus, mais avec un minimum de réciprocité, je pourrais peut-être le devenir. Il ne me fait pas la cour. Et ça ne se demande pas. Fais-moi la cour. Peut-être que ça se demande. Mais j'aimerais tellement ne pas avoir à demander. Et je ne demanderai pas, c'est sûr. J'ai un minimum d'orgueil quand même. Chercher ailleurs? Trop de trouble et ça ne me tente même plus, ça non plus.

lundi 26 octobre 2009

Baby et sa maman

Il aura cinq mois dans une semaine. Il est sage comme une image. Un peu enrhumé ce qui nous énerve tous avec la grippe mortelle qui court. Mais Dix-huit ans avait tout prévu. Acheté un thermomètre, lu les instructions, non, il ne fait pas de fièvre. Oui, il tousse un peu mais sans plus et il boit bien ses biberons. Oui, il est un peu moins souriant que d'habitude mais sa grand-mère excitée et gaga a bien réussi à lui soutirer quelques sourires. Dix-huit ans se trouve poche et se dévalorise beaucoup à cause de son examen de conduite échoué trois fois. Ça vient légèrement titiller ma culpabilité. Je ne la fais pas pratiquer. Pas capable. Trop nerveuse. Elle va conclure que je n'ai pas confiance en elle et ça ne va pas l'aider. Alors je lui paie des cours. Elle l'avait pourtant réussi son cours de conduite. Je lui en paie d'autres. Et je vais peut-être me convaincre de la faire pratiquer. Faut que je travaille sur moi, que je me calme. Bon, si elle avait trois ou quatre heures de pratique de plus avec un professionnel, je nous sentirais plus en sécurité. Si elle avait un père, je lui donnerais la job. Misère.

dimanche 25 octobre 2009

Abstraction

Je ne veux plus de sexe sans amour. Je veux de l'amour avec du sexe aussi. Et même sans sexe, tiens... hypothétiquement. Bon, pas trop certaine de la phrase précédente. Je veux me marier aussi. Pourquoi pas, finalement? Dans l'abstrait, tout ceci me semble pertinent. Dans le concret, je fuirais peut-être. C'est moi qui ne suis pas simple, pas la vie, pas l'amour, pas les autres. La compliquée, la mélangée, c'est moi.

samedi 24 octobre 2009

Bénévolat

Je m'occupe de l'amie de Quinze ans, celle qui n'en a que treize, celle qui n'a pas de mère, celle qui est dans une classe de comportement parce qu'elle a cassé les dents d'une fille qui traitait son père d'alcoolique. Est-il alcoolique pour vrai le père? Aucune idée et je n'ai pas eu l'indélicatesse de demander. Elle est souvent chez nous, la jeune Treize ans. Arrivée ce matin, il est probable qu'elle ne reparte que demain soir. Et ça arrive régulièrement. Je l'aime bien. Vu qu'elle est si souvent ici, je m'occupe de son éducation. Si ça ne convient pas, elle n'a qu'à repartir. Mais oh! Mausus que ça convient donc! Ça commence habituellement par, "Si j'étais ta mère, moi.... " j'ai alors son attention totale, et ça continue comme ça "j'endurerais pas ça que tu aies les cheveux dans les yeux à ce point-là parce que ça nuit à ta vision et je te ferais porter des barrettes." ou bien parfois par :"je n'accepterais pas que tu sortes avec une jupe si courte et je te ferais changer de vêtements". Elle est alors tout à fait réceptive et se met immédiatement une barrette ou bien une paire de jeans. On la sent presque soupirer de soulagement. Jamais je n'aurai eu une "fille" si docile, une enfant en si grand besoin de "mère". Il faut tout un village pour élever un enfant, même et peut-être surtout quand on habite le centre-ville!

vendredi 23 octobre 2009

Cinéma

"Enlighten up!"Un film sur le yoga au cinéma du Parc jusqu'à jeudi seulement, à dix-neuf heures. Une réflexion en action, on y interview Iyengar en personne et d'autres sages aussi, et des pas trop spirituels qui font du yoga aussi. Intéressant concept. Qu'est-ce que le yoga? est la question de fond du film. Le film donnera-t-il la réponse à cette vaste question.? Allez le voir! Il y a un prof de yoga qui le présente et répond aux questions après la projection. Une belle expérience.

Fragilité

Les ados sont fragiles et j'entoure du mieux que je peux ma grande Quinze ans qui est si petite. Je l'aime de tout mon coeur. Je la pousse, je la soutiens, je l'écoute, je suis là pour elle, qu'elle l'apprécie ou non, je suis là. Mais parfois, moi aussi , qui ai tant d'expérience de la vie, moi, qui suis une baby-boomer, moi aussi, je me sens fragile. Et nous nous rejoignons dans notre fragilité commune. Alors, je peux la prendre dans mes bras et elle se laisse faire et on ne sait plus laquelle des deux berce l'autre.

jeudi 22 octobre 2009

L'amour et le Costco

Et si l'amour c'était se stationner devant un petit condo, entrer y déjeuner auprès d'un homme qui nous a fait du café, jaser de tout et de rien et puis prendre des sacs pour s'en aller ensemble au Costco, magasiner tranquillement en s'émerveillant comme des enfants des nouveaux produits, ne pas voir le temps passer et puis ne presque rien acheter finalement, mais se sentir satisfaits et comblés, rentrer chez lui, s'embrasser en se dégustant longuement et puis chacun chez soi en sachant que l'on va se revoir, avec cette certitude que tout se passe bien et que chaque instant est à sa place et que rien ne presse car on a tout notre temps? C'est ce que j'ai fait aujourd'hui avec le monsieur-qui-veut-se-marier.

Et si c'était si simple que ça l'amour?

mardi 20 octobre 2009

Mazsellan

Ce jeune homme qui danse la salsa pose la question suivante, en apparence innocente, en réalité source d'intense réflexion:

"On le sait quand on aime, n'est-ce-pas?"

Hého amigo! Je n'en suis pas si certaine qu'on le sait. Quand on éprouve de la passion pour quelqu'un, là, on le sait. Mains moites, coeur qui débat, lubrification, érection, obsession, la passion est un trouble physique facilement identifiable. On n'a plus d'appétit, on fait des folies, on s'achète de nouveaux vêtements, on s'observe dans le miroir, on voit l'autre partout, on a le souffle court et on court littéralement quand on va le rejoindre. Il fait nos jours, nos nuits, il occupe chaque parcelle de notre temps et de notre corps. On est exalté(e), on perd du poids et le sommeil aussi. On est en état d'alerte perpétuelle. C'est à la limite du supportable. Quand il est là, on exulte, quand il quitte, on s'en ennuie, d'un ennui physique, comme s'il nous manquait un morceau.

La passion aime les obstacles. Vous lirez le blogue de Groopie et Mister B, qui est un exemple parfait de la passion amoureuse à distance et adultère en plus. Ces deux amoureux quitteraient-ils leur conjoint respectif pour vivre ensemble dans un petit appartement que les chicanes de pâte à dents sur le miroir ou d'oeufs au plat ratés ne tarderaient pas à ternir l'intensité de leur passion que l'on sent si réelle. Le quotidien tue ce genre d'amour. Rapidement. Et on se cherche inconsciemment une autre flamme adultère pour revivre le coeur qui bat si intensément et le déchirement de l'absence.

Une fois la passion un peu décrite, en quoi diffère-t-elle de l'amour? Là, chers lecteurs, je suis en terrain un peu inconnu, glissant, je risque d'écrire pas mal de niaiseries, vous me corrigerez. Bon... l'amour là. Ai-je déjà été en amour, coudons, pour tant peiner à en parler? La réponse est oui. Je pense. Je ne me posais pas la question. Ça allait de soi. Deux couples long terme dans ma vie et les deux fois, j'étais amoureuse. Contente de voir le conjoint. N'y pensant plus du tout dès qu'il repartait. Des discussion. Des projets. Du sexe aussi. Du bon sexe. Satisfaisant et réconfortant. Et de la sécurité. Celle d'être aimée, de se sentir aimée, de savoir qu'il reviendrait et de n'en pas douter. De la liberté. Je n'ai jamais été emprisonnée par mes couples.

Mais je ne suis pas un exemple. Tant de couples différents autour de moi et qui s'aiment aussi. Tant de chicanes autour du quotidien. C'est ce que j'observe. On se chicane peu pour l'essentiel, beaucoup pour l'accessoire. Le danger de l'amour, c'est qu'il finisse par disparaître enfoui sous la vaisselle sale, les cris des enfants et le partage des tâches. L'amour devient lourd, pesant et on en vient à détester ce conjoint qui nous enchaîne. Et puis, la passion, c'est tellement tentant.

Je ne réponds pas à l'autre question de Mazsellan "C'est quoi l'amour véritable?" trop complexe cette question-là, j'y réfléchis encore. Mais l'amour est fragile et il y a du travail à faire pour le laisser s'épanouir. Pas la passion. Elle nous submerge, pas de travail là-dedans, on s'y laisse prendre et on est parti pour la gloire. L'amour, lui, doit s'apprivoiser. Et si on cherche la passion en amour, il est possible qu'on laisse partir une personne qui était notre amoureux pour ne découvrir cet amour qu'après coup, dans le manque léger mais réel qui nous révèle que dans cette présence qui ne faisait pas battre notre coeur, dans ces conversations amicales, dans ce souci de l'autre que nous avions, dans ces goûts communs qui allaient de soi, il y avait le potentiel pour une belle relation, tout en douceur et en nuances, et qu'on aurait donc dû se donner une chance, prendre notre temps, apprécier au lieu de se torturer à se demander si ce qu'on vivait était bien de l'amour. À trop vouloir aimer, on demande l'impossible, la perfection, on compare, on soupèse et hop! on passe au suivant. Le marché de l'amour est devenu du prêt-à-jeter et jamais il n'y aura eu de gens aussi désabusés qui masquent leur mal-être dans des relations sexuelles intensives et de plus en plus osées. Les sites spécialisés basés sur le sexe uniquement foisonnent. On ne veut plus seulement pénétrer et sucer, plate ça, on veut aller faire des échanges dans des donjons, manier le fouet, aller toujours plus loin. Plus loin de l'amour, oui, absolument. On se perd, je me perds aussi, alors, non, je ne fais pas la morale. Je réfléchis tout haut avec vous.

lundi 19 octobre 2009

La musique

J'aime mais je n'y connais rien. La classique là. Je ne reconnais que la cinquième symphonie de Bethoven ou bien les canons de Pachelbel. Pour tout ce qui n'est pas aussi archi-évident, je suis nulle. Je ne sais pas lire la musique non plus. Je n'ai jamais joué d'aucun instrument. Je sais, je sais, je vous déçois.

Pendant des années, j'ai mis ma culture musicale, mon absence de culture musicale plutôt, à plus tard. J'allais m'y attaquer sérieusement à la retraite. Prendre des cours, m'équiper pour écouter des opéras avec un son impeccable et voilà que j'y suis parvenue à la retraite et que je pourrais réaliser cet objectif de jeunesse et je n'en ai pas le goût. Paresse? Trop gros objectif? C'est tellement immense le monde de la musique. Je m'y perds avant d'y entrer.

Je devrais commencer par l'opéra. Qui m'attire. Je mets de l 'opéra dans la voiture quand je conduis et j'adore. Mais là encore, un opéra ou un autre, c'est du pareil au même pour moi. J'ai tellement tout à apprendre. Et à bien y penser, c'est magnifique. Je n'aurai pas assez d'une vie c'est certain pour explorer tout ce qui m'intéresse. Je commence par l'opéra donc. Décidé!

vendredi 16 octobre 2009

Frivolité. cheveux et couple

Coiffeuse, magasins, soleil, expresso. Je viens de rentrer. Avec des sacs. Et une coupe que je ne suis pas certaine d'aimer. Ma coiffeuse était grandiloquente. Elle me parlait de son chum, de l'atrocité de vivre avec son chum. "Je me sens comme sa mère. Un vrai adolescent. Ne ramasse jamais rien. Je dois tout lui dire." Et moi de jouer à la thérapeute conjugale.

-Vous n'avez pas d'enfants. As-tu essayé de ne plus rien faire dans la maison?

-Mais oui. Ça fait huit ans qu'on est ensemble. Tu te doutes bien que j'ai essayé pas mal d'affaires.

-Et?

-Il ne s'en est pas aperçu.

-Vraiment? Il a bien dû avoir faim à un moment donné?

-Je sais pas. Il a fait venir et puis la troisième journée, il est allé s'acheter du Kraft dinner. Il mangeait toujours ça, du Kraft Dinner, avant que je le rencontre.

-Donc, lui, tout seul, il ne ferait pas de ménage, pas de lavage et mangerait du Kraft dinner, c'est ça?

-Du lavage, ça, il en ferait, mais c'est moi qui ne veux pas.

-Tu ne veux pas qu'il fasse de lavage?

-Surtout pas. Il a une drôle de technique. Il va laver toutes les serviettes ensemble, tous les chandails ensemble, tous les pantalons ensemble. Je ne sais pas d'où lui vient cette idée. Il lave à l'eau froide et ne sépare même pas les couleurs.

Oups! Je n'ai pas osé mettre de l'huile sur le feu en lui confiant que je ne séparais pas les couleurs non plus, ni même le genre de vêtements. Rendue à ce stade de son discours, elle semblait survoltée et les ciseaux se promenaient plus vigourement qu'artistiquement dans ma chevelure apeurée. Cherchant des éléments pour aider son couple et ayant enlevé mes lunettes en plus, je ne m'en souciais pas trop. Qu'est-ce qu'une tête comparée à un couple à la débâcle?

Les atrocités qu'elle devait endurer auprès de cet homme négligeant et désordonné continuaient de pleuvoir. Découragée, je lui lance:

-Mais alors, quel est l'avantage pour toi de vivre avec cet homme?

-Justement, je n'en trouve pas.

Oupelaye, allait-elle ensuite me parler de séparation? Je me sentais petite dans ma tête qu'elle achevait avec un rasoir cette fois. Première fois qu'elle se servait d'un rasoir pour me fignoler le coco. Devrais-je le lui dire?

Je restais silencieuse un moment. Elle aussi. Allait-elle me dire qu'elle restait avec lui parce qu'elle l'aimait? Elle semblait adoucie et avait troqué le rasoir pour de nouveaux ciseaux, de longs ciseaux qui faisaient clac clac sur le peu de chevelure qui me restait.

-On a les mêmes amis. On aime les mêmes activités. En vacances, il est merveilleux. Et puis, il y a le sexe. C'est sûr que ça me fait lui pardonner pas mal de choses.

Elle sortit un miroir pour me montrer l'arrière de ma tête. Archi-court! Oups! Jamais je n'avais eu les cheveux aussi courts.

Quand j'ai vulu lui donner un pourboire, elle me l'a remis dans la main. "Pas question, ça m'a fait tellement de bien de te parler. Je suis toute défâchée." Elle était tellement souriante et jolie que j'ai eu envie de l'embrasser. Je me suis lancée dans la rue froide et j'ai rabattu mon foulard autour de ma nuque dégarnie, en faisant plusieurs tours.

mercredi 14 octobre 2009

Retour de soirée

Il m'a encore fait boire du vin. Oh! que ce n'est pas assumé comme formulation. J'ai bu du vin en apéro chez lui en adulte que je suis et en toute connaissance de cause.

On faisait dans l'intime. Confidences. Fantasmes. Les miens ne semblent pas le brancher du tout. Les siens ne me branchent pas non plus. Me troublent même. Alors, quand il s'approche de moi et me frôle les seins, je me réfugie dans mon veston et dans mon manteau (criss qu'il fait froid quand même) et je déclare que j'ai faim. Il ne fait ni une ni deux et en route vers le restaurant nous voilà.

On ouvre une autre bouteille de vin. Je remarque qu'il boit pas mal, mais je l'accote alors rien à dire. Le repas se déroule bien, dans la bonne humeur et la confiance. C'est fou comme je me sens bien avec ce mec. Vraiment moi-même. Mon côté excessif est bien accepté. Je me sens détendue et heureuse. Il parle beaucoup et me fait rire.

Nous voilà dans la rue. Je lui reparle de ses fantasmes. En riant. Moi, je ris mais pas lui. Oups! Gaffe. Il se sent jugé. Il est blessé. Il se referme. Il ne m'a rien demandé. Mais bien sûr qu'il ne m'a rien demandé, qu'il n'a rien exigé. Je le sais. Mais j'ai juste voulu lui exprimer comment je me sentais face à ses fantasmes. Non, non, je ne le juge pas. Oui, il a bien fait de m'en parler. Bien sûr. Il peut me faire confiance.

Mais la distance est créée. Et l'incompréhension. Et le gouffre. Et me voilà les larmes aux yeux. Encore cette distance. Si tellement difficile cette relation homme-femme. Bonne nuit!

Mais il ne me quitte pas. Il est fâché mais il continue à marcher avec moi. Et on s'explique. Nous sommes-nous compris? Je n'en suis pas certaine. "Embrasse-moi." "Non, embrasse-moi pour vrai." "Pas ici, à côté de la police." Et je remarque le char de police, juste à côté de nous. "Oui, ici, ce n'est pas illégal de s'embrasser." Et il fourre sa langue dans ma bouche et je m'accroche à lui et nous quittons la planète. Je marche ensuite tranquillement chez moi, j'y étais presque et me voilà à la maison et je pense à lui. Dernière rencontre? Qui sait? Mais un moment de grande authenticité, ça c'est sûr.

mardi 13 octobre 2009

Se reconstruire

Mon père avait de l'ambition. Il travaillait. Tout le temps. Pour sa famille. Et parce qu'il aimait ça. C'était sa vie, son travail et il a travaillé jusqu'à sa mort et il en était très fier. Quand le médecin lui a dit qu'il avait un cancer du pancréas, il avait soixante-douze ans et était en habit cravate pour la visite. Le doc avait demandé que ma mère l'accompagne. Il a encaissé le coup. Et est retourné au bureau! Cinq semaines plus tard, il était mort. Il avait eu le temps de tout régler ses dossiers, de refaire son testament et de magasiner son urne funéraire!

Quand on était petits, il avait trois jobs. Un travail de bureau la semaine, un travail de vendeur les jeudis et vendredis soir et il faisait du taxi la fin de semaine et les jours fériés. Il plaçait l'argent et investissait. Il achetait des maisons à revenus aussi. Son capital montait. Il était content. On continuait de vivre très modestement, il continuait à "assurer notre avenir". Quand j'ai quitté la maison, les choses allaient très bien. Mes parents se sont acheté des meubles neufs. Ils ont commencé à voyager. Et puis, il a tout investi dans la compagnie qui l'employait. Il l'a achetée. Il en est devenu le fier président directeur général.

Un an plus tard, il faisait faillite. À cinquante ans, mon père avait tout perdu. Envolé le fruit de toutes ces années de travail acharné. On s'est retrouvés sans le sou.

Je n'habitais plus la maison, mais il devenait évident qu'il y avait maintenant des choses à cacher. Le mot dépression n'a jamais été prononcé mais mon père en a donc eu des grippes et des rhumes qui le faisaient garder le lit cette année-là! Ma mère, elle, semblait peu affectée. L'argent ne fait pas le bonheur, se plaisait-elle à répéter. Et la vie continua.

Une année passa et mon père se remit à travailler, avec l'énergie que nous lui connaissions. Et les choses tournèrent bien. Il réinvestit tranquillement son capital. Il avait maintenant de l'expérience. De l'audace encore mais aussi de la prudence. Il se prit des associés. Ils rachetèrent une autre compagnie, plus petite. Mes frères maintenant jeunes adultes y travaillèrent avec lui.

Mon père se refit financièrement et les profits de la compagnie lui permirent de couler des jours plus calmes. Il travaillait toujours autant mais il adorait travailler. Les loisirs de cet homme, c'était son travail! Il se plaisait cependant à dire, comme ma mère l'avait toujours répété avant lui, que l'argent ne fait pas le bonheur et que sa plus grande fierté, c'était sa famille et l'amour qui nous unissait.

samedi 10 octobre 2009

L'homme

Je me trouvais bien jeune avec mes petits cinquante-six ans, alors qu'il m'embrassait amicalement, sa main sous mon chandail et la mienne sur son sexe bandé, comparés à ses vieux soixante-quatre ans et à sa bedaine. Je me trouvais bien jeune donc mais la soirée allait me surprendre. L'apéro se prolongeait. On achevait sa délicieuse bouteille de vin blanc dont j'aurais donc dû me rappeler le nom pour en racheter et il me parlait assis dans son lazy-boy et moi à-demie étendue sur son divan. Et voilà qu'il se lève, prend mon verre et le dépose à côté. Il se penche vers moi et me demande si j'aime l'odeur de son parfum. Il a alors le cou près de ma bouche et je lui demande si c'est pour me tenter qu'il me pose cette question et je le hume et ça sent bon et je dépose un baiser sur ce cou offert. Il va se rassoir, souriant, me dit qu'il voulait vraiment mon opinion, un nouveau parfum qu'il s'était acheté. Il avait besoin de savoir si ça lui allait. Et il ajoute "Toi et moi, on est des amis!" "C'est vrai, mais ce n'est pas parce qu'on est des amis que l'on ne peut pas se donner d'affection." On aurait dit qu'il attendait cette permission, car le voilà maintenant dans mes bras et on se colle et on s'embrasse passionnément!

C'est à vingt-deux heures qu'on est finalement sortis pour chercher un restaurant. C'est là que j'ai appris son penchant pour les jeunes femmes. Pas un penchant nécessairement sexuel, il aimerait bien, mais ce sont le plus souvent des histoires d'amour platoniques dans la réalité. Ainsi, il va partir quelques jours dans Charlevoix avec une femme de quarante ans. Il a déjà voyagé avec elle à Paris et ils partageaient chastement la même chambre d'hôtel. Mais lui fantasme sur elle, l'aime et la respecte. Peu d'espoir de mariage dans ce cas-ci.

Il y a cette autre jeune femme où il y aurait peut-être une possibilité. C'est à voir. Trente-neuf ans. Bon, oui, je sais, elle est bien jeune mais on s'entend bien et ce serait mon bâton de vieillesse. On se voit souvent et nos amis communs font des blagues sur notre "couple" et elle rougit et moi aussi je rougis. Mais non, je ne lui ai jamais touché voyons, il faudrait que ça vienne d'elle. J'attends.Elle veut se marier, ça je le sais et moi aussi je veux me marier. Je ne suis pas pressé. En fait, le plus grand obstacle, ce n'est pas mon âge, c'est que je ne sois pas musulman.

Ainsi me parlait l'homme-qui-veut-se-marier devant nos filets de saumon citronnés. Je ne sais pas trop ce qui va advenir de notre histoire à nous. Quelle histoire en fait? Nous sommes des amis, rien de plus. L'amitié est une bien belle chose.

vendredi 9 octobre 2009

Contrat difficile

Mazsellan m'a demandé de lui faire un billet sur l'amour, le véritable amour, pendant son absence. C'est un mandat horrible car je n'arrête plus d'y penser. Archi-compliqué pour moi. C'est comme entrer dans mes bibittes, me demander de me faire une idée, une analyse, distinguer le vrai du faux. L'amour véritable, c'est certainement celui que l'on éprouve pour ses enfants. Là, c'est facile. Mais l'amour véritable entre un homme et une femme, misère! Je songe, je songe. Toute aide me serait utile.

mardi 6 octobre 2009

La liberté d'écriture

Je lis le blogue des (Z)imparfaites, que j'aime de plus en plus, et je tombe hier sur ce billet si bien écrit et rigolo à plein sur le scrapbooking. Pourquoi ce billet est-il intéressant? Parce que l'auteure, Nancy, s'exprime en toute liberté et pertinence et impertinence aussi sur le sujet. C'est savoureux et j'adore. Si le billet avait été plus politically correct, en ménageant la chèvre et le chou, il aurait aussi été particulièrement plate. Ce qui le sauve et le rend si controversé, ce sont les réactions qui vont suivre et que je guette avec impatience. Car, bien évidemment, dans la plupart des blogues, on ménage ses lecteurs et l'écrivain fait attention de ne pas les heurter de front. Sinon, il aura droit à de vives réactions de gens susceptibles qui se sentent attaqués et qui jouent à "t'es pu mon amie". Nancy y a donc eu droit elle aussi. Elle semble avoir un équilibre suffisant pour ne pas en avoir été affectée et nul doute que cette petite chicane de clocher moussera la vente de leur livre. On veut savoir ce que ces effrontées vont avoir à nous dire!

Que des femmes aient une vie suffisamment vide pour défendre avec passion leur hobby de scrapbooking et se sentir personnellement attaquées au lieu de rire avec l'auteure du billet démontre que oui, il y a un peu de pathétique là-dedans.

Addendum: Les auteures n'ont pas pris de chance et leur billet d'aujourd'hui ne souffrira d'aucune controverse, elles parlent .... des courges. C'est rond, tout gentil et personne ne se sent attaqué par ces charmants légumes. Les courges sont parfaitement inoffensives et ne se défendront pas si on les vilipende. Bon choix sécuritaire!

lundi 5 octobre 2009

La peur

Peur de l'immigrant, peur des voiles, peur de se faire angliciser, peur de disparaître, peur d'avoir peur. Sous l'intolérance, le jugement facile, la méfiance exacerbée, l'esprit de clocher, la petitesse identitaire, il y a d'abord la peur. La peur peut entraîner la haine, le rejet, la violence. Libérons-nous de la peur!

samedi 3 octobre 2009

Le nouveau monsieur

Celui qui veut se marier. On s'entend bien. Je ne veux pas le marier mais il y a un peu plus que de l'amitié. J'y pense beaucoup. Hier, je lui écris un mini courriel dans lequel je lui apprends que c'est la première fois que je magasine des vêtements avec et pour un homme et que j'ai aimé ça! Il me répond "Ce sont des choses de ce genre qui arrivent quand deux personnes exceptionnelles se rencontrent." Je ris et je l'appelle ce midi après mon yoga (Yoga united sur Sainte-Catherine, Juliette, fantastique!) pour lui dire que je le trouve fort peu modeste. On rigole et il commence à me parler de mon condo qu'il a visité pour la première fois jeudi, du système de chauffage de mon condo et de la thermopompe que je devrais faire vérifier et de son condo à lui et et et .... je m'en fous de ces affaires-là et j'écoute distraitement et j'ai juste hâte que ça finisse et ça ne finit pas du tout. Je l'appelais pour l'inviter au théâtre ce soir mais je finis par l'interrompre pour lui dire que je dois aller manger, le repas est prêt et ma fille m'attend. On raccroche.

Mon billet finit là. Je ne sais ni quoi faire ni quoi penser. Alors je ne fais rien et je lis ma Presse.

vendredi 2 octobre 2009

Quinze ans

On se chicane. Elle me fuit. Je l'énerve. Elle m'énerve aussi. Elle va super bien. Se développe. S'indépendantise. Tout est normal donc. C'est la quatrième, alors je sais qu'on doit passer par là.

Mais quand même, il ne faut pas perdre le contact.

Alors, à son retour de l'école, je l'attendais de pied ferme. "On sort, toi et moi, toutes les deux." Elle n'a pas eu l'air ravie et a demandé où on irait. Je savais que toute destination à saveur culturelle serait accueillie avec une grimace. Même les bons restaurants, elle en avait soupé! Faire de l'exercice l'aurait fait hurler. Mais moi, je voulais une activité agréable commune. Agréable pour les deux, ce serait difficile. Alors, j'ai proposé d'aller... magasiner. Sourire de sa part.

On vient de rentrer. Je suis totalement épuisée. Elle est radieuse. On a jasé pas mal à travers ses essayages. J'ai peu dépensé et pour des achats prévus d'avance. Et on a passé une bonne soirée. Ensemble.

jeudi 1 octobre 2009

Boutiques de voyage

On en a visité cet après-midi, le monsieur-qui-veut-se-marier et moi. Il a essayé des chapeaux Tilley et des vestes à poches multiples aussi. Pour son prochain voyage peut-être. Monsieur est un grand voyageur. Je n'ai jamais fait ça, magasiner avec un homme et le conseiller. C'était plaisant. Facile. Charmant. Il cherche toujours une femme à marier. La dernière candidate est en Floride chez sa fille. Il lui a parlé au téléphone hier. Il me racontait ça dans le petit bistro où nous sommes allés dîner. Il vient de quitter. Il a même rencontré ma fille. On est comme des vieux chums et je le tiens par le bras quand nous marchons sur la rue. À tout prendre, j'ai la belle partie. Sa compagnie qui est agréable et aucune responsabilité. Non, on ne baise pas. Sa future s'occupera de cette portion de sa vie!

mercredi 30 septembre 2009

La distance

Écouter, comprendre, accepter, materner encore une jeune adulte qui est aussi une jeune mère est facile. Mais garder une saine distance, ne pas prendre en charge ses responsabilités sans lui rappeler explicitement qu'elles lui appartiennent, être capable de dire non en cachant son inquiétude, lui faire confiance, se taire est un art beaucoup plus difficile.

Dix-huit ans adore son bébé mais elle vient tout juste de réaliser, quatre mois après sa naissance, que le contrat sera long, très long. Elle a recouvré avec un immense bonheur un peu de liberté depuis qu'elle prend des cours suivis d'une visite dans les bars, il faut bien qu'elle socialise avec les collègues de son équipe! Le retour dans le misérable petit appartement est lourd. Elle veut déménager, visite des appartements à neuf cents dollars. Je ne dis rien, je me mords la lèvre, bon, pas vrai, des fois je dis quelque chose mais je le regrette toujours.

Je la conduis à l'aquapoussette avec Bébé. Complexe comme opération. Elle apporte une tonne de bagages, la grosse poussette, le siège de bébé évidemment, des quantités astronomiques de serviettes et de linge de rechange, les biberons et tout ce qui va avec, les couches de natation et les couches régulières et tout ce qui va avec et puis tous ses instruments de beauté à elle. La voiture est pleine. Mais voilà qu'aujourd'hui, elle avait un rendez-vous chez le médecin pour bébé et c'est moi qui le lui apprends. Mademoiselle, pourtant bien organisée, n'a pas d'agenda. Pas vrai, elle en a finalement un depuis qu'elle prend des cours. Ce sont les vaccins de bébé à la maison Bleue, pas loin de chez elle. Elle me demande hier d'aller l'y conduire. J'ai refusé et elle m'a raccroché la ligne au nez. Je sais que j'ai bien fait de dire non mais tout de même, il y a comme un léger pincement, tout léger.

mardi 29 septembre 2009

Chocolat

J'en mangerais. Et j'en ai en plus. Mais à la place, je vais me faire une petite tisane à la canneberge. C'est pas beau ça? Je suis fière de moi.

lundi 28 septembre 2009

Routine

Je suis totalement un tout intimement lié et d'une simplicité déconcertante. Ainsi, quand je vais, tout va, tout se tient en un magnifique enchevêtrement de bien-être. Repas santé délicieux ou recherche de restaurants me procurant luxe et volupté sensorielles et bonne compagnie. Exercices aquatiques, montées échevelantes, yoga acrobatique, le corps s'assouplit avec le mental et je me sens vivante et comblée. Comblée, bon, évidemment, il y manque un peu un homme ces temps-ci et j'ai beau dire et crier que ça ne me dérange pas du tout et que je suis donc bien comme ça, je le dis beaucoup pour m'en convaincre et je m'en convaincs, petit soupir tout léger dans cette phrase, je ne suis pas dupe et vous non plus, mais ma cure d'abstinence n'est pas terminée. Ma cure santé, elle, n'a pas débuté, interrompue je ne sais trop par quoi, par l'automne, par la sécurité, par la routine, par ma fille ado qui a moins besoin de moi, par la nécessité d'être utile à la société autrement qui me travaille, par ce monsieur-qui-veut-se-marier qui ne veut pas se marier avec moi, par la pluie du jour, le gris du jour et puis le temps qui passe, trop vite, tellement trop vite. Je m'arrête dans le but de l'arrêter et malgré tout il passe et passera. Je passerai aussi. Tant de morts, des jours et des nuits de morts, des corps qui flottent dans l'horizon des ténèbres glauques. Je m'en dépêtre, axphyxiée, je prends une lappée de vie, immense et je me remets à mon tricot que je n'ai jamais appris. La soeur supérieure qui voulait me faire avouer que c'était ma mère qui avait tricoté mes chaussettes si parfaitement tricotées lors de ce cours d'économie familiale et moi et mon silence, que la torture n'a jamais réussi à briser. Force du silence. Et Diane Dufresne si belle et forte à soixante-cinq ans, Dufresne qui a rencontré l'amour à cinquante ans. Et une percée de lumière, pas de soleil mais de lumière, là, entre les branches encore si vertes de mon arbre.

samedi 26 septembre 2009

Tourner en rond

Me semble que c'est ce que je fais. Mais ça n'a aucun sens péjoratif, au contraire même. Je fais dans l'action et pour moi le bonheur est encore dans l'action. Et c'est bien correct. Je me sens bien et vivante et entourée. On s'en va voir un film au cinéma du Parc et on a visité l'exposition du World Press cet après-midi. J'ai deux ados avec moi qui dansent sur des tounes euh... sexy? Elles comprennent les paroles, elles savent que c'est vulgaire et puis finalement je m'en fous un peu moi aussi. Tannée de faire la morale. Heureuse aujourd'hui, sans méditation. Et pourtant, cette assurance que je m'y mettrai à la méditation quand ça sera le temps. Bientôt. Mais pas tout de suite. Bonne soirée!

mardi 22 septembre 2009

Femme ou fille

Je suis une femme, totalement, entièrement, globalement, honnêtement, courageusement. Dans mon corps d'abord, dans mes hanches, mes seins dont je suis si fière, dans mes pattes d'oies, signe visible du passage du temps, mon ventre qui a porté un fils, mon sexe souple et accueillant, mes pas qui me portent si loin, mon dos qui se courbe avec grâce quand je fais du yoga, mon sourire où se logent maintenant des plis, que je n'aime pas encore mais que j'accepte... pour le moment!, mes yeux qui veulent tout voir, mes oreilles qui peuvent tout entendre et encore plus qu'avant, parce qu'une femme sait écouter, c'est là une de ses plus belles qualités, une femme écoute et comprend. Les autres mais soi aussi. Il faut être devenue une femme pour commencer un tant soit peu à se donner de l'importance et à s'accorder enfin du temps, sans avoir l'impression de le voler aux autres.

Je suis une femme parce que je sais enfin aimer les autres femmes, et les filles aussi d'ailleurs. Mes filles dont je suis la mère et qui ne voient pas la fille en moi. Je suis pourtant encore cette fille, je n'ai pas perdu mon identité première en devenant une femme. Je n'ai rien perdu, ni la folie, ni la jeunesse qui ne m'abandonnera que quand moi je l'aurai abandonnée, ni l'espoir, ni la capacité infinie d'aimer qui s'est au contraire agrandie, décuplée, multipliée depuis que je suis une femme.

Je suis une femme parce que je suis forte, que je dis ce que je pense, que l'opinion des autres a bien moins d'importance que quand j'étais une fille. Je suis une femme libre, qui aime plaire mais qui n'a pas besoin de plaire. Je suis une femme qui met des robes et des talons hauts pour me plaire à moi quand ça me tente. Je suis une femme qui s'achète des soutifs en dentelle et qui aime bien les montrer aux hommes. Je suis une femme qui aime dominer et qui sait le faire.

Je suis une femme heureuse en baskets, une femme qui parcourt sa montagne, une femme qui embrasse ses amies, une femme qui sait que tout est possible. Une femme qui ne veut pas perdre de temps et qui sait que chaque moment est précieux.

Je suis une femme et j'en suis profondément heureuse.

Billet inspiré par Grande Dame et Peccadilles.

Rien

Il ne se passe rien.

lundi 21 septembre 2009

Du positif, du relativement positif et du flou

La grande différence dans ma vie entre cette période-ci l'année passée et maintenant, c'est d'abord et avant tout mon nouvel appartement. Situé dans le quartier des spectacles, ma vie culturelle s'en trouve bonifiée. Je suis abonnée aux musées à deux pas, à deux théâtres, au cinéma du Parc. Je marche maintenant pour aller partout, tant que je peux m'y rendre en moins de deux heures de marche, je marche! Et je peux me rendre étonnamment loin à pied. Je visite encore beaucoup les restaurants mais depuis septembre, j'ai recommencé à cuisiner.

Je suis devenue grand-mère, ce qui apporte finalement peu de changements concrets à ma vie. Je suis toujours heureuse de voir ma fille et mon petit-fils et je les ai vus hier encore. Mais je ne garde pas le petit, l'autre grand-mère qui habite à deux pas, le garde beaucoup. Ma fille prend des cours trois fois par semaine et la jeune grand-mère paternelle (que je n'ai jamais rencontrée) va garder chez le jeune couple et fait leur ménage en plus. Hier, ma fille s'en plaignait, disant qu'elle ne retrouvait plus ses affaires. Je lui ai rabattu le caquet. Quand quelqu'un nous rend ce genre de services gratuitement, on dit merci et on apprécie et on s'accommode avec humilité du fait que nos chandails qui traînaient se retrouvent en boule dans la garde-robe. Si le ménage était fait, la grand-mère n'aurait pas à le faire.

Je m'entends plus ou moins bien avec Dix-huit ans ces temps-ci. Elle est énormément susceptible. Sa cousine, qui a son âge, brunchait avec nous au restaurant hier et parlait de son futur voyage en Europe l'été prochain. Elle commence l'université mais a travaillé tout l'été et travaille encore à temps partiel pour se le payer ce fameux voyage qu'elle planifie déjà. Ma fille boudait. "J'ai jamais voyagé moi. C'est pas juste." Elle a ce défaut majeur d'envier les autres. Si j'achetais un cadeau aux quatre enfants, celui des autres était toujours plus beau que le sien et elle pleurait, je m'en rappelle trop bien. C'est une attitude qui rend malheureuse dans la vie. On ne peut pas changer nos enfants, ni nos amants, ni nos parents, alors il faut l'accepter comme elle est. Cependant, je me permets parfois de le lui dire, qu'elle se rend malheureuse en jalousant les autres au lieu de voir tout ce qu'il y a de beau et de bon chez elle et dans sa vie. Elle est alors fâchée. Mais, si moi, sa mère, je ne le lui dis pas, qui le lui dira?

Mercredi, je la conduirai avec Bébé à l'aquapoussette. Une super activité où les bébés sont dans des poussettes aquatiques pendant que la maman fait de l'exercice. Ce sera leur deuxième cours et ils ont aimé le premier, autant le bébé que la maman. Bien hâte de voir ça. Je ferai des longueurs, même si je nage mal, en les attendant.

Quinze ans aime beaucoup sa nouvelle école. Mais mausus qu'au point de vue académique, elle ne sait rien. Maintenant qu'elle a des devoirs, impossible de ne pas m'en rendre compte. Ça devait être pour ça que l'autre école ne donnait pas de devoirs! ;o)

Quel sera le prochain changement dans ma vie? Tout est possible. C'est merveilleux et épeurant de le réaliser. J'avais donné comme titre à ce billet "Plan d'action". Je le change, car avant d'avoir un plan d'action, il faut savoir quel but je veux atteindre. Et pour le moment, c'est flou.

vendredi 18 septembre 2009

Mort de la Dame des Îles

On ne s'est jamais rencontrées en personne mais elle est dans mon blogroll et nous nous lisions depuis longtemps. Nous nous sommes maintes fois écrit en privé sur nos amours. Elle avait quatre ans de plus que moi et avait été choquée quand j'avais eu le malheur de lui dire qu'elle était en vacances perpétuelles en voyant les magnifiques photos de la mer qu'elle publiait. Or, ce genre de commentaire la fâchait, je l'ai su par la suite. Pas parce qu'on habite un cadre enchanteur qu'on n'en travaille pas moins. Elle avait bien raison!

Dans son avant-dernier billet, elle parle d'un certain José qui lui racontait l'histoire de Isla Mujeres. Si j'ai bien compris les journaux, ce serait cet homme qui l'aurait sauvagement assassinée. Dans la vraie vie, la Dame des Îles s'appelait Renée Wathelet.

J'ai perdu une amie virtuelle, une femme respectée de tous, une battante, une courageuse qui vivait sa vie à plein. Je suis sous le choc. Triste.

Mise à jour 21 septembre: les proches de madame Wathelet assurent qu'elle ne connaissait pas son agresseur et qu'il ne s'agit aucunement du José dont elle parle dans son blogue. Désolée d'avoir contribué à colporter une fausse nouvelle, que j'avais lue dans des journaux mexicains.

jeudi 17 septembre 2009

Ambivalence?

Quand j'accroche à un homme, j'ai bien de la misère à décrocher et celui-là m'accroche. Comme je ne suis pas tombée amoureuse pendant huit ans sans aucune difficulté et que je pouvais remplacer un homme par un autre sans problème, je me dis que j'ai dû changer dernièrement car depuis février dernier, il y a eu monsieur Relation dont je suis tombée éperdument, follement et entièrement amoureuse et ce nouveau monsieur qui m'attire drôlement. Les deux ont soixante-quatre ans et je n'ai jamais fréquenté des hommes plus vieux que moi avant eux.

Ce dernier monsieur joue avec moi avec détachement mais je pense qu'il sait bien ce qu'il fait. Mais peut-être pas non plus. Mardi, au restaurant, alors qu'il me parlait de ceux qui ont des critères physiques bien précis pour leur futur partenaire, ce qu'il trouvait ridicule, il me dit que lui, il n'a pas de critères définis mais des préférences. "Je préfère une femme brune, assez grande mais avec des formes, une femme qui a du charme, une femme qui s'habille en rouge." Il me regardait directement et intensément et j'avais mis une blouse rouge ce jour-là. Je savais qu'il parlait de moi mais je n'ai rien dit. Trouble passager.

Dans la phrase suivante, il me parlait de son rendez-vous de seize heures. Vous y comprenez quelque chose? Les hommes sont des êtres archi-compliqués!

mercredi 16 septembre 2009

Demain sera un autre jour

Et comme demain c'est aujourd'hui, ça va mieux. Je bouge, je sors, j'avance. Vers quoi, je ne sais pas encore, mais j'avance.

mardi 15 septembre 2009

Pathétique

Non mais, assez c'est assez. Je ne vais tout de même pas espérer un peu d'amour, d'attention et de sexe, soyons directe et franche, du premier monsieur à bedaine venu qui se décide à m'appeler et à me sortir de temps en temps. Me semble que je ne suis pas si désespérée que ça, hein! Je suis une femme charmante, souriante, avec de multiples intérêts. C'est quoi ça ce besoin excruciating d'être aimée, appréciée, baisée! Ne puis-je pas me contenter de mon condo, mes amis, mes enfants? Un peu d'orgueil, de dignité, reprends-toi en main Une femme libre. Laisse-le se marier et puis on n'en entend plus parler. Et puis, il y en a d'autres, je ne sais plus où, mais ils sont.... quelque part!

La vérité, la vraie vérité celle dans laquelle il ne faut pas mettre de menteries (voir le blogue de Une Peste), c'est que oui, je suis si désespérée que ça et que quand il va me rappeler prochainement pour me raconter ses rencontres avec ses futures-femmes-à-marier, je vais accourir comme un petit chien. Je vais me maquiller, mettre une blouse rouge parce qu'il a dit que le rouge m'allait bien et je vais être tout heureuse de sa compagnie.

Au neutre.

Il y a des périodes comme ça dans la vie. La patte n'est pas tout à fait remise. Tout le monde qui travaille travaille. Je ne suis inscrite sur aucun site de rencontre, Nanou La Terre va être contente. Moi, qui suis une lève-tôt, je me lève même tard, neuf heures, neuf heures et demi. J'ai une liste longue comme ça de choses à faire, rien qui m'intéresse vraiment, alors je remets ou bien je fais un item bien bien tranquillement. Hier, j'ai bien commencé l'aquaforme dans mon quartier et j'ai aimé, mais le yoga, faudrait que ma cheville désenfle avant d'aller essayer de nouvelles écoles. Je suis donc au ralenti. Je n'aime pas trop ça. C'est à moi de m'activer, c'est ma vie, c'est ma responsabilité. Je baiserais bien avec mon monsieur à bedaine, tiens, ça me ferait du bien et au corps et au moral, mais non, pas trop le genre pour le batifolage. Il veut se marier. Et il y arrivera, c'est certain. Les célibataires intelligents de cet âge sont rares et recherchés. Je m'en vais dîner au restaurant avec lui.

lundi 14 septembre 2009

Ma plus jeune

C'est mon bébé à moi. Elle a changé d'école. Elle est contente de son choix et moi aussi. Dans une classe de DGA-TA de niveau primaire. Non, mais, coudons, va-t-elle en sortir un jour du primaire? Elle y est depuis le début de sa scolarité. Et elle est d'intelligence normale, tout à fait normale! Des années, je laisse aller, d'autres je pousse. Cette année, c'est une année de poussée, dernière chance, elle a quinze ans. Poussée et affrontement. Je fais ça pour son bien. Elle résiste. On fait un peu de matériel de secondaire un tous les soirs. Tous les soirs? Rires. J'exagère, on a commencé hier soir. Si l'école ne le fait pas, ne l'essaie pas, faut bien que quelqu'un essaie de la faire progresser. Sa prof privée d'anglais en fait du secondaire avec elle et elle me dit qu'elle est capable. Bon, en maths, pas trop certaine. Mais en français, je veux qu'on essaie de nouveau. Pas les moyens de lui payer un prof de français privé, alors que j'en paie déjà un en mathématiques et une en anglais et que je suis prof de français de formation. Bien que, j'ai acheté des cahiers de secondaire un et j'ai beaucoup de rattrapage à faire, la terminologie grammaticale s'étant dramatiquement modifiée. Mais si vraiment elle ne veut pas, c'est peine perdue. Sauf que je vais essayer avant de baisser les bras.

Je vais dîner avec le-monsieur-qui-veut-se-marier demain et j'en suis bien contente. Je viens de lui parler.

dimanche 13 septembre 2009

Les jeunes parents

Mon petit-fils de trois mois a une mère de dix-huit ans et un père de vingt! Et en plus, le père, lui, a une maman qui l'a eu jeune. Tout ça pour dire que le petiot a hérité du côté paternel de grands-parents, d'arrière-grands-parents et d'arrière-arrière-grand-parents! Et tout ce monde se dispute le plaisir de profiter du bébé. Aujourd'hui, en allant chercher ma Dix-huit ans, quelle ne fût pas ma surprise et ma déception mal-dissimulée de constater que Bébé ne l'accompagnait pas. "Je peux bien rentrer si ça ne te fait pas plaisir de me voir," de me dire Dix-huit ans. Du coup, le sourire me revient et je la prends dans mes bras.

On s'en va chercher Quinze ans, qui avait couché chez une amie et puis tante R aussi et on se rend au condo de ma mère pour aller bruncher au restaurant. En chemin, j'apprends que Bébé est avec papa, que les arrière-grands parents sont allés les chercher pour aller visiter les arrière-arrière-grands-parents. Inquiète pour le lait du bébé, j'apprends aussi que la jeune mère a arrêté d'allaiter, qu'elle en est "soulagée" et qu'elle ne veut surtout pas de conseils pour continuer. Elle commence des cours demain, trois fois par semaine, c'est l'arrière-grand-mère qui va garder Bébé! Du même souffle, elle me demande un chèque tel que promis pour payer les cours. Obscurs les cours. Reconnus par le ministère de l'éducation, me dit-elle. Cinq cent dollars. Tu as ton carnet de chèques? Bon, c'est vrai que j'avais promis de payer ses études mais j'aurais aimé avoir un certain droit de regard sur la teneur de ces études. N'importe qui peut bien s'ouvrir une école de n'importe quoi. Je devrais faire moins de promesse, voilà la leçon. Je lui ai aussi promis de payer le dentiste et je le fais. La semaine passée, on y est allées ensemble, le bébé sous le bras, chez son pédodentiste et la jeune maman s'est fait nettoyer les dents sous un mobile d'enfants. Elle est attachée à son dentiste d'enfance et ne veut pas la quitter. Ce fût finalement une bonne idée car elle a pu regarder les gencives du bébé et conseiller la mère sur les soins à apporter aux futures dents. J'ai aussi promis de payer des cours pratiques de conduite. Je paie aussi l'aquapoussette. Je pense que je vais un peu me la fermer, tenir les promesses déjà faites mais ne pas en ajouter de nouvelles. Un bébé, ça rend enthousiaste et un peu fou.

Globalement, les jeunes parents se débrouillent bien. Le jeune papa travaille depuis peu comme caissier dans une pharmacie, il s'implique beaucoup auprès de son enfant. Je n'ai pas vu Petit-fils aujourd'hui mais ce n'est que partie remise. Je suppose. Ce bébé a déjà un agenda!

samedi 12 septembre 2009

Balthazar

Il est des blogues faciles d'accès, où on se sent tout de suite chez soi et où on commente abondamment et sans gêne. Il en est d'autres qui nous attirent et nous déroutent aussi. Des blogues qui ouvrent des chemins nouveaux, qui présentent des peintures qu'on est pas certaine d'aimer mais qu'on regarde encore et encore, avec fascination. Et puis, l'auteur écrit bien, tellement bien qu'il n'y a pas grand chose à ajouter. On en sait peu sur sa vie, davantage sur son art et le Mami (musée d'art moderne itinérant).

Il peint des visages émaciés, saugrenus, étranges. Rébarbatifs au premier abord (pour moi, je précise!) plus je les regarde et plus je les aime. Et il écrit de fort jolies choses:

"Jamais je ne pourrais comparer une femme à la mer, la mer à une femme, penser à une femme en regardant la mer, ni aller à la mer pour penser à une femme. Mais une rivière, un fleuve. Qu'est-ce que j'ai bien foutu de mon maillot?"

Il s'agit d'Appels d'air, qui habite pas trop loin de la Seine à ce que j'ai pu comprendre.

vendredi 11 septembre 2009

Les hommes de ma vie

Mon monsieur psychologue scolaire qui cherche à se marier et m'avait dit qu'on pourrait être amis m'a téléphoné et deux fois plutôt qu'une. Je n'avais pas pris son offre d'amitié platonique trop au sérieux mais je vois bien qu'il pense ce qu'il dit et ça me plaît. On devrait se revoir la semaine prochaine, chez lui, probablement pour un petit déjeuner. C'est le fun. Il est cultivé et intéressant, avec un délicieux sens de l'humour.

Et monsieur Relation m'envoie un petit courriel dans lequel il me dit se sentir comme un vieux chausson abandonné dans le fond d'un tiroir. Il n'est pas un vieux chausson mais j'ai besoin de temps, c'est ce que je lui ai répondu.

Hier soir, ménage de paperasse. J'ai gardé tous les bulletins et dessins et cossins d'enfance de mon fils de 29 ans. En lisant ses compositions, je me suis rappelée l'enfant brillant qu'il était et l'amour immense qui nous liait. Un enfant délicieux, calme, réfléchi, premier de classe sans jamais faire d'efforts. Je lui ai fait une boîte, une grosse boîte avec tous ces souvenirs et je la lui remettrai quand on se verra.

Appelé chez ma mère qui était évidemment sortie. Son chum de quatre-vingts ans était là (il a quatre ans de moins qu'elle). Un monsieur que j'adore. On a discuté films du festival des films du monde. Il n'était pas allé en voir mais avait lu toutes les critiques. Très cultivé cet homme et en autodidacte. Et charmant.

Et Voisin, Voisin, me demanderont les lecteurs fidèles? Peu de nouvelles de Voisin qui n'est plus mon voisin pour vrai. On se téléphone de temps en temps. Le gros changement dans sa vie: il a maintenant des contacs avec la mère de son fils. Des contacts civilisés. Il en est tout bouleversé. Après s'être affrontés et détestés passionnément et traînés en cour pendant dix ans, voilà qu'ils ont été capables d'aller chercher ensemble dans la même voiture leur fils de douze ans qui revenait d'un voyage chez sa famille paternelle en France. Le grand gagnant? Le fils évidemment qui fait moins d'anxiété et n'a pas fait de crise d'asthme de l'été!

jeudi 10 septembre 2009

Culpabilité

Je déteste ça quand je regarde l'heure, qu'il est déjà l'après-midi et que je n'ai rien fait d'autre que de me promener d'un site à l'autre à l'ordi. Je ressens alors une affreuse culpabilité. Comme je le sais que c'est idiot et que la culpabilité est mauvaise pour la santé mentale et totalement inutile en plus, à moins que l'on n'ait été l'auteur d'un acte grave comme un meurtre, je me sens aussi coupable de me sentir coupable. Quelqu'un a une cigarette? Je n'ai jamais fumé, mais me semble que ça bouclerait la boucle de la culpabilité intégrale.

mercredi 9 septembre 2009

Forme

Ma cheville me fait encore un peu mal mais je peux marcher pas trop pire. Ne pas trop en faire tant que ça n'a pas désenflé cependant. Donc, pas trop de marche. Pas de yoga non plus, on ne sait jamais quand on s'y retrouvera sur un pied! Je vais malgré tout aller au premier cours de yoga Iyengar niveau 2 demain et je dirai mon handicap temporaire à la super prof super compétente (les profs Iyengar sont le summum de la compétence, huit ans d'études minimum pour enseigner le niveau 1) et elle jugera de ce qu'il faut faire. Je me remets entre ses mains, confiante.

L'idéal dans ma condition, c'est l'eau. Et je suis justement allée m'inscrire à un cours d'aquaforme à la vieille, archi-vieille piscine du quartier. Une piscine qui était un bain public il n'y a pas si longtemps alors que les familles sans baignoire et probablement sans eau courante non plus, allaient s'y laver de temps en temps. Autre époque. Moi qui suis habituée au luxe et à la lumière et au modernisme de l'Aquadome. Il y a certains petits inconvénients à vivre en plein centre-ville. Je commence tout juste à les voir. Il était temps car jusqu'ici, je me croyais au paradis. Ma vision devient plus nuancée et c'est très bien. Hier, donc, en ligne avec tout le Plateau Mont-Royal réuni devant la vétuste piscine, j'attendais mon tour, impatiente. Les gens du Plateau avaient l'air bien résignés, eux. J'ai failli monter une révolte, du moins j'ai essayé un peu. "Je suis en ligne depuis quinze minutes et je n'ai pas avancé, c'est normal?" Peu de réaction, des têtes qui essaient de voir au début de la ligne­. "Non, mais, ils font quoi en avant?" Cinq minutes plus tard. " C'est la première fois que je m'inscris. C'est toujours aussi lent et mal organisé?" Voyant que je n'arriverais jamais à susciter la moindre révolte chez ces troupes habituées depuis longtemps à vivre en troupeau et à s'en accommoder sans joie mais avec résignation, je m'exclame "Mais c'est ridicule! Une demi-heure à attendre et on avance à peine! Je vais faire de la course à pied au lieu de l'aquatique. Je quitte!" Ce que je fis, enveloppée de ma dignité et me rendant compte trop tard que la ridicule ici, c'était moi, qui m'éloignais claudiquant en proclamant vouloir faire de la course à pied.



Heureusement et bien heureusement, j'ai des amies dont une qui l'habite depuis douze ans ce beau quartier surpeuplé et qui me dit devant mes plaintes téléphoniques que le truc, c'est d'aller s'inscrire non pas le plus tôt possible, car il y aura toujours des zélés qui y seront encore plus tôt, mais bien le plus tard possible, quand la plupart des gens sont partis, juste avant la fermeture, quoi. On se fait haïr des filles qui inscrivent pour les cours mais on n'attend pas. Ce que nous fîmes. Les inscriptions finissant à vingt heures trente, nous arrivâmes à vingt heures vingt-cinq. "Trop tard, mesdames, nous fermons.!" de nous dire la jeune inscriptionneuse (c'est joli comme mot je trouve!). "Mais pas du tout," de protester mon amie aguerrie aux moeurs de la grande ville, "nous sommes à l'heure, il n'est pas vingt heures trente et sur votre publicité il est écrit que l'on peut s'inscrire jusqu'à vingt heures trente." Tout est dans le ton de voix ici et on nous fït passer et il n'y eût donc aucune attente. Nous commençons nos cours lundi soir prochain. Yé!

mardi 8 septembre 2009

Solitaire dans la foule

-Mais comment tu fais pour passer toutes tes journées seule au cinéma? me demande mon amie P ce matin.

C'est pas mal plus simple de visiter le festival seule. Liberté totale de choisir le film et de changer d'idée au dernier moment si ça me chante. Facilité à en gober du cinéma sans se demander si mon compagnon est fatigué. Pas besoin de s'arrêter pour manger non plus. J'ai maigri pendant ma semaine cinéma!

Et puis, ce n'est pas vrai que j'ai été seule. Presque toujours, j'ai trouvé des passionnés comme moi leur programme à la main. S'engage alors une discussion spontanée sur les films vus et ceux à voir. Hier, j'ai rencontré un monsieur qui en était à son quarante-deuxième film! Ce qui lui fait une moyenne de six films par jour, tous les jours! Et il s'en allait au festival du film de Toronto. La passion n'a pas de limites.