lundi 26 juillet 2010
Prêt
J'ai décidé de lui prêter l'argent. Elle me le rendra quand elle aura accès au plan d'épargne-études lorsqu'elle commencera ses cours. Je me sens mieux. C'est un prêt, pas un don. Si je le lui refusais, c'était en grande partie pour la punir de son insolence à mon égard et de ses crises de nerfs. C'était dans l'espoir qu'elle change, qu'elle devienne moins colérique. Mais on ne change pas les gens. On peut se changer soi-même, vouloir changer les autres, c'est une erreur et une perte d'énergie. Elle changera si elle veut changer et quand elle voudra changer. Et peut-être qu'elle ne changera jamais. Son caractère de lion lui a servi dans la vie. C'est grâce à lui qu'elle a survécu en Haïti. Lui refuser un prêt dont dépend sa survie n'aura pas pour effet de la rendre plus douce et conciliante.
samedi 24 juillet 2010
Yoga et compagnie
Je n'en fais plus beaucoup mais j'en fais encore au gym. Le mercredi soir, une heure. Prof pas zen du tout mais comme je connais les asanas, une pratique de groupe, c'est tout de même utile vu que je ne me suis jamais mise à pratiquer en solo chez moi. Elle n'est pas antipathique du tout, la prof, juste "fatiguée" peut-être? Elle se plaint tout le temps, de l'horaire du cours, de la température de la salle, du prof d'avant qui ne sort pas à temps. Pas de Omhs avec elle, en tout cas. Mais j'y retourne. Court et efficace malgré tout. Un bon étirement.
J'ai essayé une fois celle du lundi soir. Excellente et elle donne le cours en français, ce qui n'est pas le cas de l'autre, bien qu'elles soient toutes les deux francophones. Je retournerai plus assidûment en automne, quand tous les festivals seront terminés.
Le vendredi aussi, j'ai essayé. On était deux. La prof était à demi-nue, un corps de déesse. Elle donne aussi des cours d'aérobie et de boot-camp. Pas trop zen elle non plus, mais efficace. Yoga-performance. J'ai fait mon possible sans trop me stresser. Finie la performance à tout prix pour moi. Une autre étape. Je suis une femme d'âge mûr qui pratique le yoga à son rythme et qui ne l'enseignera jamais. Acceptation bienfaitrice. Soupir de satisfaction. Non, c'est pas si pire que ça de vieillir, surtout avec la santé. J'apprécie chaque moment qui passe et je suis bien dans ma peau et dans ma tête.
Grosse chicane avec Dix-neuf ans hier. Parce que je lui avais refusé de l'argent mardi. Hier, on allait ensemble payer un cours de conduite à Vingt-et-un an. Au retour, dans la voiture, mademoiselle Dix-neuf ans a fait une crise monumentale. Elle hurlait qu'elle allait abandonner ses cours vu qu'elle devait aller travailler. Quand elle m'a demandé de lui prêter de l'argent (encore! alors que j'avais fait une épicerie pour elle de bon coeur la veille), je lui ai en effet dit d'aller travailler. Trop c'est trop et elle était arrivée au trop. Je lui ai répondu que si elle jugeait que de ne pas aller au cegep c'était le mieux, c'est ce qu'elle devait faire. Voyant que je ne réagissais pas au chantage, elle a menacé de faire des choses illégales. "Vingt-et-un ans en fait bien, elle, et ça n'a pas l'air de te déranger." Cette fois, je lui ai répondu que c'était du chantage et je me suis tue pour le reste du trajet jusque chez elle. Je me suis efforcée de ne pas entendre les méchancetés qu'elle proférait, mais j'ai dû en entendre pas mal car c'est bouleversée que je suis rentrée à la maison.
Je suis inquiète, c'est certain. Elle dit ne pas avoir d'argent pour payer leur loyer ni la garderie. Mais je dois tenir mon bout malgré tout. Sinon, elle va croire qu'avec des crises de nerfs, on a tout ce qu'on veut. Mais c'est dur, très dur. Qui a dit qu'élever des enfants était facile?
J'ai essayé une fois celle du lundi soir. Excellente et elle donne le cours en français, ce qui n'est pas le cas de l'autre, bien qu'elles soient toutes les deux francophones. Je retournerai plus assidûment en automne, quand tous les festivals seront terminés.
Le vendredi aussi, j'ai essayé. On était deux. La prof était à demi-nue, un corps de déesse. Elle donne aussi des cours d'aérobie et de boot-camp. Pas trop zen elle non plus, mais efficace. Yoga-performance. J'ai fait mon possible sans trop me stresser. Finie la performance à tout prix pour moi. Une autre étape. Je suis une femme d'âge mûr qui pratique le yoga à son rythme et qui ne l'enseignera jamais. Acceptation bienfaitrice. Soupir de satisfaction. Non, c'est pas si pire que ça de vieillir, surtout avec la santé. J'apprécie chaque moment qui passe et je suis bien dans ma peau et dans ma tête.
Grosse chicane avec Dix-neuf ans hier. Parce que je lui avais refusé de l'argent mardi. Hier, on allait ensemble payer un cours de conduite à Vingt-et-un an. Au retour, dans la voiture, mademoiselle Dix-neuf ans a fait une crise monumentale. Elle hurlait qu'elle allait abandonner ses cours vu qu'elle devait aller travailler. Quand elle m'a demandé de lui prêter de l'argent (encore! alors que j'avais fait une épicerie pour elle de bon coeur la veille), je lui ai en effet dit d'aller travailler. Trop c'est trop et elle était arrivée au trop. Je lui ai répondu que si elle jugeait que de ne pas aller au cegep c'était le mieux, c'est ce qu'elle devait faire. Voyant que je ne réagissais pas au chantage, elle a menacé de faire des choses illégales. "Vingt-et-un ans en fait bien, elle, et ça n'a pas l'air de te déranger." Cette fois, je lui ai répondu que c'était du chantage et je me suis tue pour le reste du trajet jusque chez elle. Je me suis efforcée de ne pas entendre les méchancetés qu'elle proférait, mais j'ai dû en entendre pas mal car c'est bouleversée que je suis rentrée à la maison.
Je suis inquiète, c'est certain. Elle dit ne pas avoir d'argent pour payer leur loyer ni la garderie. Mais je dois tenir mon bout malgré tout. Sinon, elle va croire qu'avec des crises de nerfs, on a tout ce qu'on veut. Mais c'est dur, très dur. Qui a dit qu'élever des enfants était facile?
vendredi 23 juillet 2010
Tort, tort, tort, tort, tort
On écrit avoir torT avec un T, s'il-vous-plaît! À tort ou à raison mais c'est comme ça, c'est comme ça, c'est comme ça, tortueux mais réel.
Et ne me répondez surtout pas, comme Raymond Devos, qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort!
Et ne me répondez surtout pas, comme Raymond Devos, qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort!
mardi 20 juillet 2010
Petite vie
C'est comme ça que je me sens. Pas malheureuse du tout, plutôt heureuse même. Mais petite. Comme dans petites activités ordinaires, entraîneur, dîner avec une amie, phlébologue hier et dentiste aujourd'hui.
Demain, je pars à l'aventure, à pied. Tôt le matin, avec comme mandat de revenir tard le soir. Pour aller où? On verra bien. Mais pas de métro, pas d'autobus, pas de taxi, que mes pieds. Expédition citadine.
Demain, je pars à l'aventure, à pied. Tôt le matin, avec comme mandat de revenir tard le soir. Pour aller où? On verra bien. Mais pas de métro, pas d'autobus, pas de taxi, que mes pieds. Expédition citadine.
jeudi 15 juillet 2010
Je divague
Avoir trop de temps et en manquer. Paradoxe mais réalité. Si la vie était simple on aurait pas besoin de visa et je ferais mon pain et je pourrais le manger en plus ce pain. Privation permanente sans arriver à la minceur désirée. Drame de ma vie. Liberté totale et impression de vide, précipice même. Juste sur le bord mais on se retient pour ne pas tomber. Adrénaline. Et souliers neufs, des souliers de femme, ceux qui font la jambe jolie et qui font mal aux pieds, ceux qu'on achète bien plus pour soi que pour le regard des hommes, pour le plaisir de se regarder dans les vitrines, pour le plus grand plaisir encore de les enlever en rentrant et de les garrocher au fond de la pièce, d'un grand coup de pied joyeux. Et puis l'ouvrir cette belle bouteille de Pinot qu'on a eue en cadeau, on la dégustera avec de la morue et des légumes, pas toute la bouteille, que non, que non, on est raisonnable nous, on ne se laissera pas vieillir et grossir, que non. Résistance, je suis ma propre Bastille, ma propre révolution, oeil de lynx. Les hormones dans le tapis, s'exclame un gentleman lecteur qui me courtise un peu épistolairement, ou bien c'est moi qui le courtise, je pensais qu'il parlait de ses hormones à lui, non, non, il s'adressait à mes hormones à moi. Elles se sont calmées mes hormones, cher, avec tout ce temps sans les provoquer, elles se sont stabilisées, mises au neutre, camouflées dans l'attente d'un moment plus propice à s'épivarder.
mercredi 14 juillet 2010
Ma fille
Je ne m'inquiétais pas pour rien. Un long appel d'Espagne ce matin. Elle compte les jours. Ne comprend pas un seul mot d'espagnol et ne parle donc pas du tout non plus alors que les autres tiennent déjà des conversations. Ne peut donc pas parler dans la famille non plus. Les quatre heures de cours quotidiens sont une épreuve pénible. Se sent vraiment différente. S'ennuie terriblement. Tout est difficile. Je lui ai proposé de s'en revenir. Non, elle va rester jusqu'au bout.
mardi 13 juillet 2010
Chiâlage inutile
Il pleut. Je suis allée rendre les méthodes d'apprentissage du chinois qui étaient dues aujourd'hui à la Grande Bibliothèque sans les avoir ouvertes. Incorrigiblement optimiste, j'en ai emprunté d'autres en plus de magnifiques livres sur la Route de la soie. Je m'ennuie de ma fille qui est en Espagne et je m'inquiète pour elle. Je n'ai pas de chum et je ne fais rien pour en avoir un. Je fais de l'entraînement et je paie cher pour ça mais, si je veux être honnête, mon corps n'a pas changé. J'ai tout le temps faim en plus. Et je boirais bien une bouteille de vin. J'en ai pas de vin et je me suis donné comme défi de ne pas faire d'épicerie avant le retour de ma fille à la fin du mois. Je suis folle comme ça des fois. Des défis, tout le temps des défis, des intelligents mais des ridicules aussi. Et je suis seule ce soir et embêtée un peu par ça. Pas l'habitude. Irai-je au cinéma? Ou pas. Il pleut. Je m'emmerde et je n'aime pas ça. Je m'apitoie, je m'apitoie. Misère!
lundi 12 juillet 2010
Un gentleman
Une semaine extra. Des conférences sublimes. Des hommes alors que je me plains qu'il n'y en a pas, qu'il n'y en a plus. Un charmant et bien élevé à l'ancienne dans tout ce que la vieille école de galanterie avait de bon et de beau, comme de laisser savoir élégamment à une femme qu'elle est une femme. Les petites attentions prodiguées généreusement et avec une aisance si naturelle. Comme le café fumant déposé sur mon petit bureau d'écolière, sans qu'il ait été demandé. Avec un lait 2% et pas de sucre, comme j'aime. Il avait pris la peine de remarquer la veille. L'art de ne pas faire n'importe quoi. Plein de cheveux frisés, de rares questions mais absolument brillantes, aux conférenciers. Du charisme à revendre. Il avait soixante-douze ans, j'ai fini par le lui demander, il me racontait trop de choses sur trop d'années pour être plus jeune, je calculais un peu et j'arrivais à soixante-dix ans alors qu'il paraissait juvénile, droit comme un i et avec un rire de gamin. Dès le premier jour, alors que nous dînions déjà ensemble, j'ai également su qu'il était marié. On s'est appréciés mutuellement pendant cette riche semaine de cours sur la Chine, pensant trop souvent la même chose en même temps, avec cette connivence naturelle qui unit parfois deux personnes. Sans même se le dire, il nous est apparu évident que nous ne devions pas nous laisser nos coordonnées. Il aura ensoleillé mes cours et mes entre-cours, c'est indéniable.
dimanche 4 juillet 2010
L'été
Demain, je m'en vais à l'école d'été, yé! Il devrait y avoir là de quoi canaliser mon énergie. Mon émerveillement à refouler les lieux de mon éducation passée me démontre que je ne suis pas encore tout à fait mûre pour la retraite, bien que... c'est en tant que retraitée que je me suis inscrite à ces cours! Alors que les étudiants les suivent dans le cadre de leur maîtrise en anthropologie, on y accepte aussi des journalistes, des citoyens intéressés et des heureux retraités et quand on est déjà diplômé de la noble institution, ce qui est mon cas,on a même droit à un rabais sur le prix des cours. Les cours sont toute la journée et on aura en plus un cocktail en soirée au jardin chinois du Jardin botanique et une visite guidée du Vieux-Montréal le lendemain soir. Si j'avais un chum, je n'aurais aucun temps libre à lui consacrer.
Ce soir, je quitte le festival de jazz pour l'opéra Don Giovanni, gratuit mes chers, au Théâtre de Verdure du parc Lafontaine. Suis-je dispersée? me demanderont mes lecteurs. Non, plus vraiment. Occupée, un peu fiévreuse mais heureuse. Je suis entrée dans l'été et j'en jouis. Intensément.
Hier, j'ai monté la montagne. Je compte le faire tous les jours. De chez moi au chalet de la montagne, ça me prend une heure aller-retour, je veux améliorer ce temps, aller plus vite, courir un peu. Je voulais me chercher un chum, mais je remets ce projet à... plus tard. Trop occupée!
Et là, on s'en va bruncher en famille. Je verrai ma mère, ma fille et mon délicieux, fantastique, extraordinaire petit-fils. Je le garderai peut-être un peu avec moi en après-midi, si sa mère est d'accord, pour lui lire des livres ou le promener en poussette ou bien même le faire baigner dans les fontaines du quartier des spectacles. Il y a plein d'enfants qui s'y rafraîchissent. Je ne pense pas que ça ait été conçu dans ce but mais c'est une nouvelle utilité charmante de ces jolis jets d'eau. J'aime la Place des spectacles et il y a vraiment plus d'espace et de confort pour assister aux shows, les écrans géants aident beaucoup pour ne rien manquer de l'action. Et ce n'est même pas fini encore!
Ce soir, je quitte le festival de jazz pour l'opéra Don Giovanni, gratuit mes chers, au Théâtre de Verdure du parc Lafontaine. Suis-je dispersée? me demanderont mes lecteurs. Non, plus vraiment. Occupée, un peu fiévreuse mais heureuse. Je suis entrée dans l'été et j'en jouis. Intensément.
Hier, j'ai monté la montagne. Je compte le faire tous les jours. De chez moi au chalet de la montagne, ça me prend une heure aller-retour, je veux améliorer ce temps, aller plus vite, courir un peu. Je voulais me chercher un chum, mais je remets ce projet à... plus tard. Trop occupée!
Et là, on s'en va bruncher en famille. Je verrai ma mère, ma fille et mon délicieux, fantastique, extraordinaire petit-fils. Je le garderai peut-être un peu avec moi en après-midi, si sa mère est d'accord, pour lui lire des livres ou le promener en poussette ou bien même le faire baigner dans les fontaines du quartier des spectacles. Il y a plein d'enfants qui s'y rafraîchissent. Je ne pense pas que ça ait été conçu dans ce but mais c'est une nouvelle utilité charmante de ces jolis jets d'eau. J'aime la Place des spectacles et il y a vraiment plus d'espace et de confort pour assister aux shows, les écrans géants aident beaucoup pour ne rien manquer de l'action. Et ce n'est même pas fini encore!
samedi 3 juillet 2010
Sentiment d'urgence
Quand l'été a débuté, quand il fait enfin beau, quand ce temps béni et espéré tout l'hiver est miraculeusement arrivé, je suis surstimulée, je ne veux pas en perdre un seul instant et je ressens un tel sentiment d'urgence d'en profiter et de ne rien manquer et de vivre à fond que je m'épuise et que je n'en jouis pas tant que ça finalement. Avec culpabilité en prime. Devrais-je appeler l'automne à la rescousse?
Ou un psychologue?
Ou un psychologue?
jeudi 1 juillet 2010
Le film
Hier soir, ma fille partie et partie heureuse, je me sentais légèrement euphorique. Mon frigo était vide et j'adore quand mon frigo est vide. Je me sens alors vraiment libre. Comme je ne suis pas gaspilleuse (c'est dans mes gènes), quand il y a des aliments en vue dans le frigo, je me sens obligée de cuisiner. Et puis, nourrir ses enfants, c'est dans mes gènes aussi, je n'y échappe pas. Alors, le frigo enfin vide, c'était un spectacle absolument réjouissant. J'ai décidé d'aller au yoga, ce qui m'a permis de constater que mon dos était remis. Je pétais le feu. Il faisait froid, j'ai eu envie d'un film, il était 20 heures quarante-cinq, il fallait me grouiller. Un film obscur, Blissfully yours, 2002, un film de Apichatpong Weerasethakul (oui, oui, cet Apichatpong-là! celui qui a remporté la Palme d'or au festival de Cannes 2010 pour "Lung Boonmee reluck chat") était à l'affiche au cinéma du Parc à 21 heures. Vite, vite, recherche dans l'internet, une histoire lente de relations humaines dans la forêt avec la lumière du soleil, scènes sexuelles sensuelles, bon, en plein mon genre et il n'y aura pas un chat. J'aime bien être toute seule dans une salle de cinéma. J'y cours, j'y vole!
Surprise, la salle était pleine! Et le film étrange, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais ses images me sont restées dans la tête. J'ai lu toutes les critiques que j'ai pu trouver. Des scènes longues de détails, les mains qui coupent des fruits et les mêlent à des crèmes, des mains qui forment de savantes brochettes, chaque petit geste filmé, des jambes dans l'eau, long et lent plan sur ces quatres jambes et bruit de clapotis d'eau et puis deux de ces jambes qui s'efflleurent. La jeune femme du film n'est pas jolie, elle a de mauvaises dents mais quelle authenticité. On ne croirait pas que c'est un film, juste la vraie vie et la lumière dans les sous-bois thaïlandais et une histoire sociale de réfugié birman vivant illégalement en Thaïlande. Jamais un réalisateur occidental n'aurait fait ce genre de film, sans action apparente, un film sur les gestes, lent, long, ennuyeux un peu, avec des instants de bonheur et de clapotis dans l'eau. Comme la vie.
Surprise, la salle était pleine! Et le film étrange, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais ses images me sont restées dans la tête. J'ai lu toutes les critiques que j'ai pu trouver. Des scènes longues de détails, les mains qui coupent des fruits et les mêlent à des crèmes, des mains qui forment de savantes brochettes, chaque petit geste filmé, des jambes dans l'eau, long et lent plan sur ces quatres jambes et bruit de clapotis d'eau et puis deux de ces jambes qui s'efflleurent. La jeune femme du film n'est pas jolie, elle a de mauvaises dents mais quelle authenticité. On ne croirait pas que c'est un film, juste la vraie vie et la lumière dans les sous-bois thaïlandais et une histoire sociale de réfugié birman vivant illégalement en Thaïlande. Jamais un réalisateur occidental n'aurait fait ce genre de film, sans action apparente, un film sur les gestes, lent, long, ennuyeux un peu, avec des instants de bonheur et de clapotis dans l'eau. Comme la vie.
mercredi 30 juin 2010
Départ
J'ai failli effacer mon dernier billet. Mais je ne peux plus, ça signifierait de faire disparaître les commentaires de mes lecteurs et ces écrits ne m'appartiennent pas. Je me sens mal d'avoir écrit du négatif à propos de mon extraordinaire fille, ma courageuse fille, vulnérable, oui, mais qui ose et fonce dans la vie et pas si vulnérable que ça probablement, j'ai mes yeux de mère pour m'aveugler. Elle est belle, d'une beauté qui fait un peu peur à la mère protectrice, pas trop de vêtements sexy dans la valise, que je lui ai dit, mais je n'ai pas regardé. Et puis, j'ai parlé condoms, demandé si elle voulait en apporter, elle a semblé mal à l'aise. Bon, tu peux en acheter là-bas au besoin, que j'ai rajouté, faussement désinvolte.
On s'en va à l'aéroport. Tout est prêt, le petit cadeau pour la logeuse est emballé, les euros dans plusieurs cachettes, le coeur un peu à l'envers (c'est moi ça, elle, elle semble pas si pire). Je sais que je fais bien et qu'il faut lâcher prise. Des racines et des ailes, voilà le plus beau cadeau parental.
On s'en va à l'aéroport. Tout est prêt, le petit cadeau pour la logeuse est emballé, les euros dans plusieurs cachettes, le coeur un peu à l'envers (c'est moi ça, elle, elle semble pas si pire). Je sais que je fais bien et qu'il faut lâcher prise. Des racines et des ailes, voilà le plus beau cadeau parental.
lundi 28 juin 2010
Analyse rapide de moi à moi
Je le sais ce qui cloche. Pas de nouveaux projets. La Chine, c'est fait et décidé. On part en septembre. Je prends des cours sur la Chine la semaine prochaine. Six jours intensifs. Ça va faire du bien. Du renouveau, un défi, du monde. Excellent.
Ma fille part mercredi et je me force pour que nos derniers jours ensemble soient chaleureux. Pas si évident. Je l'aime inconditionnellement cette enfant-là, mais les parents d'enfants différents me comprendront, je le sais, elle m'énerve parfois et s'ensuit automatiquement une culpabilité. Elle ne fait pas exprès pour poser des questions puériles, la dysphasie fait qu'elle ne comprend pas certains mots évidents pour tous. Plus elle vieillit, plus ça m'énerve qu'elle ne comprenne pas. Et comme je suis tout le temps collée dessus depuis les vacances, c'est pesant. En fait, si je fais ma psychologue, je pense que c'est cette promiscuité pesante qui a causé mon mal de dos bien plus que la musculation heavy.
Et il y a la maudite télé et la télé maudite. Avant, je l'interdisais tout simplement, mais Seize ans a seize ans, misère. Il faut la laisser aller eu peu. Et elle regarde des émissions idiotes, des meurtres horribles, des familles qui changent de mère, des gars qui entraînent des chiens, des nannys qui entraînent des parents, des décorations de chambre à coucher à ne plus finir, de la cuisine alors qu'elle ne cuisine pas et même des émissions entières de publicité. Je découvre tout un monde de bêtise et d'hypnotisation avec Seize ans qui se fige devant l'appareil toute la journée. Bon, en fait, je fais pas mal la même chose avec l'ordi. La vacuité de ma vie me revient en pleine face.
J'ai la chance d'avoir une excellente santé, alors toute atteinte à celle-ci est comme un coup de massue. J'ai tendance à réagir, à me battre, à ne pas laisser aller. Or, mon dos m'immobilise. Et en cas de stress, c'est l'action qui me sauve.
En plus, pas d'homme dans ma vie et je ne fais rien pour y remédier. Je me demande même si ce n'est pas la fin de la séduction. Il y a tellement de compétition pour le moindre homme potable à mon âge. Pas trop envie de me battre, becs et ongles et facials et manucures, ou bien les grands moyens: chirurgie et compagnie, pour en trouver un. Car l'apparence physique est le premier ingrédient de la séduction, c'est la réalité. Et à mon âge, je ne me sens plus dans la course. Il y a un deuil à faire ici. Pas fait encore.
Hier, j'ai passé l'après-midi avec Petit-fils de un an, à ma demande. La semaine, il va en garderie, alors il faut le réserver pendant ses périodes de disponibilité, le petit chou. On est allés ensemble au festival de Jazz. Il s'est révélé un adorable compagnon, enthousiaste et intéressé. Un après-midi de bonheur. Le plus merveilleux, c'est que ma fille est venu le chercher comme convenu pour le souper, je lui avais prêté ma voiture. Être grand-mère, ce n'est que la joie, aucune responsabilité et même pas de souper à faire. J'adore vraiment!
Que me dirait un psychologue? Hum, madame, votre fille de seize ans vous pèse. Retrouvez la joie des activités communes. Qu'aimez-vous faire toutes les deux? Ses questions vous énervent? Dites-le lui, à force de ravaler et de faire comme si ça ne vous dérangeait pas, vous frustrez. Soyez franche et ouverte, négociez des périodes sans question. Si vous faites des activités qui lui plaisent à elle, vous risquez de la rendre plus réceptive. Bon, ces activités ne vous plaisent pas? Il reste deux jours, madame, forcez-vous un peu. Et admettez donc que derrière cet énervement se cache une inquiétude, celle d'envoyer en Europe une enfant qui ne sait pas compter, une carte de débit et plein d'euros en poche. Saura-t-elle se débrouiller? Il faut faire des tests pour le savoir. Et riez davantage, ça dilue les tensions.
Ma fille part mercredi et je me force pour que nos derniers jours ensemble soient chaleureux. Pas si évident. Je l'aime inconditionnellement cette enfant-là, mais les parents d'enfants différents me comprendront, je le sais, elle m'énerve parfois et s'ensuit automatiquement une culpabilité. Elle ne fait pas exprès pour poser des questions puériles, la dysphasie fait qu'elle ne comprend pas certains mots évidents pour tous. Plus elle vieillit, plus ça m'énerve qu'elle ne comprenne pas. Et comme je suis tout le temps collée dessus depuis les vacances, c'est pesant. En fait, si je fais ma psychologue, je pense que c'est cette promiscuité pesante qui a causé mon mal de dos bien plus que la musculation heavy.
Et il y a la maudite télé et la télé maudite. Avant, je l'interdisais tout simplement, mais Seize ans a seize ans, misère. Il faut la laisser aller eu peu. Et elle regarde des émissions idiotes, des meurtres horribles, des familles qui changent de mère, des gars qui entraînent des chiens, des nannys qui entraînent des parents, des décorations de chambre à coucher à ne plus finir, de la cuisine alors qu'elle ne cuisine pas et même des émissions entières de publicité. Je découvre tout un monde de bêtise et d'hypnotisation avec Seize ans qui se fige devant l'appareil toute la journée. Bon, en fait, je fais pas mal la même chose avec l'ordi. La vacuité de ma vie me revient en pleine face.
J'ai la chance d'avoir une excellente santé, alors toute atteinte à celle-ci est comme un coup de massue. J'ai tendance à réagir, à me battre, à ne pas laisser aller. Or, mon dos m'immobilise. Et en cas de stress, c'est l'action qui me sauve.
En plus, pas d'homme dans ma vie et je ne fais rien pour y remédier. Je me demande même si ce n'est pas la fin de la séduction. Il y a tellement de compétition pour le moindre homme potable à mon âge. Pas trop envie de me battre, becs et ongles et facials et manucures, ou bien les grands moyens: chirurgie et compagnie, pour en trouver un. Car l'apparence physique est le premier ingrédient de la séduction, c'est la réalité. Et à mon âge, je ne me sens plus dans la course. Il y a un deuil à faire ici. Pas fait encore.
Hier, j'ai passé l'après-midi avec Petit-fils de un an, à ma demande. La semaine, il va en garderie, alors il faut le réserver pendant ses périodes de disponibilité, le petit chou. On est allés ensemble au festival de Jazz. Il s'est révélé un adorable compagnon, enthousiaste et intéressé. Un après-midi de bonheur. Le plus merveilleux, c'est que ma fille est venu le chercher comme convenu pour le souper, je lui avais prêté ma voiture. Être grand-mère, ce n'est que la joie, aucune responsabilité et même pas de souper à faire. J'adore vraiment!
Que me dirait un psychologue? Hum, madame, votre fille de seize ans vous pèse. Retrouvez la joie des activités communes. Qu'aimez-vous faire toutes les deux? Ses questions vous énervent? Dites-le lui, à force de ravaler et de faire comme si ça ne vous dérangeait pas, vous frustrez. Soyez franche et ouverte, négociez des périodes sans question. Si vous faites des activités qui lui plaisent à elle, vous risquez de la rendre plus réceptive. Bon, ces activités ne vous plaisent pas? Il reste deux jours, madame, forcez-vous un peu. Et admettez donc que derrière cet énervement se cache une inquiétude, celle d'envoyer en Europe une enfant qui ne sait pas compter, une carte de débit et plein d'euros en poche. Saura-t-elle se débrouiller? Il faut faire des tests pour le savoir. Et riez davantage, ça dilue les tensions.
samedi 26 juin 2010
Tourner en rond ou rester là
Mais non, mais non, sortir! On a une liste longue comme ça de choses à régler avant le départ pour l'Espagne de Seize ans. Je la lui ai remise, la liste, pour la responsabiliser et elle ne fout rien et moi non plus, tiens! Curieux. Mais je suis là avec elle, parce qu'il nous reste peu de temps ensemble, parce que c'est la chose à faire, parce que je suis paresseuse aussi. Le temps passe. Elle regarde la télé. Des émissions de meurtre. Allez, on se bouge, fillette. Le festival de jazz est à notre porte. La liste attendra.
vendredi 25 juin 2010
J'ai mal au dos
Ça n'a rien à voir avec la musculation, me dit l'entraîneur alors qu'il m'étire. Rien du tout! En dix années de pratique, jamais aucun de ses clients ne s'est blessé avec lui. Et quand quelqu'un se blesse avec les poids, la douleur est immédiate, alors que moi, j'y suis allée le matin et ce n'est qu'en début d'après-midi qu'un mal insidieux et au départ diffus s'est déclaré au bas de mon dos. Les lombaires, me dit-il. On va travailler le haut du corps et les jambes aujourd'hui et dans les prochains jours, vous faites de la bicyclette mais aucun autre appareil et tout devrait rentrer dans l'ordre.
Ce n'est pas le cas. J'ai plus mal aujourd'hui qu'hier et bien plus qu'avant-hier. Pénible. On dirait que plein d'événements viennent exercer la patience dont je manque tellement. Leçon de vie? Je vais prendre rendez-vous avec mon ostéopathe. Et gober des tylénols.
Petite soirée de la Saint-Jean dans un parc d'Outremont avec des amis qui y habitent. "Je ne peux m'imaginer vivre nulle part ailleurs. Je viens de la campagne et Outremont, c'est la campagne de Montréal," me dira le mari du couple. Spectacle des Chinatown, un groupe qui chante en "français international", tout frais et propret et qui colle donc avec les belles familles bien fringuées et distinguées qui se distrayaient dans ce ravissant parc avec cours d'eau et petit pont bien entretenus. Un milieu charmant et sécuritaire pour élever des enfants. La veille, en passant devant, j'avais visité leur bibliothèque ( je ne peux en voir une sans entrer dedans!), la biblio Robert-Bourassa, pour constater qu'on pouvait y lire sur une terrasse. Quelle brillante idée! Je comprends que ma fille veuille demeurer là et ce serait très bien que petit-fils y grandisse.
Ce n'est pas le cas. J'ai plus mal aujourd'hui qu'hier et bien plus qu'avant-hier. Pénible. On dirait que plein d'événements viennent exercer la patience dont je manque tellement. Leçon de vie? Je vais prendre rendez-vous avec mon ostéopathe. Et gober des tylénols.
Petite soirée de la Saint-Jean dans un parc d'Outremont avec des amis qui y habitent. "Je ne peux m'imaginer vivre nulle part ailleurs. Je viens de la campagne et Outremont, c'est la campagne de Montréal," me dira le mari du couple. Spectacle des Chinatown, un groupe qui chante en "français international", tout frais et propret et qui colle donc avec les belles familles bien fringuées et distinguées qui se distrayaient dans ce ravissant parc avec cours d'eau et petit pont bien entretenus. Un milieu charmant et sécuritaire pour élever des enfants. La veille, en passant devant, j'avais visité leur bibliothèque ( je ne peux en voir une sans entrer dedans!), la biblio Robert-Bourassa, pour constater qu'on pouvait y lire sur une terrasse. Quelle brillante idée! Je comprends que ma fille veuille demeurer là et ce serait très bien que petit-fils y grandisse.
mercredi 23 juin 2010
Je ne baise plus
Alors je fais plein d'exercice. Tout plein. Kick-boxing avec mes deux filles lundi. Elles ont trouvé ça horrible. Moi aussi, mais je suis restée jusqu'à la fin. Ma force est là, dans la constance. Dix-neuf-ans était super impressionnée que je fasse des push-ups. Je suis impressionnée moi-même! C'est grâce à mon super entraîneur qui croit en moi et me pousse dans des sentiers que je ne croyais pas pouvoir emprunter. On essaie de nouvelles machines. Il monte les poids. Je souffre et je sue. J'aime ça. Je n'ai pas repris de poids et j'ai même perdu une livre de plus en réintroduisant des fruits et une tranche de pain par jour. Là, ça commence vraiment à paraître. Je suis full encouragée. Mercredi prochain, Seize ans quitte pour un mois et je commence un stage intensif sur la Chine à l'université de Montréal. Le programme est vraiment intéressant.
Message à Unautreprof: Je me suis enfin inscrite à la Grande Bibliothèque hier! Simple et facile. Ensuite, j'ai voulu faire ma fraîche jusqu'au bout et inscrire moi-même mes livres. J'ai eu un peu de difficulté mais je suis super-épaisse pour ce genre de choses, Unautreprof. Vous allez trouver ça facile et moi aussi, la prochaine fois!! L'avantage de cette fameuse Grande Bibliothèque, c'est qu'ils ont de tout et en quantité. Je voulais une méthode pour apprendre le chinois, j'ai eu le choix et j'en ai rapporté trois en plus de beaux livres sur la route de la soie (notre prochain voyage). Alors, c'est votre tour, allez-y!
Message à Unautreprof: Je me suis enfin inscrite à la Grande Bibliothèque hier! Simple et facile. Ensuite, j'ai voulu faire ma fraîche jusqu'au bout et inscrire moi-même mes livres. J'ai eu un peu de difficulté mais je suis super-épaisse pour ce genre de choses, Unautreprof. Vous allez trouver ça facile et moi aussi, la prochaine fois!! L'avantage de cette fameuse Grande Bibliothèque, c'est qu'ils ont de tout et en quantité. Je voulais une méthode pour apprendre le chinois, j'ai eu le choix et j'en ai rapporté trois en plus de beaux livres sur la route de la soie (notre prochain voyage). Alors, c'est votre tour, allez-y!
mardi 22 juin 2010
Calculs
Alors que je fais plein d'entourloupettes, de râclages de fonds de tiroirs, de visites multiples sur mls, de calculs savants, alors que mon sommeil s'en trouve perturbé, alors que je songe à abandonner le voyage en Chine ou à lui substituer un voyage moins cher, ma chère fille-enfant s'en va avec une gang de filles à Québec pour fêter la Saint-Jean. Ils coucheront à l'hôtel. Bébé reste avec le papa. Elle ne semble pas particulièrement intéressée aux fiches de condos que je lui envoie, ne va pas les visiter et ne fait pas d'appels. Coudons, c'est pour qui que je me donne tout ce mal? Pour qui suis-je plus que prête à me serrer la ceinture? En fait, c'est bien plus pour Petit-fils que pour Fille. Mais Petit-fils, qui a un an, s'en fout bien de vivre dans un taudis et de ne pas avoir sa chambre. Il va super bien, Petit-fils, fait des sourires craquants, des cris d'extase et fonce dans la vie avec passion et confiance.
C'est moi qui me sentirais tellement mieux si ce jeune couple avait son condo. Un toit sur la tête, j'associe ça à la sécurité de base. Ils veulent se louer un autre logement à Outremont avec un ami du papa. Je m'efface, je m'efface. De quoi je me mêle? Attendons d'avoir des demandes concrètes au lieu de vouloir régimenter leur vie à ma manière. Prendre des distances, oui, prendre des distances. Et faire du sport. Toujours bon pour tout.
C'est moi qui me sentirais tellement mieux si ce jeune couple avait son condo. Un toit sur la tête, j'associe ça à la sécurité de base. Ils veulent se louer un autre logement à Outremont avec un ami du papa. Je m'efface, je m'efface. De quoi je me mêle? Attendons d'avoir des demandes concrètes au lieu de vouloir régimenter leur vie à ma manière. Prendre des distances, oui, prendre des distances. Et faire du sport. Toujours bon pour tout.
lundi 21 juin 2010
Régime
J'ai perdu 4.5 livres en sept jours avec le régime de l'entraîneur. J'aurais probablement pu perdre plus encore si j'avais renoncé à mon verre de vin de quatre onces du soir. Mais c'est vraiment très bien si on considère que je fais de l'entraînement depuis un mois sans avoir rien perdu. C'est un départ, donc. Je compte réintroduire tout doucement les autres aliments, en surveillant de près pour éviter la reprise de poids. Ce matin, céréales avec du lait de soya. Le reste de la journée, je vais m'en tenir aux protéines et légumes, comme la semaine passée. C'est un test. L'idéal, c'est de manger de tout, je le sais bien et je compte y revenir. Le fait de me sentir un peu dégonflée (et c'est le cas de le dire, c'est le pneu qui est presque complètement parti!) me fait le plus grand bien et au corps et au moral. On poursuit,différemment, mais on poursuit.
Je vais regarder des condos avec ma fille qui vit toujours dans son taudis avec chum et enfant. Ce bébé-là, il n'y a rien que je ne ferais pour lui. Il est la prunelle de mes yeux. Ma fille ne m'a rien demandé et me dit de ne pas s'inquiéter, qu'elle va se débrouiller. Je le sais bien qu'elle est courageuse et qu'elle a l'énergie de la jeunesse, mais un coup de pouce ne ferait pas de tort. Ça fait deux coopératives d'habitation qui les font niaiser avec plein d'entrevues, de visites et d'espoir, pour les laisser tomber à la dernière minute.
Je vais regarder des condos avec ma fille qui vit toujours dans son taudis avec chum et enfant. Ce bébé-là, il n'y a rien que je ne ferais pour lui. Il est la prunelle de mes yeux. Ma fille ne m'a rien demandé et me dit de ne pas s'inquiéter, qu'elle va se débrouiller. Je le sais bien qu'elle est courageuse et qu'elle a l'énergie de la jeunesse, mais un coup de pouce ne ferait pas de tort. Ça fait deux coopératives d'habitation qui les font niaiser avec plein d'entrevues, de visites et d'espoir, pour les laisser tomber à la dernière minute.
samedi 19 juin 2010
La galanterie
Aux francofolies hier encore. Avec deux amies et leurs enfants adultes qu'on croisait de temps en temps. Contacts téléphoniques constants (et fatigants?). On est sur les estrades de la scène vidéotron. Rappel. On a quitté les estrades, on est maintenant debout à la droite de la scène. Rerappel. On quitte ce spectacle, on va à celui sur la scène du Lait. Tu arrives? Comme ça toute la soirée. J'étais bien contente de ne pas avoir de cellulaire. Je pouvais me concentrer sur les spectacles, moi, et en profiter!
Mes amies sont grosses. Vraiment grosses. Il y en a une agile quand même. Mais l'autre, début cinquantaine, est vraiment handicapée. Pas question de s'assoir dans l'herbe, elle ne pourrait jamais se relever. On lui a trouvé une chaise. Et un jeune homme est venu nous porter la sienne. Un charmant Français, adorable en fait, qui a fait des pieds et des mains pour trouver une troisième chaise, alors qu'il n'y en avait aucune en vue! Il a réussi. On a été émues de la gentillesse extrême de ce garçon dans la jeune vingtaine envers trois quinquagénaires inconnues. On l'a remercié avec effusion, on lui a dit qu'on voulait le présenter à nos filles. On s'est demandé si un jeune Québécois se serait donné tant de peine. On les a beaucoup gâtés nos garçons et je ne suis pas certaine qu'on ait pensé à leur inculquer la galanterie.
La politesse, oui. Je me rappelle que je faisais systématiquement lever mon garçon à partir de dix ans pour qu'il cède sa place dans le métro, que j'insistais pour qu'il donne la main, salue intelligiblement, remercie. Mais aurait-il aidé trois dames qui n'étaient finalement pas vraiment en difficulté, aurait-il pris la peine de prendre de son précieux temps pour elles, gratuitement comme ça? Je ne sais pas, vraiment, je ne sais pas. J'espère que oui.
Mes amies sont grosses. Vraiment grosses. Il y en a une agile quand même. Mais l'autre, début cinquantaine, est vraiment handicapée. Pas question de s'assoir dans l'herbe, elle ne pourrait jamais se relever. On lui a trouvé une chaise. Et un jeune homme est venu nous porter la sienne. Un charmant Français, adorable en fait, qui a fait des pieds et des mains pour trouver une troisième chaise, alors qu'il n'y en avait aucune en vue! Il a réussi. On a été émues de la gentillesse extrême de ce garçon dans la jeune vingtaine envers trois quinquagénaires inconnues. On l'a remercié avec effusion, on lui a dit qu'on voulait le présenter à nos filles. On s'est demandé si un jeune Québécois se serait donné tant de peine. On les a beaucoup gâtés nos garçons et je ne suis pas certaine qu'on ait pensé à leur inculquer la galanterie.
La politesse, oui. Je me rappelle que je faisais systématiquement lever mon garçon à partir de dix ans pour qu'il cède sa place dans le métro, que j'insistais pour qu'il donne la main, salue intelligiblement, remercie. Mais aurait-il aidé trois dames qui n'étaient finalement pas vraiment en difficulté, aurait-il pris la peine de prendre de son précieux temps pour elles, gratuitement comme ça? Je ne sais pas, vraiment, je ne sais pas. J'espère que oui.
vendredi 18 juin 2010
Je compare
Ce n'était pas mon intention première, mais j'ai appelé une amie pour me plaindre des malheurs de ma vie. Je suis mal tombée. Ou bien, c'est selon. J'ai eu l'air ridicule.
Alors que je pestais un peu contre tout et contre les coopératives et leur injuste système de sélection, alors que je faisais preuve d'un pessimisme éhonté, elle me glisse qu'elle a des problèmes avec son allocation d'enfant handicapé. Encore des papiers à remplir et on conteste et d'autres avis médicaux et elle en a ras le bol et envie de pleurer. Tiens! Ça lui ferait beaucoup de bien de pleurer mais elle ne peut pas, elle travaille à temps plein et elle est au bureau.
-Ça ne va pas mieux avec le plus jeune? que je lui demande
Elle a adopté un petit qui n'avait pas d'anus à la naissance. La médecine moderne devait faire des miracles mais il a sept ans et est encore incontinent. Ils fonctionnent avec des lavements avant l'école et il porte des pullups. Il ne sent pas les selles venir. Beaucoup de stress. Il vit dans la peur des accidents.
-Mais, les médecins, ils ne peuvent rien pour lui?
-Pas vraiment. Et en plus, je dois me battre pour le renouvellement de la prime pour handicapés. Je leur ai écrit toute une lettre, à ces fonctionnaires sans coeur.
J'ai arrêté de râler. On est tous en santé chez nous, merci! Je n'ai pas vraiment à me plaindre et mes enfants non plus. Relativisons. Et je l'ai invitée à venir avec moi aux Francofolies. Ça va lui faire du bien.
Alors que je pestais un peu contre tout et contre les coopératives et leur injuste système de sélection, alors que je faisais preuve d'un pessimisme éhonté, elle me glisse qu'elle a des problèmes avec son allocation d'enfant handicapé. Encore des papiers à remplir et on conteste et d'autres avis médicaux et elle en a ras le bol et envie de pleurer. Tiens! Ça lui ferait beaucoup de bien de pleurer mais elle ne peut pas, elle travaille à temps plein et elle est au bureau.
-Ça ne va pas mieux avec le plus jeune? que je lui demande
Elle a adopté un petit qui n'avait pas d'anus à la naissance. La médecine moderne devait faire des miracles mais il a sept ans et est encore incontinent. Ils fonctionnent avec des lavements avant l'école et il porte des pullups. Il ne sent pas les selles venir. Beaucoup de stress. Il vit dans la peur des accidents.
-Mais, les médecins, ils ne peuvent rien pour lui?
-Pas vraiment. Et en plus, je dois me battre pour le renouvellement de la prime pour handicapés. Je leur ai écrit toute une lettre, à ces fonctionnaires sans coeur.
J'ai arrêté de râler. On est tous en santé chez nous, merci! Je n'ai pas vraiment à me plaindre et mes enfants non plus. Relativisons. Et je l'ai invitée à venir avec moi aux Francofolies. Ça va lui faire du bien.
Je déprime
Dix-neuf n'aura pas de place à la coopérative. On leur a donné des raisons bidon pour ne pas les prendre. En fait, ils n'ont même pas besoin d'en donner des raisons. Les membres du comité de sélection prennent qui ils veulent, c'est comme ça que ça marche, m'a confirmé ma chum qui y habite dans une coop depuis plusieurs années et qui a fait partie de tous les comités. Ça m'est tombé dessus comme une tonne de briques. Voyez-vous, fillette avait vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Elle faisait ses boîtes et je croyais que l'affaire était dans le sac.
Ça change tout. Me payer des voyages luxueux et un entraîneur alors que ma fille n'a même pas de chambre pour son bébé, c'est trop. Je ne suis pas bien là-dedans.
Du coup, j'ai bien eu envie de noyer mon stress et ma peine dans la bouffe. Que non, que non, je ne vais pas faire ça et ajouter le poids à l'injure. Tannée de mes blancs d'oeufs aujourd'hui. Et Seize ans me tombe sur les nerfs. Pas sa faute. Alors, ça cause de la culpabilité. On est allées voir un condo pas cher à vendre, Dix-neuf ans et moi. Pas cher du tout. Je comprends, c'est encore plus misérable que là où elle habite.
Je me suis pesée finalement. Après quatre jours, j'ai perdu trois livres. C'est bien mais je ne durerai pas longtemps à ce rythme. Je fantasme sur des légumineuses et des pâtes. Un jour à la fois.
Ça change tout. Me payer des voyages luxueux et un entraîneur alors que ma fille n'a même pas de chambre pour son bébé, c'est trop. Je ne suis pas bien là-dedans.
Du coup, j'ai bien eu envie de noyer mon stress et ma peine dans la bouffe. Que non, que non, je ne vais pas faire ça et ajouter le poids à l'injure. Tannée de mes blancs d'oeufs aujourd'hui. Et Seize ans me tombe sur les nerfs. Pas sa faute. Alors, ça cause de la culpabilité. On est allées voir un condo pas cher à vendre, Dix-neuf ans et moi. Pas cher du tout. Je comprends, c'est encore plus misérable que là où elle habite.
Je me suis pesée finalement. Après quatre jours, j'ai perdu trois livres. C'est bien mais je ne durerai pas longtemps à ce rythme. Je fantasme sur des légumineuses et des pâtes. Un jour à la fois.
jeudi 17 juin 2010
Je mange bien
Facile ce régime. Je n'ai pas faim. Et pas compliqué du tout. Je résiste et je ne me pèse pas. Je mange aussi trois yogourts Silhouette à trente-cinq calories chacun. C'est pas compris dans le deal mais ça aide beaucoup psychologiquement. Je fais deux repas par jour. Mieux de s'entraîner le ventre vide. Ensuite, vers dix heures trente, c'est la super omelette aux blancs d'oeufs qui regorge de légumes frais. Et je soupe très tôt, vers seize heures. Poisson à volonté, salade à volonté, légumes vapeur en accompagnement. Mon yogourt. Tout va bien. Je vais au yoga à dix-neuf heures trente, donc c'est mieux d'avoir le ventre vide. Et puis, il y a des théories qui disent que le repas du soir colle plus aux hanches. Comme il y en a tout plein de théories, j'en prends et j'en laisse évidemment. Celle-là me convient.
Après le yoga, spectacle aux Francofolies. Hier, Coeur de Pirate. Une petite voix, toute mignonne, une grosse foule malgré la pluie. Pas vraiment mon genre de musique alors je ne suis pas restée jusqu'à la fin.
J'ai une belle vie!
Après le yoga, spectacle aux Francofolies. Hier, Coeur de Pirate. Une petite voix, toute mignonne, une grosse foule malgré la pluie. Pas vraiment mon genre de musique alors je ne suis pas restée jusqu'à la fin.
J'ai une belle vie!
mercredi 16 juin 2010
Je dors mal
Je dors mal. Et je ne vais pas me précipiter sur les hormones bio-identiques. Que non. Grosse discussion sur le blogue de Josée Blanchette. Je l'aime beaucoup Josée Blanchette. Un exemple de brillance et d'ouverture d'esprit.
Je dors mal donc. Je pense que c'est la très immense facture du voyage en Chine qui est arrivée hier. Et puis mes dents que je rends plus esthétiques. Le dentiste, c'est archi-cher. Et l'entraîneur deux fois par semaine. C'est du luxe, ça, madame. Et les abonnements au théâtre et aux spectacles. Le capital du profit de la vente de la grande maison fond donc à vue d'oeil. Bientôt, il n'en restera plus du tout. Je ne suis pas dépensière. Mettons ça au passé, je n'étais pas dépensière. Et de voir tant d'argent me filer entre les doigts si rapidement m'étourdit. Je l'aimais mon gros coussin. Je m'y sentais confortable, protégée, à l'abri.
Je crée moi-même une certaine insécurité. Pas immense, entendons-nous. Même le coussin dégonflé, j'aurai encore de quoi vivre. Modestement, comme avant.
Mais rien ne sera plus comme avant. Je le sais, je le sens. Et puis, il n'en dépend que de moi. Je suis la maîtresse de ma vie. Je peux tout faire, avec ou sans argent. En fait, quand il y a moins d'argent, on doit être plus créateur et audacieux. Ça m'empêche de dormir mais j'aime ça!
Je dors mal donc. Je pense que c'est la très immense facture du voyage en Chine qui est arrivée hier. Et puis mes dents que je rends plus esthétiques. Le dentiste, c'est archi-cher. Et l'entraîneur deux fois par semaine. C'est du luxe, ça, madame. Et les abonnements au théâtre et aux spectacles. Le capital du profit de la vente de la grande maison fond donc à vue d'oeil. Bientôt, il n'en restera plus du tout. Je ne suis pas dépensière. Mettons ça au passé, je n'étais pas dépensière. Et de voir tant d'argent me filer entre les doigts si rapidement m'étourdit. Je l'aimais mon gros coussin. Je m'y sentais confortable, protégée, à l'abri.
Je crée moi-même une certaine insécurité. Pas immense, entendons-nous. Même le coussin dégonflé, j'aurai encore de quoi vivre. Modestement, comme avant.
Mais rien ne sera plus comme avant. Je le sais, je le sens. Et puis, il n'en dépend que de moi. Je suis la maîtresse de ma vie. Je peux tout faire, avec ou sans argent. En fait, quand il y a moins d'argent, on doit être plus créateur et audacieux. Ça m'empêche de dormir mais j'aime ça!
dimanche 13 juin 2010
Même rengaine
Je sais que je suis fatigante et obsédée avec ça et je me fatigue moi-même, mais quand je suis mal dans mon corps, je suis mal dans ma peau, je suis mal dans ma tête et je suis donc mal partout. Je n'ai pas de patience, c'est bien connu. L'entraînement, même à fond de train, ça ne fait pas maigrir, je le constate. Et mon entraîneur ne me suit pas vraiment au niveau du poids et moi j'ai besoin d'être suivie, pesée, encouragée ou chicanée. J'ai besoin d'être arrêtée psychologiquement de prendre un autre verre de vin ou une autre tranche de pain parce que quelqu'un est là pour me surveiller. J'ai besoin d'un contrôle externe,voilà. Bon, pas bon comme système, on s'en fout, c'est ça qui marche avec moi. Et là, rien ne marche et j'ai dix-huit livres de plus que le haut de mon poids santé, je les sens, j'en souffre et je n'arrive pas à m'en débarrasser. Il me semble que cette lutte est une constante dans ma vie, un boulet, un chagrin, une défaite. Faut m'en défaire de ce poids et je ne sais plus comment. J'ai besoin d'aide. Je croyais qu'un entraîneur m'en apporterait. C'est de mon poids dont je lui ai parlé au téléphone et ensuite encore de mon poids lors de la rencontre d'évaluation. Me semble que c'était clair. J'aime ça l'entraînement, c'est bon pour moi, je deviens une grosse dure, mais une grosse pareil. Et ça m'écoeure. Bon.
samedi 12 juin 2010
Chialer, grogner, maugréer, rouspéter, ronchonner, râler, pester, bougonner, se plaindre
Un jour, Christine en a eu assez de son mauvais caractère et elle a décidé de se lancer un défi pour y remédier. Vingt-et-un jours sans râler et si un jour est loupé, on recommence au jour un. Elle en a fait un blogue qui nous donne vraiment envie de calme, de sourire et de bonne humeur.
La Chine
Je suis en ébullition et en action ces temps-ci. Depuis que je ne vis plus entre parenthèses. En attendant. En attendant quoi? Que je rencontre un homme pardi! Ce qui précède ne veut pas dire tout à fait que je ne souhaite pas en rencontrer un, non, mais je ne fais rien pour que ça arrive, volontairement. Je m'y mettrai bien, prochainement peut-être. Ce n'est pas sain à long terme de n'avoir personne à caresser et à prendre dans ses bras. Je réalise que quand je pense homme, je ne pense qu'à des contacts physiques. Je suis la plus macha des machas, je le sais bien!
Nous irons en Chine, Seize ans et moi. J'aime l'idée d'explorer un pays, de comprendre et d'apprendre. Ce sera bien différent du premier voyage. Moins de villes, plus de villages isolés, le désert. Wow! le désert, je vais aller dans le désert, j'en suis tout émue, je réalise des rêves, des je-le-ferai-plus-tard, je le fais maintenant. C'est maintenant que ça arrive. "C'est maintenant que tu accouches, Dix-huit ans, répétait la sage-femme à ma fille, tu donnes la vie, le bébé sort de ton corps, ça arrive là, tout de suite, maintenant." Pas si simple de vivre dans le ici, maintenant. Un bon prof de yoga nous y fait penser. Je prends des cours de yoga au gym, c'est compris dans le prix de l'abonnement. C'est plus de la gymnastique que du yoga, car si les asanas sont bien des asanas yoguiques, il n'y a aucune spiritualité rattachée, aucune introspection. Pas grave, je me fais ma propre introspection, l'expérience de sept années de yoga m'y aide.
Nous irons dans des contrées moins explorées, au nord-ouest et au nord de la Chine. Hotan, Kashgar, Aksu, le désert de Taklamakan (le troisième plus grand au monde), Turfan, Dunhuang... et pour finir, nous visiterons l'exposition universelle de Shangaï. Chanceuses, oui, je sais, très, très chanceuses. Et je l'apprécie ma chance et je la savoure.
Mon entraîneur me demandait si j'avais fait des rénovations dans mon condo. Avec le profit de la vente de ma grande maison, j'aurais bien pu en effet. Non, je n'ai rien fait. Cet argent, j'ai d'abord pensé à le donner à Dix-neuf ans pour lui acheter un petit condo à elle. Mais elle a trouvé une coopérative d'habitation, quel bonheur! Alors, cet argent, je le garde pour voyager et pour me payer un entraîneur. Il va sans dire que l'entraîneur a trouvé que je mettais mes priorités à la bonne place,héhé!
Tout s'est réglé hier. J'ai parlé aux professeurs de Seize ans, l'actuelle et le futur. Ils m'encouragent et pensent qu'elle apprendra énormément en voyageant. Je le pense aussi. Sa scolarité n'en souffrira pas, en classes spéciales, ils apprennent à leur rythme.
Plus un voyage est dans des contrées sauvages. plus il est cher! Nous coucherons même une nuit sous la tente, car il n'y a aucune structure hôtelière dans un des villages. Faudra t'habituer aux toilettes turques et même à ... pas de toilette du tout, ai-je dit à Seize ans. Je donnais l'acompte à l'agence de voyage et j'ai comme réalisé que deux voyageuses, ça coûte pas mal plus cher qu'une. Je fais le bon choix. De quoi sera fait demain? On ne le sait pas. C'est maintenant que je suis pleine d'énergie et que j'ai une folle envie de voir le monde, c'est maintenant que Seize ans plafonne à l'école et n'est pas encore une travailleuse. Nos deux libertés s'unissent. Je fonce! Quand il n'y aura plus d'argent, il n'y aura plus d'argent et on fera autre chose. Travailler peut-être? dit la femme gâtée avec un peu de gêne. Je le sais que j'ai une belle vie et que certaines personnes qui me lisent tirent le diable par la queue. Et que j'ai encore beaucoup à rendre pour tout ce que j'ai reçu.
Nous irons en Chine, Seize ans et moi. J'aime l'idée d'explorer un pays, de comprendre et d'apprendre. Ce sera bien différent du premier voyage. Moins de villes, plus de villages isolés, le désert. Wow! le désert, je vais aller dans le désert, j'en suis tout émue, je réalise des rêves, des je-le-ferai-plus-tard, je le fais maintenant. C'est maintenant que ça arrive. "C'est maintenant que tu accouches, Dix-huit ans, répétait la sage-femme à ma fille, tu donnes la vie, le bébé sort de ton corps, ça arrive là, tout de suite, maintenant." Pas si simple de vivre dans le ici, maintenant. Un bon prof de yoga nous y fait penser. Je prends des cours de yoga au gym, c'est compris dans le prix de l'abonnement. C'est plus de la gymnastique que du yoga, car si les asanas sont bien des asanas yoguiques, il n'y a aucune spiritualité rattachée, aucune introspection. Pas grave, je me fais ma propre introspection, l'expérience de sept années de yoga m'y aide.
Nous irons dans des contrées moins explorées, au nord-ouest et au nord de la Chine. Hotan, Kashgar, Aksu, le désert de Taklamakan (le troisième plus grand au monde), Turfan, Dunhuang... et pour finir, nous visiterons l'exposition universelle de Shangaï. Chanceuses, oui, je sais, très, très chanceuses. Et je l'apprécie ma chance et je la savoure.
Mon entraîneur me demandait si j'avais fait des rénovations dans mon condo. Avec le profit de la vente de ma grande maison, j'aurais bien pu en effet. Non, je n'ai rien fait. Cet argent, j'ai d'abord pensé à le donner à Dix-neuf ans pour lui acheter un petit condo à elle. Mais elle a trouvé une coopérative d'habitation, quel bonheur! Alors, cet argent, je le garde pour voyager et pour me payer un entraîneur. Il va sans dire que l'entraîneur a trouvé que je mettais mes priorités à la bonne place,héhé!
Tout s'est réglé hier. J'ai parlé aux professeurs de Seize ans, l'actuelle et le futur. Ils m'encouragent et pensent qu'elle apprendra énormément en voyageant. Je le pense aussi. Sa scolarité n'en souffrira pas, en classes spéciales, ils apprennent à leur rythme.
Plus un voyage est dans des contrées sauvages. plus il est cher! Nous coucherons même une nuit sous la tente, car il n'y a aucune structure hôtelière dans un des villages. Faudra t'habituer aux toilettes turques et même à ... pas de toilette du tout, ai-je dit à Seize ans. Je donnais l'acompte à l'agence de voyage et j'ai comme réalisé que deux voyageuses, ça coûte pas mal plus cher qu'une. Je fais le bon choix. De quoi sera fait demain? On ne le sait pas. C'est maintenant que je suis pleine d'énergie et que j'ai une folle envie de voir le monde, c'est maintenant que Seize ans plafonne à l'école et n'est pas encore une travailleuse. Nos deux libertés s'unissent. Je fonce! Quand il n'y aura plus d'argent, il n'y aura plus d'argent et on fera autre chose. Travailler peut-être? dit la femme gâtée avec un peu de gêne. Je le sais que j'ai une belle vie et que certaines personnes qui me lisent tirent le diable par la queue. Et que j'ai encore beaucoup à rendre pour tout ce que j'ai reçu.
vendredi 11 juin 2010
Diane Dufresne
On revient de son spectacle. Grandiose. Classique. Indémodable. Énergie renouvenable. Je l'adore. Vraiment.
Et là on s'en va voir les peintures sur rue de la Nuit Blanche sur la rue Mont-Royal. Mausus que j'aime donc l'été. -oui, oui, je décrète l'été commencé!
Et là on s'en va voir les peintures sur rue de la Nuit Blanche sur la rue Mont-Royal. Mausus que j'aime donc l'été. -oui, oui, je décrète l'été commencé!
Légumineuses
Ceci est un billet spécial pour ma Petite Fadette qui n'aime plus la viande. Elle voudrait des recettes végétariennes. Facile, facile. Faut aimer les légumineuses, c'est la base et le secret et puis elles n'ont que des qualités les petites ou grosses légumineuses. Se gardent très longtemps, coûtent une pinotte (tiens, les arachides, c'est bien aussi d'intégrer au menu végétarien!), se cuisinent facilement et permettent de concocter une foule de plats en plus de fournir de précieuses protéines aux enfants en croissance.
Alors, allez acheter des légumineuses, chérie. En sac, pas en boîtes. Vous faites tremper toute la nuit (au frigo), le lendemain, vous videz l'eau et vous faites mijoter tranquillement (c'est pas si long, regardez sur l'internet qui sait tout, la durée de cuisson dépend des variétés) et là, vous mettez votre production dans des petits sacs individuels au congélo, bien étiquetés les sacs. On se sent tellement une bonne ménagère quand on fait nos petits sacs de légumineuses, vous verrez. C'est joli en plus.
Bon, faites ça pour commencer. Quand ce sera fait, vous me le dites et je vous donnerai la suite, chère Petite Fadette de la Campagne.
Alors, allez acheter des légumineuses, chérie. En sac, pas en boîtes. Vous faites tremper toute la nuit (au frigo), le lendemain, vous videz l'eau et vous faites mijoter tranquillement (c'est pas si long, regardez sur l'internet qui sait tout, la durée de cuisson dépend des variétés) et là, vous mettez votre production dans des petits sacs individuels au congélo, bien étiquetés les sacs. On se sent tellement une bonne ménagère quand on fait nos petits sacs de légumineuses, vous verrez. C'est joli en plus.
Bon, faites ça pour commencer. Quand ce sera fait, vous me le dites et je vous donnerai la suite, chère Petite Fadette de la Campagne.
Ma photo
Je ne ressemble plus à la photo de mon blogue. Signe que j'écris depuis longtemps. Signe que le temps passe. Signe que je devrais la changer.
"L'impermanence est le principe de l'harmonie. Quand nous ne luttons pas contre elle, nous sommes en harmonie avec la réalité." (Pema Chödrön)
"L'impermanence est le principe de l'harmonie. Quand nous ne luttons pas contre elle, nous sommes en harmonie avec la réalité." (Pema Chödrön)
mercredi 9 juin 2010
Les punitions
Totalement inutiles les punitions dans l'éducation d'un enfant. L'enfant puni ne s'en tire pas mieux que le pas-puni, il a juste plus de ressentiments. Le petit coin, le retrait de privilège, l'enfermement dans la chambre, la privation de desserts, le jouet confisqué, euh.... il y en a sûrement d'autres, je n'y connais pas grand chose, jamais puni mes enfants, jamais été punie moi-même. Jamais reçu de claques non plus. Bon, une fois peut-être et je m'en rappelle bien, c'était la seule. Ma mère avait une règle à la main, j'avais dix ans, je me bataillais sur le lit avec mes deux frères plus jeunes, on riait comme des malades, on criait fort aussi. Ça durait depuis trop longtemps et ma mère était vraiment tannée. Elle nous disait d'arrêter depuis un moment. Elle était là au-dessus de nous avec la règle à la main. Une longue règle, un mètre probablement. Pour sa couture. Maman cousait tous nos vêtements. Elle a crié "C'est assez. Enfant libre, tu es la plus vieille, si tu ne sors pas du lit immédiatement, je te donne un coup de règle." Je n'ai pas écouté, je n'y ai pas cru et clac, la règle s'est abattue sur mon séant. Je n'ai pas pleuré. Je me suis immédiatement levée. Je n'y croyais comme pas. Ma mère non plus, qui est restée là à regarder sa règle, encore plus abasourdie que moi. Ce fût le seul épisode du genre.
Je n'étais pas punie et je ne punissais pas mes enfants non plus. Étions-nous plus monstrueux pour autant? Même pas! Que des compliments sur notre politesse. Le secret, c'était le renforcement positif. "J'ai tellement hâte que nous allions en visite chez madame Z, disait ma mère. Je sais qu'elle va vous trouver si charmants qu'on va être réinvités c'est certain. Vous n'êtes pas comme certains enfants qui interrompent les adultes, oui, oui, il y en a. Jamais vous ne demanderiez un bonbon même s'ils sont juste devant vous. Vous allez attendre qu'on vous en offre et alors vous allez en prendre un, seulement un. Je vous connais tellement et je suis tellement fière de votre bon comportement. Je sais que vous allez jouer tranquillement après le repas, sans faire trop de bruit. C'est tellement un plaisir de sortir avec des enfants si bien élevés."
Comment aurions-nous pu décevoir une mère comme ça? D'habitude, nous répondions à ses attentes, ce qui lui permettait de nous féliciter encore après l'événement. Et si jamais nous ne répondions par favorablement (archi-rare!), elle n'en faisait pas de cas, ne le "voyait" pas mais ses éloges envers ceux qui s'étaient bien comportés manquaient certainement au fautif.
Les "éloges" pré-événement de ma mère étaient en fait une description précise du comportement attendu. Élever un enfant, c'est aussi lui dicter une ligne de conduite, mais tout est dans la manière. Et la manière qui renforce l'estime de soi est la meilleure, à mon point de vue.
Se cache souvent sous le comportement de l'enfant "tannant" une mauvaise image de lui. La pire erreur, et elle est répandue, c'est de dire devant l'enfant qu'il est difficile. "Il n'écoute rien.Je ne sais plus quoi faire avec", se plaindra la mère à deux pas de l'enfant qui court partout dans le magasin et qui a bien sûr entendu. Cet enfant aura-t-il envie de revenir aux appels courroucés de sa mère "qui ne sait plus quoi faire avec"?
Je n'étais pas punie et je ne punissais pas mes enfants non plus. Étions-nous plus monstrueux pour autant? Même pas! Que des compliments sur notre politesse. Le secret, c'était le renforcement positif. "J'ai tellement hâte que nous allions en visite chez madame Z, disait ma mère. Je sais qu'elle va vous trouver si charmants qu'on va être réinvités c'est certain. Vous n'êtes pas comme certains enfants qui interrompent les adultes, oui, oui, il y en a. Jamais vous ne demanderiez un bonbon même s'ils sont juste devant vous. Vous allez attendre qu'on vous en offre et alors vous allez en prendre un, seulement un. Je vous connais tellement et je suis tellement fière de votre bon comportement. Je sais que vous allez jouer tranquillement après le repas, sans faire trop de bruit. C'est tellement un plaisir de sortir avec des enfants si bien élevés."
Comment aurions-nous pu décevoir une mère comme ça? D'habitude, nous répondions à ses attentes, ce qui lui permettait de nous féliciter encore après l'événement. Et si jamais nous ne répondions par favorablement (archi-rare!), elle n'en faisait pas de cas, ne le "voyait" pas mais ses éloges envers ceux qui s'étaient bien comportés manquaient certainement au fautif.
Les "éloges" pré-événement de ma mère étaient en fait une description précise du comportement attendu. Élever un enfant, c'est aussi lui dicter une ligne de conduite, mais tout est dans la manière. Et la manière qui renforce l'estime de soi est la meilleure, à mon point de vue.
Se cache souvent sous le comportement de l'enfant "tannant" une mauvaise image de lui. La pire erreur, et elle est répandue, c'est de dire devant l'enfant qu'il est difficile. "Il n'écoute rien.Je ne sais plus quoi faire avec", se plaindra la mère à deux pas de l'enfant qui court partout dans le magasin et qui a bien sûr entendu. Cet enfant aura-t-il envie de revenir aux appels courroucés de sa mère "qui ne sait plus quoi faire avec"?
mardi 8 juin 2010
Vieillir en paix
J'ai mon amie là. Celle qui épaissit, grisonne et foisonne de joie et de bonheur. Quand je parle de mon poids( et Dieu sait que j'en parle!), elle rit, me dit que je l'énerve (c'est une vieille amie, elle peut me dire n'importe quoi), que c'est normal quand on vieillit et de changer de disque. Alors, je lui dis qu'elle aussi grossit, qu'elle est rendue avec une poitrine de matante (c'est vrai, mais mausus qu'on est cruelles entre nous), que ce poids qu'elle doit traîner avec elle la ralentit, que c'est à cause de ça qu'elle ne peut pas changer de niveau au yoga. J'essaie de la conscientiser mais je la fais encore plus rire. Elle est bien dans sa peau, elle adore ses cheveux gris et son remède à la prise de poids, c'est d'acheter des vêtements plus grands. Les hormones bio-identiques ou pas? Elle s'en fout, ne peut rien prendre de toutes façons car elle a déjà eu un cancer du sein. Guéri. Et se reprend du vin, et du pain avec ses pâtes, qui ont donc l'air bonnes ses pâtes, et du beurre sur son pain et me montre le nouveau foulard qu'elle s'est acheté, multicolore. S'en va en voyage en septembre, avec son mari. Elle a un mari. Qui vieillit lui aussi et qui aime bien manger. Si c'est à cause de lui que le vieillissement n'a pas de prise sur elle, j'en veux un mari, moi aussi.
lundi 7 juin 2010
Le discours des mères
J'adore Mongoose et son franc-parler. Je suis contente qu'elle me lise et qu'elle commente chez moi. J'aime les gens qui nous brassent la cage et vont à l'encontre de la majorité, sans vouloir plaire. Les mères ont un discours pauvre, nous dit-elle. Ça m'a fait rire. Parce que c'est vrai. Quand on a un bébé, le monde tourne autour, il devient le centre de l'univers et c'est ... normal! Cette symbiose, cet intérêt exacerbé pour tout ce qui concerne Bébé, cet amour qui transporterait les montagnes, cette pulsion à se lever en pleine nuit pour vérifier s'il respire toujours, cet instinct enveloppant de protection, cette bulle mère-enfant quand le bébé est au sein. En contrepartie de cet émerveillement, il y a l'épuisement du corps et du cerveau. Le passage à vide, causé par le manque de sommeil mais aussi par les hormones. Le discours des mères est pauvre. Héhé! Le discours des mères n'est plus un discours, il est un babillage, il est une chanson, il est un souffle dans le cou du bébé, il est un chuchotement dans la nuit. Le discours des mères est musique, leur accent tonique naturel quand elles s'adressent à leur bébé, leur silence, leur rire, leurs larmes, leurs émotions à fleur de peau me touchent. Il a le goût du lait, de la sueur, de la crème de bébé, du désordre et de la pénombre. J'aime le pauvre discours des mères car il est empreint de vérité, d'intimité et de vulnérabilité.
dimanche 6 juin 2010
Les mères
Le tour de l'Île, ça se passe chez moi. Tout se passe chez moi depuis que j'habite en plein centre-ville. Je suis allée les voir les cyclistes, évidemment. Tout trempés. Par solidarité, je n'avais pas pris de parapluie. Devant ma porte, il y avait une camionnette de stationnée. En sont sortis deux jeunes adultes, les bicyclettes ont suivi. Une fois prêts à partir, vêtus de leur super imperméable, ils sont allés embrasser la conductrice, qui était leur mère, je l'ai su quand ils ont dit "Thanks, mom." Un frère et sa soeur. "If there is any problem, call me. I will be around", leur a dit la mom. "You will be around all day?" a demandé la jeune femme. "Sure, just in case", a répondu la mom.
Cette mom allait donc passer la journée à attendre après ses enfants adultes, "just in case". Ces mères qui sont trop mères, celles qui ne décrochent pas, celles qui vivent leur vie à travers celle de leurs enfants, existent. Celles qui pleurent quand leur enfant prend un appartement. Celles qui attendent leur appel ou bien qui les appellent tous les jours, encore pire. Celles qui n'ont rien réalisé de leur vie personnelle mais qui peuvent vous parler pendant des heures des exploits de leur magnifique et géniale progéniture.
Hier, nous allions à la rencontre pré-départ de Seize ans. Une de ses amies fera le voyage avec elle. Elles vont partager la même chambre. Je suis amie avec la mère de la jeune fille. Super pour tout le monde. La responsable distribuait les enveloppes au nom de chacun. Quelle ne fût pas ma surprise de voir mon amie (la mère, pas la fille!) se précipiter quand le nom de la jeune fût nommé. Sa fille courait derrière, mais la plus excitée, celle qui voulait ouvrir l'enveloppe et contempler avec ravissement le billet d'avion, c'était la mère! J'ai l'impression qu'elle n'avait même pas réalisé son geste. Elle a gardé la précieuse enveloppe tout contre elle pendant la rencontre, permettant à peine à sa fille d'y jeter un coup d'oeil. On avait vraiment l'impression que c'était la mère qui partait, pas sa fille.
Le parent s'investit auprès de son enfant, c'est normal et sain. Mais à un moment donné, me semble qu'il faut décrocher un peu, avoir ses propres rêves, ses propres accomplissements, sa vie, quoi! Il y a des mères qui sont trop mères, qui oublient d'être des femmes aussi.
Cette mom allait donc passer la journée à attendre après ses enfants adultes, "just in case". Ces mères qui sont trop mères, celles qui ne décrochent pas, celles qui vivent leur vie à travers celle de leurs enfants, existent. Celles qui pleurent quand leur enfant prend un appartement. Celles qui attendent leur appel ou bien qui les appellent tous les jours, encore pire. Celles qui n'ont rien réalisé de leur vie personnelle mais qui peuvent vous parler pendant des heures des exploits de leur magnifique et géniale progéniture.
Hier, nous allions à la rencontre pré-départ de Seize ans. Une de ses amies fera le voyage avec elle. Elles vont partager la même chambre. Je suis amie avec la mère de la jeune fille. Super pour tout le monde. La responsable distribuait les enveloppes au nom de chacun. Quelle ne fût pas ma surprise de voir mon amie (la mère, pas la fille!) se précipiter quand le nom de la jeune fût nommé. Sa fille courait derrière, mais la plus excitée, celle qui voulait ouvrir l'enveloppe et contempler avec ravissement le billet d'avion, c'était la mère! J'ai l'impression qu'elle n'avait même pas réalisé son geste. Elle a gardé la précieuse enveloppe tout contre elle pendant la rencontre, permettant à peine à sa fille d'y jeter un coup d'oeil. On avait vraiment l'impression que c'était la mère qui partait, pas sa fille.
Le parent s'investit auprès de son enfant, c'est normal et sain. Mais à un moment donné, me semble qu'il faut décrocher un peu, avoir ses propres rêves, ses propres accomplissements, sa vie, quoi! Il y a des mères qui sont trop mères, qui oublient d'être des femmes aussi.
jeudi 3 juin 2010
Maigrir
Endolorie, je deviens dysfonctionnelle après mes séances de musculation. L'esprit vagabonde, le corps est comblé, le moral en hausse. Ça ressemble drôlement à ce que fait une bonne relation sexuelle. Santé, aucun doute là-dessus. Mais je me retrouve un peu égarée plusieurs heures après, rien n'est coché sur ma liste de "choses à faire". Heureusement ou malheureusement, je ne suis pas trop certaine, il n'y aura pas de nouvel entraînement avant quatre jours. J'en fais deux fois par semaine avec entraîneur. Le reste du temps, je m'entraîne moi-même, yoga ou montée de montagne. Est-ce que je maigris? Aucunement! Pour maigrir, il faut faire un régime. Je n'en fais pas, je suis même affamée. Pas de panique. Une chose à la fois. Je vais voir à ça aussi. Alors que l'amaigrissement était au départ le seul but recherché pour l'entraînement, je suis dans autre chose, je ne sais pas trop quoi, un processus, une recherche. L'inconnu. C'est très bien mais c'était vraiment pas une raison pour finir le pot de Nutella.
mardi 1 juin 2010
L'effort
physique. Une répétition de plus et puis une autre, vous êtes capable, me dit-il alors que je crois défaillir, l'impression que les yeux vont me sortir de la tête. On a décidé de concert d'y aller à fond. Là, j'ai vraiment l'impression d'en faire de la musculation. Le plus dur, ce ne sont pas les machines, mais bien les poids libres et toutes ces répétitions et les enchaînements, on change, allez, lentement, encore, on ne lâche pas, en extension complète, vous êtes capable. J'en suis sortie avec un petit merci faiblard, même ma voix était épuisée. La prochaine fois, je lui dis de ne pas monter davantage les charges. Ça va me prendre un certain temps à m'habituer à celles-là. Je me sens vidée, totalement. Mais fière de moi, évidemment! Super fière! Quelle bonne idée j'ai eu de prendre un entraîneur, jamais je n'aurais pu me pousser autant moi-même, il me fait sortir de ma zone de confort, je sens que je progresse. Déjà!
Mon yoga m'aide beaucoup. Il ne me parle jamais de respiration, mais moi j'y pense et je suis certaine que j'ai raison. Ne pas oublier de respirer, j'entends encore la voix de mes professeurs de yoga même en musculation!
Mon yoga m'aide beaucoup. Il ne me parle jamais de respiration, mais moi j'y pense et je suis certaine que j'ai raison. Ne pas oublier de respirer, j'entends encore la voix de mes professeurs de yoga même en musculation!
dimanche 30 mai 2010
Petit-fils et l'amour total
L'année passée, à cette date, je devenais grand-mère. Bien qu'émue par la chose, je n'arrivais pas vraiment à me réjouir totalement de ce nouveau statut. J'étais heureuse pour ma fille, excitée par le grand événement mais je me trouvais bien trop jeune pour devenir grand-mère. Non seulement je me suis habituée, mais je suis gaga du nouveau venu. Et des "viens voir grand-maman" par-ci et des "mon petit-fils" par-là, je suis ravie, amoureuse, touchée au coeur. Aujourd'hui, j'étais dans les musées pour la magnifique Journée des musées, j'y étais avec Seize ans et une des ses amies, mais je me projettais y aller avec petit-fils chéri dans quelques années. Je l'adore.
Nous avons visité le musée d'Art Contemporain, toujours aussi intéressant et ensuite l'exposition sur la sexualité du Centre des Sciences. Elle s'adresse aux adolescents et est bien faite. Aucune attente au musée d'Art contemporain mais une longue file au Centre des Sciences. C'est une journée dont nous profitons chaque année avec plaisir.
Nous avons visité le musée d'Art Contemporain, toujours aussi intéressant et ensuite l'exposition sur la sexualité du Centre des Sciences. Elle s'adresse aux adolescents et est bien faite. Aucune attente au musée d'Art contemporain mais une longue file au Centre des Sciences. C'est une journée dont nous profitons chaque année avec plaisir.
samedi 29 mai 2010
Fraude
L'entraîneur m'a dit qu'il pouvait me faire un meilleur prix pour l'abonnement au gym si je payais comptant. Une différence de cent soixante-dix dollars. J'ai sauté sur l'occasion, apporté mon argent, reçu une carte mais sans contrat. Je comprends que l'argent va directement dans ses poches? Nous fraudons de concert? Je n'avais pas compris ça au départ. En fait, je ne comprends toujours pas. Mais je vais éclaircir ça à la prochaine rencontre. En attendant, je n'ose utiliser la carte frauduleuse. Misère!
vendredi 28 mai 2010
Organiser sa vie
J'aime ça voyager? Je vais m'en organiser un voyage! Personne pour s'occuper de ma fille? Je vais l'emmener. Elle va manquer l'école. On s'en fout. Elle a seize ans et est toujours au primaire. Elle va apprendre plus dans l'école de la vie et un voyage est une formidable école. Je suis grosse? Oulala! Ça ne va pas rester comme ça, je le jure. Allez, ouste! À l'entraînement.
jeudi 27 mai 2010
Précisions
J'ai relu mon dernier billet. Il pourrait laisser supposer que je pense que toute personne souffrant d'une maladie mentale ne peut pas élever un enfant. Nuançons un peu. Ma grande fille ne prend pas les médicaments prescrits et vit dans des conditions dangereuses. Le conjoint, je ne sais pas qui il est. Mais ils sont assez désorganisés pour avoir été évincés de leur dernier logement par la Régie pour non-paiement du loyer. Alors, dans son cas précis, élever un enfant m'apparaît vraiment risqué. Pour le moment du moins.
L'avortement
Je ne me suis jamais fait avorter.
Ma fille aînée s'est fait avorter dernièrement. En tout début de grossesse. J'en suis fort heureuse. L'angoisse aurait été intolérable de savoir ce bébé dans les mains d'une enfant de vingt ans adorable mais totalement imprévisible à cause de sa maladie mentale.
Ma deuxième fille est tombée enceinte à dix-sept ans d'un jeune homme qu'elle connaissait depuis trois mois. J'ai pensé qu'elle se ferait avorter et c'est ce qui m'apparaissait la meilleure solution. J'ai cependant gardé cette pensée pour moi et lui ai dit que je l'appuierais quelle que soit sa décision. Elle désirait réfléchir. Un dizaine de jours plus tard, elle me dit qu'elle est contre l'avortement et qu'il n'est pas question de tuer son bébé. J'ai été surprise. Et inquiète. Mais jamais je ne lui aurais conseillé l'avortement. Pas ouvertement du moins. La mère du papa du bébé m'appelait en secret pour me dire de l'influencer, ça n'avait pas de bon sens, ils étaient pauvres, trop jeunes et se connaissaient à peine. J'étais d'accord avec elle mais il n'était pas question que j'influence ma fille.
Le bébé a un an, le couple est toujours ensemble et ils s'en tirent plutôt bien. Mais ils ont besoin de beaucoup d'aide. Les deux familles leur en donnent. Le petit-fils est une merveille.
Je n'ose penser à ce qui aurait pu arriver si ma grande fille n'avait pas eu un accès facile et presque immédiat à un avortement gratuit et humain. L'avortement accessible est un progrès social. Il ne faut pas revenir là-dessus.
Mais c'est mon opinion et il faut accepter que d'autres personnes ne pensent pas comme moi. Leur droit de l'exprimer ne devrait pas être remis en cause. Il en va de la liberté d'expression.
Je trouve dérangeant que des foetus de plus de seize semaines soient avortés. Mais même si je frémis d'horreur à l'idée qu'un foetus viable soit extrait du ventre de sa mère, même là, je suis contre une législation étroite et encadrante. L'avortement, c'est du cas par cas et il est préférable que ça le reste. Forcer une femme à accoucher contre sa volonté, c'est du barbarisme. Il serait tout aussi monstrueux de l'obliger à avorter. Je suis pour la liberté de choix.
Évidemment, il faut de l'éducation sexuelle et un accès à la contraception. Mais même avec tout ça, une grossesse est toujours possible. Et la décision de garder cet enfant non-désiré appartient en premier à la femme qui porte ce foetus.
Quand "la femme" en question a quatorze ou quinze ans, la question se corse un peu beaucoup.
Je pense qu'il faut parler aux mères de la possibilité de donner la vie à leur enfant et de le confier à l'adoption. C'est une façon noble de donner une belle vie à un enfant qu'on n'a pas les ressources d'élever soi-même. Il y a tant de familles qui cherchent un enfant à aimer. La mère devrait avoir le droit de choisir la famille de concert avec les travailleuses sociales, elle pourrait les rencontrer, continuer à avoir des nouvelles de son enfant. Une option dont on parle peu, mais dans laquelle il y a bien des heureux. La mère aussi si elle sait qu'elle a fait le meilleur choix pour son enfant et qu'il a trouvé une famille stable et aimante.
Ce billet m'a été inspiré par celui d'Éléonore (dans mon blogroll) que je trouve bien documenté et articulé. Nos idées sont différentes mais nous croyons toutes les deux à la liberté d'expression.
Ma fille aînée s'est fait avorter dernièrement. En tout début de grossesse. J'en suis fort heureuse. L'angoisse aurait été intolérable de savoir ce bébé dans les mains d'une enfant de vingt ans adorable mais totalement imprévisible à cause de sa maladie mentale.
Ma deuxième fille est tombée enceinte à dix-sept ans d'un jeune homme qu'elle connaissait depuis trois mois. J'ai pensé qu'elle se ferait avorter et c'est ce qui m'apparaissait la meilleure solution. J'ai cependant gardé cette pensée pour moi et lui ai dit que je l'appuierais quelle que soit sa décision. Elle désirait réfléchir. Un dizaine de jours plus tard, elle me dit qu'elle est contre l'avortement et qu'il n'est pas question de tuer son bébé. J'ai été surprise. Et inquiète. Mais jamais je ne lui aurais conseillé l'avortement. Pas ouvertement du moins. La mère du papa du bébé m'appelait en secret pour me dire de l'influencer, ça n'avait pas de bon sens, ils étaient pauvres, trop jeunes et se connaissaient à peine. J'étais d'accord avec elle mais il n'était pas question que j'influence ma fille.
Le bébé a un an, le couple est toujours ensemble et ils s'en tirent plutôt bien. Mais ils ont besoin de beaucoup d'aide. Les deux familles leur en donnent. Le petit-fils est une merveille.
Je n'ose penser à ce qui aurait pu arriver si ma grande fille n'avait pas eu un accès facile et presque immédiat à un avortement gratuit et humain. L'avortement accessible est un progrès social. Il ne faut pas revenir là-dessus.
Mais c'est mon opinion et il faut accepter que d'autres personnes ne pensent pas comme moi. Leur droit de l'exprimer ne devrait pas être remis en cause. Il en va de la liberté d'expression.
Je trouve dérangeant que des foetus de plus de seize semaines soient avortés. Mais même si je frémis d'horreur à l'idée qu'un foetus viable soit extrait du ventre de sa mère, même là, je suis contre une législation étroite et encadrante. L'avortement, c'est du cas par cas et il est préférable que ça le reste. Forcer une femme à accoucher contre sa volonté, c'est du barbarisme. Il serait tout aussi monstrueux de l'obliger à avorter. Je suis pour la liberté de choix.
Évidemment, il faut de l'éducation sexuelle et un accès à la contraception. Mais même avec tout ça, une grossesse est toujours possible. Et la décision de garder cet enfant non-désiré appartient en premier à la femme qui porte ce foetus.
Quand "la femme" en question a quatorze ou quinze ans, la question se corse un peu beaucoup.
Je pense qu'il faut parler aux mères de la possibilité de donner la vie à leur enfant et de le confier à l'adoption. C'est une façon noble de donner une belle vie à un enfant qu'on n'a pas les ressources d'élever soi-même. Il y a tant de familles qui cherchent un enfant à aimer. La mère devrait avoir le droit de choisir la famille de concert avec les travailleuses sociales, elle pourrait les rencontrer, continuer à avoir des nouvelles de son enfant. Une option dont on parle peu, mais dans laquelle il y a bien des heureux. La mère aussi si elle sait qu'elle a fait le meilleur choix pour son enfant et qu'il a trouvé une famille stable et aimante.
Ce billet m'a été inspiré par celui d'Éléonore (dans mon blogroll) que je trouve bien documenté et articulé. Nos idées sont différentes mais nous croyons toutes les deux à la liberté d'expression.
mercredi 26 mai 2010
Re-volte-Face
Il décroche en m'accusant de décrocher. Un nouveau courriel de décrochage cette fois. Mais j'ai foncé et je me suis défendue. Je lui ai téléphoné et il a eu le malheur de répondre. Qu'il le dise qu'il recule, qu'il le dise que la nouvelle femme que je suis, celle qui est elle-même, qui dit ce qu'elle pense et n'est pas complètement subjuguée par lui, ne l'intéresse pas. C'est l'autre qui avait un certain intérêt, la soumise, la gaga, l'admiratrice, la silencieuse. Cette fois, c'est irrémédiablement définitivement, totalement, indéfiniment terminé. Et je ne peux pas être son amie non plus. Je ne veux plus rien savoir de lui. Je suis furieuse. Contre lui. Contre moi. De courir comme une dinde à un courriel de supposée réconciliation. D'y croire. Si vite.
Volte-face
Je me reprends en mains. Tout de suite. Moi aussi, je vais m'arranger une belle journée à mon goût. Je ne peux rien pour l'humeur ombrageuse de monsieur. Mais pour moi, je peux tout! Et je ne suis pas obligée de couper tous les ponts avec lui non plus. Si je me mets à couper avec tous les gens qui ont des défauts, je vais me retrouver toute seule. Et j'ai besoin du monde, moi!
Sans titre
Il y a un peu plus d'une semaine, monsieur Relation m'a écrit un courriel. Comme il n'a aucune spontanéité, je savais qu'il pensait ce qu'il écrivait, qu'il avait mûri le message. Il aimerait qu'on se donne une autre chance. Il pense tout le temps à moi depuis notre café du début du mois. Il est prêt à aller consulter.
Juste au moment où j'avais vraiment mis une croix dessus. Juste au moment où je m'en sentais relativement bien. Mais également à un moment où je souffre de solitude amoureuse, ne faisons pas l'autruche. Je me suis dit qu'il n'y avait pas de mal à aller voir, juste pour voir. Pas de promesses, pas de psychologue, seulement le moment présent et le plaisir du moment présent. Dans la légèreté. S'ensuivirent un café. Agréable. Et un souper dimanche soir. Parfait ou presque. Rigolo, décontracté, et ensuite il m'invita chez lui. J'ai refusé avec assurance. C'était la chose à faire, j'en étais certaine. Je suis en mode exploration. Un jour à la fois. Il a été déçu et surpris. Je ne lui avais jamais refusé auparavant, gaga de lui que j'étais. Celui qui refusait, c'était lui. Les rôles étaient changés. Cette soirée-là du moins. Mais c'est toute la relation qui est changée en fait. Je suis enfin moi-même. Je le trouve toujours aussi séduisant et intelligent, mais pas au point de ne plus être moi! Je ne suis plus totalement obnubilée par sa présence.
C'est très joyeuse que je suis rentrée à la maison dimanche soir. L'espoir à commencé à renaître. Pourquoi ne pas se donner une autre chance en effet? Il est toujours libre, moi aussi, on est voisins. Pas de promesse, pas de grands projets, mais un peu d'affection et de plaisir et de compréhension aussi. Bref, je m'ouvrais tranquillement.
Il y avait le gym aussi. On devait y aller ensemble. Je l'appelle donc à ce sujet hier soir, sachant qu'il a congé le mercredi. Il est content de me parler, de bonne humeur. Il propose le cinéma au lieu du gym, en après-midi, pour éviter la chaleur. Pourquoi pas? J'accepte. On doit se rappeler aujourd'hui pour choisir le film.
Et voilà que quand je l'appelle ce matin, il n'est plus question de cinéma. Il est de mauvais poil et s'en va au jardin botanique, seul. Seul? Il a mal dormi et serait de mauvaise compagnie. "Quoi? Tu vas m'engueuler, me maltraiter?" "Mais non, mais non, viens si tu veux." Au début, je dis oui et on commence à faire des arrangements. Et puis, je me ravise. Non, je n'ai pas vraiment envie d'y aller dans ces conditions. Je le lui dis et il ne proteste pas du tout. Je soupçonne qu'il en est soulagé. (Il n'a pas dit ça, c'est mon interprétation).
Je le rappelle illico "Mais ce que tu m'écrivais dans ton courriel, c'est fini, effacé?" "Non, non, j'ai pas dit ça."
Je me sens abattue et déprimée. Bien de la misère à me remettre en selle et à m'organiser une belle journée, à moi toute seule. Je trouve ça tellement bête qu'on s'en aille chacun de notre bord. Et cette rapide volte-face me rappelle qu'il est imprévisible et que c'est dur d'être en relation avec quelqu'un dont on ne peut prédire d'avance les humeurs. Me viennent en mémoire les moins beaux aspects de notre relation passée. Je me sens mal. Déjà.
Juste au moment où j'avais vraiment mis une croix dessus. Juste au moment où je m'en sentais relativement bien. Mais également à un moment où je souffre de solitude amoureuse, ne faisons pas l'autruche. Je me suis dit qu'il n'y avait pas de mal à aller voir, juste pour voir. Pas de promesses, pas de psychologue, seulement le moment présent et le plaisir du moment présent. Dans la légèreté. S'ensuivirent un café. Agréable. Et un souper dimanche soir. Parfait ou presque. Rigolo, décontracté, et ensuite il m'invita chez lui. J'ai refusé avec assurance. C'était la chose à faire, j'en étais certaine. Je suis en mode exploration. Un jour à la fois. Il a été déçu et surpris. Je ne lui avais jamais refusé auparavant, gaga de lui que j'étais. Celui qui refusait, c'était lui. Les rôles étaient changés. Cette soirée-là du moins. Mais c'est toute la relation qui est changée en fait. Je suis enfin moi-même. Je le trouve toujours aussi séduisant et intelligent, mais pas au point de ne plus être moi! Je ne suis plus totalement obnubilée par sa présence.
C'est très joyeuse que je suis rentrée à la maison dimanche soir. L'espoir à commencé à renaître. Pourquoi ne pas se donner une autre chance en effet? Il est toujours libre, moi aussi, on est voisins. Pas de promesse, pas de grands projets, mais un peu d'affection et de plaisir et de compréhension aussi. Bref, je m'ouvrais tranquillement.
Il y avait le gym aussi. On devait y aller ensemble. Je l'appelle donc à ce sujet hier soir, sachant qu'il a congé le mercredi. Il est content de me parler, de bonne humeur. Il propose le cinéma au lieu du gym, en après-midi, pour éviter la chaleur. Pourquoi pas? J'accepte. On doit se rappeler aujourd'hui pour choisir le film.
Et voilà que quand je l'appelle ce matin, il n'est plus question de cinéma. Il est de mauvais poil et s'en va au jardin botanique, seul. Seul? Il a mal dormi et serait de mauvaise compagnie. "Quoi? Tu vas m'engueuler, me maltraiter?" "Mais non, mais non, viens si tu veux." Au début, je dis oui et on commence à faire des arrangements. Et puis, je me ravise. Non, je n'ai pas vraiment envie d'y aller dans ces conditions. Je le lui dis et il ne proteste pas du tout. Je soupçonne qu'il en est soulagé. (Il n'a pas dit ça, c'est mon interprétation).
Je le rappelle illico "Mais ce que tu m'écrivais dans ton courriel, c'est fini, effacé?" "Non, non, j'ai pas dit ça."
Je me sens abattue et déprimée. Bien de la misère à me remettre en selle et à m'organiser une belle journée, à moi toute seule. Je trouve ça tellement bête qu'on s'en aille chacun de notre bord. Et cette rapide volte-face me rappelle qu'il est imprévisible et que c'est dur d'être en relation avec quelqu'un dont on ne peut prédire d'avance les humeurs. Me viennent en mémoire les moins beaux aspects de notre relation passée. Je me sens mal. Déjà.
vendredi 21 mai 2010
Causerie
"Tu sais, pour moi, le plus important dans la vie, ce qui me fait vivre, ce qui fait que je me lève le matin, ce à quoi je tiens plus que tout....
On était à sa table de cuisine, mercredi soir, dans la pénombre. Elle nous avait cuisiné du saumon et des brocolis. Rien de plus. Elle surveille son poids et je n'arrête pas de dire que je fais de même. Heureusement, j'avais apporté une bouteille de vin dans laquelle je picolais joyeusement. J'aime cette fille depuis que je suis en troisième année primaire. On venait de déménager et quand je suis entrée dans cette classe étrangère dans cette école étrangère avec cette professeure étrangère, je me suis spontanément placée à côté d'elle. Elle avait des lunettes et moi aussi. Elle était la bollée de la classe et moi aussi. Mais elle était encore plus bollée que moi parce qu'en math aussi elle pétait des scores. Moi pas. On faisait des concours de composition. C'était toujours elle ou moi les meilleures. Toujours, pendant toute l'année. On faisait des concours de lectures. Ça, c'était entre nous. Qui lirait le plus de livres en moins de temps. Elle habitait en face de l'école. Je la visitais. Sa mère était gentille. Son père m'avait invitée à leur chalet. J'avais quatorze ans (ben oui, on n'est pas toujours restées en troisième année!). J'ai une photo de ça. Moi, sur une butte près du chalet. On avait dormi dans la tente. Il avait plu. On était rentrées dans la maison. Elle avait de longs longs cheveux. Moi aussi. Mais on ne faisait pas de concours de cheveux. J'ai eu des verres de contacts. Elle a gardé ses lunettes. Maintenant, elle en a des verres de contact, tiens et c'est moi qui suis revenue aux lunettes!
Elle m'avait donc invitée chez elle pour me parler d'inquiétudes qui lui étaient venues à l'idée d'héberger Seize ans chez elle si je faisais un hypothétique autre voyage, qui risquait de devenir moins hypothétique si je savais Seize ans en sécurité. Elle habite sur la même rue que l'école de Seize ans, ce qui est fort pratique et c'est elle qui m'avait proposé que ma fille vive chez elle. Mais voilà qu'elle voulait en reparler, alors même qu'il n'y avait pas de voyage concret à l'horizon. Je craignais fort qu'elle n'ait changé d'idée, ce qui n'était pas grave du tout. Mais ce n'était pas tout à fait ça.
On en était aux confidences et ces confidences avaient un lien direct avec le séjour possible de ma fille chez elle. "Je ne m'en remettrais pas s'il lui arrivait quelque chose, tu comprends? Il va falloir que ta fille fasse vraiment attention, qu'elle barre portes et fenêtres en tout temps et puis, je préférerais qu'elle ne la touche pas, qu'elle ne la perturbe pas. Il faut aussi tout bien ranger à mesure car elle pourrait bien avaler quelque chose de mauvais pour elle. Elle est très sensible et c'est à la suite du séjour de visiteurs que son frère est décédé, j'en suis persuadée. Quand j'étais absente, X a voulu brosser le poil emmêlé de Minou et il a peut-être accroché son opération en le faisant, Minou a été opéré deux fois. Et aussi, j'ai trouvé des broches de brocheuse par terre, ce sont sûrement les filles de X qui les ont laissé traîner et il est fort possible que Minou en ait avalé. Quoi qu'il en soit, Minou est mort deux jours après leur départ, à l'Hôpital Vétérinaire. J'ai encore de la misère à en parler. Si jamais il arrivait quelque chose à Minoune, ce serait terrible. Il ne me reste plus qu'elle."
Il y avait d'autres restrictions aussi.
Bon ben coudons, je n'enverrai pas ma fille-là, c'est tout. J'ai trouvé profondément troublant qu'une fille si brillante, sensible aussi, extrêmement cultivée, charmante en plus, ait comme grand amour de sa vie .... une chatte! Mais je n'y entends probablement rien. Je n'ai jamais été amoureuse d'un chat, il paraît que quand on a eu la piqûre, on comprend!
On était à sa table de cuisine, mercredi soir, dans la pénombre. Elle nous avait cuisiné du saumon et des brocolis. Rien de plus. Elle surveille son poids et je n'arrête pas de dire que je fais de même. Heureusement, j'avais apporté une bouteille de vin dans laquelle je picolais joyeusement. J'aime cette fille depuis que je suis en troisième année primaire. On venait de déménager et quand je suis entrée dans cette classe étrangère dans cette école étrangère avec cette professeure étrangère, je me suis spontanément placée à côté d'elle. Elle avait des lunettes et moi aussi. Elle était la bollée de la classe et moi aussi. Mais elle était encore plus bollée que moi parce qu'en math aussi elle pétait des scores. Moi pas. On faisait des concours de composition. C'était toujours elle ou moi les meilleures. Toujours, pendant toute l'année. On faisait des concours de lectures. Ça, c'était entre nous. Qui lirait le plus de livres en moins de temps. Elle habitait en face de l'école. Je la visitais. Sa mère était gentille. Son père m'avait invitée à leur chalet. J'avais quatorze ans (ben oui, on n'est pas toujours restées en troisième année!). J'ai une photo de ça. Moi, sur une butte près du chalet. On avait dormi dans la tente. Il avait plu. On était rentrées dans la maison. Elle avait de longs longs cheveux. Moi aussi. Mais on ne faisait pas de concours de cheveux. J'ai eu des verres de contacts. Elle a gardé ses lunettes. Maintenant, elle en a des verres de contact, tiens et c'est moi qui suis revenue aux lunettes!
Elle m'avait donc invitée chez elle pour me parler d'inquiétudes qui lui étaient venues à l'idée d'héberger Seize ans chez elle si je faisais un hypothétique autre voyage, qui risquait de devenir moins hypothétique si je savais Seize ans en sécurité. Elle habite sur la même rue que l'école de Seize ans, ce qui est fort pratique et c'est elle qui m'avait proposé que ma fille vive chez elle. Mais voilà qu'elle voulait en reparler, alors même qu'il n'y avait pas de voyage concret à l'horizon. Je craignais fort qu'elle n'ait changé d'idée, ce qui n'était pas grave du tout. Mais ce n'était pas tout à fait ça.
On en était aux confidences et ces confidences avaient un lien direct avec le séjour possible de ma fille chez elle. "Je ne m'en remettrais pas s'il lui arrivait quelque chose, tu comprends? Il va falloir que ta fille fasse vraiment attention, qu'elle barre portes et fenêtres en tout temps et puis, je préférerais qu'elle ne la touche pas, qu'elle ne la perturbe pas. Il faut aussi tout bien ranger à mesure car elle pourrait bien avaler quelque chose de mauvais pour elle. Elle est très sensible et c'est à la suite du séjour de visiteurs que son frère est décédé, j'en suis persuadée. Quand j'étais absente, X a voulu brosser le poil emmêlé de Minou et il a peut-être accroché son opération en le faisant, Minou a été opéré deux fois. Et aussi, j'ai trouvé des broches de brocheuse par terre, ce sont sûrement les filles de X qui les ont laissé traîner et il est fort possible que Minou en ait avalé. Quoi qu'il en soit, Minou est mort deux jours après leur départ, à l'Hôpital Vétérinaire. J'ai encore de la misère à en parler. Si jamais il arrivait quelque chose à Minoune, ce serait terrible. Il ne me reste plus qu'elle."
Il y avait d'autres restrictions aussi.
Bon ben coudons, je n'enverrai pas ma fille-là, c'est tout. J'ai trouvé profondément troublant qu'une fille si brillante, sensible aussi, extrêmement cultivée, charmante en plus, ait comme grand amour de sa vie .... une chatte! Mais je n'y entends probablement rien. Je n'ai jamais été amoureuse d'un chat, il paraît que quand on a eu la piqûre, on comprend!
mercredi 19 mai 2010
Monseigneur Ouellet
On lui crache dessus de tous bords tous côtés. Il a pourtant droit à ses opinions, comme tout le monde. Le foetus est un être humain qui a le droit à la vie, voilà son opinion. Et il demeure conséquent avec cette théorie à laquelle il croit. Le foetus demeure donc à protéger, quelles que soient les circonstances de sa conception. La mère victime d'un viol est une victime, il n'en doute aucunement, mais le foetus aussi en est une. L'avortement ne s'applique en aucun cas, car selon les croyances de monseigneur, il s'agit d'un meurtre. On peut penser autrement évidemment, mais il a aussi le droit de dire ce qu'il pense sans se faire souhaiter une mort lente et pénible (souhait écrit en toutes lettres dans un article de Patrick Lagacé). Si les enseignements de l'Église lui font perdre des fidèles, c'est de bonne guerre. Mais mépriser un messager qui demeure cohérent, clair et précis dans son message, je n'en vois aucunement l'utilité. Si le monseigneur avait soulevé les foules pour attaquer les cliniques d'avortement et tuer les médecins-avorteurs, ce serait bien différent. Certains pro-vie américains le font! On parle alors de fanatisme dangereux devant lequel il faut évidemment réagir. Mais exprimer une opinion contraire à celle de la majorité? On a encore et toujours le droit de le faire, je l'espère bien!
mardi 18 mai 2010
Action
J'ai appelé.... un entraîneur personnel, ma chère! Rien de moins. Bon, je ne l'ai pas réservé encore mais j'ai fait le premier pas de m'informer. Cinquante-cinq dollars l'heure, ou cinquante si on réserve dix séances d'avance. Diplômé en kinésiologie de l'université McGill. Il m'aiderait à démystifier les mystères des machines infernales du gym. Oui, ça impliquerait aussi que je m'inscrive au gym.
Divagations
Ça va comme ça va. Pas grand chose à dire. Et pourtant, tellement de choses qui se bousculent dans ma tête. Mal dans ma peau. Insomnie. Manque de sens. Ouais, c'est ça le problème. Envie de courir. Que je vais satisfaire dès que le jour se lève. Si je couche avec un homme marié, c'est lui qui trompe sa femme. Moi, je ne trompe personne. Moi-même, peut-être. Est-ce que je veux vraiment me lancer là-dedans? Courons, Femme libre, courons jusqu'à en perdre le souffle à défaut de perdre des kilos. Je ne maigris pas du tout. Niet. Et ça m'embête vraiment. Je ne me reconnais plus avec ce poids en trop. Un seul pantalon qui me fait encore. Je ne veux rien acheter de neuf. Une situation temporaire qui s'éternise, ce poids en trop. Mal dans ma peau en partie à cause de ça en fait. Souper avec une amie que je vois rarement, demain. Elle m'a offert d'héberger Seize ans si je fais un autre voyage. Elle habite tout à côté de son école. Merveilleux! Je pouvais planifier une autre escapade en paix. Et là, elle m'invite pour "en discuter". Je sais bien qu'elle recule. Elle avait probablement un verre dans le nez quand elle m'a spontanément offert de s'occuper de ma fille. Et puis, elle dit avoir une dette envers moi car je l'ai déjà hébergée gratuitement plusieurs mois, six ou sept, quand elle était à la rue il y a plus de vingt ans de ça. Je ne m'en rappelais même pas, mais elle n'a pas oublié.
lundi 17 mai 2010
Mauvaise mère
Ce qui a fait que la vie de la personne qui est venue habiter avec Seize ans a été si infernale pendant mon voyage en Chine, je le comprends pas mal aujourd'hui, alors que je suis totalement épuisée maintenant qu'elle a finalement quitté la maison. Elle est charmante (avec les autres), mais si anxieuse, si demandante, si peu autonome pour son âge. Ses handicaps en sont la cause alors on s'en veut de lui en vouloir. Et l'idée d'avoir si hâte qu'elle parte enfin en Espagne après seulement deux semaines de retour avec elle est honteuse, je le sais, mais elle est là, bien présente. Je compte presque les jours qui restent. Pas bien joli tout ça, je sais, je sais.
samedi 15 mai 2010
Le lait, la mode, les jugements
Il y a un nouveau blogue qui fait actuellement fureur dans les médias. Ils sont à la veille de passer à la télévision, c'est peut-être déjà fait. Et que font ces gens de si révolutionnaire pour se mériter tous ces honneurs? Madame allaite monsieur. Rien de plus. Me semble qu'il n'y a rien là. On leur reproche de le faire, on leur reproche surtout d'en parler publiquement. C'est drôle que des blogues de sado-maso, où un homme sadique publie des photos de sa compagne black and blue et décrit en détails les sévices qu'il lui inflige ait peu de commentaires et aucune publicité. Tandis qu'un passe-temps tendre et inoffensif rend les gens agressifs. Je les aime bien, moi, ces amoureux intensifs et vive la libertad!
Allaiter son conjoint
Allaiter son conjoint
vendredi 14 mai 2010
Montée
Un cours intensif d'une semaine sur la Chine à l'université de Montréal. Des brunchs qui se succèdent, j'ai besoin de sooocial, de conversations, de haut-cris, de confidences. J'aurais bien besoin d'un homme aussi. Ah? Je l'avais déjà dit. Une visite déprimante au gym d'à-côté. J'ai plutôt choisi ma montagne. Je l'escalade petit à petit, chaque jour. J'écris comme si le projet était bien entamé, mais je n'ai commencé qu'hier. Remis le rendez-vous chez mon super doc. Trop honteuse. J'ai dix livres de plus qu'à la dernière visite et quinze de plus que l'année passée à la même date. J'étais amoureuse l'an passé et je déménageais et j'étais dans les Weight Watchers. Mais tout n'est pas perdu même que tout est à perdre! Et j'y arriverai, ma montagne va aider, un régime aussi. Fini les petites douceurs. De la rigueur madame et du muscle, et du mollet et du jarret. On sue, on souffle et on ne lâche pas. Capable. Capable... capable. J'ai chaud. Une marche de plus, il le faut, je le veux. C'est la montée physique et spirituelle. Le triomphe de la volonté.
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