samedi 24 octobre 2009

Bénévolat

Je m'occupe de l'amie de Quinze ans, celle qui n'en a que treize, celle qui n'a pas de mère, celle qui est dans une classe de comportement parce qu'elle a cassé les dents d'une fille qui traitait son père d'alcoolique. Est-il alcoolique pour vrai le père? Aucune idée et je n'ai pas eu l'indélicatesse de demander. Elle est souvent chez nous, la jeune Treize ans. Arrivée ce matin, il est probable qu'elle ne reparte que demain soir. Et ça arrive régulièrement. Je l'aime bien. Vu qu'elle est si souvent ici, je m'occupe de son éducation. Si ça ne convient pas, elle n'a qu'à repartir. Mais oh! Mausus que ça convient donc! Ça commence habituellement par, "Si j'étais ta mère, moi.... " j'ai alors son attention totale, et ça continue comme ça "j'endurerais pas ça que tu aies les cheveux dans les yeux à ce point-là parce que ça nuit à ta vision et je te ferais porter des barrettes." ou bien parfois par :"je n'accepterais pas que tu sortes avec une jupe si courte et je te ferais changer de vêtements". Elle est alors tout à fait réceptive et se met immédiatement une barrette ou bien une paire de jeans. On la sent presque soupirer de soulagement. Jamais je n'aurai eu une "fille" si docile, une enfant en si grand besoin de "mère". Il faut tout un village pour élever un enfant, même et peut-être surtout quand on habite le centre-ville!

15 commentaires:

Michèle a dit...

J'aime ça. C'est bien. Votre nature d'aidante, de famille d'accueil est toujours vivante. Je vous ai toujours admiré pour ça.

Une femme libre a dit...

@Michèle. Mais oui, je pensais en avoir fini avec ça, mais c'est vrai que c'est dans ma nature et que en quelque part, ça me rend bien heureuse. Quand la jeune Treize ans est là, je cuisine, elle apprécie tellement! Là, les deux filles sont en train de faire un gâteau. Je me sens replongée dans un passé si peu lointain que j'appréciais...

Magenta a dit...

J'admire aussi ce que vous faites.

C'est tellement triste tous ces enfants mal aimés...

Cette jeune fille est certainement priviliégée de vous avoir trouvé sur son chemin. Bravo!

herbert a dit...

C'est tout simplement beau et émouvant, une fois de plus, ce que tu écris.
La tendresse et l'amour vrai, toujours...
Bon dimanche et merci beaucoup.
Je t'embrasse.

unautreprof a dit...

Bien sûr qu'elle vous écoute.
Vous répondez à son besoin.

Ça me fait penser à bien de mes filles ça. Elles feraient tout pour me plaire alors qu'à la maison, elles n'écoutent pas leur mère. Ça me serre toujours le coeur et ça aide à voir que comme être humain, on a une responsabilité et on peut avoir un impact sur les autres . Ce n'est pas à prendre à la légère.

C'est triste mais en même temps, c'est encore plus triste de savoir que certaines de ces cocottes ne trouvent pas sur leur chemin une personne qui joue ce rôle ou si elle la trouve, elle n'ont pas les moyens de le voir.

Beau billet qui me touche beaucoup.

Pur bonheur a dit...

Mais où donc est passé sa mère?
Ça me fait penser, il y a quelques années, le meilleur ami de fiston avait une mère qui traversait une grosse dépression. Elle ne sortait même plus de son lit.
Alors c'est devenu une routine que son fils vienne dormir à la maison tous les week-end. Ça me faisait plaisir à moi aussi, de soulager sa mère, et de changer les idées du jeune. L'ambiance était pas mal meilleure ici que chez lui...

La Mère Michèle a dit...

Ouf!
Je ressens que mes propres enfants aiment ce rôle que je me donne auprès d'eux à les tempérer, les encadrer... elles savent ce qui est normal, ce qui est juste, etc.. elles ont du feed back! Se sentent aimées, savent qu'elles comptent, etc...

J'imagine la "solitude morale" de cette jeune personne.

Moi aussi je vous admire.
Et j'en ferais tout autant.
Je le faisais l'an dernier, avec une copine de ma grande que ses parents étaient en pleine crise de divorce. Malheureusement ça s'est retourné contre ma fille car la copine, probablement frustrée au maximum par la vie et désemparée, l'accusait d'avoir des "parents parfait" dans le genre de "on sait bien toi..."

Moi j'ai passé aisément par-dessus ça parce que je savais tellement son besoin... mais pas ma fille ;o)

Une femme libre a dit...

Je me protège aussi, Magenta... l'expérience le veut! Je ne laisse rien traîner et je l'ai à l'oeil. Elle est toujours ici, va coucher ici encore ce soir, car les filles sont en journée pédagogique demain. Elle vient d'appeler son père pour le lui annoncer. Elle est polie et j'entends la même phrase à chaque fois "Mon père vous remercie de m'accueillir." Ma fille n'a jamais été invitée chez elle et le père ne nous connaît pas.

L'amour vrai mais l'amour prudent, Herbert. Et la tendresse actuellement prend plutôt la forme de règlements à suivre. Elle en a telllement besoin, elle est avide de structures et de balises.

Elle a des percings, Un autre prof. Des percings à treize ans! Me semble que c'est jeune un peu. Mais là-dessus, je n'ai pas dit un mot. Je ne parle pas de ce que je ne peux pas changer.

Je ne sais pas où est sa mère,Pur Bonheur. Je sais seulement qu'elle n'a pas de mère eet que c'est son père qui les élève. elle et sa soeur. Ma fille n'en sait pas plus non plus. Comment s'en est tiré le garçon avec une mère dépressive? Surprenant des fois. On brunchait avec ma mère ce midi et elle nous parlait de ses locataires d'en bas, ceux qui se promenaient avec une strappe au bras en tout temps, ceux qui lançaient littéralement les enfants sur les murs les soirs de brosse. Ma mère est intervenue plusieurs fois. Il n'y avait pas de dpj à cette époque. Les sept enfants ont bien tourné malgré tout. "Des fois, on se demande pourquoi on se donne tant de troubles," nous disait maman en riant.

@La Mère Michèle. L'amie de votre fille va peut-être vous revenir et surtout lui revenir à un moment donné, quand elle se rendra compte...
C'est certain que nos enfants n'apprécient pas toujours que nous les guidions, mais c'est notre rôle!

unautreprof a dit...

Il y a en effet une limite à ne pas franchir, mais comme je comprends votre désapprobation.

Nanou La Terre a dit...

magneta,
il faut faire attention. Ces jeunes ne sont pas tous mal aimés vous savez. Quelques fois ces jeunes ne veulent tout simplement pas voir leur difficulté. Le mien est exactement dans cette situation présentement. Il vit chez d'autres adultes qui acceptent de l'héberger à leur risque et périls. Il est pourtant aimé...
Femme Libre c'est peut-être une toute autre situation dans ton cas.

Petite Fadette a dit...

Votre nature aidante semble votre très grande force. Si le monde pouvait faire comme vous... Vous êtes pour moi une source d'inspiration et de sagesse pas toujours très sage. :)

Une femme libre a dit...

La petite vient de quitter. Elle est dans une équipe de cheerleading, fait de la danse, est vive et articulée. Elle est attachante et débrouillarde. Et puis, elle ne s'apitoie pas sur son sort. Elle va bien s'en tirer. Une battante. J'aime les battantes.

Unautreprof, j'ai trop peu d'éléments pour désapprouver. Et puis savez-vous que la mémoire m'est revenue et que j'ai bien dû me rappeler que Dix-huit ans a eu un piercing du nombril le jour de ses treize ans, comme cadeau d'anniversaire demandé depuis déjà... deux ans! Je suis bien mal placée pour juger, héhé!

Je suis persuadée qu'elle l'est aimée, cette enfant-là, Nanou. Pas nécessairement de la façon conventionnelle, mais autrement...

Fadette, sagesse pas toujours très sage, oui, c'est en plein ça! ;o)

Méli a dit...

Vous faites sûrement une belle différence dans sa vie, c'est précieux ! ;-D

Unknown a dit...

Les jeunes ont besoin qu'on leur fixe des limites, même si sur le moment ils peuvent en être contrariés. C'est une manière de leur montrer que l'on s'intéresse à eux et qu'ils comptent pour nous. Et cela ils le perçoivent.

Mijo a dit...

Une enfant en si grand besoin de mère. Cette phrase me bouleverse et j'ai envie de vous dire merci pour elle.
Le titre me choque par contre. Pourquoi "bénévolat" ? C'est l'amie de votre fille. Vous aimez cette fille. Son vécu vous touche et votre coeur le lui dit mais certainement pas de façon bénévole.