mardi 3 août 2010

Promenade

Sexagénaire partait le lundi soir. Il avait couché deux nuits chez L et ensuite chez un autre ami. Il espérait peut-être que je l'héberge, je ne le lui ai pas proposé. On est allés manger ensemble avec ma fille et L. Du mexicain. Je fais encore et toujours attention à ma ligne. Je ne maigris plus. Fixe mon poids. Une autre petite semaine de régimes au protéines en vue? Bon, je mangeais mes crevettes, on était sur une terrasse, j'y tenais à la terrasse, l'été est si beau, je ne veux rien en manquer. On est venus prendre le thé chez moi et puis L est partie, on a attendu l'autobus avec elle. Sexa a proposé une promenade. Il était 22 heures. On a marché longtemps. Il y avait un bar avec de la musique live, archi forte la musique. Je n'ai pas voulu rester, assourdissante la musique. "I can still stand that", a dit Sexa avec le même sourire et la même démarche féline que dans ses jeunes années, les mêmes yeux si noirs et les mêmes cheveux longs, complètement blancs maintenant.

On est allés au parc Lafontaine, devant la fontaine justement. "How are you, Libre? What happened with this guy you were in love with?" Je lui ai raconté, il a compris. Je lui ai dit alors ce que je pense depuis quelques temps, avec un arrrière-fond de peine et sans aucune réelle acceptation, je lui ai dit que je ne pensais plus aimer, que je ne pensais plus qu'il y aurait un homme dans ma vie, dans mon lit. D'habitude quand je dis ou que j'écris ça (je ne l'ai pas dit ou écrit beaucoup, mais j'ai commencé un peu), les interlocuteurs s'exclament que non, que je trouverai sans chercher, que je suis trop jeune pour penser comme ça. Il a dit "Maybe, but it is much worse to be alone in a couple than to be alone, alone. When you are alone in your couple, there is no hope, only despair, when your are alone by yourself, there is the possibility that somebody worthwhile will come along. Maybe it will never happen, but that hope keeps you alive and going." C'est comme ça que j'ai appris qu'il vivait un mariage malheureux, même si je m'en doutais déjà. "Couples go to great extent to show how happy they are, we do the same."

18 commentaires:

herbert a dit...

Yes, my taylor is rich...
Je t'embrasse.

Une femme libre a dit...

Héhé, petite traduction pour mon ami Herbert: il me disait que la solitude en couple était la pire des solitudes, celle qui menait au désespoir. Tandis que dans la solitude amoureuse, il y a toujours cet espoir de rencontrer une personne significative, ça n'arrivera peut-être jamais mais la possibilité que ça se produise nous garde en vie et actif.

Anonyme a dit...

Femme libre, en fait, n’est-ce pas le commentaire convenu, et attendu, que de se faire dire « mais si, mais si, tu es jeune encore, tu retrouveras l’amour, le désir, la baise… fais confiance à la vie »? Quand on dit « plus jamais je n’aimerai », tout au fond de soi, ne demeure-t-il pas l’envie de se tromper, d’être contredite, peu importe par qui, du moment que le propos nous rassure un brin, nous fasse un peu de bien à l’âme et nous laisse espérer encore?

Mais il a raison votre ami Sexa, la solitude à deux est beaucoup plus pernicieuse que l’autre, la solitude en solitaire. L’une peut se conjuguer en termes de possibles, de pourquoi-pas, d’opportunités alors que l’autre n’est faite que d’impossibles, d’ennui et de frustrations. Mais souvent dans les deux cas, il reste l’espoir que cela cesse à un moment donné. Mais la qualité de l’attente de cette délivrance ne sera jamais la même.

La gaffeuse

Mamzell_McJ a dit...

Ma tante a trouvé l'amour à 78 ans... bon c'est quand même loin mais il faut garder espoir.

Et en plus... c'est un p'tit jeune de 74!!!

unautreprof a dit...

Je crois qu'on ne sait pas de quoi l'avenir est fait, point. Peu importe l'âge.
Mais je suis d'accord avec le commentaire de votre ami, je pense que de se sentir seul en couple (avec nos amis, dans une foule) est toujours plus désespérant que de se sentir seul quand on est seul.

_MlleB a dit...

Il a bien raison cet ami. :)

J'ai moi aussi pensé que je n'aimerais plus... enfin plus aussi profondément. Je n'étais pas malheureuse. J'avais une belle vie, bien remplie qui me ressemblait.

Je pensais me blinder de la souffrance avec cette belle cicatrice bien épaisse. Et puis la souffrance est venue me trouver. Et l'amour. J'espère que ce que vous vivez n'ait rien à voir avec ça.

Solange a dit...

Le commentaire d'Herbert m'a bien fait rire. Et oui l'espoir c'est motivant.

Une femme libre a dit...

La Gaffeuse, c'est clair que quand je dis "plus jamais je n'aimerai, plus jamais je ne baiserai", je ne me crois pas, sinon, je plongerais dans le désespoir. Je veux espérer et je vais probablement faire plus qu'espérer, je vais me remettre à chercher pour vrai. L'enthousiasme n'est plus là, alors j'attends qu'il revienne pour passer à l'action. Je suis cependant très consciente que la vie de couple ne met pas nécessairement un terme à la solitude, comme le faisait justement remarquer Sexo. Être bien avec soi d'abord est la base. Bienvenue sur mon blogue!

@Juliette. Et ma maman à moi a trouvé un nouveau chum à 79 ans, elle n'a pas trouvé en fait, elle ne cherchait pas. Ils se connaissaient déjà et quand mon père est mort, leur amour s'est rapidement développé. Une bien jolie histoire, comme celle de votre tante, je suppose.

@Unautreprof
Et en plus, j'ai la chance d'être bien entourée, amis délicieux, famille aimante. Je suis loin d'être seule.

MlleB, l'amour? Vous êtes amoureuse? Mais c'est magnifique!

Solange, Herbert est un rigolo.

En autant que l'espoir ne prenne pas toute la place et empêche de vivre le vrai quotidien et la vraie réalité. Ce n'est pas le cas encore, heureusement!

herbert a dit...

Il étaiit important que le tailleur ne soit plus riche...
Merci beaucoup.
Je t'embrasse.

Chantalou a dit...

En effet,il vaut mieux être seule que mal accompagné je crois! L'amour n'est pas toujours facile à trouver mais quand ça arrive.... ça chamboule une vie...et pour le mieux!! Ne désespère pas ma belle femme libre, on ne sait jamais....Chantalou qui te comprend, xx

Tony a dit...

D'abord : être bien avec soi.

Mais, bon, c'est plus facile à dire qu'à faire... j'en sais quelque chose.

Lisez "Le Bonheur, désespérément", de Badiou, philosophe. Très simple, très clair.

La Mère Michèle a dit...

Vous êtes une passionnée, cela se sent bien! Espérer l'amour c'est comme être au régime: retenue, retenue... pas fait pour nous ça, femmes de feu ;o)

Vous pouvez vous fermer à l'amour, mais il saura vous trouver.

Cath a dit...

Le bonheur désespérement, ce n'est pas plutôt de Comte Sponville ?

J'ai lu ce livre tout simple et intéressant. En résumé (très très résumé, désolée pour les puristes), les déceptions naissent uniquement de nos attentes préalables, des espérances qu'on a placées dans les évènements. C'est une vision qui permet de relativiser. Pour autant, elle ne me convient pas, j'aime les joies qu'apporte l'attente, les déceptions permettent de prendre du recul, bref, la vie, celle que j'aime ressemble plus à un océan déchainé, qu'à un lac immobile !

J'ai dans l'idée que Femme Libre n'est pas du genre à s'enlever tout désir...

Enfin, c'est juste mon idée !

herbert a dit...

Merci, Femme libre.
Me voici totalement éclairé.
Je t'embrasse.

Une femme libre a dit...

Herbert, merci de si bien me comprendre!

Chantalou, je ne désespère pas, je m'adapte et je suis en train de trouver des solutions. Positif!

Tony et Cath, "Le bonheur désespérément" de André Conte-Sponville, selon Google, me semble en effet bien intéressant. "Son idée principale est qu'il ne faut pas vivre ou plutôt espérer mieux vivre dans l'avenir, mais que la sagesse consiste à vivre pour de bon, avec les plaisirs et les joies du présent, en ne désirant que ce que l'on a au moment présent."

Je m'en viens pas si pire avec ça. Vivre avec le corps que j'ai, tout en tentant de l'améliorer, mais apprécier ce dont il a l'air maintenant aussi. Ce matin, j'ai mis un tshirt de ma fille, dans lequel mes bras trop gros n'auraient jamais entré avant. Si je me compare à moi-même (et j'ai appris à ne pas me comparer à d'autres!), je suis mieux que j'étais, bien mieux! Réjouissant et réjouissant dans le présent, dans le ici maintenant. Même chose pour l'absence d'homme. Je trouve des solutions ici maintenant. J'en cherche en tout cas! ;o)

La Mére Michèle, la passion, oui, la passion! Ça ne s'estompe pas avec le temps, ça fait partie de moi, ici et maintenant!

Juste moi a dit...

Lu cette semaine une petite phrase rigolote : "Jamais, c'est le mot dont Dieu s'occupe lorsqu'il a envie de rigoler" ... Peut être qu'à force de dire "Jamais", IL (ou votre ange gardien, ou l'univers ou la marmotte du printemps !!!) voudra vous faire dédire :-)

Une femme libre a dit...

J'ai bien l'impression que je vais me faire dédire moi-même, Juste moi!

Mayieve a dit...

Très vrai et plein de sagesse;)