mardi 16 février 2016

Bonne nouvelle!

Tadam! Ma plus jeune a réussi son stage! On ne se peut plus de joie. Bonheur total. Ivresse. Enfin un succès scolaire! Un diplôme. Son premier. Elle ne l'a pas en mains mais ça ne saurait tarder, avec ses cartes de compétences en premiers soins et en déplacement sécuritaire des personnes. Bonheur. Faut pas rester assis là-dessus cependant et maintenant, faut chercher du travail. Ça ne sera pas évident et là aussi, je devrai faire une grosse part, surtout que ça ne lui tente pas du tout de chercher. Elle n'a pas confiance en elle, ma fille. Mais quand même, ce premier succès devrait lui remonter l'ego. Je ne me peux plus de joie! Ah! Je l'ai déjà dit? ;o)) 

Bénévolat-jumeaux: les parents ont comme décidé de laisser pleurer et ça paraît beaucoup. Les jumeaux ont maintenant cinq mois et une semaine. Il y en a un placide, genre bon bébé qui ne pleure jamais, s'endort facilement et ne réclame rien. Il tient déjà son biberon celui-là! La mère allaite et donne aussi des biberons. L'autre est beaucoup plus éveillé et tonique. Il ne s'endort pas seul, réclame les bras, est très curieux et vif. Quand je suis arrivée à treize heures trente, la mère m'a dit de ne pas faire de bruit parce qu'il venait juste de s'endormir après avoir pleuré tout l'avant-midi. Il était dans la chambre de ses soeurs, la porte fermée. L'autre était dans son siège au sol, éveillé mais tranquille. Je l'ai pris pour jouer avec lui. Il sourit quand stimulé mais moins facilement que l'autre. Quinze minutes après mon arrivée, j'entends pleurer dans la chambre. La mère va chercher bébé tonique et je finis par avoir les deux dans les bras! Le père est présent et la petite de deux ans et demi aussi, qui est malade. 

Et puis, la mère décide de baigner les petits. Bonne idée, ils adorent l'eau. Je m'occupe d'un pendant qu'elle baigne l'autre dans l'évier de la cuisine. Bébé tranquille est donc lavé, changé, déposé dans son siège au sol et sa mère lui met un biberon dans les bras. Il le boit et s'endort tout de suite après. Un bébé parfait et pas dérangeant, selon la maman. 

L'autre? Mon petit éveillé? Il est baigné et changé aussi mais on me le donne pour le biberon. Ensuite, je le sens fatigué mais il résiste. On joue, je lui lis des histoires (une histoire! Toujours la même. Il n'y a qu'un seul livre d'enfants dans la maison!), il se frotte les yeux. Je le berce mais il reste les yeux grands ouverts. Je pense que la nouvelle façon de le laisser pleurer ne lui convient vraiment pas et le rend anxieux. Je suis sur le point de partir au bout de trois heures et la mère, voyant qu'il ne dort toujours pas, me dit qu'elle va sortir le porte-bébé, parce que quand il est dedans et qu'on bouge, ça finit par marcher. Mais juste comme elle le sort, il s'endort et je le dépose tout doucement dans le lit. 

Quand je quitte à seize heures trente, la maison est calme, les deux bébés dorment, la petite de deux ans est à la télé et les parents discutent dans la cuisine. Ils ont l'air de bien s'entendre, parlent beaucoup ensemble et rient aussi. Fait plaisir à voir. 

Ma fille à l'hôpital m'ayant laissé beaucoup de messages pendant mon bénévolat, j'essaie de la rejoindre mais ce n'est pas si simple. Ils n'ont pas de téléphone dans leur chambre et faut appeler celui du corridor, souvent occupé ou répondu par un malade qui ne va pas la chercher. Alors, comme je suis inquiète parce que j'ai parlé à son chum et que je sais et qu'elle sait probablement aussi qu'il ne veut pas la reprendre, je décide d'y aller directement. En fait, je prendrai mon temps parce que je ne veux pas arriver pendant son souper. 

Je me suis énervée pour rien. Elle va bien. Elle va rester à l'hôpital plus longtemps vu que son chum ne veut pas qu'elle revienne tout de suite. Elle est comme un poisson dans l'eau, très à l'aise dans cet environnement et a maintenant des droits de sortie d'une demi-heure trois fois par jour. Elle va fumer. Ouin. Plate un peu. Avant d'avoir le droit de sortir, elle ne fumait plus et on lui mettait une patch. Mais ce n'était pas sa volonté. Alors, je n'y peux rien. On sort ensemble et un patient de l'autre aile qui lui n'a pas le droit de sortir, lui demande de lui acheter des trucs. Elle prend son argent et fait une liste. Elle demande une cigarette et un briquet qui lui est remis au poste de garde. La cigarette est fournie par l'hôpital? que je lui demande. Non, une autre malade lui a donné trois paquets. Hein? Gratuitement? Pourquoi? Elle me dit que tout le monde s'entraide ici (je le vois bien quand elle accepte d'aller acheter les chips, coke et chocolats de l'autre malade) et qu'elle parle beaucoup à l'autre fille malade et que tout ceci est naturel. 

22 commentaires:

Zoreilles a dit...

Je lève mon verre (à cette heure matinale, c'est une décaféiné bien chaud!...) à la réussite de ta fille qui a réussi son stage, qui aura son diplôme, ce qui sera excellent pour son estime d'elle-même. C'est bien plus qu'un diplôme... Eh qu'on est fiers nous autres aussi, on se réjouit avec elle, avec toi, cette nouvelle représente beaucoup d'espoir!

Quant à ton autre fille, celle qui est hospitalisée présentement, on dirait qu'elle fonctionne bien dans l'entraide et la solidarité, elle y prend part naturellement, semble être à l'aise là-dedans comme un poisson dans l'eau. Se pourrait-il qu'elle soit mal outillée pour vivre dans la société actuelle qui est si tant tellement individualiste?

Bravo à toi pour la belle nouvelle d'aujourd'hui, tu mérites une très large part de ce succès, tu peux être fière!

PassionArts et plus... a dit...

Contente pour ta fille, une réussite qui fait du bien! Et tu as raison d'en être heureuse! Bravo à vous deux, car tu mérites toi aussi pour ton aide, une grosse partie de ce succès!

Gen a dit...

Oh, j'suis tellement contente pour votre plus jeune!

Pour celle qui est hospitalisée... j'espère qu'elle sera placée dans une ressource pour personnes schizophrène. Mon oncle a droit à ça depuis quelques années. Ce sont des espèces de communes supervisées et lui aussi il y est comme un poisson dans l'eau. On dirait que lorsqu'il doit interagir à longueur de journée avec plusieurs personnes les voix ont moins d'emprise.

Et pour le bénévolat... c'est pas facile les bébé-à-bras qui résistent au sommeil. La mienne était (et est encore un peu) comme ça. Les laisser pleurer longtemps n'est effectivement pas la solution, surtout pas avant six mois. Après, quand ils comprennent qu'on existe encore même s'ils ne nous voient plus, la méthode 5-10-15 sous la forme 2-4-6-8 (bref, on augmente le délai d'intervention de 2 minutes à chaque fois), ça a fait des miracles pour ma puce.

Michèle a dit...

Quelle bonne nouvelle ! (et avoue que tu es étonnée).

Bravo à vous deux ! :)

Pour celle qui est l'hôpital, sa médication est bien sûre supervisée. Est-ce que tu sais si elle fonctionne bien ? Ou elle fait semblant d'aller mieux pour sortir ?

Au moins, elle est en sécurité et son chum peut reprendre des forces et respirer.

Juste moi a dit...

Wahou ! Superbe nouvelle pour la petite dernière ! Avez-vous fêtez avec elle ? Champagne ? Me semble que ce serait le moment idéal :-)

Pour la motiver à la recherche du boulot, la rédaction d'un CV de base avec TOUT ce qu'elle sait faire pourra peut être lui donner un petit boost d'estime :-) En tout cas, bonne chance à elle...

Sinon, perso, je trouve tranquillement une routine dans mon changement de vie ! On est bien installé, le nouveau boulot est débuté et je reprends contact avec la routine :-)

Une femme libre a dit...

Zoreilles, oui, je pense que je mérite une part de ce succès et je suis fière comme un paon!

Ma grande hospitalisée a une personnalité très riche bien que pas facile à suivre. Oui, la société est dure pour ceux qui sont hors-normes, mais je n'ai que du bien à dire de l'hôpital où elle est. Respect, sourire, politesse, bons soins.

Une femme libre a dit...

PassionnArts et plus, `
On est contentes! ;o) Merci.

Une femme libre a dit...

Gen,
Tout change si rapidement. Les psys veulent envoyer ma grande en désintox. Elle prendrait l'autobus pour faire sa journée en désintox et reviendrait à cinq heures à l'hôpital. Son chum capote et là, on voit bien qu'il est super attaché. Il pense qu'une fois "libre", elle en profitera pour se suicider. Comme il la connaît très bien, mieux que tout le monde, je pense qu'il sait ce qu'il dit. Il vient de m'appeler. Dit qu'une fois la médication ajustée, il reprendrait ma fille. Mais elle ne peut pas la prendre, la fameuse médication de la dernière chance. Un jour à la fois.

Je ne donne aucun conseil aux parents des bébés. Ce n'est pas mon rôle. Ils font des trucs des fois qui sont vraiment condamnés par les livres d'éducation des enfants, surtout avec les deux plus vieilles. Rien de bien méchant cependant. Leur grande force c'est leur joie de vivre! Et comme le bonheur entraîne le bonheur, les enfants sont élevés dans un bon milieu positif. Ils sont sûrs d'eux au niveau parental et ne passent pas leur temps à se remettre en question, Ils voient au plus pressé et ont du plaisir avec les enfants qui sont visiblement aimés. J'aime beaucoup les fréquenter.

Solange a dit...

Félicitations à la petite dernière elle l'a bien mérité et toi aussi, il reste a souhaiter que l'ainée se rétablisse et qu'on trouve la bonne médication pour elle.

Une femme libre a dit...

Michèle,
Tous les antipsychotiques sur le marché ont été essayés! Ils contrôlent les psychoses mais n'enlèvent pas les voix. Il restait la clozapine, qui est utilisée en dernier recours car elle peut tuer le patient et dans son cas, ses globules blancs chutent alors ils doivent arrêter le temps que ça remonte et ils lui donnent du lithium dans le but de faire remonter les globules blancs. Ça fait des mois qu'ils font ça et ils n'arrivent pas à monter la dose à cause des fameux globules blancs en chute qui obligent tout le temps à arrêter. Ça ne semble donc pas vouloir marcher.

Une femme libre a dit...

Juste moi,
On a trouvé le moyen de se chicaner aujourd'hui! ;o) les jours se suivent mais ne se ressemblent pas.

Elle en a un cv, fait par son école. On va voir.

Je suis contente que tu sois bien installée! Super.

Une femme libre a dit...

Solange,
Merci beaucoup!

Nanou La Terre a dit...

Oh, je suis heureuse pour ta fille Femme Libre mais je sens que tu l'es encore plus qu'elle et comme je peux comprendre!

S'énerver pour rien, c'est le lot de pas mal de mères je crois hein? Pourquoi va-t-on toujours directement au pire des scénarios, veux-tu bien me dire... Bizous ma chère xxx

Éphémère a dit...

Félicitations à ta fille, Femme libre. C'est une très belle nouvelle. Pour celle hospitalisée, j'ai beaucoup de tristesse. J'espère qu'il y aura un moyen de l'aider.

mijo a dit...

Bravo à toutes les deux. A ta fille et à toi. Une bien belle réussite.
Moi aussi, j'espère qu'il y aura moyen d'aider ta fille aînée.

Une femme libre a dit...

Nanou,
Je m'énerve rarement pour rien. Souvent, il arrive pire que ce pour quoi je m'énervais au départ. Elle a son diplôme, bien, mais elle ne veut pas chercher d'emploi. Et elle a beau avoir son diplôme, si toutes les résidences accordent dix minutes par personne pour les soins aux résidents, pas plus, elle ne sera pas plus avancée et ne pourra pas faire la job. Plus je m'informe, plus je constate que c'est comme la norme. Vite, vite, vite! Je ne suis pas découragée mais le travail de coaching intensif ne fait que commencer. Ceci dit, que ça lui serve ou pas, qu'elle l'utilise ou pas, avoir un diplôme, c'est un petit (gros!) velours qui nous fait énormément plaisir à toutes les deux.

Elle est parfois surprenante et décourageante. Ainsi, elle était présente avec sa soeur suicidaire quand celle-ci est allée s'acheter la dernière corde au surplus de l'Armée (où on doit commencer à la connaître avec toutes les menottes et accessoires de suicides qu'elle s'y est acheté!) et elle n'a pas pensé à demander pourquoi sa soeur pouvait bien acheter cette corde dont elle vérifiait si soigneusement la solidité!

Une femme libre a dit...

Éphémère,
Toujours des développements pour ma fille hospitalisée. J'en fais un billet.

Une femme libre a dit...

Mijo,
On persévère, on se bat, on continue et nous, on est en vie et on espère et on va tout faire pour que ma fille suicidaire se branche sur la vie elle aussi!

Nanou La Terre a dit...

Pourquoi ne s'offre-t-elle pas pour aller donner des soins chez les gens qui sont en perte d'autonomie, en privé, à leur résidence?

Une femme libre a dit...

Beaucoup de danger d'exploitation. Comme là, elle est payée 8$ l'heure, ce qui est vraiment peu. J'ai accepté pour elle parce qu'ils n'auraient pas donné plus mais elle cherche un vrai job de préposée qui commence aux alentours de 12$ dans les résidences privées, surtout qu'elle a un cours de six mois dans le domaine. Elle a fait une seule demande d'emploi mais c'est dans une super résidence qui met les pensionnaires au coeur de leur action. Ils ont même droit de garder leur petit chien, tu aimerais ça! ;o)

Une femme en santé a dit...

C'est une superbe nouvelle pour te fille qui a réussi son cours. Il manque tellement de gens dans le domaine de la santé elle devrait pouvoir se dénicher quelque chose. Des bonnes nouvelles ça fait du bien au moral de la maman, n'est-ce pas ? ;)

Une femme libre a dit...

Oui. Ça donne espoir! ;o)