Si ma fille se trouvait un travail avant le premier mars, elle travaillerait mars, avril, mai, juin, juillet, août. L'été, la demande est grande, il y a des remplacements à faire. Ensuite, à l'automne,elle pourrait probablement avoir au moins une semaine de vacances et peut-être deux en en prenant une à ses frais et on partirait en voyage ensemble. Elle serait heureuse, moi aussi, et on célébrerait l'immense victoire d'avoir un travail, de gagner sa vie et de devenir indépendante.
Mais pour avoir un travail si vite, il faut le chercher intensivement. Elle a un cours mais pas d'expérience, ça nuit.
Sinon... on laisse un peu aller, elle garde sa petite job sous la table le soir, elle passe en cour début mai comme témoin dans la poursuite de violence conjugale contre son ex et on part en voyage ensuite.
Au retour, recherche d'emploi.
Il me semble que le premier scénario est plus intéressant car elle n'aura pas oublié ce qu'elle a appris et pour un employeur, quelqu'un qui trouve rapidement un job est mieux que la personne qui a un diplôme depuis six mois et qui n'a rien trouvé encore. C'est un peu le même principe que la maison qui est à vendre depuis plus d'un an. L'acheteur va se demander ce qui peut bien clocher avec et ne va même pas aller la visiter.
dimanche 21 février 2016
samedi 20 février 2016
Madame Up and Down
C'est moi. J'ai des hauts et des bas. Mais je lutte, je combats, je me reprends et je ne me laisse pas aller. Côté poids, c'est clair que ça n'a pas été vrai, j'ai laissé aller pas mal et je pèse toujours 171 livres ce matin. Je vais remédier. Je ne me fais plus trop confiance parce que ça fait bien un mois et même plus que je me chante la même rengaine mais comme je vois mon super doc qui me fait peur en mars, voilà une motivation certaine. Il était si fier de moi l'année passée, je ne veux pas qu'il pogne une trop grosse débarque en me pesant! Surtout que c'est un genre de doc qui ne croît pas que les patients peuvent régler leurs problèmes de santé avec une bonne hygiène de vie et il veut me médicamenter depuis longtemps pour mon cholestérol. Je ne vais pas me laisser faire! Mais pour être crédible, je ne peux pas arriver là avec quinze livres en haut de mon poids santé. Pas bon, pas bon.
Ma fille est allée dormir chez une amie. Sa petite job de soir lui donne cent dollars par semaine. Comme elle habite ici et n'a aucune dépense et que je paie encore sa carte de métro et son téléphone, elle est riche avec ça! Presque.
Est-elle allée porter son cv à la résidence Soleil? Eh bien oui! Juste au moment où je lâchais prise et me disais que c'était pas grave finalement vu qu'elle ne veut pas y travailler, elle est partie. Bien. Deux demandes d'emploi de faites dans une semaine, c'est pas fort fort mais c'est mieux que rien.
Aujourd'hui, aquajogging, le nouveau cours que je me suis rajouté. La vie continue et elle peut être belle. Elle est belle.
Ma fille est allée dormir chez une amie. Sa petite job de soir lui donne cent dollars par semaine. Comme elle habite ici et n'a aucune dépense et que je paie encore sa carte de métro et son téléphone, elle est riche avec ça! Presque.
Est-elle allée porter son cv à la résidence Soleil? Eh bien oui! Juste au moment où je lâchais prise et me disais que c'était pas grave finalement vu qu'elle ne veut pas y travailler, elle est partie. Bien. Deux demandes d'emploi de faites dans une semaine, c'est pas fort fort mais c'est mieux que rien.
Aujourd'hui, aquajogging, le nouveau cours que je me suis rajouté. La vie continue et elle peut être belle. Elle est belle.
vendredi 19 février 2016
Je ne m'en sors pas
Et pourtant je m'en sors toujours. Mais là, non. Je prends du poids et le poids est un baromètre assez exact de mon état psychologique. 171 livres ce matin. Vais-je me mettre au régime? Faire attention? Ce serait une bonne idée.
Je fais du sport cependant. Trois cours aquatiques par semaine. Je m'en suis rajouté un le samedi. Me fait du bien. Mais l'exercice ne fait pas maigrir.
Me restreindre est difficile. Je vais au restaurant ce soir avec une amie et comme c'est la seule lueur d'espoir dans ma journée avec le théâtre qui va suivre et surtout la présence de l'amie en question, pas question que je me prive. Je pourrais cependant en faire le seul repas de ma journée et c'était l'idée que j'avais au départ. Trop tard pour ça aussi, j'ai déjà déjeuné et il est probable (très!) que je dîne aussi.
Ma fille ne se lève pas. Elle a un cv à livrer. Je la laisse tranquille.
On devrait partir toutes les deux, tiens. Pourquoi pas? Je ne peux pas la fouetter pour qu'elle se cherche un job. Elle n'est pas paresseuse, elle a la trouille.
Son histoire de violence conjugale passe en cour début mai et ça lui gruge déjà ses énergies. Depuis un an que ça lui gruge ses énergies, cette histoire, rien de nouveau. Elle voit toujours sa psy, ce qui est bien.
Ma fille du milieu se fait avorter cet après-midi. Elle est fâchée contre moi et ne m'a pas recontactée.
Vu la plus vieille à l'hôpital hier soir. Curieusement, c'est celle qui semble aller le mieux.
Mes frères font une grosse fête pour les 90 ans de notre mère dans un mois. J'en fais partie mais plein de rancoeurs et de peines resurgissent à cette occasion. Dure la relation avec mes frères, surtout avec celui qui a trois ans de moins que moi.
Je ne m'en sors pas trop mais je vais quand même m'en sortir d'une façon ou d'une autre. Je m'en sors toujours Je risque de m'en sortir pas mal grosse cependant si je ne réagis pas et non, je ne réagis pas.
Et oui, je vais réagir. Quand? Voilà la question.
Je fais du sport cependant. Trois cours aquatiques par semaine. Je m'en suis rajouté un le samedi. Me fait du bien. Mais l'exercice ne fait pas maigrir.
Me restreindre est difficile. Je vais au restaurant ce soir avec une amie et comme c'est la seule lueur d'espoir dans ma journée avec le théâtre qui va suivre et surtout la présence de l'amie en question, pas question que je me prive. Je pourrais cependant en faire le seul repas de ma journée et c'était l'idée que j'avais au départ. Trop tard pour ça aussi, j'ai déjà déjeuné et il est probable (très!) que je dîne aussi.
Ma fille ne se lève pas. Elle a un cv à livrer. Je la laisse tranquille.
On devrait partir toutes les deux, tiens. Pourquoi pas? Je ne peux pas la fouetter pour qu'elle se cherche un job. Elle n'est pas paresseuse, elle a la trouille.
Son histoire de violence conjugale passe en cour début mai et ça lui gruge déjà ses énergies. Depuis un an que ça lui gruge ses énergies, cette histoire, rien de nouveau. Elle voit toujours sa psy, ce qui est bien.
Ma fille du milieu se fait avorter cet après-midi. Elle est fâchée contre moi et ne m'a pas recontactée.
Vu la plus vieille à l'hôpital hier soir. Curieusement, c'est celle qui semble aller le mieux.
Mes frères font une grosse fête pour les 90 ans de notre mère dans un mois. J'en fais partie mais plein de rancoeurs et de peines resurgissent à cette occasion. Dure la relation avec mes frères, surtout avec celui qui a trois ans de moins que moi.
Je ne m'en sors pas trop mais je vais quand même m'en sortir d'une façon ou d'une autre. Je m'en sors toujours Je risque de m'en sortir pas mal grosse cependant si je ne réagis pas et non, je ne réagis pas.
Et oui, je vais réagir. Quand? Voilà la question.
jeudi 18 février 2016
Recherche d'emploi
Pas simple de se vendre quand on est dysphasique et donc de peu de mots. Hier, on est allées ensemble donner le cv de fillette avec une lettre de présentation personnalisée dans un petit centre de quarante résidents très bien tenu et dont on avait entendu parler par des amis qui y avaient déjà placé leur mère. À vingt minutes d'ici en bus, ce qui ne gâte rien!
Un endroit vraiment sympathique, genre de petite auberge très jolie de l'extérieur et bien aussi à l'intérieur (on avait vu des photos dans leur site), avec des repas gastronomiques et plein de petites attentions. Elle a été charmée, on lui a ouvert et je lui ai donné rendez-vous au café du coin après sa visite. `
Comme elle ne revenait pas, j'ai cru qu'elle avait pu parler avec la directrice. Mais non, la proprio était absente, elle parlait avec la cuisinière, ce qui n'est pas plus mal. Quand un endroit est petit, tout le monde se connaît et si elle avait plu à la cuisinière, celle-ci, qui avait son cv en mains, allait parler d'elle en bien à la propriétaire.
Ce fût certainement le cas car elle a reçu un appel de la propriétaire dans l'après-midi. Je n'étais pas là. Tant mieux, j'aurais voulu m'en mêler probablement. Elle avait sa chance mais n'a pas su se vendre. C'est du moins ce que je conclus car, alors même qu'ils cherchent une préposée (nous ne le savions pas), elle n'a pas eu d'entrevue. La conversation s'est terminée par le typique "Il y a beaucoup de personnes qui ont postulé. Je dois les rappeler. Merci." Bref, le genre de choses qu'on dit quand on pense que la personne ne fait pas l'affaire.
Son cv est très bien fait, sa présentation est impeccable, elle a un cours mais elle ne se vend pas. La dame lui a demandé de lui parler de son bénévolat avec les personnes âgées. Elle a répondu qu'elle s'occupait du bingo. Point. Alors qu'elle allait les chercher dans leur chambre, les aidait au déplacement, voyait à les installer confortablement, allait chercher leur matériel, les aidait à jouer. Elle a aussi participé à des soirées vin et spiritueux, faisant le service pour des personnes alzheimer. Important de dire qu'elle a de l'expérience avec cette clientèle. Elle a participé à des après-midis de danse aussi à d'autres occasions. Elle a sorti les bénéficiaires en fauteuil roulant dans le jardin de la résidence. Elle a donc fait bien plus que juste dire qu'elle s'occupait du bingo.
Mais j'étais pas là. Je ne peux pas parler à sa place.
Je pense qu'elle devrait s'offrir pour faire du bénévolat dans ce petit centre qui correspond tout à fait au milieu où elle voudrait travailler. Les grosses résidences, elle ne veut même pas y postuler. Il y a une résidence Soleil à dix minutes à pied de chez nous et elle refuse obstinément d'y porter son cv.
C'est bien d'avoir un diplôme mais si on ne fait rien avec, le temps passe, les notions s'envolent et ça devient louche que quelqu'un ne se trouve pas d'emploi dans un domaine où il y en a tout plein.
En même temps, elle a tellement détesté son stage qu'elle veut éviter à tout prix de se retrouver dans un environnement aussi déprimant.
Les petites résidences chaleureuses sont extrêmement rares. J'ai beau chercher, je n'ai trouvé que celle où elle a postulé hier. La mode est aux immenses résidences qui rapportent plus.
Un endroit vraiment sympathique, genre de petite auberge très jolie de l'extérieur et bien aussi à l'intérieur (on avait vu des photos dans leur site), avec des repas gastronomiques et plein de petites attentions. Elle a été charmée, on lui a ouvert et je lui ai donné rendez-vous au café du coin après sa visite. `
Comme elle ne revenait pas, j'ai cru qu'elle avait pu parler avec la directrice. Mais non, la proprio était absente, elle parlait avec la cuisinière, ce qui n'est pas plus mal. Quand un endroit est petit, tout le monde se connaît et si elle avait plu à la cuisinière, celle-ci, qui avait son cv en mains, allait parler d'elle en bien à la propriétaire.
Ce fût certainement le cas car elle a reçu un appel de la propriétaire dans l'après-midi. Je n'étais pas là. Tant mieux, j'aurais voulu m'en mêler probablement. Elle avait sa chance mais n'a pas su se vendre. C'est du moins ce que je conclus car, alors même qu'ils cherchent une préposée (nous ne le savions pas), elle n'a pas eu d'entrevue. La conversation s'est terminée par le typique "Il y a beaucoup de personnes qui ont postulé. Je dois les rappeler. Merci." Bref, le genre de choses qu'on dit quand on pense que la personne ne fait pas l'affaire.
Son cv est très bien fait, sa présentation est impeccable, elle a un cours mais elle ne se vend pas. La dame lui a demandé de lui parler de son bénévolat avec les personnes âgées. Elle a répondu qu'elle s'occupait du bingo. Point. Alors qu'elle allait les chercher dans leur chambre, les aidait au déplacement, voyait à les installer confortablement, allait chercher leur matériel, les aidait à jouer. Elle a aussi participé à des soirées vin et spiritueux, faisant le service pour des personnes alzheimer. Important de dire qu'elle a de l'expérience avec cette clientèle. Elle a participé à des après-midis de danse aussi à d'autres occasions. Elle a sorti les bénéficiaires en fauteuil roulant dans le jardin de la résidence. Elle a donc fait bien plus que juste dire qu'elle s'occupait du bingo.
Mais j'étais pas là. Je ne peux pas parler à sa place.
Je pense qu'elle devrait s'offrir pour faire du bénévolat dans ce petit centre qui correspond tout à fait au milieu où elle voudrait travailler. Les grosses résidences, elle ne veut même pas y postuler. Il y a une résidence Soleil à dix minutes à pied de chez nous et elle refuse obstinément d'y porter son cv.
C'est bien d'avoir un diplôme mais si on ne fait rien avec, le temps passe, les notions s'envolent et ça devient louche que quelqu'un ne se trouve pas d'emploi dans un domaine où il y en a tout plein.
En même temps, elle a tellement détesté son stage qu'elle veut éviter à tout prix de se retrouver dans un environnement aussi déprimant.
Les petites résidences chaleureuses sont extrêmement rares. J'ai beau chercher, je n'ai trouvé que celle où elle a postulé hier. La mode est aux immenses résidences qui rapportent plus.
mercredi 17 février 2016
Vite, vite!
Pas trop le temps d'écrire. Contre toute attente, la plus jeune s'est levée et on va chercher des jobs! Yé!
L'hôpital veut envoyer ma plus vieille en désintox. Elle prendrait le bus et reviendrait coucher à l'hôpital le soir. Son chum trouve que c'est trop risqué alors il se bat contre. Moi? Je ne m'en mêle pas. Je vais la visiter ce soir
Celle du milieu est fâchée contre moi. Pour des raisons obscures. Alors, elle ne veut pas que je l'accompagne vendredi à son avortement. Soit.
Bonne journée!
L'hôpital veut envoyer ma plus vieille en désintox. Elle prendrait le bus et reviendrait coucher à l'hôpital le soir. Son chum trouve que c'est trop risqué alors il se bat contre. Moi? Je ne m'en mêle pas. Je vais la visiter ce soir
Celle du milieu est fâchée contre moi. Pour des raisons obscures. Alors, elle ne veut pas que je l'accompagne vendredi à son avortement. Soit.
Bonne journée!
mardi 16 février 2016
Bonne nouvelle!
Tadam! Ma plus jeune a réussi son stage! On ne se peut plus de joie. Bonheur total. Ivresse. Enfin un succès scolaire! Un diplôme. Son premier. Elle ne l'a pas en mains mais ça ne saurait tarder, avec ses cartes de compétences en premiers soins et en déplacement sécuritaire des personnes. Bonheur. Faut pas rester assis là-dessus cependant et maintenant, faut chercher du travail. Ça ne sera pas évident et là aussi, je devrai faire une grosse part, surtout que ça ne lui tente pas du tout de chercher. Elle n'a pas confiance en elle, ma fille. Mais quand même, ce premier succès devrait lui remonter l'ego. Je ne me peux plus de joie! Ah! Je l'ai déjà dit? ;o))
Bénévolat-jumeaux: les parents ont comme décidé de laisser pleurer et ça paraît beaucoup. Les jumeaux ont maintenant cinq mois et une semaine. Il y en a un placide, genre bon bébé qui ne pleure jamais, s'endort facilement et ne réclame rien. Il tient déjà son biberon celui-là! La mère allaite et donne aussi des biberons. L'autre est beaucoup plus éveillé et tonique. Il ne s'endort pas seul, réclame les bras, est très curieux et vif. Quand je suis arrivée à treize heures trente, la mère m'a dit de ne pas faire de bruit parce qu'il venait juste de s'endormir après avoir pleuré tout l'avant-midi. Il était dans la chambre de ses soeurs, la porte fermée. L'autre était dans son siège au sol, éveillé mais tranquille. Je l'ai pris pour jouer avec lui. Il sourit quand stimulé mais moins facilement que l'autre. Quinze minutes après mon arrivée, j'entends pleurer dans la chambre. La mère va chercher bébé tonique et je finis par avoir les deux dans les bras! Le père est présent et la petite de deux ans et demi aussi, qui est malade.
Et puis, la mère décide de baigner les petits. Bonne idée, ils adorent l'eau. Je m'occupe d'un pendant qu'elle baigne l'autre dans l'évier de la cuisine. Bébé tranquille est donc lavé, changé, déposé dans son siège au sol et sa mère lui met un biberon dans les bras. Il le boit et s'endort tout de suite après. Un bébé parfait et pas dérangeant, selon la maman.
L'autre? Mon petit éveillé? Il est baigné et changé aussi mais on me le donne pour le biberon. Ensuite, je le sens fatigué mais il résiste. On joue, je lui lis des histoires (une histoire! Toujours la même. Il n'y a qu'un seul livre d'enfants dans la maison!), il se frotte les yeux. Je le berce mais il reste les yeux grands ouverts. Je pense que la nouvelle façon de le laisser pleurer ne lui convient vraiment pas et le rend anxieux. Je suis sur le point de partir au bout de trois heures et la mère, voyant qu'il ne dort toujours pas, me dit qu'elle va sortir le porte-bébé, parce que quand il est dedans et qu'on bouge, ça finit par marcher. Mais juste comme elle le sort, il s'endort et je le dépose tout doucement dans le lit.
Quand je quitte à seize heures trente, la maison est calme, les deux bébés dorment, la petite de deux ans est à la télé et les parents discutent dans la cuisine. Ils ont l'air de bien s'entendre, parlent beaucoup ensemble et rient aussi. Fait plaisir à voir.
Ma fille à l'hôpital m'ayant laissé beaucoup de messages pendant mon bénévolat, j'essaie de la rejoindre mais ce n'est pas si simple. Ils n'ont pas de téléphone dans leur chambre et faut appeler celui du corridor, souvent occupé ou répondu par un malade qui ne va pas la chercher. Alors, comme je suis inquiète parce que j'ai parlé à son chum et que je sais et qu'elle sait probablement aussi qu'il ne veut pas la reprendre, je décide d'y aller directement. En fait, je prendrai mon temps parce que je ne veux pas arriver pendant son souper.
Je me suis énervée pour rien. Elle va bien. Elle va rester à l'hôpital plus longtemps vu que son chum ne veut pas qu'elle revienne tout de suite. Elle est comme un poisson dans l'eau, très à l'aise dans cet environnement et a maintenant des droits de sortie d'une demi-heure trois fois par jour. Elle va fumer. Ouin. Plate un peu. Avant d'avoir le droit de sortir, elle ne fumait plus et on lui mettait une patch. Mais ce n'était pas sa volonté. Alors, je n'y peux rien. On sort ensemble et un patient de l'autre aile qui lui n'a pas le droit de sortir, lui demande de lui acheter des trucs. Elle prend son argent et fait une liste. Elle demande une cigarette et un briquet qui lui est remis au poste de garde. La cigarette est fournie par l'hôpital? que je lui demande. Non, une autre malade lui a donné trois paquets. Hein? Gratuitement? Pourquoi? Elle me dit que tout le monde s'entraide ici (je le vois bien quand elle accepte d'aller acheter les chips, coke et chocolats de l'autre malade) et qu'elle parle beaucoup à l'autre fille malade et que tout ceci est naturel.
Bénévolat-jumeaux: les parents ont comme décidé de laisser pleurer et ça paraît beaucoup. Les jumeaux ont maintenant cinq mois et une semaine. Il y en a un placide, genre bon bébé qui ne pleure jamais, s'endort facilement et ne réclame rien. Il tient déjà son biberon celui-là! La mère allaite et donne aussi des biberons. L'autre est beaucoup plus éveillé et tonique. Il ne s'endort pas seul, réclame les bras, est très curieux et vif. Quand je suis arrivée à treize heures trente, la mère m'a dit de ne pas faire de bruit parce qu'il venait juste de s'endormir après avoir pleuré tout l'avant-midi. Il était dans la chambre de ses soeurs, la porte fermée. L'autre était dans son siège au sol, éveillé mais tranquille. Je l'ai pris pour jouer avec lui. Il sourit quand stimulé mais moins facilement que l'autre. Quinze minutes après mon arrivée, j'entends pleurer dans la chambre. La mère va chercher bébé tonique et je finis par avoir les deux dans les bras! Le père est présent et la petite de deux ans et demi aussi, qui est malade.
Et puis, la mère décide de baigner les petits. Bonne idée, ils adorent l'eau. Je m'occupe d'un pendant qu'elle baigne l'autre dans l'évier de la cuisine. Bébé tranquille est donc lavé, changé, déposé dans son siège au sol et sa mère lui met un biberon dans les bras. Il le boit et s'endort tout de suite après. Un bébé parfait et pas dérangeant, selon la maman.
L'autre? Mon petit éveillé? Il est baigné et changé aussi mais on me le donne pour le biberon. Ensuite, je le sens fatigué mais il résiste. On joue, je lui lis des histoires (une histoire! Toujours la même. Il n'y a qu'un seul livre d'enfants dans la maison!), il se frotte les yeux. Je le berce mais il reste les yeux grands ouverts. Je pense que la nouvelle façon de le laisser pleurer ne lui convient vraiment pas et le rend anxieux. Je suis sur le point de partir au bout de trois heures et la mère, voyant qu'il ne dort toujours pas, me dit qu'elle va sortir le porte-bébé, parce que quand il est dedans et qu'on bouge, ça finit par marcher. Mais juste comme elle le sort, il s'endort et je le dépose tout doucement dans le lit.
Quand je quitte à seize heures trente, la maison est calme, les deux bébés dorment, la petite de deux ans est à la télé et les parents discutent dans la cuisine. Ils ont l'air de bien s'entendre, parlent beaucoup ensemble et rient aussi. Fait plaisir à voir.
Ma fille à l'hôpital m'ayant laissé beaucoup de messages pendant mon bénévolat, j'essaie de la rejoindre mais ce n'est pas si simple. Ils n'ont pas de téléphone dans leur chambre et faut appeler celui du corridor, souvent occupé ou répondu par un malade qui ne va pas la chercher. Alors, comme je suis inquiète parce que j'ai parlé à son chum et que je sais et qu'elle sait probablement aussi qu'il ne veut pas la reprendre, je décide d'y aller directement. En fait, je prendrai mon temps parce que je ne veux pas arriver pendant son souper.
Je me suis énervée pour rien. Elle va bien. Elle va rester à l'hôpital plus longtemps vu que son chum ne veut pas qu'elle revienne tout de suite. Elle est comme un poisson dans l'eau, très à l'aise dans cet environnement et a maintenant des droits de sortie d'une demi-heure trois fois par jour. Elle va fumer. Ouin. Plate un peu. Avant d'avoir le droit de sortir, elle ne fumait plus et on lui mettait une patch. Mais ce n'était pas sa volonté. Alors, je n'y peux rien. On sort ensemble et un patient de l'autre aile qui lui n'a pas le droit de sortir, lui demande de lui acheter des trucs. Elle prend son argent et fait une liste. Elle demande une cigarette et un briquet qui lui est remis au poste de garde. La cigarette est fournie par l'hôpital? que je lui demande. Non, une autre malade lui a donné trois paquets. Hein? Gratuitement? Pourquoi? Elle me dit que tout le monde s'entraide ici (je le vois bien quand elle accepte d'aller acheter les chips, coke et chocolats de l'autre malade) et qu'elle parle beaucoup à l'autre fille malade et que tout ceci est naturel.
lundi 15 février 2016
Filles encore, moi un peu
Celle du milieu feel un mauvais coton. Début de grossesse qui semble très difficile. Le tout finira en avortement vendredi. Je ne sais pas encore si je l'accompagne. Elle ne m'a pas répondu là-dessus.
La plus vieille est très angoissée parce que sans nouvelle de son chum depuis plusieurs jours. Elle ne me l'aurait pas dit même si je l'ai visitée hier. C'est ma plus jeune qui m'a mise au courant.
La plus jeune est venue fêter la St-Valentin chez ma mère avec moi hier.
Tiens, pendant que j'écrivais, le chum de la plus vieille vient d'appeler. En fouillant, il cherchait un vêtement, il a trouvé caché au fond de la garde-robe un sac avec une grosse corde et des menottes. La facture était là. Un nouvel achat fait la veille de l'entrée à l'hôpital de ma fille. Il avait senti qu'elle n'allait pas bien. Bravo à lui! Il lui a encore sauvé la vie. Ceci dit, pas question qu'il la reprenne. Il s'en sent incapable, dépassé par l'ampleur de la maladie. La relation n'est pas finie, dit-il, mais vivre avec elle si elle n'a pas de médication qui contrôle ses tentatives de suicides répétées, il n'en est plus question. Je lui ai conseillé d'appeler la psychiâtre pour mettre les choses au clair.
Moi? Je m'en vais à l'aquajogging. L'exercice est ce qui me fait le plus de bien. Ensuite, bénévolat bébés. Un jour à la fois.
La plus vieille est très angoissée parce que sans nouvelle de son chum depuis plusieurs jours. Elle ne me l'aurait pas dit même si je l'ai visitée hier. C'est ma plus jeune qui m'a mise au courant.
La plus jeune est venue fêter la St-Valentin chez ma mère avec moi hier.
Tiens, pendant que j'écrivais, le chum de la plus vieille vient d'appeler. En fouillant, il cherchait un vêtement, il a trouvé caché au fond de la garde-robe un sac avec une grosse corde et des menottes. La facture était là. Un nouvel achat fait la veille de l'entrée à l'hôpital de ma fille. Il avait senti qu'elle n'allait pas bien. Bravo à lui! Il lui a encore sauvé la vie. Ceci dit, pas question qu'il la reprenne. Il s'en sent incapable, dépassé par l'ampleur de la maladie. La relation n'est pas finie, dit-il, mais vivre avec elle si elle n'a pas de médication qui contrôle ses tentatives de suicides répétées, il n'en est plus question. Je lui ai conseillé d'appeler la psychiâtre pour mettre les choses au clair.
Moi? Je m'en vais à l'aquajogging. L'exercice est ce qui me fait le plus de bien. Ensuite, bénévolat bébés. Un jour à la fois.
vendredi 12 février 2016
L'année passée
Je suis allée voir j'en étais où l'année passée à cette date. Me rappelait plus si ça allait aussi mal. Bon, au niveau poids, ça allait vraiment mieux. Je pesais au moins une douzaine de livres de moins! Mais au niveau peine et inquiétude, ma plus jeune était encore dans sa relation abusive et c'était alors évident qu'elle était maltraitée.
Il y a donc ça qui va mieux. Non seulement elle s'est sortie de la relation mais elle poursuit le gars et ça passe en cour en mai. Le dossier avance donc. Et puis, elle a fini son cours de préposée aux personnes en perte d'autonomie. On ne sait pas encore si elle a réussi ou non, la rencontre finale est lundi prochain. Pas si important en fait. Je suis fière d'elle de toutes façons.
Des jobs, il y en a mais elle est comme terrorisée de postuler. Alors on attend après lundi. On lui aura alors remis la clé usb qui contient son cv et puis elle aura ses cartes de RCR et PDSB (ça, on sait qu'elle a réussi). Peut-être qu'elle pourra apprivoiser ses peurs. Je suis là pour elle. C'est d'ailleurs épuisant.
Elle est avec la dame dont elle s'occupe en privé à la résidence en ce moment. Ce petit travail paie très peu mais ne la stresse pas.
Il y a donc ça qui va mieux. Non seulement elle s'est sortie de la relation mais elle poursuit le gars et ça passe en cour en mai. Le dossier avance donc. Et puis, elle a fini son cours de préposée aux personnes en perte d'autonomie. On ne sait pas encore si elle a réussi ou non, la rencontre finale est lundi prochain. Pas si important en fait. Je suis fière d'elle de toutes façons.
Des jobs, il y en a mais elle est comme terrorisée de postuler. Alors on attend après lundi. On lui aura alors remis la clé usb qui contient son cv et puis elle aura ses cartes de RCR et PDSB (ça, on sait qu'elle a réussi). Peut-être qu'elle pourra apprivoiser ses peurs. Je suis là pour elle. C'est d'ailleurs épuisant.
Elle est avec la dame dont elle s'occupe en privé à la résidence en ce moment. Ce petit travail paie très peu mais ne la stresse pas.
La vie continue
Je disais donc que ma fille du milieu et mon fils allaient bien et me laissaient tranquille. Or, voilà-t-y pas que ce mardi vers les seize heures et demi, mon cel sonne et ce sont des larmes qui répondent à mon Allo. "Va chercher Petit-fils, je suis malade."
Je me pointe donc à l'école qui est loin loin loin. Et je me trompe d'autobus en plus (je suis préoccupée et distraite ces temps-ci, je me demande pourquoi ;o) ce qui me mène encore plus tard. Il est content de me voir heureusement. On refait le long chemin inverse. Je lui explique que sa mère est malade. Il n'a aucunement l'air troublé "¨Ça doit être son genou." qu'il me dit. "Ça doit être ça" que je lui réponds.
Il couchera donc chez moi et je le conduirai à l'école le lendemain matin. Du moins, c'est ce qui est prévu.
On s'arrête à l'épicerie, même s'il est tard. Je connais ses difficultés alimentaires et comme je le vois très rarement, je ne veux pas risquer de lui servir quelque chose qu'il ne mangera pas. Il choisit poulet rôti et salade. Pas si pire comme menu. On achète aussi tout ce qu'il faut pour son lunch et qu'il acceptera de manger!
Ma Vingt et un ans est là. Ils se tombent dans les bras. Souper, devoirs, lecture, dodo. Simple. Pas beaucoup de temps pour tout ça. Il est au lit à vingt heures.
Tout va bien. Sa mère? Pas trop clair ce qu'elle a. Elle ira à l'hôpital ou à la clinique le lendemain je crois. Et là, j'apprends qu'elle n'a pas renouvelé sa carte d'assurance-maladie (encore!!! son fils a passé un an sans carte et elle aussi, auparavant, c'est quoi cette maladie de ne pas renouveler ses trucs?) et qu'elle devra donc payer pour voir un doc. Je ne lui offre pas de lui avancer l'argent et cette fois, elle n'ose pas me le demander non plus.
Je me couche tôt car on doit se lever très tôt pour que le petit soit à temps à l'école. Et j'ai une grosse journée le mercredi en plus, notaire le matin et puis accompagnement de ma mère l'après-midi chez son spécialiste des oreilles.
Mais voilà qu'au milieu de la nuit, le petit qui couche dans ma chambre dans un lit de camp, m'appelle. Il a vomi partout. Lever, netttoyage de l'enfant et des lieux et puis hop! dans le lit de la grand-mère. Tout ira mieux demain, que je lui dis. C'est un bon malade pas chiâleux et il se rendort.
Le lendemain, je le réveille. Il se prépare tout en disant qu'il a mal au ventre. "Ça va passer", que je lui dis, enthousiaste. Il ne veut pas déjeuner. Pas grave. Quand on est fin prêts à partir, avec le manteau sur le dos, il dit qu'il va vomir et j'ai juste le temps de le conduire aux toilettes avant que ça ne se passe. Ouais. Diarrhée en plus, ça ressemble drôlement (drôlement? non, c'est pas si drôle que ça selon le malade!) à une gastro. Je nettoie le petit et je le recouche.
Sa mère est avisée. Elle était en chemin pour le travail. Je lui dis que je quitte à neuf heures pour mon rendez-vous et que je le confierai alors à Vingt et un ans qui n'est pas au courant encore qu'elle garde!
On fait ça. Je transfère le petit dans le lit de sa tante avec un bol-au-cas-où et je quitte. Oui, j'ai informé la tante eheh!
Sa mère finira par venir le chercher car Ma Vingt et un an qui a fini son stage depuis vendredi, travaille quelques heures par jour avec une seule résidente et doit quitter la maison en fin d'après-midi. Elle est en quelque sorte dame de compagnie pour la dame, lui met ses crèmes, l'emmène aux toilettes, prend sa pression et regarde la télévision avec elle.
Un travail "pas déclaré" et très mal payé. Quelque chose comme huit dollars de l'heure mais même ça, ce n'est pas clair. En fait, la première journée, elle a été là trois heures et on lui a donné vingt dollars cash. Faut dire que la fille de la dame était là avec elle pour lui montrer quoi faire. Hier, elle était seule avec sa protégée qui est en fauteuil roulant. Il n'y avait personne pour la payer alors on verra combien on lui donnera ce soir. Je vous rappelle que ma fille ne sait pas compter.
Et je comprends très bien la fille de la dame de trouver ça lourd d'avoir placé sa mère dans un centre privé pour lequel il y a déjà des frais et de devoir payer des préposées privées en plus pour que sa mère reçoive des soins et ait le droit de prendre son temps pour aller aux toilettes! Les crèmes, les préposées régulières n'ont pas le temps d'appliquer ça. La fille paie déjà une autre préposée privée de jour pour sa mère et elle la visite très régulièrement elle-même. Je ne pense pas qu'elle veuille exploiter ma fille.
Addendum: Un appel de ma fille du milieu. Elle serait enceinte et va se faire avorter. Je lui ai offert de l'accompagner. Je n'en suis pas à un accompagnement médical près!
Poids: 167.8 livres. C'est bien si on considère que je ne fais aucun régime et que je mange à ma faim en évitant tout simplement de me goinfrer. Comme je sais et constate que l'exercice me fait du bien et comme je constate aussi que je ne monte pas la montagne, j'ai décidé de m'ajouter des cours d'aquaforme et aquajogging à la carte et ça commence demain. Devrait vraiment aider le body et surtout le moral.
Je me pointe donc à l'école qui est loin loin loin. Et je me trompe d'autobus en plus (je suis préoccupée et distraite ces temps-ci, je me demande pourquoi ;o) ce qui me mène encore plus tard. Il est content de me voir heureusement. On refait le long chemin inverse. Je lui explique que sa mère est malade. Il n'a aucunement l'air troublé "¨Ça doit être son genou." qu'il me dit. "Ça doit être ça" que je lui réponds.
Il couchera donc chez moi et je le conduirai à l'école le lendemain matin. Du moins, c'est ce qui est prévu.
On s'arrête à l'épicerie, même s'il est tard. Je connais ses difficultés alimentaires et comme je le vois très rarement, je ne veux pas risquer de lui servir quelque chose qu'il ne mangera pas. Il choisit poulet rôti et salade. Pas si pire comme menu. On achète aussi tout ce qu'il faut pour son lunch et qu'il acceptera de manger!
Ma Vingt et un ans est là. Ils se tombent dans les bras. Souper, devoirs, lecture, dodo. Simple. Pas beaucoup de temps pour tout ça. Il est au lit à vingt heures.
Tout va bien. Sa mère? Pas trop clair ce qu'elle a. Elle ira à l'hôpital ou à la clinique le lendemain je crois. Et là, j'apprends qu'elle n'a pas renouvelé sa carte d'assurance-maladie (encore!!! son fils a passé un an sans carte et elle aussi, auparavant, c'est quoi cette maladie de ne pas renouveler ses trucs?) et qu'elle devra donc payer pour voir un doc. Je ne lui offre pas de lui avancer l'argent et cette fois, elle n'ose pas me le demander non plus.
Je me couche tôt car on doit se lever très tôt pour que le petit soit à temps à l'école. Et j'ai une grosse journée le mercredi en plus, notaire le matin et puis accompagnement de ma mère l'après-midi chez son spécialiste des oreilles.
Mais voilà qu'au milieu de la nuit, le petit qui couche dans ma chambre dans un lit de camp, m'appelle. Il a vomi partout. Lever, netttoyage de l'enfant et des lieux et puis hop! dans le lit de la grand-mère. Tout ira mieux demain, que je lui dis. C'est un bon malade pas chiâleux et il se rendort.
Le lendemain, je le réveille. Il se prépare tout en disant qu'il a mal au ventre. "Ça va passer", que je lui dis, enthousiaste. Il ne veut pas déjeuner. Pas grave. Quand on est fin prêts à partir, avec le manteau sur le dos, il dit qu'il va vomir et j'ai juste le temps de le conduire aux toilettes avant que ça ne se passe. Ouais. Diarrhée en plus, ça ressemble drôlement (drôlement? non, c'est pas si drôle que ça selon le malade!) à une gastro. Je nettoie le petit et je le recouche.
Sa mère est avisée. Elle était en chemin pour le travail. Je lui dis que je quitte à neuf heures pour mon rendez-vous et que je le confierai alors à Vingt et un ans qui n'est pas au courant encore qu'elle garde!
On fait ça. Je transfère le petit dans le lit de sa tante avec un bol-au-cas-où et je quitte. Oui, j'ai informé la tante eheh!
Sa mère finira par venir le chercher car Ma Vingt et un an qui a fini son stage depuis vendredi, travaille quelques heures par jour avec une seule résidente et doit quitter la maison en fin d'après-midi. Elle est en quelque sorte dame de compagnie pour la dame, lui met ses crèmes, l'emmène aux toilettes, prend sa pression et regarde la télévision avec elle.
Un travail "pas déclaré" et très mal payé. Quelque chose comme huit dollars de l'heure mais même ça, ce n'est pas clair. En fait, la première journée, elle a été là trois heures et on lui a donné vingt dollars cash. Faut dire que la fille de la dame était là avec elle pour lui montrer quoi faire. Hier, elle était seule avec sa protégée qui est en fauteuil roulant. Il n'y avait personne pour la payer alors on verra combien on lui donnera ce soir. Je vous rappelle que ma fille ne sait pas compter.
Et je comprends très bien la fille de la dame de trouver ça lourd d'avoir placé sa mère dans un centre privé pour lequel il y a déjà des frais et de devoir payer des préposées privées en plus pour que sa mère reçoive des soins et ait le droit de prendre son temps pour aller aux toilettes! Les crèmes, les préposées régulières n'ont pas le temps d'appliquer ça. La fille paie déjà une autre préposée privée de jour pour sa mère et elle la visite très régulièrement elle-même. Je ne pense pas qu'elle veuille exploiter ma fille.
Addendum: Un appel de ma fille du milieu. Elle serait enceinte et va se faire avorter. Je lui ai offert de l'accompagner. Je n'en suis pas à un accompagnement médical près!
Poids: 167.8 livres. C'est bien si on considère que je ne fais aucun régime et que je mange à ma faim en évitant tout simplement de me goinfrer. Comme je sais et constate que l'exercice me fait du bien et comme je constate aussi que je ne monte pas la montagne, j'ai décidé de m'ajouter des cours d'aquaforme et aquajogging à la carte et ça commence demain. Devrait vraiment aider le body et surtout le moral.
samedi 6 février 2016
M'écouter
J'ai pas envie d'aller dans un groupe de parents et amis du malade mental. Juste pas envie d'entendre parler des autres malades. J'ai bien assez de la mienne.
Pas envie de monter la montagne glacée.
Envie de bien manger.
Envie d'aller à l'opéra ce soir. Ça tombe bien. J'ai un billet!
Envie de m'acheter la Presse du samedi et de la lire de bord en bord en sirotant un café. Je le ferai.
Envie de préparer des grill cheese à ma fille chérie qui en a demandé. Elle est avec une amie. Son stage est fini. Je lui ai montré l'article que Pur Bonheur m'a envoyé. Elle dit que rien de si pire ne se passe dans son centre de stage. Là aussi, ils préparent les patients pour la nuit à dix-sept heures trente mais ensuite, ils sont libres de regarder la télévision. Jamais vu de violence physique comme telle. Pousser une patiente dans le dos pour qu'elle aille plus vite est-il de la violence, Vingt et un an? Pas certaine, qu'elle répond. Pas clair. Pas tout le monde qui fait ça. Bon.
Envie d'avoir une maison propre. On va y voir.
Envie de vivre, oui. Pas suicidaire pour une cenne, moi. Pantoute.
Envie de regarder la neige tomber. C'est beau.
Pas envie de monter la montagne glacée.
Envie de bien manger.
Envie d'aller à l'opéra ce soir. Ça tombe bien. J'ai un billet!
Envie de m'acheter la Presse du samedi et de la lire de bord en bord en sirotant un café. Je le ferai.
Envie de préparer des grill cheese à ma fille chérie qui en a demandé. Elle est avec une amie. Son stage est fini. Je lui ai montré l'article que Pur Bonheur m'a envoyé. Elle dit que rien de si pire ne se passe dans son centre de stage. Là aussi, ils préparent les patients pour la nuit à dix-sept heures trente mais ensuite, ils sont libres de regarder la télévision. Jamais vu de violence physique comme telle. Pousser une patiente dans le dos pour qu'elle aille plus vite est-il de la violence, Vingt et un an? Pas certaine, qu'elle répond. Pas clair. Pas tout le monde qui fait ça. Bon.
Envie d'avoir une maison propre. On va y voir.
Envie de vivre, oui. Pas suicidaire pour une cenne, moi. Pantoute.
Envie de regarder la neige tomber. C'est beau.
vendredi 5 février 2016
Le coup de pied
Je me le suis donné. Et je suis partie la monter la foutu montagne. D'aplomb!
J'ai cependant perdu l'aplomb quand j'ai constaté que la montagne était devenue la montagne de la Mort! Verglacée, totalement verglacée. Si j'avais réussi à me rendre au sentier principal, je suppose qu'on aurait épandu du sel. Mais, après avoir failli me casser le cou, j'ai décidé de retourner.
M'est alors passé par la tête une pensée négative. Genre que je n'étais pas chanceuse. Genre que même quand je faisais tout mon possible pour m'aider et me secouer, même les éléments se mettaient contre moi. Le genre de pensée à combattre. Et juste au moment où je combattais tout en m'agrippant aux branches pour tenter de redescendre sans risquer ma peau, mon cel a sonné. Ma fille. Celle de l'hôpital. Paniquée. Son chum ne répondait pas depuis le matin. Inquiète. Était-il fâché contre elle? Essaie de l'appeler, toi, maman, please, et apporte-moi de la crème si tu peux. Et des fruits. Et de la lecture.
J'ai appelé. Il était en vie. Il allait donner signe de vie.
Ma Beauté. Ma douce et belle Beauté. Tellement devenue dépendante de ce gars.
Elle veut que j'arrive de bonne heure. Elle est là depuis seulement quatre jours et lui veut et insiste pour qu'elle y reste au moins un mois. Ça va être long longtemps.
J'ai cependant perdu l'aplomb quand j'ai constaté que la montagne était devenue la montagne de la Mort! Verglacée, totalement verglacée. Si j'avais réussi à me rendre au sentier principal, je suppose qu'on aurait épandu du sel. Mais, après avoir failli me casser le cou, j'ai décidé de retourner.
M'est alors passé par la tête une pensée négative. Genre que je n'étais pas chanceuse. Genre que même quand je faisais tout mon possible pour m'aider et me secouer, même les éléments se mettaient contre moi. Le genre de pensée à combattre. Et juste au moment où je combattais tout en m'agrippant aux branches pour tenter de redescendre sans risquer ma peau, mon cel a sonné. Ma fille. Celle de l'hôpital. Paniquée. Son chum ne répondait pas depuis le matin. Inquiète. Était-il fâché contre elle? Essaie de l'appeler, toi, maman, please, et apporte-moi de la crème si tu peux. Et des fruits. Et de la lecture.
J'ai appelé. Il était en vie. Il allait donner signe de vie.
Ma Beauté. Ma douce et belle Beauté. Tellement devenue dépendante de ce gars.
Elle veut que j'arrive de bonne heure. Elle est là depuis seulement quatre jours et lui veut et insiste pour qu'elle y reste au moins un mois. Ça va être long longtemps.
La fille du milieu
C'est celle qui a un petit garçon de six ans en première année. Elle a 25 ans. Elle a rencontré l'amour et je n'en ai presque plus de nouvelles. Ce qui est très bien car je suis débordée avec les deux autres. Mon fils non plus ne me donne que rarement des nouvelles et c'est parfait ainsi. Je sais qu'il va bien alors je m'en réjouis. Je suis tellement contente quand j'ai du monde dont je n'ai pas besoin de m'inquiéter.
Je vois peu mon petit-fils car il est avec ma fille la semaine et je ne vois pas ma fille la semaine et il passe ses fins de semaine chez son père qui habite encore avec sa mère.
Lundi, je le gardais et il était prévu que j'aille le chercher à l'école. Or, son père ne l'y avait pas envoyé pour des raisons osbcures. La première et principale raison selon ma fille, était qu'il ne s'était pas levé. C'est un pattern récurrent, monsieur ne se lève pas et ensuite il cherche une maladie à son fils pour justifier qu'il ne l'ait pas envoyé à l'école.
Quand je suis allée chercher le petit-fils chez le papa, c'est la jeune mamy (elle est dans la quarantaine) qui a ouvert et le père n'était pas en vue. Le petit était évidemment en pleine forme.
Ma fille était furieuse et elle a décidé d'agir.
Elle voulait déménager avec son chum et hésitait à changer son fils d'école. Le chum, qui travaille au même endroit qu'elle dans un autre département, habite près de leur travail commun. Ils vont déménager ensemble dans ce coin-là.
Elle m'envoie le site de la nouvelle école pour me demander mon opinion. Si on me demande mon opinion, je la donne bazouelle! Le petit, lui, a déjà vu le site de l'école et elle lui a présenté le tout, déménagement et changement d'école, comme quelque chose de merveilleux et souhaitable.
Je lui demande si le père a été consulté d'abord, avant l'enfant. Cet homme sera pour toujours le père de petit-fils et comme elle n'est pas un parent monoparental, elle ne peut prendre de décision sans en discuter avec l'autre parent. Je leur conseille la médiation.
Évidemment, vous la connaissez, elle a tout un caractère. Elle me répond (on est par écrit, là, heureusement) que ce père étant incapable d'envoyer son enfant à l'école, il n'a rien à voir là-dedans. Elle a décidé et elle l'a informé, oui, mais non, elle ne lui a pas demandé son avis.
"Tu ne prends jamais pour moi, tu prends toujours pour lui. C'est pas nouveau. J'aurais dû le savoir. Ça serait bien que tu m'appuies une fois de temps en temps."
J'ai décidé de ne pas répondre.
Je vois peu mon petit-fils car il est avec ma fille la semaine et je ne vois pas ma fille la semaine et il passe ses fins de semaine chez son père qui habite encore avec sa mère.
Lundi, je le gardais et il était prévu que j'aille le chercher à l'école. Or, son père ne l'y avait pas envoyé pour des raisons osbcures. La première et principale raison selon ma fille, était qu'il ne s'était pas levé. C'est un pattern récurrent, monsieur ne se lève pas et ensuite il cherche une maladie à son fils pour justifier qu'il ne l'ait pas envoyé à l'école.
Quand je suis allée chercher le petit-fils chez le papa, c'est la jeune mamy (elle est dans la quarantaine) qui a ouvert et le père n'était pas en vue. Le petit était évidemment en pleine forme.
Ma fille était furieuse et elle a décidé d'agir.
Elle voulait déménager avec son chum et hésitait à changer son fils d'école. Le chum, qui travaille au même endroit qu'elle dans un autre département, habite près de leur travail commun. Ils vont déménager ensemble dans ce coin-là.
Elle m'envoie le site de la nouvelle école pour me demander mon opinion. Si on me demande mon opinion, je la donne bazouelle! Le petit, lui, a déjà vu le site de l'école et elle lui a présenté le tout, déménagement et changement d'école, comme quelque chose de merveilleux et souhaitable.
Je lui demande si le père a été consulté d'abord, avant l'enfant. Cet homme sera pour toujours le père de petit-fils et comme elle n'est pas un parent monoparental, elle ne peut prendre de décision sans en discuter avec l'autre parent. Je leur conseille la médiation.
Évidemment, vous la connaissez, elle a tout un caractère. Elle me répond (on est par écrit, là, heureusement) que ce père étant incapable d'envoyer son enfant à l'école, il n'a rien à voir là-dedans. Elle a décidé et elle l'a informé, oui, mais non, elle ne lui a pas demandé son avis.
"Tu ne prends jamais pour moi, tu prends toujours pour lui. C'est pas nouveau. J'aurais dû le savoir. Ça serait bien que tu m'appuies une fois de temps en temps."
J'ai décidé de ne pas répondre.
jeudi 4 février 2016
Mes filles, ma vie, moi
Ma fille hospitalisée est encore à l'urgence en attente d'une place dans l'unité psychiatrique, je la visite. Elle a une chambre bien propre et privée et je suis émerveillée par l'organisation de cet hôpital. C'est l'hôpital général de Montréal. Je ne sais pas si tout l'hôpital est aussi bien mais la partie psychiatrique a tout été rénovée et est claire, propre et paisible. Ma fille est calme, zen, d'apparence tout à fait normale. On jase et elle me dit ceci:
-Si tu avais su que ta vie aurait été si dure, aurais-tu adopté quand même?
-Ben voyons, elle n'est pas dure ma vie. Je fais ce que je veux. Si je ne voyage pas pour m'occuper de ta soeur, c'est parce que je l'ai décidé. Je suis ici maintenant dans cet hôpital parce que je le veux et on passe un bon moment ensemble, non?
Je n'ai pas du tout réfléchi en lui répondant, c'est tout simplement sorti tout seul. Est-ce que j'ai menti? Pas vraiment. C'est vrai que j'ai choisi ce que je fais. Je pourrais couper le contact avec mes filles si je le voulais. Ça ne serait pas facile mais pas impossible non plus. Rien n'est impossible si on le veut vraiment.
Je n'ai pas choisi cette voie.
C'est certain que j'espère que ma plus jeune va accéder à l'indépendance. C'est certain que j'aimerais que ma plus vieille soit en bonne santé mentale. Mais on fait avec ce qu'on a, avec ce qui est pas avec ce qu'on voudrait ou rêverait. La vie n'est pas un rêve.
Mon fils va très bien. Mon petit-fils aussi. Sa mère va de mieux en mieux.
Ma mère à moi? Je voulais aller chez elle hier, elle était seule, son chum ne la visite plus tous les jours et je lui ai proposé le gym ou la piscine. Pouah! Elle n'a jamais voulu que je vienne! La dernière fois, on y était allées au gym de son immeuble et elle avait fait plein de trucs et j'en étais très fière (elle aura 90 ans le mois prochain!) mais je l'ai entendu parler au téléphone avec mon frère "J'ai été obligée d'aller au gym avec Unefemmelibre, tu sais comme elle aime ça, ces affaires-là!" J'ai bien ri. Je la lâche tranquille.
Ma fille à l'hôpital, je la visiterai aux deux jours. C'est pas vraiment loin de chez moi. Pratique.
Aujourd'hui, aquaforme. Va faire du bien. Ensuite, bénévolat bébés et ce soir, un spectacle de danse. Journée occupée. C'est bien. Je ne maigris pas, toujours aux alentours de 169-170. Je n'en suis pas contente, non, mais je suis incapable -pour le moment, pour le moment!- de suivre un véritable régime et de compter les calories, malgré tous mes jolis livres de régime sur ma table de chevet. Je fais juste attention pour que ça n'empire pas au moins.
Et même ça, ce n'est pas vrai. Je fais plus qu'attention, je mange très peu et arrive à perdre une livre dans une journée. Le lendemain, dès que je mange normalement, la livre est reprise. C'est comme ça depuis deux semaines. Je sais que la clé, c'est le fameux 1200 calories bien comptées et sans écarts. Pas tout à fait prête à ça encore. Les bons repas pour ma fille qui habite avec moi n'aident pas. Quand j'avais réussi à atteindre mon poids santé, elle n'habitait pas avec moi ma fille. Je n'avais rien dans le frigo et j'achetais à mesure exactement ce dont j'avais besoin, rien de plus.
L'exercice non plus, c'est pas fort. J'ai abandonné l'idée de la montagne que je ne fais jamais et qui ne se solde que par la culpabilité. Je pense que je suis plus affectée que je ne le pensais par l'arrêt du yoga. Avec mon abonnement, j'y allais quatre, cinq ou des fois sept jours par semaine! et là, j'arrête cold turkey. L'histoire avec mes yeux et l'évitement des inversions a joué beaucoup là-dedans.
Ce qui marche avec moi, ce sont les cours payés. Je ne manque jamais mes deux cours aquatiques. J'apprécie cependant d'avoir des journées "libres". Alors, je continue comme ça et je verrai!
-Si tu avais su que ta vie aurait été si dure, aurais-tu adopté quand même?
-Ben voyons, elle n'est pas dure ma vie. Je fais ce que je veux. Si je ne voyage pas pour m'occuper de ta soeur, c'est parce que je l'ai décidé. Je suis ici maintenant dans cet hôpital parce que je le veux et on passe un bon moment ensemble, non?
Je n'ai pas du tout réfléchi en lui répondant, c'est tout simplement sorti tout seul. Est-ce que j'ai menti? Pas vraiment. C'est vrai que j'ai choisi ce que je fais. Je pourrais couper le contact avec mes filles si je le voulais. Ça ne serait pas facile mais pas impossible non plus. Rien n'est impossible si on le veut vraiment.
Je n'ai pas choisi cette voie.
C'est certain que j'espère que ma plus jeune va accéder à l'indépendance. C'est certain que j'aimerais que ma plus vieille soit en bonne santé mentale. Mais on fait avec ce qu'on a, avec ce qui est pas avec ce qu'on voudrait ou rêverait. La vie n'est pas un rêve.
Mon fils va très bien. Mon petit-fils aussi. Sa mère va de mieux en mieux.
Ma mère à moi? Je voulais aller chez elle hier, elle était seule, son chum ne la visite plus tous les jours et je lui ai proposé le gym ou la piscine. Pouah! Elle n'a jamais voulu que je vienne! La dernière fois, on y était allées au gym de son immeuble et elle avait fait plein de trucs et j'en étais très fière (elle aura 90 ans le mois prochain!) mais je l'ai entendu parler au téléphone avec mon frère "J'ai été obligée d'aller au gym avec Unefemmelibre, tu sais comme elle aime ça, ces affaires-là!" J'ai bien ri. Je la lâche tranquille.
Ma fille à l'hôpital, je la visiterai aux deux jours. C'est pas vraiment loin de chez moi. Pratique.
Aujourd'hui, aquaforme. Va faire du bien. Ensuite, bénévolat bébés et ce soir, un spectacle de danse. Journée occupée. C'est bien. Je ne maigris pas, toujours aux alentours de 169-170. Je n'en suis pas contente, non, mais je suis incapable -pour le moment, pour le moment!- de suivre un véritable régime et de compter les calories, malgré tous mes jolis livres de régime sur ma table de chevet. Je fais juste attention pour que ça n'empire pas au moins.
Et même ça, ce n'est pas vrai. Je fais plus qu'attention, je mange très peu et arrive à perdre une livre dans une journée. Le lendemain, dès que je mange normalement, la livre est reprise. C'est comme ça depuis deux semaines. Je sais que la clé, c'est le fameux 1200 calories bien comptées et sans écarts. Pas tout à fait prête à ça encore. Les bons repas pour ma fille qui habite avec moi n'aident pas. Quand j'avais réussi à atteindre mon poids santé, elle n'habitait pas avec moi ma fille. Je n'avais rien dans le frigo et j'achetais à mesure exactement ce dont j'avais besoin, rien de plus.
L'exercice non plus, c'est pas fort. J'ai abandonné l'idée de la montagne que je ne fais jamais et qui ne se solde que par la culpabilité. Je pense que je suis plus affectée que je ne le pensais par l'arrêt du yoga. Avec mon abonnement, j'y allais quatre, cinq ou des fois sept jours par semaine! et là, j'arrête cold turkey. L'histoire avec mes yeux et l'évitement des inversions a joué beaucoup là-dedans.
Ce qui marche avec moi, ce sont les cours payés. Je ne manque jamais mes deux cours aquatiques. J'apprécie cependant d'avoir des journées "libres". Alors, je continue comme ça et je verrai!
mardi 2 février 2016
Nouvelles
Ma petite a perdu sa carte d'étudiante et sa carte de stagiaire. Elle est allée travailler sans hier (elle doit porter ses cartes bien en évidence sur elle) et personne ne l'a remarqué (mais remarque-t-on quoi que ce soit dans ce lugubre endroit?). Elle les avait à son retour à la maison vendredi avec son carnet, le tout dans son sac rose, lequel sac rose elle met dans son sac noir. On a cherché, cherché encore et pas trouvé. Elle semblait moins découragée malgré tout aujourd'hui. Le fait qu'il lui reste quatre jours de stage joue favorablement sur son humeur. La fille de la dame qui veut l'engager en privé insiste, lui dit qu'elle va tout lui montrer ce qu'il y a à faire, qu'elle n'aura plus affaire au reste du staff une fois engagée par elle et qu'elle pourra prendre son temps avec une seule patiente. Ma fille lui a dit la vérité, soit qu'elle est bien mélangée.
J'ai rejoint l'urgence psychiatrique ce matin pour avoir des nouvelles de ma fille hospitalisée. Elle a pris sa douche et mangé, m'a dit l'infirmière. Ce qu'elle ne m'a pas dit et que son chum m'a révélé, c'est qu'elle est attachée à son lit ma fille!! Ils ont probablement peur qu'elle ne se sauve ou ne se suicide. C'est dur de savoir ça. Il est au courant, le chum que je devrais maintenant appeler l'ex-chum parce que ma fille lui a parlé. Moi, elle ne m'a pas appelée. J'ai demandé à l'infirmière de lui dire que j'avais demandé des nouvelles. Je ne peux plus qu'attendre. J'ai bien hâte d'entendre sa voix.
Je voulais monter la montagne mais je suis encore là. Va falloir que j'admette que d'aller monter le Mont-Royal toute seule, je ne le fais pas, ça m'apparaît justement comme une montagne (quel judicieux jeu de mots, eheh!). Va certainement falloir que je trouve autre chose car quand je bouge, je vais mieux.
Mon petit-fils que j'ai vu hier va bien. Relativement. Son père ne l'avait pas envoyé à l'école. Le père ne se lève pas et ensuite il invente une maladie à l'enfant pour justifier son absence. Là, c'était la peau sèche qui était certainement (hum!) un signe d'allergie quelconque. Donc, quand on a une allergie, on ne va pas à l'école (vraiment?). Ça rend ma fille furieuse, voir hystérique et je la comprends mais que peut-elle faire à part reprendre son fils le dimanche soir pour être certaine qu'il sera à l'école le lundi? C'est ce que je lui ai suggéré. Elle l'a le reste de la semaine alors il n'y a que le lundi qui est problématique.
J'ai une pièce de théâtre ce soir. C'est bien parce que je suis catatonique et si je n'avais pas ce billet déjà acheté je resterais ici à ne pas faire grand chose.
J'ai rejoint l'urgence psychiatrique ce matin pour avoir des nouvelles de ma fille hospitalisée. Elle a pris sa douche et mangé, m'a dit l'infirmière. Ce qu'elle ne m'a pas dit et que son chum m'a révélé, c'est qu'elle est attachée à son lit ma fille!! Ils ont probablement peur qu'elle ne se sauve ou ne se suicide. C'est dur de savoir ça. Il est au courant, le chum que je devrais maintenant appeler l'ex-chum parce que ma fille lui a parlé. Moi, elle ne m'a pas appelée. J'ai demandé à l'infirmière de lui dire que j'avais demandé des nouvelles. Je ne peux plus qu'attendre. J'ai bien hâte d'entendre sa voix.
Je voulais monter la montagne mais je suis encore là. Va falloir que j'admette que d'aller monter le Mont-Royal toute seule, je ne le fais pas, ça m'apparaît justement comme une montagne (quel judicieux jeu de mots, eheh!). Va certainement falloir que je trouve autre chose car quand je bouge, je vais mieux.
Mon petit-fils que j'ai vu hier va bien. Relativement. Son père ne l'avait pas envoyé à l'école. Le père ne se lève pas et ensuite il invente une maladie à l'enfant pour justifier son absence. Là, c'était la peau sèche qui était certainement (hum!) un signe d'allergie quelconque. Donc, quand on a une allergie, on ne va pas à l'école (vraiment?). Ça rend ma fille furieuse, voir hystérique et je la comprends mais que peut-elle faire à part reprendre son fils le dimanche soir pour être certaine qu'il sera à l'école le lundi? C'est ce que je lui ai suggéré. Elle l'a le reste de la semaine alors il n'y a que le lundi qui est problématique.
J'ai une pièce de théâtre ce soir. C'est bien parce que je suis catatonique et si je n'avais pas ce billet déjà acheté je resterais ici à ne pas faire grand chose.
lundi 1 février 2016
Retour à l'hôpital
Ma fille ainée est de retour à l'hôpital. De force. Avec les policiers qui doivent demander du renfort parce qu'elle se débat. C'est son chum qui a appelé, secondé par sa psychiatre. Au début, il m'appelait sans cesse pour ce qui ressemblait à une chicane. J'avais petit-fils avec moi alors je ne pouvais donner toute mon attention et puis je ne voulais pas non plus me mêler de leur vie de couple. J'ai coupé le contact, dit que je devais m'occuper de mon petit-fils (c'était vrai!). En soirée, j'ai appris qu'elle avait été internée. Cette fois, il refuse de la reprendre à moins qu'elle n'aille très bien. Et encore. Il en a marre. On dirait que la dernière tentative de suicide dans le char avec les menottes l'a achevé. J'ai énormément de peine. Elle ne fait pas exprès, ma fille, elle est malade. Et encore suicidaire.
dimanche 31 janvier 2016
Je suis déprimée
Ce n'est pas en le niant que je vais m'aider. Je dormirais toute la journée. Je n'ai le goût à rien. Aller voir ma mère aujourd'hui est la corvée du siècle. Je ne perds pas de poids. Je suis fatiguée, très fatiguée. Je bouge peu. Pas sortie de la journée hier.
La technique des coups de pieds ne marche plus du tout. Même pas l'énergie pour les coups de pieds.
Une fois ceci constaté, je vais chercher et trouver des solutions. Une chose à la fois. Et peut-être bien que j'irai mieux demain aussi. Des fois, ça m'arrive.
La technique des coups de pieds ne marche plus du tout. Même pas l'énergie pour les coups de pieds.
Une fois ceci constaté, je vais chercher et trouver des solutions. Une chose à la fois. Et peut-être bien que j'irai mieux demain aussi. Des fois, ça m'arrive.
samedi 30 janvier 2016
Aider les autres
Je ne pense pas que se regarder le nombril rende plus heureux. Non.
Au contraire, même. Être utile donne un sens à la vie. Je suis beaucoup énormément dans l'aide aux autres à ce moment de ma vie. C'est bien, c'est correct et c'est ce que je veux faire. Ce que j'ai choisi de faire car on a toujours le choix.
Pour aider les autres, il faut être en bonne santé soi-même, le plus possible. Et même ça, ce n'est pas tout à fait vrai. Il y a des personnes malades qui aident énormément les autres. On avait été bien surpris de voir arriver une femme bénévole à demi-paralysée dans un fauteuil roulant pour aider mon père dans ses derniers moments de vie aux soins palliatifs. Nous les avions laissé seuls et mon père l'avait tellement appréciée qu'il avait demandé sa présence et son réconfort par la suite (courte suite, il est décédé quelques jours plus tard).
Je pense tout de même qu'il est sain de prendre soin de soi, pas seulement des autres, et je tente de le faire. Spectacle hier et souper/pizza avec une amie chère. Elle est bipolaire, cette femme. C'est la mère de la meilleure amie de ma plus jeune et comme elle aime les arts autant que moi, je suis ravie de l'avoir trouvée pour m'accompagner. Et non seulement elle m'accompagne dans ce qui me plaît mais elle me fait découvrir des trucs emballants et nouveaux!
C'est certain que la soirée pizza n'entrait pas dans mon plan de perte de poids. C'était son choix à elle qui est toute menue et charmante. Je suis charmante aussi certainement! ;o) mais moins menue mettons, surtout depuis les Fêtes.
J'ai mangé la pizza avec plaisir et le régime a repris ce matin. Basta!
Alors, comme mes amies qui connaissent des problèmes de gestion alimentaire le savent trop bien, du poids, ça se prend vite et curieusement, ça se perd lentement. Loi de Murphy!
Mon poids depuis lundi: 171.4,170.2,169,169,168 et évidemment, après la pizza et le vin d'hier, 169.2 ce matin. Est- ce que je regrette la pizza? Pas du tout! Et puis, je pèse quand même moins que lundi, donc tout va bien. Je compte être très très raisonnable ce week-end, c'est mon intention, mais comme j'ai déjà souvent dit ça sans le faire vraiment, on verra. Bon, c'est pas très proactif comme phrase ça....
Exercice? lundi, aquajogging, mardi, musculation au gym de ma mère (et avec ma mère, yé!). mercredi? euh.. rien!, jeudi, aquaforme et hier, marche seulement. Aujourd'hui, ce sera la montagne même si ça ne me tente tellement pas du tout. Et puis, pourquoi je devrais absolument faire quelque chose qui ne me tente pas absolument du tout? Je me remets en question là-dessus. Me pousser tout le temps, aller au-delà de mes envies véritables, est-ce la bonne façon de fonctionner?
Moins on bouge, moins on veut bouger, je m'en suis bien rendu compte pendant le temps des Fêtes. Alors fallait remettre la machine en branle. Quand je suis abonnée à un cours ou une école, j'y vais. Quand il s'agit de me bouger toute seule, c'est pas mal beaucoup plus dur pour moi. Force d'inertie.
Alors, la montagne, j'y vais ou j'y vais pas? Je vous dirai ça demain!
Donc, je m'occupe de mes filles, pas celle du milieu, elle se débrouille bien. Ensuite de ma mère. J'ai passé la journée avec elle mardi et ça a été agréable.
Mon bénévolat-bébés. Ils vont super bien et pour la première fois, je les ai gardés toute seule et ça c'est super bien passé.
Je donne des cours de français au fils de treize ans fraîchement opéré de ma voisine/amie qui a adopté quatre enfants. Il veut apprendre alors c'est plaisant.
Dans une semaine, ma fille aura fini son stage. La vie prendra alors une autre tournure. Mais vivons le moment présent. La montagne ou autre chose qui fait bouger quand même? Branche-toi, Une femme Libre!
Au contraire, même. Être utile donne un sens à la vie. Je suis beaucoup énormément dans l'aide aux autres à ce moment de ma vie. C'est bien, c'est correct et c'est ce que je veux faire. Ce que j'ai choisi de faire car on a toujours le choix.
Pour aider les autres, il faut être en bonne santé soi-même, le plus possible. Et même ça, ce n'est pas tout à fait vrai. Il y a des personnes malades qui aident énormément les autres. On avait été bien surpris de voir arriver une femme bénévole à demi-paralysée dans un fauteuil roulant pour aider mon père dans ses derniers moments de vie aux soins palliatifs. Nous les avions laissé seuls et mon père l'avait tellement appréciée qu'il avait demandé sa présence et son réconfort par la suite (courte suite, il est décédé quelques jours plus tard).
Je pense tout de même qu'il est sain de prendre soin de soi, pas seulement des autres, et je tente de le faire. Spectacle hier et souper/pizza avec une amie chère. Elle est bipolaire, cette femme. C'est la mère de la meilleure amie de ma plus jeune et comme elle aime les arts autant que moi, je suis ravie de l'avoir trouvée pour m'accompagner. Et non seulement elle m'accompagne dans ce qui me plaît mais elle me fait découvrir des trucs emballants et nouveaux!
C'est certain que la soirée pizza n'entrait pas dans mon plan de perte de poids. C'était son choix à elle qui est toute menue et charmante. Je suis charmante aussi certainement! ;o) mais moins menue mettons, surtout depuis les Fêtes.
J'ai mangé la pizza avec plaisir et le régime a repris ce matin. Basta!
Alors, comme mes amies qui connaissent des problèmes de gestion alimentaire le savent trop bien, du poids, ça se prend vite et curieusement, ça se perd lentement. Loi de Murphy!
Mon poids depuis lundi: 171.4,170.2,169,169,168 et évidemment, après la pizza et le vin d'hier, 169.2 ce matin. Est- ce que je regrette la pizza? Pas du tout! Et puis, je pèse quand même moins que lundi, donc tout va bien. Je compte être très très raisonnable ce week-end, c'est mon intention, mais comme j'ai déjà souvent dit ça sans le faire vraiment, on verra. Bon, c'est pas très proactif comme phrase ça....
Exercice? lundi, aquajogging, mardi, musculation au gym de ma mère (et avec ma mère, yé!). mercredi? euh.. rien!, jeudi, aquaforme et hier, marche seulement. Aujourd'hui, ce sera la montagne même si ça ne me tente tellement pas du tout. Et puis, pourquoi je devrais absolument faire quelque chose qui ne me tente pas absolument du tout? Je me remets en question là-dessus. Me pousser tout le temps, aller au-delà de mes envies véritables, est-ce la bonne façon de fonctionner?
Moins on bouge, moins on veut bouger, je m'en suis bien rendu compte pendant le temps des Fêtes. Alors fallait remettre la machine en branle. Quand je suis abonnée à un cours ou une école, j'y vais. Quand il s'agit de me bouger toute seule, c'est pas mal beaucoup plus dur pour moi. Force d'inertie.
Alors, la montagne, j'y vais ou j'y vais pas? Je vous dirai ça demain!
Donc, je m'occupe de mes filles, pas celle du milieu, elle se débrouille bien. Ensuite de ma mère. J'ai passé la journée avec elle mardi et ça a été agréable.
Mon bénévolat-bébés. Ils vont super bien et pour la première fois, je les ai gardés toute seule et ça c'est super bien passé.
Je donne des cours de français au fils de treize ans fraîchement opéré de ma voisine/amie qui a adopté quatre enfants. Il veut apprendre alors c'est plaisant.
Dans une semaine, ma fille aura fini son stage. La vie prendra alors une autre tournure. Mais vivons le moment présent. La montagne ou autre chose qui fait bouger quand même? Branche-toi, Une femme Libre!
jeudi 28 janvier 2016
Se calmer
Ma fille est en train de couler son stage. Avant-hier, elle pleurait tellement qu'on a parlé dans mon lit jusqu'à quatre heures du matin et qu'elle s'y est endormie. Hier, ça n'allait pas le diable mieux non plus.
On lui a donné de gros cas, surtout celui de madame Michaud qui souffre d'alzeimer alors que sa famille refuse qu'elle se retrouve à l'étage qui leur est consacré. Elle est donc intégrée aux "réguliers", ceux qui descendent ou pas pour le repas mais qui ont un temps réduit d'aide par le personnel. On s'attend aussi à ce qu'elle mange seule, ce qu'elle ne fait pas selon ma fille. Soit elle joue avec sa nourriture, soit elle n'y touche pas. Personne, sauf ma fille, ne semble s'en préoccuper. Elle est maigre à faire peur et d'ailleurs ma fille a peur de la blesser et donc la touche avec la plus grande délicatesse. Or, madame Michaud refuse de se lever pour qu'on la change ou la déplace.
Que font les autres, Vingt et un an?
Ils la bardassent, la lèvent, l'assoient et la couchent de force. Sadique l'accroche à sa marchette, la soulève par un bras et lui pousse dans le dos.
C'est maintenant ma fille qui s'en occupe de madame Michaud. Et ça lui prend... des heures! Comme elle a cinq autres patients à déplacer, laver, changer et coucher le soir, les autres attendent. Il y a eu des plaintes, me dit ma fille en larmes.
Elle ne comprend pas le temps, ma fille. Ses problèmes d'apprentissage ressortent. Elle est devenue "le cas", celle qui n'arrive pas à s'occuper de ses bénéficiaires.
Avant-hier, quand elle en a finalement fini de coucher madame Michaud, sans avoir réussi à la laver, vu ses cris et sa résistance, les autres préposés s'étaient occupé de "ses" autres bénéficiaires. Évidemment, ils se sont plaint.
L'incompétente, maintenant, c'est ma fille. Elle aura un mauvais rapport de stage. Pas capable de faire la job.
Elle souffre. Je souffre avec elle!
Avant-hier, je lui ai conseillé de parler à "quelqu'un" (il n'y a personne d'attitré aux stagiaires dans cette résidence mal organisée, ça change tous les jours!) pour demander de ne plus s'occuper de madame Michaud. Dire que c'est un cas trop lourd pour elle, qu'elle n'a pas assez d'expérience etc.
On lui a dit qu'elle devait s'en occuper. Que quand on travaille en résidence, on ne choisit pas ses bénéficiaires.
Mais une autre préposée est allée avec elle. Ça a l'air que tout le monde se demande ce qu'elle peut bien faire pendant une heure et demie dans la chambre alors que le temps à consacrer à chaque bénéficiaire est de maximum quinze minutes.
L'autre préposée a réussi à s'occuper de madame Michaud, lavée, changée, pyjama mis et au lit en quinze minutes. Alors ma fille a l'air encore plus incompétente.
Ce qui n'aide vraiment pas, c'est également que ma très sociable fille, qui se fait facilement des amis partout avec son beau sourire, n'a aucun allié dans cette résidence. Elle me dira qu'elle n'a rien en commun avec les employés qui travaillent là.
J'ai proposé et reproposé à ma fille d'appeler sa responsable de stage à son école. Elle ne veut vraiment pas.
Alors, je suis là pour ma petite, je l'aime, je l'entoure et je vais continuer à le faire qu'elle réussisse son stage ou pas. Mais je lâche prise (un peu!). Je ne vais pas outremanger, non, madame, plus question que je me fasse du mal à moi parce que ma fille va mal.
Je ne peux pas vivre sa vie à sa place. Possible que ses problèmes d'apprentissage soient trop grands pour qu'elle puisse occuper un emploi. On s'adaptera.
Hier, j'ai vu mon notaire pour faire mon testament. Cette enfant-là, c'est son frère qui va gérer sa part d'héritage. Il est d'accord et ma fille est au courant.
Une "anecdote": une des bénéficaires de ma fille n'a plus de savon. Or, elle est aux couches .Ma fille change une couche avec de la merde et elle veut évidemment laver correctement la dame. Elle finit par demander à l'infirmière (qui l'accusera de la déranger pour rien) et reçoit comme réponse que c'est la famille qui doit apporter du savon! C'est pas fourni! Ma fille finira par gratter un peu de fond de savon dans le bas de l'armoire pour laver tant bien que mal la dame. Son fils va lui en apporter du savon, dira la dame, mais là, il ne peut pas, il est bien occupé, il travaille beaucoup.
On lui a donné de gros cas, surtout celui de madame Michaud qui souffre d'alzeimer alors que sa famille refuse qu'elle se retrouve à l'étage qui leur est consacré. Elle est donc intégrée aux "réguliers", ceux qui descendent ou pas pour le repas mais qui ont un temps réduit d'aide par le personnel. On s'attend aussi à ce qu'elle mange seule, ce qu'elle ne fait pas selon ma fille. Soit elle joue avec sa nourriture, soit elle n'y touche pas. Personne, sauf ma fille, ne semble s'en préoccuper. Elle est maigre à faire peur et d'ailleurs ma fille a peur de la blesser et donc la touche avec la plus grande délicatesse. Or, madame Michaud refuse de se lever pour qu'on la change ou la déplace.
Que font les autres, Vingt et un an?
Ils la bardassent, la lèvent, l'assoient et la couchent de force. Sadique l'accroche à sa marchette, la soulève par un bras et lui pousse dans le dos.
C'est maintenant ma fille qui s'en occupe de madame Michaud. Et ça lui prend... des heures! Comme elle a cinq autres patients à déplacer, laver, changer et coucher le soir, les autres attendent. Il y a eu des plaintes, me dit ma fille en larmes.
Elle ne comprend pas le temps, ma fille. Ses problèmes d'apprentissage ressortent. Elle est devenue "le cas", celle qui n'arrive pas à s'occuper de ses bénéficiaires.
Avant-hier, quand elle en a finalement fini de coucher madame Michaud, sans avoir réussi à la laver, vu ses cris et sa résistance, les autres préposés s'étaient occupé de "ses" autres bénéficiaires. Évidemment, ils se sont plaint.
L'incompétente, maintenant, c'est ma fille. Elle aura un mauvais rapport de stage. Pas capable de faire la job.
Elle souffre. Je souffre avec elle!
Avant-hier, je lui ai conseillé de parler à "quelqu'un" (il n'y a personne d'attitré aux stagiaires dans cette résidence mal organisée, ça change tous les jours!) pour demander de ne plus s'occuper de madame Michaud. Dire que c'est un cas trop lourd pour elle, qu'elle n'a pas assez d'expérience etc.
On lui a dit qu'elle devait s'en occuper. Que quand on travaille en résidence, on ne choisit pas ses bénéficiaires.
Mais une autre préposée est allée avec elle. Ça a l'air que tout le monde se demande ce qu'elle peut bien faire pendant une heure et demie dans la chambre alors que le temps à consacrer à chaque bénéficiaire est de maximum quinze minutes.
L'autre préposée a réussi à s'occuper de madame Michaud, lavée, changée, pyjama mis et au lit en quinze minutes. Alors ma fille a l'air encore plus incompétente.
Ce qui n'aide vraiment pas, c'est également que ma très sociable fille, qui se fait facilement des amis partout avec son beau sourire, n'a aucun allié dans cette résidence. Elle me dira qu'elle n'a rien en commun avec les employés qui travaillent là.
J'ai proposé et reproposé à ma fille d'appeler sa responsable de stage à son école. Elle ne veut vraiment pas.
Alors, je suis là pour ma petite, je l'aime, je l'entoure et je vais continuer à le faire qu'elle réussisse son stage ou pas. Mais je lâche prise (un peu!). Je ne vais pas outremanger, non, madame, plus question que je me fasse du mal à moi parce que ma fille va mal.
Je ne peux pas vivre sa vie à sa place. Possible que ses problèmes d'apprentissage soient trop grands pour qu'elle puisse occuper un emploi. On s'adaptera.
Hier, j'ai vu mon notaire pour faire mon testament. Cette enfant-là, c'est son frère qui va gérer sa part d'héritage. Il est d'accord et ma fille est au courant.
Une "anecdote": une des bénéficaires de ma fille n'a plus de savon. Or, elle est aux couches .Ma fille change une couche avec de la merde et elle veut évidemment laver correctement la dame. Elle finit par demander à l'infirmière (qui l'accusera de la déranger pour rien) et reçoit comme réponse que c'est la famille qui doit apporter du savon! C'est pas fourni! Ma fille finira par gratter un peu de fond de savon dans le bas de l'armoire pour laver tant bien que mal la dame. Son fils va lui en apporter du savon, dira la dame, mais là, il ne peut pas, il est bien occupé, il travaille beaucoup.
dimanche 24 janvier 2016
Écrire pour écrire
Juste parce que ça me fait du bien. Les deux filles dorment. Ma grande qui est sortie de l'hôpital vient nous chercher en voiture pour aller chez maman. Son chum a fait mettre un gps sur la voiture pour savoir en tout temps où elle est. Elle est au courant. Il capote, son chum. A peur qu'elle ne retente de se tuer. Je le comprends. C'est lui qui vit avec elle. La pression est énorme. Il ne peut et ne veut pas l'enfermer et comme ses trois derniers suicides (tentatives) ont été faits avec la voiture, il veut savoir où elle est cette voiture!
Ils se chicanent beaucoup et j'en ai été trop témoin cette semaine. En fait, c'est plus lui qui gueule après elle et elle qui reste silencieuse. Ça me fend le coeur. Et en même temps, je comprends ce qu'il vit. Je ne veux plus être mêlée à leur vie de couple. Ça me ronge et me détruit. Je lui ai dit à lui, car c'est lui qui m'appelle, pas elle.
Ils ne se chicanaient jamais avant (du moins c'est ce qu'ils disent). On dirait que cette dernière tentative de suicide a vraiment été de trop. Surtout qu'il aurait pu être accusé.
Alors... on s'en va donc chez maman.
J'ai de la misère à me remettre en branle. Je continue à trop manger. Je veux commencer mon régime lundi. Je commence toujours mes régimes le lundi. Je me suis acheté un nouveau pèse-personne. L'autre pouvait varier de trois ou quatre livres. J'ai besoin d'un peu de précision.
Hier, ma fille me montrait des photos de notre voyage Vietnam/Cambodge fin 2011.J'ai été frappée par les photos! Mausus que j'étais grosse! Je suis allée voir dans mon agenda. Je pesais 177 livres.
On dirait que je n'ai pas le sens des proportions. Je n'arrive pas à me regarder fidèlement dans un miroir à 170 livres. C'est seulement sept livres de moins que lors du voyage au Cambodge. C'est comme irréel. Mon linge ne me fait plus, ça je le remarque! Je reviens aux pantalons de yoga et au chandail unique qui me fait encore bien.
Ça ne donne rien de se plaindre. Faut faire quelque chose. Et pourtant, oui, ça donne quelque chose. J'en suis là. Réaliser le dommage. Pas pour me taper sur la tête car la culpabilité et la haine de soi risquent bien d'entraîner une autre dérape. Non, juste pour savoir où j'en suis et d'où je repars.
Bon, allez, réveiller les petites filles pour aller chez ma mère. Un jour à la fois, une heure à la fois, une minute à la fois...
Fait soleil et je fais ce que je veux de ma vie et de mon corps. C'est moi qui décide. Empowerment, comme dirait Zoreilles, eheh!
Ils se chicanent beaucoup et j'en ai été trop témoin cette semaine. En fait, c'est plus lui qui gueule après elle et elle qui reste silencieuse. Ça me fend le coeur. Et en même temps, je comprends ce qu'il vit. Je ne veux plus être mêlée à leur vie de couple. Ça me ronge et me détruit. Je lui ai dit à lui, car c'est lui qui m'appelle, pas elle.
Ils ne se chicanaient jamais avant (du moins c'est ce qu'ils disent). On dirait que cette dernière tentative de suicide a vraiment été de trop. Surtout qu'il aurait pu être accusé.
Alors... on s'en va donc chez maman.
J'ai de la misère à me remettre en branle. Je continue à trop manger. Je veux commencer mon régime lundi. Je commence toujours mes régimes le lundi. Je me suis acheté un nouveau pèse-personne. L'autre pouvait varier de trois ou quatre livres. J'ai besoin d'un peu de précision.
Hier, ma fille me montrait des photos de notre voyage Vietnam/Cambodge fin 2011.J'ai été frappée par les photos! Mausus que j'étais grosse! Je suis allée voir dans mon agenda. Je pesais 177 livres.
On dirait que je n'ai pas le sens des proportions. Je n'arrive pas à me regarder fidèlement dans un miroir à 170 livres. C'est seulement sept livres de moins que lors du voyage au Cambodge. C'est comme irréel. Mon linge ne me fait plus, ça je le remarque! Je reviens aux pantalons de yoga et au chandail unique qui me fait encore bien.
Ça ne donne rien de se plaindre. Faut faire quelque chose. Et pourtant, oui, ça donne quelque chose. J'en suis là. Réaliser le dommage. Pas pour me taper sur la tête car la culpabilité et la haine de soi risquent bien d'entraîner une autre dérape. Non, juste pour savoir où j'en suis et d'où je repars.
Bon, allez, réveiller les petites filles pour aller chez ma mère. Un jour à la fois, une heure à la fois, une minute à la fois...
Fait soleil et je fais ce que je veux de ma vie et de mon corps. C'est moi qui décide. Empowerment, comme dirait Zoreilles, eheh!
samedi 23 janvier 2016
Prendre mes distances
Ce n'est pas facile de se distancier de ses enfants bien-aimés. Surtout celle qui vit avec moi. Elle écoute un preacher à la télévision en ce moment et me pose des questions bibliques. Veut tester mes connaissances. Rester calme, ne pas porter de jugements sur ses croyances. Légèreté.
Elle veut des croissants. Une de ses amies a dormi ici. Bon, je vais en acheter sans en manger moi-même. C'est du moins le but. Ou bien je refuse? Non, aucune raison de priver ces jeunes femmes parce que la mère d'une des filles souffre d'un désordre alimentaire.
Si j'en achète six, de toutes façons il n'y en aura pas pour moi. Je vais faire ça.
Je ne me contrains pas à l'exercice aujourd'hui mais retour aux bonnes habitudes alimentaires.
Elle veut des croissants. Une de ses amies a dormi ici. Bon, je vais en acheter sans en manger moi-même. C'est du moins le but. Ou bien je refuse? Non, aucune raison de priver ces jeunes femmes parce que la mère d'une des filles souffre d'un désordre alimentaire.
Si j'en achète six, de toutes façons il n'y en aura pas pour moi. Je vais faire ça.
Je ne me contrains pas à l'exercice aujourd'hui mais retour aux bonnes habitudes alimentaires.
vendredi 22 janvier 2016
Poids et compagnie
Je n'en parle plus et quand on n'en parle plus et qu'on a un problème de compulsion alimentaire, c'est souvent que ça va mal. Ça va mal.
J'ai repris du poids et je ne le perds pas du tout. Et comme il faut chiffrer car il n'y a que ça de vrai, même si c'est humiliant et décourageant aussi, je pèse 170 livres. Depuis plusieurs jours. Non, ça ne descend pas. Et si je persiste sur ma lancée, ça risque surtout de monter encore.
Tous les jours, je veux me reprendre en mains. Mais je ne dois pas le vouloir si fort que ça vu que je ne le fais pas.
Au moins, je me suis inscrite à un autre cours aquatique. Heureusement, car, comme tout se tient, je ne fais pas d'exercices non plus .
C'est facile dans mon cas de savoir si je vais bien ou mal. C'est directement relié à mon taux de graisse.
Ne me dites pas quoi faire, je le sais.
Hier, juste comme je me réjouissais que ma plus jeune semble s'adapter un peu à son stage, j'ai reçu un appel alarmant à propos de ma plus vieille. Elle est sortie trop tôt de l'hôpital. J'ai même pas envie de raconter ce qui s'est passé. Aujourd'hui, tout semble sous contrôle. Pour combien de temps?
Mon blogue est devenu le blogue des lamentations. Ça me fait du bien de me plaindre et de faire pitié. Surtout que je suis super remontante et enjouée et supportante avec mes enfants qui en arrachent. Quand elles ne sont pas là, je crashe et c'est ici que je fais ça.
Ceci dit, je ne vais pas si si mal que ça non plus. Je suis juste comme "en arrêt" "en pause". Gelée, pétrifiée, engluée. Je fais du spaghetti boulettes de viandes alors que je suis végétarienne, vous voyez le genre? Ma fille est ravie et je l'accompagne dans nos gargantuesques repas. J'ai honte d'écrire ça mais c'est ce qui se passe. Faut voir la vérité en face.
J'ai repris du poids et je ne le perds pas du tout. Et comme il faut chiffrer car il n'y a que ça de vrai, même si c'est humiliant et décourageant aussi, je pèse 170 livres. Depuis plusieurs jours. Non, ça ne descend pas. Et si je persiste sur ma lancée, ça risque surtout de monter encore.
Tous les jours, je veux me reprendre en mains. Mais je ne dois pas le vouloir si fort que ça vu que je ne le fais pas.
Au moins, je me suis inscrite à un autre cours aquatique. Heureusement, car, comme tout se tient, je ne fais pas d'exercices non plus .
C'est facile dans mon cas de savoir si je vais bien ou mal. C'est directement relié à mon taux de graisse.
Ne me dites pas quoi faire, je le sais.
Hier, juste comme je me réjouissais que ma plus jeune semble s'adapter un peu à son stage, j'ai reçu un appel alarmant à propos de ma plus vieille. Elle est sortie trop tôt de l'hôpital. J'ai même pas envie de raconter ce qui s'est passé. Aujourd'hui, tout semble sous contrôle. Pour combien de temps?
Mon blogue est devenu le blogue des lamentations. Ça me fait du bien de me plaindre et de faire pitié. Surtout que je suis super remontante et enjouée et supportante avec mes enfants qui en arrachent. Quand elles ne sont pas là, je crashe et c'est ici que je fais ça.
Ceci dit, je ne vais pas si si mal que ça non plus. Je suis juste comme "en arrêt" "en pause". Gelée, pétrifiée, engluée. Je fais du spaghetti boulettes de viandes alors que je suis végétarienne, vous voyez le genre? Ma fille est ravie et je l'accompagne dans nos gargantuesques repas. J'ai honte d'écrire ça mais c'est ce qui se passe. Faut voir la vérité en face.
mercredi 20 janvier 2016
De changements en changements
Alors que ma fille a l'air super déprimée et me dit et redit qu'elle n'a qu'une hâte: finir ce foutu stage pour ne plus jamais remettre les pieds dans la résidence maudite, elle rentre ce soir en me disant qu'elle a accepté un poste de nuit au même endroit à la fin de son stage! Ben coudons. ;o))
mardi 19 janvier 2016
Ma fille et le temps
Ohlala! Ma fille a dit à son stage qu'elle était disponible de jour et de nuit, n'importe quand, EXCEPTE le mardi matin. Qu'est-ce qu'il y a le mardi matin? Sa psychologue payée par l'IVAC, quelqu'un qu'elle juge important dans sa vie et son cheminement. Moi aussi, je trouve ça important. Elle a rendez-vous à dix heures trente les mardis. Ça lui prend trente minutes pour se rendre. Il faut donc qu'elle soit partie à dix heures. Je le lui dis et répète chaque semaine.
Or, ce matin, elle n'était pas levée à neuf heures et quart et elle est lente pour se préparer. Quand je suis allée la réveiller et retournée dix minutes plus tard en allumant la lumière cette fois parce qu'elle n'était pas encore levée, j'ai été très mal accueillie.
Elle a fini par se lever et là, j'ai su ce qui allait arriver (en partie!). J'allais stresser et lui dire de se dépêcher et regarder l'heure et me sentir mal, mal, mal.
Or, je dois prendre soin de moi aussi. Oui, je suis importante et je vais péter au frette si ça continue avec deux filles en difficulté.
J'ai donc mis manteau, chapeau, foulard, gants et bottes et me suis dirigée vers la porte.
"Tu sors?"
"Oui, je vais monter la montagne."
Il faisait froid, super froid ou du moins, moi j'avais super froid, ce qui fait que je ne me suis pas rendue en haut. Je suis redescendue bien lentement car je voulais être certaine de ne pas rencontrer ma fille en retard. Je suis arrivée près de chez moi à dix heures vingt-cinq et là, j'ai vu ma fille qui sortait! Elle m'a vue aussi. Je n'ai rien dit, j'avais trop envie de pleurer. Pas vrai, j'ai dit "C'est dans cinq minutes ton rendez-vous." sans crier, juste découragée. Elle avait l'air mal un peu et a dit "Je sais".
Le gadget pour compter le temps conseillé par Geneviève et d'autres, je vais aller l'acheter. Pas fait encore car je ne pensais pas qu'elle allait l'utiliser. Je ne le pense toujours pas en fait, mais là, je n'en ai plus de solutions.
Mon autre fille? Elle est sortie de l'hôpital hier en fin de journée.
Or, ce matin, elle n'était pas levée à neuf heures et quart et elle est lente pour se préparer. Quand je suis allée la réveiller et retournée dix minutes plus tard en allumant la lumière cette fois parce qu'elle n'était pas encore levée, j'ai été très mal accueillie.
Elle a fini par se lever et là, j'ai su ce qui allait arriver (en partie!). J'allais stresser et lui dire de se dépêcher et regarder l'heure et me sentir mal, mal, mal.
Or, je dois prendre soin de moi aussi. Oui, je suis importante et je vais péter au frette si ça continue avec deux filles en difficulté.
J'ai donc mis manteau, chapeau, foulard, gants et bottes et me suis dirigée vers la porte.
"Tu sors?"
"Oui, je vais monter la montagne."
Il faisait froid, super froid ou du moins, moi j'avais super froid, ce qui fait que je ne me suis pas rendue en haut. Je suis redescendue bien lentement car je voulais être certaine de ne pas rencontrer ma fille en retard. Je suis arrivée près de chez moi à dix heures vingt-cinq et là, j'ai vu ma fille qui sortait! Elle m'a vue aussi. Je n'ai rien dit, j'avais trop envie de pleurer. Pas vrai, j'ai dit "C'est dans cinq minutes ton rendez-vous." sans crier, juste découragée. Elle avait l'air mal un peu et a dit "Je sais".
Le gadget pour compter le temps conseillé par Geneviève et d'autres, je vais aller l'acheter. Pas fait encore car je ne pensais pas qu'elle allait l'utiliser. Je ne le pense toujours pas en fait, mais là, je n'en ai plus de solutions.
Mon autre fille? Elle est sortie de l'hôpital hier en fin de journée.
samedi 16 janvier 2016
Sans titre
D'habitude, je mets un titre et j'écris ensuite un billet. Je ne cherche jamais, le titre vient facilement et s'impose. Là, il ne me vient rien du tout. Le vide.
Ce n'est pas qu'il ne se passe rien, non, c'est pas ça.
Mais ce qui se passe concerne surtout mes filles. Celle à l'hôpital, celle qui fait un stage difficile, l'autre (la maman de Petit-fils) que j'ai vue aujourd'hui pour aller visiter sa soeur à l'hôpital. Elle va bien. Mon fils aussi, je le verrai demain, c'est chez lui qu'on ira bruncher.
Moi, je continue à vivre, j'ai même reçu à souper hier et je suis allée voir un spectacle de danse avec une amie que j'aime. C'était bien. Pourquoi suis-je si lasse, fatiguée et vide, alors?
Visite à l'hôpital aujourd'hui et puis plus rien. Vide. Tiens, je devrais l'intituler comme ça mon billet plate: vide.
Ce qui me motive, me branche et m'allume d'habitude ne me branche ni ne m'allume plus du tout. Fini l'abonnement au yoga et je ne l'ai pas renouvelé. C'est correct, je voulais et je veux encore du renouveau.
Le cours d'aquajogging du lundi est commencé, celui du mercredi a été annulé. Dommage, quand je paie pour un cours, j'y vais toujours. Alors, et bien, je ne fais rien d'autre que l'aquajogging du lundi. C'est pas ça qui était prévu, je sais. La paresse entraîne la paresse. Moins on en fait, moins on veut en faire. Je sais tout ça avec ma tête.
Je pèse cinq livres de plus que le 16 janvier 2015. Je n'écris même pas que je vais y remédier. Tannée de me raconter des histoires.
Je fais toujours mon bénévolat.
Alors, c'est ça. Je vais aller regarder la télé. Je fais ça très rarement regarder la télé.
Fille est ici. Tant mieux.
Ce n'est pas qu'il ne se passe rien, non, c'est pas ça.
Mais ce qui se passe concerne surtout mes filles. Celle à l'hôpital, celle qui fait un stage difficile, l'autre (la maman de Petit-fils) que j'ai vue aujourd'hui pour aller visiter sa soeur à l'hôpital. Elle va bien. Mon fils aussi, je le verrai demain, c'est chez lui qu'on ira bruncher.
Moi, je continue à vivre, j'ai même reçu à souper hier et je suis allée voir un spectacle de danse avec une amie que j'aime. C'était bien. Pourquoi suis-je si lasse, fatiguée et vide, alors?
Visite à l'hôpital aujourd'hui et puis plus rien. Vide. Tiens, je devrais l'intituler comme ça mon billet plate: vide.
Ce qui me motive, me branche et m'allume d'habitude ne me branche ni ne m'allume plus du tout. Fini l'abonnement au yoga et je ne l'ai pas renouvelé. C'est correct, je voulais et je veux encore du renouveau.
Le cours d'aquajogging du lundi est commencé, celui du mercredi a été annulé. Dommage, quand je paie pour un cours, j'y vais toujours. Alors, et bien, je ne fais rien d'autre que l'aquajogging du lundi. C'est pas ça qui était prévu, je sais. La paresse entraîne la paresse. Moins on en fait, moins on veut en faire. Je sais tout ça avec ma tête.
Je pèse cinq livres de plus que le 16 janvier 2015. Je n'écris même pas que je vais y remédier. Tannée de me raconter des histoires.
Je fais toujours mon bénévolat.
Alors, c'est ça. Je vais aller regarder la télé. Je fais ça très rarement regarder la télé.
Fille est ici. Tant mieux.
jeudi 14 janvier 2016
Le troisième jour
Le deuxième jour de stage se passe aussi mal que le premier. Ma fille termine à 22 heures et rentre à 23h10. Le centre est très loin de chez nous. Elle m'apprend alors qu'elle sera de jour le lendemain et commencera à 7 heures et elle doit arriver d'avance pour se préparer et mettre son uniforme. On regarde les horaires d'autobus, il n'y en a pas beaucoup très tôt le matin. Comme en plus, ça lui prend du temps avant de partir, elle devra se lever à quatre heures et demi!
Je décide de suivre son horaire et de me lever aux aurores avec elle le lendemain. Elle mange son repas du soir à 23h30, on jase de sa pénible journée. Il y a surtout une dame qui lui fend le coeur, elle a l'air terrorisée par Sadique. Elle a les bras pleins de bleus. Pour ce qui est des bleus cependant, j'apprendrai par mon amie qui a une maman souffrant de l'alzeihmer dans une excellente résidence et en plus visitée tous les jours par ses enfants que les personnes âgées ont souvent des bleus, la peau est plus fine et sa mère a les bras couverts de bleus et les avait comme ça avant même son entrée en résidence et il ne faut pas sauter aux conclusions trop hâtives. Sa mère accuse également les préposées de la voler, de la frapper, de la priver de nourriture et elle accuse également celle de ses filles qui ne la visite pas quand elle en voit une autre de lui faire vivre les même sévices. Or, ses accusations ne sont que le fruit de la maladie, pas de la réalité. Il faut faire attention. Pour ce qui est d'avoir l'air terrorisée, mon amie me dit que souvent les personnes qui souffrent de l'alzeihmer ont cet air-là même si elles sont traitées avec douceur. J'essaie de nuancer le plus possible.
D'ailleurs, tout ce que je raconte ici, je ne l'ai pas vu de mes yeux. Je rapporte les paroles de ma fille mais j'ai cependant tout à fait confiance en elle.
Elle dormira donc moins de quatre heures cette nuit-là vu son arrivée tardive et son réveil hâtif.
Le matin du troisième jour, à l'heure du départ, elle pleure à chaudes larmes. Épuisée et découragée, elle dit qu'elle ne veut pas être complice des mauvais soins, que ne rien dire, c'est consentir, qu'elle va parler, qu'elle s'en fout de son stage. Le bien-être des résidents âgés est bien plus important. Et elle pleure et elle pleure. Je suis alors dure avec elle. Faut qu'elle parte tout de suite. Faut le faire ce stage et c'est comme ça. Allez ouste, dehors! Tu pleureras à ton retour. Là, tu pars! Je la porte presque sur mon dos. Et elle finit par quitter. Ouf!
Mais j'apprends à son retour que cette troisième journée se passe bien mieux. Ni Incompétent ni Sadique ne travaillent avec elle ce jour-là, hourra! Elle passera la journée avec une autre stagiaire (hello la formation?) ou bien toute seule à donner des bains. Il lui arrivera même d'avoir des moments libres. Elle va alors tout de suite demander quelque chose à faire ou bien s'en va jaser avec les résidents qui en ont envie. On lui dira qu'elle est bien travaillante. Elle est fière de ça.
C'est moins découragée qu'elle est repartie pour sa quatrième journée ce matin. J'ai hâte d'en avoir des nouvelles.
Je décide de suivre son horaire et de me lever aux aurores avec elle le lendemain. Elle mange son repas du soir à 23h30, on jase de sa pénible journée. Il y a surtout une dame qui lui fend le coeur, elle a l'air terrorisée par Sadique. Elle a les bras pleins de bleus. Pour ce qui est des bleus cependant, j'apprendrai par mon amie qui a une maman souffrant de l'alzeihmer dans une excellente résidence et en plus visitée tous les jours par ses enfants que les personnes âgées ont souvent des bleus, la peau est plus fine et sa mère a les bras couverts de bleus et les avait comme ça avant même son entrée en résidence et il ne faut pas sauter aux conclusions trop hâtives. Sa mère accuse également les préposées de la voler, de la frapper, de la priver de nourriture et elle accuse également celle de ses filles qui ne la visite pas quand elle en voit une autre de lui faire vivre les même sévices. Or, ses accusations ne sont que le fruit de la maladie, pas de la réalité. Il faut faire attention. Pour ce qui est d'avoir l'air terrorisée, mon amie me dit que souvent les personnes qui souffrent de l'alzeihmer ont cet air-là même si elles sont traitées avec douceur. J'essaie de nuancer le plus possible.
D'ailleurs, tout ce que je raconte ici, je ne l'ai pas vu de mes yeux. Je rapporte les paroles de ma fille mais j'ai cependant tout à fait confiance en elle.
Elle dormira donc moins de quatre heures cette nuit-là vu son arrivée tardive et son réveil hâtif.
Le matin du troisième jour, à l'heure du départ, elle pleure à chaudes larmes. Épuisée et découragée, elle dit qu'elle ne veut pas être complice des mauvais soins, que ne rien dire, c'est consentir, qu'elle va parler, qu'elle s'en fout de son stage. Le bien-être des résidents âgés est bien plus important. Et elle pleure et elle pleure. Je suis alors dure avec elle. Faut qu'elle parte tout de suite. Faut le faire ce stage et c'est comme ça. Allez ouste, dehors! Tu pleureras à ton retour. Là, tu pars! Je la porte presque sur mon dos. Et elle finit par quitter. Ouf!
Mais j'apprends à son retour que cette troisième journée se passe bien mieux. Ni Incompétent ni Sadique ne travaillent avec elle ce jour-là, hourra! Elle passera la journée avec une autre stagiaire (hello la formation?) ou bien toute seule à donner des bains. Il lui arrivera même d'avoir des moments libres. Elle va alors tout de suite demander quelque chose à faire ou bien s'en va jaser avec les résidents qui en ont envie. On lui dira qu'elle est bien travaillante. Elle est fière de ça.
C'est moins découragée qu'elle est repartie pour sa quatrième journée ce matin. J'ai hâte d'en avoir des nouvelles.
La suite
Incompétent change les couches (culottes d'incontinence qu'il faut dire mais il s'agit bien de couches) sans laver le bénéficiaire (sauf sommairement dans les cas de cacas). Ma fille, qui vient tout juste d'étudier les soins à donner pendant cinq mois et qui a eu tout un cours sur l'hygiène, le lui fait remarquer. Il lui répond que les patients "sont capables de se laver eux-mêmes" (!!!) En changeant un monsieur, ma fille remarque que son piqué est souillé de caca séché et demande à le changer. Réponse de Incompétent que je pourrais aussi appeler Pressé parce que la vitesse est son premier souci " C'est pas nous qui fait ça " et file dans une autre chambre. Il est bien bon pour piquer et donner les médicaments par exemple. Pas incompétent pour ça. C'est d'ailleurs la tâche numéro un, la distribution de médicaments, avant les repas et après les repas aussi et ça continue. Avant d'entrer dans une chambre, il dit à ma fille "Celle-la, ne lui réponds pas, sinon ça va prendre trop de temps. Elle parle tout le temps." Ma fille était super mal et n'a pas suivi la consigne. Elle a répondu à la bénéficiaire qui lui parlait!
Tout est fait en fonction de sauver du temps et d'aller plus vite. Comme la cafétéria est trop petite, les personnes âgées mangent en deux tablées, il faut donc que les premières installées mangent vite pour laisser la place à la deuxième tablée. Ma fille trouve qu'on les bouscule tout le temps.
Surtout Sadique! Lui, quand une vieille pensionnaire ne marche pas assez vite avec sa marchette, il la soulève par un bras et la pousse dans le dos. Et les gens ont visiblement peur de lui. Une dame s'est fait pipi dessus quand il est entré dans sa chambre. Et c'est lui qui a dit devant les autres employés "Je vais lui donner sa petite pilule à la 223 et qu'elle mange de la marde!". Personne n'a protesté? Personne n'a protesté. Ma fille est bien mal placée pour s'interposer, elle fait un stage et ce sont probablement ces gars-là qui vont la noter? En fait, elle ne le sait pas trop.
Sadique n'attend pas, il pousse, presse, exige, terrorise. Ma fille va chercher madame X dans la chambre 001 pour aller manger et la gentille dame lui dit qu'elle n'est pas prête, qu'elle doit se changer. Ma fille lui dit gentiment qu'elle l'attend à la porte et lui laisse son intimité. Incompétent ou Sadique (je ne me rappelle plus lequel ma fille m'a dit) arrive sur les entrefaites et voit ma fille à la porte. "Où est madame X?" "Je l'attends, elle se change." Oupelaye! C'était pas la bonne réponse à donner.
Sadique ou Incompétent (enragé): " Mais on a pas le temps d'attendre. Viens avec moi." Il entre. Madame X est en train de mettre ses petites culottes (pas tout le monde qui est aux couches) et sans la saluer, rien du tout, comme si madame X était une chose, il dit à ma fille: "Monte ses culottes, mets ses pantalons" ma fille s'exécute "Mets ses bas et ses souliers." Ma fille le fait. "Son chandail est correct, on descend."
"Je ne suis pas peignée", proteste madame X. Le préposé prend son peigne sur la commode et la coiffe très brièvement. Il lui donne sa marchette et ils descendent.
Madame X est tout à fait capable et de s'habiller et de se peigner. Ma fille a appris qu'il faut toujours respecter l'autonomie des gens et ne rien faire à leur place s'ils sont capables de le faire eux-mêmes. Tous ses beaux principes d'amour, de respect et d'autonomie sont bafoués dès le premier jour.
Elle rentre à la maison peinée et révoltée dès la première journée. Je lui recommande de texter sa responsable de stage de l'école, de demander à lui parler. Elle lui parle brièvement dans sa chambre. La responsable a une lourde tâche. Elle a déjà commencé un nouveau groupe à l'école tout en supervisant les stages du groupe de Vingt et un ans. Elle lui dit que du monde incompétent malheureusement elle va en rencontrer pendant sa carrière, que pour le moment, en tant que stagiaire elle ne peut absolument rien faire. Elle lui conseille la discrétion (on en parlera ensemble, n'en parle à personne). Elle dit à ma fille que quand elle sera en mesure d'agir seule avec les bénéficiaires, elle le fera bien comme elle l'a appris à l'école. Elle ne sait pas quand elle pourra aller la voir.
Tout est fait en fonction de sauver du temps et d'aller plus vite. Comme la cafétéria est trop petite, les personnes âgées mangent en deux tablées, il faut donc que les premières installées mangent vite pour laisser la place à la deuxième tablée. Ma fille trouve qu'on les bouscule tout le temps.
Surtout Sadique! Lui, quand une vieille pensionnaire ne marche pas assez vite avec sa marchette, il la soulève par un bras et la pousse dans le dos. Et les gens ont visiblement peur de lui. Une dame s'est fait pipi dessus quand il est entré dans sa chambre. Et c'est lui qui a dit devant les autres employés "Je vais lui donner sa petite pilule à la 223 et qu'elle mange de la marde!". Personne n'a protesté? Personne n'a protesté. Ma fille est bien mal placée pour s'interposer, elle fait un stage et ce sont probablement ces gars-là qui vont la noter? En fait, elle ne le sait pas trop.
Sadique n'attend pas, il pousse, presse, exige, terrorise. Ma fille va chercher madame X dans la chambre 001 pour aller manger et la gentille dame lui dit qu'elle n'est pas prête, qu'elle doit se changer. Ma fille lui dit gentiment qu'elle l'attend à la porte et lui laisse son intimité. Incompétent ou Sadique (je ne me rappelle plus lequel ma fille m'a dit) arrive sur les entrefaites et voit ma fille à la porte. "Où est madame X?" "Je l'attends, elle se change." Oupelaye! C'était pas la bonne réponse à donner.
Sadique ou Incompétent (enragé): " Mais on a pas le temps d'attendre. Viens avec moi." Il entre. Madame X est en train de mettre ses petites culottes (pas tout le monde qui est aux couches) et sans la saluer, rien du tout, comme si madame X était une chose, il dit à ma fille: "Monte ses culottes, mets ses pantalons" ma fille s'exécute "Mets ses bas et ses souliers." Ma fille le fait. "Son chandail est correct, on descend."
"Je ne suis pas peignée", proteste madame X. Le préposé prend son peigne sur la commode et la coiffe très brièvement. Il lui donne sa marchette et ils descendent.
Madame X est tout à fait capable et de s'habiller et de se peigner. Ma fille a appris qu'il faut toujours respecter l'autonomie des gens et ne rien faire à leur place s'ils sont capables de le faire eux-mêmes. Tous ses beaux principes d'amour, de respect et d'autonomie sont bafoués dès le premier jour.
Elle rentre à la maison peinée et révoltée dès la première journée. Je lui recommande de texter sa responsable de stage de l'école, de demander à lui parler. Elle lui parle brièvement dans sa chambre. La responsable a une lourde tâche. Elle a déjà commencé un nouveau groupe à l'école tout en supervisant les stages du groupe de Vingt et un ans. Elle lui dit que du monde incompétent malheureusement elle va en rencontrer pendant sa carrière, que pour le moment, en tant que stagiaire elle ne peut absolument rien faire. Elle lui conseille la discrétion (on en parlera ensemble, n'en parle à personne). Elle dit à ma fille que quand elle sera en mesure d'agir seule avec les bénéficiaires, elle le fera bien comme elle l'a appris à l'école. Elle ne sait pas quand elle pourra aller la voir.
Le stage
La révolte. La peine. Les larmes. L'impuissance. C'est tout ça que nous fait vivre le stage de ma plus jeune. Et je dis bien "nous" car je vis tout ça très intensément avec elle.
J'avais eu un très mauvais feeling dès ou presque dès que j'avais mis les pieds dans ce lugubre établissement lors de notre visite impromptue du temps des Fêtes. Ma fille avait alors à juste titre fait remarquer que l'important, plus que le décor, était les gens qui travaillaient dans la résidence.
Justement. Les deux premières journées, elle a été jumelée soit à un incompétent, soit à un sadique. Deux gars qui travaillent là. D'abord, il n'y a eu aucun accueil. On ne semblait pas trop savoir qui devait réellement s'occuper d'elle. Un des gars lui a dit de le suivre et sa première journée a commencé comme ça.
Dans cet établissement, on accueille le plus grand nombre de stagiaires possible et on leur donne presque tout de suite toutes les responsabilités. On réussit ainsi à sauver plein d'argent sur le salaire du personnel, les stagiaires n'étant pas payés. Elle a donc rencontré d'autres stagiaires venant d'autres écoles. Tout le monde se débrouille.
Déjà, hier, troisième journée de stage, ma fille donnait des bains seule, sans aucune supervision.
La première journée, Incompétent lui a demandé (ordonné même!) de faire des piqûres d'insuline. Elle a refusé. Il a insisté. Elle a refusé encore. "C'est défendu pendant mon stage."
La réponse d'Incompétent: "Oui, mais quand ton stage sera fini, il faudra que tu le fasses, t'es aussi bien de pratiquer tout de suite. Ici, c'est les alzheimers, ils ne se rendront même pas compte que c'est toi qui piques."
Rassurez-vous, elle a encore refusé.
Je continue plus tard.
J'avais eu un très mauvais feeling dès ou presque dès que j'avais mis les pieds dans ce lugubre établissement lors de notre visite impromptue du temps des Fêtes. Ma fille avait alors à juste titre fait remarquer que l'important, plus que le décor, était les gens qui travaillaient dans la résidence.
Justement. Les deux premières journées, elle a été jumelée soit à un incompétent, soit à un sadique. Deux gars qui travaillent là. D'abord, il n'y a eu aucun accueil. On ne semblait pas trop savoir qui devait réellement s'occuper d'elle. Un des gars lui a dit de le suivre et sa première journée a commencé comme ça.
Dans cet établissement, on accueille le plus grand nombre de stagiaires possible et on leur donne presque tout de suite toutes les responsabilités. On réussit ainsi à sauver plein d'argent sur le salaire du personnel, les stagiaires n'étant pas payés. Elle a donc rencontré d'autres stagiaires venant d'autres écoles. Tout le monde se débrouille.
Déjà, hier, troisième journée de stage, ma fille donnait des bains seule, sans aucune supervision.
La première journée, Incompétent lui a demandé (ordonné même!) de faire des piqûres d'insuline. Elle a refusé. Il a insisté. Elle a refusé encore. "C'est défendu pendant mon stage."
La réponse d'Incompétent: "Oui, mais quand ton stage sera fini, il faudra que tu le fasses, t'es aussi bien de pratiquer tout de suite. Ici, c'est les alzheimers, ils ne se rendront même pas compte que c'est toi qui piques."
Rassurez-vous, elle a encore refusé.
Je continue plus tard.
vendredi 8 janvier 2016
Visite à l'hôpital
Un hôpital psychiatrique, c'est un monde en soi. Avant ma fille allait au Douglas, une jungle peuplée de sommités en la matière, mais une jungle pour les malades. Une gang de malades nombreux et livrés à eux-mêmes. Ma fille a pu facilement y forniquer et fumer de la drogue aussi. Et puis, c'était épeurant quand on la visitait. Comme sa psy ne voulait pas la déclarer inapte au travail, elle a changé d'hôpital pour changer de psy.
La voilà donc du côté anglophone. Ça l'a dérangée surtout quand elle a voulu lire et qu'elle a constaté qu'il n'y avait pas un seul ouvrage francophone dans la bibliothèque de l'étage. Je lui ai donc apporté des livres hier. Qu'elle n'a pas aimés, elle aurait voulu un ouvrage historique, je ne le savais pas. Bien que j'aurais pu me rappeler qu'elle aimait ce genre de livres. Cette fille est la seule de mes filles et possiblement de mes enfants, qui lit!
Autant c'était désorganisé à Douglas, autant c'est encadré ici. Dans les deux cas, on passait à la fouille avant d'y entrer. En effet, il ne faut pas que les malades aient accès à des objets avec lesquels ils pourraient se blesser ou blesser les autres. Mon pot de crème en verre a donc été refusé ainsi que la petite bouteille de listerine. Si les bouteilles avaient été en plastique, ça aurait été correct. On a vérifié les livres aussi! C'est bien, la sécurité, c'est important.
Mais une fois la sécurité du Douglas passée, c'était le free for all. Des malades désoeuvrés partout, qui tournent en rond, parlent tout seul ou marchent pour se rendre nulle part. Propreté qui laisse à désirer. Bruit omniprésent.
Tandis qu'à l'aile psychiatrique actuelle, tout est calme et propre. Il y a plein d'activités, me dira ma fille, Même que quand ils ont annoncé l'activité du soir, elle avait hâte que je parte! Elle ne l'a pas dit, mais j'ai bien vu qu'elle voulait s'y rendre.
Elle persiste à dire qu'elle n'entend plus de voix. Son chum, sa doc et moi pensons que ce "miracle" est causé par son désir de sortir de l'enfermement. Car oui, elle est enfermée. Dans de bonnes conditions, oui, mais elle est privée de liberté. Le soir, ils barrent même la porte de la chambre. Partagée sa chambre, ce qui n'a pas l'air de la déranger. Les deux lits sont séparés par un rideau et la chambre est grande, propre, fraîchement repeinte et douillette. De toutes façons, elle n'y passe pas sa journée, il y a des activités et ils mangent ailleurs.
Un interne est venu la voir pendant que je visitais. Il lui expliquait le protocole. Ainsi, vu que tout va bien, elle devrait rapidement passer à la phase deux. Elle aura donc le droit d'enlever le pyjama d'hôpital et de porter ses vêtements à elle. Or, elle n'en a pas de vêtements à elle. Quand les policiers l'ont mise dans l'ambulance, elle était en pyjama! Je m'exclame que je vais m'arranger pour qu'elle ait ses vêtements.
Or, une fois le doc parti, elle me dira qu'elle ne veut pas ses vêtements à elle. Elle veut garder son pyjama d'hôpital. On le lui change tous les jours et on lui fournit même des petites culottes jetables. Et ton soutien-gorge? J'en ai pas besoin, maman, ce sont de faux seins que j'ai et ça se tient tout seul, je suis même plus confortable sans. Et puis, ses vêtements à elle sont tous moulants et sexy et ce n'est vraiment pas ce qu'elle veut montrer d'elle dans un contexte d'hôpital. En fait, non seulement elle porte le pyjama d'hôpital mais une couverture en plus sur ses épaules. Elle est donc "cachée" et en sécurité. Elle ne veut pas de robe de chambre, j'ai demandé.
Bon ben coudons, mêlons-nous de nos affaires alors eheh!
Elle m'a demandé cinq piastres pour s'acheter des cochonneries dans la machine distributrice.
Comme elle ne peut pas fumer ni sortir, on lui a mis une patch de nicotine. Ce serait l'occasion rêvée d'arrêter de fumer mais faut pas trop en demander et ce n'est pas dans ses projets immédiats.
En a-t-elle des projets immédiats à part sortir de l'hôpital pour retenter de se suicider?
Je ne suis pas dans sa tête. Ce serait tellement bien si ses voix n'y étaient plus non plus comme elle le proclame.
Alors la poulette semble bien aller. Ou bien elle fait très bien semblant. Un jour à la fois.
La voilà donc du côté anglophone. Ça l'a dérangée surtout quand elle a voulu lire et qu'elle a constaté qu'il n'y avait pas un seul ouvrage francophone dans la bibliothèque de l'étage. Je lui ai donc apporté des livres hier. Qu'elle n'a pas aimés, elle aurait voulu un ouvrage historique, je ne le savais pas. Bien que j'aurais pu me rappeler qu'elle aimait ce genre de livres. Cette fille est la seule de mes filles et possiblement de mes enfants, qui lit!
Autant c'était désorganisé à Douglas, autant c'est encadré ici. Dans les deux cas, on passait à la fouille avant d'y entrer. En effet, il ne faut pas que les malades aient accès à des objets avec lesquels ils pourraient se blesser ou blesser les autres. Mon pot de crème en verre a donc été refusé ainsi que la petite bouteille de listerine. Si les bouteilles avaient été en plastique, ça aurait été correct. On a vérifié les livres aussi! C'est bien, la sécurité, c'est important.
Mais une fois la sécurité du Douglas passée, c'était le free for all. Des malades désoeuvrés partout, qui tournent en rond, parlent tout seul ou marchent pour se rendre nulle part. Propreté qui laisse à désirer. Bruit omniprésent.
Tandis qu'à l'aile psychiatrique actuelle, tout est calme et propre. Il y a plein d'activités, me dira ma fille, Même que quand ils ont annoncé l'activité du soir, elle avait hâte que je parte! Elle ne l'a pas dit, mais j'ai bien vu qu'elle voulait s'y rendre.
Elle persiste à dire qu'elle n'entend plus de voix. Son chum, sa doc et moi pensons que ce "miracle" est causé par son désir de sortir de l'enfermement. Car oui, elle est enfermée. Dans de bonnes conditions, oui, mais elle est privée de liberté. Le soir, ils barrent même la porte de la chambre. Partagée sa chambre, ce qui n'a pas l'air de la déranger. Les deux lits sont séparés par un rideau et la chambre est grande, propre, fraîchement repeinte et douillette. De toutes façons, elle n'y passe pas sa journée, il y a des activités et ils mangent ailleurs.
Un interne est venu la voir pendant que je visitais. Il lui expliquait le protocole. Ainsi, vu que tout va bien, elle devrait rapidement passer à la phase deux. Elle aura donc le droit d'enlever le pyjama d'hôpital et de porter ses vêtements à elle. Or, elle n'en a pas de vêtements à elle. Quand les policiers l'ont mise dans l'ambulance, elle était en pyjama! Je m'exclame que je vais m'arranger pour qu'elle ait ses vêtements.
Or, une fois le doc parti, elle me dira qu'elle ne veut pas ses vêtements à elle. Elle veut garder son pyjama d'hôpital. On le lui change tous les jours et on lui fournit même des petites culottes jetables. Et ton soutien-gorge? J'en ai pas besoin, maman, ce sont de faux seins que j'ai et ça se tient tout seul, je suis même plus confortable sans. Et puis, ses vêtements à elle sont tous moulants et sexy et ce n'est vraiment pas ce qu'elle veut montrer d'elle dans un contexte d'hôpital. En fait, non seulement elle porte le pyjama d'hôpital mais une couverture en plus sur ses épaules. Elle est donc "cachée" et en sécurité. Elle ne veut pas de robe de chambre, j'ai demandé.
Bon ben coudons, mêlons-nous de nos affaires alors eheh!
Elle m'a demandé cinq piastres pour s'acheter des cochonneries dans la machine distributrice.
Comme elle ne peut pas fumer ni sortir, on lui a mis une patch de nicotine. Ce serait l'occasion rêvée d'arrêter de fumer mais faut pas trop en demander et ce n'est pas dans ses projets immédiats.
En a-t-elle des projets immédiats à part sortir de l'hôpital pour retenter de se suicider?
Je ne suis pas dans sa tête. Ce serait tellement bien si ses voix n'y étaient plus non plus comme elle le proclame.
Alors la poulette semble bien aller. Ou bien elle fait très bien semblant. Un jour à la fois.
jeudi 7 janvier 2016
S'adapter
Ma nouvelle année commence raide! Ma fille ainée est hospitalisée. Nouvelle réalité. Ça nous rappelle à tous que cette maladie ne se guérit pas. Schizophrène un jour, schizophrène toujours. Je réagis calmement en apparence mais je mange. C'est ma façon anormale de me consoler et de contrer le stress. Je ne fais plus d'exercice non plus alors que c'est ça que je devrais faire, je le sais. Mais je ne le ferai pas. C'est comme ça. Pas tout de suite en tout cas. Lundi prochain, les cours d'aquajogging reprennent. Pas certaine que je vais entrer dans mon maillot. J'ai pris pas mal de poids. Cette fois, ma fille ne sera pas au cours avec moi. Je n'annule pas son abonnement. Dès qu'elle sortira de l'hôpital, elle pourra reprendre.
Mais les cours de peinture qui coûtent la peau des fesses que je n'ai pas encore payés, je vais les annuler. J'y allais beaucoup énormément à cause d'elle, en me disant tout de même que c'était aussi pour moi, fait du bien de changer d'activités et d'apprendre, mais là, toute seule, je n'irai pas.
Bon, je relis mon premier paragraphe et je trouve que ça n'a pas grand bon sens. Je vais me retrouver grosse et en mauvaise forme parce que ma fille a fait une tentative de suicide, voyons donc! C'est ridicule. Je décide tout de suite maintenant au moins de bouger. Ce sera la montagne. Permet en plus de prendre de l'air et du soleil. Alors, je m'habille (je suis au ralenti) et j'y vais, que ça me tente ou non.
La fille du milieu va bien. Elle a toujours son nouveau chum et ils parlent déjà de s'acheter une maison ensemble.
La plus jeune? Des hauts et des bas. Elle finit son cours pour vrai vendredi et lundi prochain, c'est le stage. Le délire religieux et le désir de m'évangéliser sont toujours présents. Je vis avec. Je ne la confronte pas là-dessus, c'était une mauvaise stratégie. Rien de logique ne l'atteint car elle a la Vérité et n'en démord pas.
Mon fils dont je ne parle jamais? Il est toujours aux Philippines avec sa femme et reviendra en fin de semaine.
Ma mère? Elle vieillit et aura 90 ans en mars. Je l'aime beaucoup.
Et moi, et moi? Je monte la montagne! Let's go!
Mais les cours de peinture qui coûtent la peau des fesses que je n'ai pas encore payés, je vais les annuler. J'y allais beaucoup énormément à cause d'elle, en me disant tout de même que c'était aussi pour moi, fait du bien de changer d'activités et d'apprendre, mais là, toute seule, je n'irai pas.
Bon, je relis mon premier paragraphe et je trouve que ça n'a pas grand bon sens. Je vais me retrouver grosse et en mauvaise forme parce que ma fille a fait une tentative de suicide, voyons donc! C'est ridicule. Je décide tout de suite maintenant au moins de bouger. Ce sera la montagne. Permet en plus de prendre de l'air et du soleil. Alors, je m'habille (je suis au ralenti) et j'y vais, que ça me tente ou non.
La fille du milieu va bien. Elle a toujours son nouveau chum et ils parlent déjà de s'acheter une maison ensemble.
La plus jeune? Des hauts et des bas. Elle finit son cours pour vrai vendredi et lundi prochain, c'est le stage. Le délire religieux et le désir de m'évangéliser sont toujours présents. Je vis avec. Je ne la confronte pas là-dessus, c'était une mauvaise stratégie. Rien de logique ne l'atteint car elle a la Vérité et n'en démord pas.
Mon fils dont je ne parle jamais? Il est toujours aux Philippines avec sa femme et reviendra en fin de semaine.
Ma mère? Elle vieillit et aura 90 ans en mars. Je l'aime beaucoup.
Et moi, et moi? Je monte la montagne! Let's go!
mercredi 6 janvier 2016
Télévision ou réalité?
Le garage d'un immeuble à appartements. Le gars crie aux policiers de se dépêcher et d'ouvrir le coffre! Il a cherché partout et est persuadé qu'elle y est enfermée. Regardez, ses souliers et sa perruque sont en arrière de la voiture. Pas de traces de pas vers l'extérieur non plus. Tout concorde. Ouvrez le coffre!
Mais les policiers hésitent, veulent aller visiter l'appartement. Ils le feront malgré les cris hystériques du gars. Finalement décident d'ouvrir le coffre, bien tranquillement. Elle est là, en foetus, un sac plastique sur la tête, retenu par un foulard au cou, des menottes aux pieds et aux poignets.
Une série policière?
Non, ma fille. Ma fille à moi, celle qui a 26 ans. Sa quatrième tentative de suicide en deux ans. La première, corde au cou, était en 2014, les deux suivantes, avec une balayeuse, en 2015 et cette dernière, par asphysie dans le coffre d'une voiture, hier après-midi.
À force d'essayer, ça va bien finir par réussir. C'est ce que je disais au médecin à l'urgence psychiatrique de l'hôpital. Je m'opposais à ce qu'on la laisse ressortir. Je suis allée la visiter. Elle avait déjà une chambre et c'était propre et douillet. Mieux que l'urgence de Douglas en tout cas où elle aurait été parquée dans le corridor avec des foules de malades divaguant autour d'elle. C'était calme. Elle était calme elle aussi. Pas en psychose, juste suicidaire.
Les voix. Elle vient juste de commencer le nouveau médicament, la clozapine et même en très faible dose, ses globules blancs ont déjà chuté. Sa psy lui a donc annoncé que ce médicament n'était probablement pas pour elle. On ferait de nouveaux tests pour vérifier, mais peu probable que ce traitement soit continué.
C'était la pilule du dernier espoir.
Elle n'en a plus d'espoir ma fille.
Son chum et moi on cherche des solutions. Lui, il a pensé à un psy chaque semaine. Moi, j'ai pensé à la méditation. Ma fille veut être occupée, faire de l'art. On va en faire. Je nous inscris à un cours de peinture. On va la mettre en liste aux Impatients qui font de l'art. Longue attente. Elle est déjà en liste d'attente pour l'Atelier du centre-ville.
Je ne suis pas totalement dévastée, non. Je suis comme habituée aux drames. Mais ça m'a épuisée. Je suis rentrée de l'hôpital à 20 heures et à 21 heures, je dormais profondément! Ma plus jeune m'a réveillée en rentrant de son cours à 22h30, on a jasé un peu et je me suis rendormie aussi vite.
Je devrais retourner à l'hôpital aujourd'hui. Je ne pense pas qu'ils vont la garder longtemps. Ce soir, j'ai du théâtre. J'y vais. La vie continue.
Mais les policiers hésitent, veulent aller visiter l'appartement. Ils le feront malgré les cris hystériques du gars. Finalement décident d'ouvrir le coffre, bien tranquillement. Elle est là, en foetus, un sac plastique sur la tête, retenu par un foulard au cou, des menottes aux pieds et aux poignets.
Une série policière?
Non, ma fille. Ma fille à moi, celle qui a 26 ans. Sa quatrième tentative de suicide en deux ans. La première, corde au cou, était en 2014, les deux suivantes, avec une balayeuse, en 2015 et cette dernière, par asphysie dans le coffre d'une voiture, hier après-midi.
À force d'essayer, ça va bien finir par réussir. C'est ce que je disais au médecin à l'urgence psychiatrique de l'hôpital. Je m'opposais à ce qu'on la laisse ressortir. Je suis allée la visiter. Elle avait déjà une chambre et c'était propre et douillet. Mieux que l'urgence de Douglas en tout cas où elle aurait été parquée dans le corridor avec des foules de malades divaguant autour d'elle. C'était calme. Elle était calme elle aussi. Pas en psychose, juste suicidaire.
Les voix. Elle vient juste de commencer le nouveau médicament, la clozapine et même en très faible dose, ses globules blancs ont déjà chuté. Sa psy lui a donc annoncé que ce médicament n'était probablement pas pour elle. On ferait de nouveaux tests pour vérifier, mais peu probable que ce traitement soit continué.
C'était la pilule du dernier espoir.
Elle n'en a plus d'espoir ma fille.
Son chum et moi on cherche des solutions. Lui, il a pensé à un psy chaque semaine. Moi, j'ai pensé à la méditation. Ma fille veut être occupée, faire de l'art. On va en faire. Je nous inscris à un cours de peinture. On va la mettre en liste aux Impatients qui font de l'art. Longue attente. Elle est déjà en liste d'attente pour l'Atelier du centre-ville.
Je ne suis pas totalement dévastée, non. Je suis comme habituée aux drames. Mais ça m'a épuisée. Je suis rentrée de l'hôpital à 20 heures et à 21 heures, je dormais profondément! Ma plus jeune m'a réveillée en rentrant de son cours à 22h30, on a jasé un peu et je me suis rendormie aussi vite.
Je devrais retourner à l'hôpital aujourd'hui. Je ne pense pas qu'ils vont la garder longtemps. Ce soir, j'ai du théâtre. J'y vais. La vie continue.
lundi 4 janvier 2016
Soleil d'hiver
C'est la première année depuis cinq ans que je n'ai aucun voyage en vue et j'y vois des avantages. Je peux m'inscrire à des cours et faire une session complète. Il y a trop énormément de spectacles à voir et je peux les voir tous (bon... presque! ;o) Je peux m'engager dans du nouveau bénévolat si je veux et dans de nouvelles activités sportives si je veux aussi. Le japonais? Oui, oui, mais j'ai peur. Je suis terrorisée même. Ça a été si difficile.
Samedi, je suis allée visiter avec ma fille le centre de personnes âgées où elle fera son stage. J'ai trouvé ça vétuste et démoralisant. L'ai-je dit à ma fille? Mais non, voyons! Je faisais même mon possible pour être positive et presque enthousiaste. Je lui ai à peine dit du bout des lèvres que le chsld privé près de chez nous où elle pouvait postuler était bien plus moderne et éclairé. Ce à quoi ma sage et extraordinaire fille a répliqué que la bâtisse et les installations avaient bien peu d'importance, ce qui compte dans ce genre d'établissement, ce sont les gens qui y travaillent! Elle a tellement raison.
Elle doit commencer son stage la semaine prochaine. J'avoue que je commence à avoir espoir. Mais faut pas que j'en aie trop non plus. Je reste sur mes gardes.
Hier, après la montagne, je suis allée à ma Grande Bibliothèque et j'ai trouvé un livre sur les salades et un autre sur les smoothies. Ça commence bien l'année. Je viens d'aller faire l'épicerie en fonction de ces livres. J'ai mon bénévolat cet après-midi et du yin yoga ce soir.
Samedi, je suis allée visiter avec ma fille le centre de personnes âgées où elle fera son stage. J'ai trouvé ça vétuste et démoralisant. L'ai-je dit à ma fille? Mais non, voyons! Je faisais même mon possible pour être positive et presque enthousiaste. Je lui ai à peine dit du bout des lèvres que le chsld privé près de chez nous où elle pouvait postuler était bien plus moderne et éclairé. Ce à quoi ma sage et extraordinaire fille a répliqué que la bâtisse et les installations avaient bien peu d'importance, ce qui compte dans ce genre d'établissement, ce sont les gens qui y travaillent! Elle a tellement raison.
Elle doit commencer son stage la semaine prochaine. J'avoue que je commence à avoir espoir. Mais faut pas que j'en aie trop non plus. Je reste sur mes gardes.
Hier, après la montagne, je suis allée à ma Grande Bibliothèque et j'ai trouvé un livre sur les salades et un autre sur les smoothies. Ça commence bien l'année. Je viens d'aller faire l'épicerie en fonction de ces livres. J'ai mon bénévolat cet après-midi et du yin yoga ce soir.
samedi 2 janvier 2016
Boire
Quand une femme de 62 ans s'en va réveillonner chez son frère et qu'elle est en charge d'y emmener sa mère de 90 ans moins deux mois, on pense immédiatement que celle qui s'occupe de l'autre est celle de 62 ans. Or, quand la même femme de 62 ans boit comme un trou chez son frère et se retrouve à passer les baisers de minuit cachée dans la salle de bain barrée à double tour (heureusement qu'il y a trois salles de bain chez mon frère!), quand cette femme de 62 ans est trop sonnée pour s'occuper d'elle-même, c'est chez sa vieille maman qu'elle s'en va passer la nuit et c'est sa vieille maman qui lui fait son café le lendemain matin, tard.
Comme ça faisait très longtemps que je n'avais pas bu en excès, faut me demander pourquoi je l'ai fait. Une espèce de bilan de beuverie. Ça me stresse toujours un peu d'aller chez mon frère. Il est riche mon frère ou du moins il fait tout pour en donner l'impression. Il avait loué quatre machines d'arcade pour son party! Grande maison, plein de monde bien habillé (nous aussi, on avait fait des efforts!), de l'animation qui va avec, des enfants mais pas beaucoup. Et moi dans la cuisine avec les fêteux de cuisine. Et les drinks! Je suis une buveuse de vin, pas d'alcool fort, les martinis avec des olives,c'est cependant bien bon! J'aurais dû me méfier, mais non, je ne l'ai pas fait. Un martini et puis... un autre? C'est là qu'il fallait dire non, la fille. Erreur que j'ai payée cher.
Parce que je n'ai pas refusé le vin du repas non plus. La bouteille était devant moi, celle de rouge et tout le monde autour buvait du blanc. Je me sentais bien à ce moment-là, alors je buvais et quand mon verre était fini, il était miraculeusement rempli de nouveau. Je ne sais pas combien j'ai bu mais j'ai bu assez pour me sentir mal. Malade. Par ma faute, par ma très grande faute. La vieille matante saoule, ça manque tellement de classe.
Le lendemain, j'ai songé à appeler mon frère pour m'excuser. Je ne l'ai pas fait, j'avais trop honte. La honte ne mène à rien, je sais, tassons-la.
La question est: pourquoi j'ai bu autant? Car d'habitude, il me semble qu'il y a une raison sous-jacente.
Je ne me sentais pas à ma place. J'ai peu de points communs avec mon frère. Il n'est pas méchant, il reçoit bien, il a réussi (c'est quoi réussir? faudrait faire un long billet là-dessus!), il a cinq enfants, quatre petits-enfants, une belle femme blonde, cinquante-neuf ans, une entreprise à lui qu'il a partie lui-même.
La famille, c'est un sujet sensible. Toute l'enfance, les rivalités, les joies et les peines enfouies, tout ça.
Bref, j'ai trop bu et je m'en ressens encore deux jours plus tard. Mon foie fonctionne moins bien qu'avant, ça a l'air.
Bon, je vais faire un billet sur le poids, celui que je suis en train d'écrire me déprime. Le billet sur le poids risque malheureusement de me déprimer aussi.
Je ne fous plus rien côté exercice. Je ne fous plus rien point.
Ce billet ressemble drôlement à un billet d'apitoiement. Je viens d'en changer le titre. Au départ, je voulais parler de résolutions du nouvel an. Ben coudons, ça a pris une autre tournure.
Comme ça faisait très longtemps que je n'avais pas bu en excès, faut me demander pourquoi je l'ai fait. Une espèce de bilan de beuverie. Ça me stresse toujours un peu d'aller chez mon frère. Il est riche mon frère ou du moins il fait tout pour en donner l'impression. Il avait loué quatre machines d'arcade pour son party! Grande maison, plein de monde bien habillé (nous aussi, on avait fait des efforts!), de l'animation qui va avec, des enfants mais pas beaucoup. Et moi dans la cuisine avec les fêteux de cuisine. Et les drinks! Je suis une buveuse de vin, pas d'alcool fort, les martinis avec des olives,c'est cependant bien bon! J'aurais dû me méfier, mais non, je ne l'ai pas fait. Un martini et puis... un autre? C'est là qu'il fallait dire non, la fille. Erreur que j'ai payée cher.
Parce que je n'ai pas refusé le vin du repas non plus. La bouteille était devant moi, celle de rouge et tout le monde autour buvait du blanc. Je me sentais bien à ce moment-là, alors je buvais et quand mon verre était fini, il était miraculeusement rempli de nouveau. Je ne sais pas combien j'ai bu mais j'ai bu assez pour me sentir mal. Malade. Par ma faute, par ma très grande faute. La vieille matante saoule, ça manque tellement de classe.
Le lendemain, j'ai songé à appeler mon frère pour m'excuser. Je ne l'ai pas fait, j'avais trop honte. La honte ne mène à rien, je sais, tassons-la.
La question est: pourquoi j'ai bu autant? Car d'habitude, il me semble qu'il y a une raison sous-jacente.
Je ne me sentais pas à ma place. J'ai peu de points communs avec mon frère. Il n'est pas méchant, il reçoit bien, il a réussi (c'est quoi réussir? faudrait faire un long billet là-dessus!), il a cinq enfants, quatre petits-enfants, une belle femme blonde, cinquante-neuf ans, une entreprise à lui qu'il a partie lui-même.
La famille, c'est un sujet sensible. Toute l'enfance, les rivalités, les joies et les peines enfouies, tout ça.
Bref, j'ai trop bu et je m'en ressens encore deux jours plus tard. Mon foie fonctionne moins bien qu'avant, ça a l'air.
Bon, je vais faire un billet sur le poids, celui que je suis en train d'écrire me déprime. Le billet sur le poids risque malheureusement de me déprimer aussi.
Je ne fous plus rien côté exercice. Je ne fous plus rien point.
Ce billet ressemble drôlement à un billet d'apitoiement. Je viens d'en changer le titre. Au départ, je voulais parler de résolutions du nouvel an. Ben coudons, ça a pris une autre tournure.
lundi 28 décembre 2015
Optométriste
J'ai demandé à ma fille si ça la dérangeait que je m'en occupe (par texto). Non, pas du tout. Alors, on a rendez-vous mercredi chez une optométriste, mon petit-fils et moi! Yé! Il s'en vient passer deux jours chez moi de toutes façons.
dimanche 27 décembre 2015
L'amour de soi
L'avantage d'avoir un peu d'expérience de la vie est qu'on finit par connaître des recettes qui marchent!
Ainsi, moi, quand ça ne va pas si bien, je sais que l'exercice intensif me convient et combat efficacement le spleen. Alors, hier, ne reculant devant rien, j'ai monté ma montagne au pas de course et je suis revenue juste à temps pour me rendre à un cours d'une heure et demie de yin yoga!
Celui dont la jeune prof achève son cours en ostéopathie. Une fille magnifique dans sa tête et dans son corps avec laquelle j'ai plein de points communs (la jeunesse et la blondeur angélique exceptées eheh!), elle vient souvent spontanément me parler avant le cours et j'ai l'impression de la connaître depuis toujours.
J'en ai profité pour lui parler de mon problème à l'oeil et des inversions. Elle trouvait raisonnable de ne plus en faire sauf pendant la salutation au soleil, alors que le séjour tête en bas est bref. De toutes façons, son cours de yin yoga se passe surtout au sol et il y a rarement des inversions.
On était seulement quatre étudiantes, moi comprise. Elle nous a installées dans des positions yin et puis on tient. Et elle parle. Et elle parlait de l'amour de soi, de son corps, de son corps parfait, de son âme aussi, que certains appellent l'esprit. C'était beau, c'était doux et je me sentais merveilleusement bien, malgré la douleur. Bon, la douleur est plus un inconfort car les positions yin ne sont pas nécessairement faciles. L'idée, c'est de s'y abandonner en lâchant prise avec la respiration. Même technique que celle employée pour surmonter les douleurs de l'accouchement. Mais non, je ne suis pas en train de vous dire que le yin yoga ressemble à un accouchement, eheh, c'était un exemple là!
Pour couronner le tout, une fois installées en shavasana, elle est venue me faire un petit traitement ostéopathique. Wow! On parle souvent de ses cours et je lui demande toujours quand elle va avoir son permis pour que j'aille la voir, alors quand je vais à ses cours, il arrive qu'elle vienne me jouer dans le crâne et le cou et c'est fou le bien que ça peut faire.
J'allais mieux aussi parce que ma fille n'était pas là hier, partie coucher chez une amie. C'est pas gentil d'écrire ça, mais c'est la réalité. C'est lourd de m'occuper de ma fille, voilà, c'est dit.
Il va y avoir du changement à ce niveau. Elle finit son cours et stage dans à peu près deux mois. Je vais rester là, disponible et supportante. Mais il y aura un après.
Mais commençons par vivre le moment présent! Et le moment présent, c'est aller voir maman, qui aurait besoin d'aide selon l'un de mes frères. Je vais lui demander à maman si elle a besoin d'aide. Et j'apporte mon maillot pour profiter de sa belle piscine où je suis toujours seule quand j'y nage. Et si j'ai le temps, autre cours de yoga yin. Mais maman est ma priorité.
Ainsi, moi, quand ça ne va pas si bien, je sais que l'exercice intensif me convient et combat efficacement le spleen. Alors, hier, ne reculant devant rien, j'ai monté ma montagne au pas de course et je suis revenue juste à temps pour me rendre à un cours d'une heure et demie de yin yoga!
Celui dont la jeune prof achève son cours en ostéopathie. Une fille magnifique dans sa tête et dans son corps avec laquelle j'ai plein de points communs (la jeunesse et la blondeur angélique exceptées eheh!), elle vient souvent spontanément me parler avant le cours et j'ai l'impression de la connaître depuis toujours.
J'en ai profité pour lui parler de mon problème à l'oeil et des inversions. Elle trouvait raisonnable de ne plus en faire sauf pendant la salutation au soleil, alors que le séjour tête en bas est bref. De toutes façons, son cours de yin yoga se passe surtout au sol et il y a rarement des inversions.
On était seulement quatre étudiantes, moi comprise. Elle nous a installées dans des positions yin et puis on tient. Et elle parle. Et elle parlait de l'amour de soi, de son corps, de son corps parfait, de son âme aussi, que certains appellent l'esprit. C'était beau, c'était doux et je me sentais merveilleusement bien, malgré la douleur. Bon, la douleur est plus un inconfort car les positions yin ne sont pas nécessairement faciles. L'idée, c'est de s'y abandonner en lâchant prise avec la respiration. Même technique que celle employée pour surmonter les douleurs de l'accouchement. Mais non, je ne suis pas en train de vous dire que le yin yoga ressemble à un accouchement, eheh, c'était un exemple là!
Pour couronner le tout, une fois installées en shavasana, elle est venue me faire un petit traitement ostéopathique. Wow! On parle souvent de ses cours et je lui demande toujours quand elle va avoir son permis pour que j'aille la voir, alors quand je vais à ses cours, il arrive qu'elle vienne me jouer dans le crâne et le cou et c'est fou le bien que ça peut faire.
J'allais mieux aussi parce que ma fille n'était pas là hier, partie coucher chez une amie. C'est pas gentil d'écrire ça, mais c'est la réalité. C'est lourd de m'occuper de ma fille, voilà, c'est dit.
Il va y avoir du changement à ce niveau. Elle finit son cours et stage dans à peu près deux mois. Je vais rester là, disponible et supportante. Mais il y aura un après.
Mais commençons par vivre le moment présent! Et le moment présent, c'est aller voir maman, qui aurait besoin d'aide selon l'un de mes frères. Je vais lui demander à maman si elle a besoin d'aide. Et j'apporte mon maillot pour profiter de sa belle piscine où je suis toujours seule quand j'y nage. Et si j'ai le temps, autre cours de yoga yin. Mais maman est ma priorité.
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