lundi 25 mai 2015

Nouvelle semaine

Me semble que j'ai passé toute la semaine passée endormie. Et ce n'est pas qu'une impression, c'est fou ce que le décalage horaire peut faire! En fait, mon amie, qui est ma compagne de voyage avec son mari et qui voyage beaucoup plus que moi, ne veut plus en faire de voyages en Asie parce que cette longue période de déséquilibre au retour lui pèse trop, sans parler des vingt heures en avion! Je n'en suis pas là et je trouve encore que ça vaut la peine mais ma maison en désordre, mes cheveux pas teints, mon jardin de balcon pas encore tout à fait planté, mes rendez-vous médicaux et domestiques pas pris me dérangent. 

Alors ce matin, tadam, j'ai décidé de mettre tout ça en branle même si j'ai un peu envie d'aller me recoucher. Non!!! On s'active et je n'irai pas au lit avant euh... neuf heures et demi ce soir? Je tombe tellement de fatigue vers dix-neuf heures qu'il m'arrive trop souvent de m'écrouler, ce qui ne favorise pas l'acclimatation horaire. Faut tenir et je tiendrai. 

Alors, au programme: tout ce qui doit être fait avec une liste à cocher. Aquaspinning à 11 heures, mais j'ai bien du temps avant de partir, il est tôt. Lâcher l'ordi d'abord. Faire attention à mon alimentation. J'ai repris un kilo et ça aurait pu être pire, je mange n'importe quoi depuis deux jours. 

Yin yoga ce soir? Excellente idée, va me tenir réveillée tout en me détendant. 

Allez, je peux et je veux. 

Ma fille? Elle voit sa psy. C'est bien. 

dimanche 24 mai 2015

Déversoir

Je suis le déversoir des pensées, des souvenirs, des angoisses et des émotions de ma fille. Moi. Elle parle et je demande "Tu l'as dit à ta psychologue, ça?" ou bien à la psychoéducatrice de l'école ou même à ses amies et la réponse est toujours non. Et pourtant, moi, je ne peux rien faire. 

Toute une journée à entendre ses confidences hier. En abondance. On était au musée mais on s'est assises sur un banc et elle a parlé et parlé encore. Au milieu des oeuvres d'art que nous ne regardions pas. Parfois, on changeait de salle et on se rassoyait de nouveau. Elle parlait sans arrêt. Grand besoin de se confier. J'étais là, j'étais revenue et j'étais utile. Un déversoir. 

Elle passe en cour vendredi. S'inquiète beaucoup et avec raison pour le petit garçon de Joblo. Je lui ai conseillé de rappeler la dpj pour en avoir des nouvelles et aussi pour donner les nouvelles informations qu'elle n'avait pas dites. 

Elle était habillée comme une femme d'affaires hier. Me dit qu'elle va porter ça à la cour. Très important pour elle son habillement à la cour. Parce que sur le sub-poena, c'est écrit "Toute personne comparaissant devant le tribunal doit être convenablement vêtue." 

À part ça, elle chante devant le miroir, écoute de la musique, se prend en photo. Pendant des heures. On n'a plus de télé. Va sur facebook. Mais s'inquiète. Semblerait que le type ait accès à son facebook. Elle a beau avoir changé son mot de passe plein de fois. Ne mets aucune information que tu ne voudrais pas qu'il sache, que je lui dis. 

Elle dit qu'elle l'aime toujours, parce que seule elle connaît le fond de son âme et il n'est pas que mauvais. Il veut être bon.

Me dit aussi que ce qu'elle veut faire avec les personnes âgées, c'est leur parler, pas le reste. Bon, bon, je ne l'ai pas astinée. Réussir le cours d'abord, ensuite, tu verras bien ce que tu fais avec. Une chose à la fois. 

Finalement, c'est bien que son cours ne commence qu'à la fin de l'été. Elle pourra se remettre un peu de ses émotions, prendre soin d'elle, faire de l'aquaspinning avec nous? Un petit voyage peut-être? Elle va déjà à New-York quatre jours en juin avec des amis. Va lui faire du bien. 

samedi 23 mai 2015

Comme neuve

C'est comme ça que je me sens. Enfin une nuit complète! Le décalage horaire n'aura pas ma peau. Et puis, tant de belles et bonnes choses autour de moi. Je suis plutôt réjouie par ce cours auquel ma fille est inscrite, surtout que je la vois réjouie, elle. Oui, oui, je sais, j'ai souvent eu espoir pour être ensuite déçue. Je le sais réalistement que ce sera difficile pour elle, mais elle veut le faire, ce n'est plus moi qui impose quoi que ce soit. En fait, lors de son inscription jeudi matin, je lui avais proposé de rester à la maison en après-midi pour qu'on aille ensemble visiter la cour à mon retour de l'aquaspinning. Elle a préféré aller divulguer la bonne nouvellle à ses professeurs et amis de l'école. Bon signe!

On y est allées à la cour ensuite mais c'était déjà fermé à quatre heures et demi. On a vu c'était où et on a pu demander à quel étage était le local où on devait se présenter. Quand même rassurant.

Hier, je ne feelais pas trop. Je me suis habituée à manger très peu ou pas en voyage et là, des repas "normaux" me rendent malade! Et me font grossir aussi...  un kilo de repris. Ça ne va pas rester comme ça. Mon corps parle, je dois manger peu et je me sens mieux quand je le fais. Reprise immédiate des bonnes habitudes.

Mon vieil iphone 4s ne marchait plus. Je suis allée chez telus. Non, je n'en veux pas un autre, je veux que vous me répariez celui-là. Ce fût fait. Je n'aime pas le gaspillage d'aucune sorte, technologique non plus. Vous ai-je dit que ma télé ne marchait plus depuis mon retour de voyage, c'est arrivé quelques jours avant, me dit ma fille. J'ai joué après sans succès et puis, on s'en passe très bien. Je vais essayer d'annuler mon fortait télé vidéotron. Encore de l'argent de sauvé. Et du temps aussi. Sans télé, ma fille qui y reste facilement scotchée fait autre chose.

Je suis contente aussi parce que la psychoéducatrice de l'école qui a retourné mon appel hier, ne connaissait pas l'existence du programme auquel ma fille est inscrit. Personne ne le connaissait à l'école me dira-t-elle. Je suis encore plus fière de l'avoir découvert par moi-même!

Mon grand fils a 35 ans aujourd'hui! Je l'aime mon fils. Je n'en parle pas souvent, je sais. Il est indépendant, libre et heureux comme ça doit se passer. Pas d'inquiétudes à son sujet. Fait du bien.

La mère de Petit-fils? Son concierge lui avait proposé de renouveler son bail en lui chargeant cent dollars de moins. Elle n'avait pas répondu. Voyant qu'elle ne trouve rien ailleurs, la voilà qui réplique. Le rabais de cent dollars? Plus question. Il aurait fallu se rabattre dessus quand il avait été offert. Là, les visites sont commencées et le concierge lui a dit qu'il y avait des gens intéressés. Était-ce vrai ou pas? Elle a renouvelé en négociant une baisse de 25$. Mieux que rien! Une amie va aller habiter avec elle ce qui signifie que son fils n'aura plus de chambre et s'en ira dormir dans sa chambre à elle. Son but? Économiser pour pouvoir s'acheter un condo. 

jeudi 21 mai 2015

Nouvelles de ma plus jeune

Elle a été malade pendant mon absence. Vomissements intensifs, diarrhées, elle a manqué beaucoup l'école. Je pense gastro et lui dis qu'on a eu la même maladie en même temps. Mais hier, elle me dit que c'est pas ça, que c'est de passer en cour et de peut-être rencontrer Joblo qui la rend malade.

J'ai trouvé un cours de préposée aux personnes en perte d'autonomie qui ne demande pas de scolarité préalable. Bonne santé physique et psychologique et avoir dix-huit ans, voilà ce qui est demandé! Tu as tout ça Beauté. (bon, pour la santé psychologique, elle se soigne, elle l'avait avant Joblo). Elle semble inquiète. Ça t'intéresse? Oui, mais je ne sais pas c'est où. Des fois, elle s'inquiète pour des choses qui me surprennent!

Alors, hier matin, comme elle n'a pas d'école le mercredi matin, je lui dis d'être prête car on ira ensemble en transport en commun voir où est cette école lointaine (pas si lointaine que ça quand même, à peu près à 50 minutes de la maison en métro et à pied). Et ce fût fait! Une fois rendues, je veux entrer pour voir encore mieux. On se retrouve au secrétariat. Il y a un cours de jour qui commence début juin mais il est complet et on a manqué la réunion de présentation,. Dommage! Et voilà qu'une dame gentille nous a entendues et vient nous parler. Demande si Fille a de l'expérience. Je lui parle de son bénévolat. Elle connaît très bien le chsld où m'a fille a bénévolé. Ma fille est tout sourire. Elle est charmante, je vous l'ai déjà dit? Facile à aimer et bien élevée.

Et là, tout s'enchaîne. La dame en question est la professeure principale du programme et elle veut ma fille! Lui donne le papier d'inscription et lui dit de mettre son nom à elle en haut. Le cours n'est pas complet? demande ma fille. On verra ça! répond la prof.

Dans l'après-midi, il y a un appel de l'école pour compléter son inscription. Ma fille n'est pas là, elle est à son autre école! (je ne le dis pas, on n'en a pas parlé qu'elle va déjà à l'école). Demandez-lui de rappeler tôt demain matin, me dit la secrétaire.

Et là, je suis très énervée. Si c'était trop pour elle? En fait, ce sera probablement trop pour elle avec l'ampleur de ses problèmes d'apprentissage, faut être réaliste. Mais essayer aussi. Si jamais ça marchait...

Elle veut essayer, c'est l'important. Sinon, elle ferait quoi de son été à part végéter dans son coin? Pas trop bon pour le moral.

Alors je vais aller la réveiller pour qu'elle soit prête à appeler la dame à huit heures. Advienne que pourra!

mercredi 20 mai 2015

Manger moins

Je me demande comment je faisais pour manger autant avant. Avec appétit. C'était quoi que je remplissais comme ça? Pas seulement mon estomac. Ou bien ce n'était qu'une habitude. Mauvaise. Je me sens tellement tellement mieux à 68 kilos (150 livres), libérée et libérée je le suis de ce poids qui m'entravait, me retenait, m'alourdissait. Et je pourrais en perdre encore, pas beaucoup, juste un peu. J'adore toucher mon ventre plat, penser que cette graisse qui se logeait vraisemblablement entre mes organes internes est disparue. Je respire mieux, à tous les points de vue. Fière je suis. 

Mais avant de songer perdre encore, je vais maintenir. Très motivée. La présence de ma fille aurait pu me faire déraper. Avant, je lui aurais préparé de bons repas à son goût à elle. Maintenant, non. J'ai changé. Je n'achèterai plus de viande. Je suis chez moi. Je lui ai fait une épicerie pour ses lunchs, rien que du bon, du sain, du bio. Elle en fera ce qu'elle voudra. Rien ne se perdra car si elle décide de ne pas manger ce que j'achète, c'est moi qui le ferai. 

Hier soir, on a mangé des sushis, ce qui nous fait plaisir à toutes les deux. Et ça va rester comme ça. Que du bon. En petite quantité dans mon cas. Parce que je me sens mieux comme ça. 

Décalage horaire

Réveillée en pleine forme dans la nuit. À moitié morte à huit heures du soir. Plus sensible et vulnérable. Mais pas déprimée du tout, non. Sentiment d'être entre deux. Entre deux quoi? Voilà une bonne question. Entre deux voyages? Entre deux vies? Entre deux décisions? Entre le bien et le mal? L'action et la méditation? Entre moi et moi, surtout. Car c'est ma vie, j'en suis responsable et j'ai bien plus de pouvoirs que je n'en utilise. 

Le yoga fait du bien et encore plus depuis que je suis plus mince. Je peux maintenant plier avec plus d'aisance de tous bords. Flexibilité. Calme. Concentration. Satisfaction. Communion. 

Listes. Fille. On ira voir une école demain. Un centre qui donne un cours de préposés aux bénéficiaires sans avoir besoin d'un secondaire en préalable. C'est mon idée à moi. Ma fille décidera. Elle voit toujours sa psychologue. Ne m'en parle pas. C'est correct. Ça lui appartient. 

À part ça? Ma valise est pas défaite encore. Pas une priorité mais quand même, je m'en vais faire ça, tout de suite, tranquillement dans la nuit. Aussi bien occuper ce temps d'insomnie. 

Et puis, planter un jardin de balcon. J'ai tout ce qu'il faut. On va bien manger. Tellement important. 

Le gars? Il n'a pas répondu. Quand même curieux. Il semblait poli et bien élevé. 

lundi 18 mai 2015

Oser

Dans la vie, qui ne risque rien n'a rien. Je compte écrire au gars qui me plaisait dans le voyage. En m'exposant du même coup au rejet. Je suis capable d'en prendre. J'attends quelques jours encore, on vient juste de rentrer, et je lui propose un café. Texte court et précis. "J'aimerais te revoir. On pourrait aller prendre un café ou...  un thé chinois?"

S'il n'a aucun intérêt, il prétextera être trop occupé, ne pas avoir le temps et je comprendrai. Et je n'en mourrai pas! 

En fait, je ne sais même pas trop ce qui me plait chez lui. Pas vrai. Oui, je le sais. J'ai envie de coucher avec. Rien de très rationnel là-dedans. L'appel du corps. C'est tout de même relié à la santé, aux hormones, aux phéromones. Bref, je suis normale et c'est très bien. Advienne que pourra!

dimanche 17 mai 2015

Indispensable

Je ne le suis pas. Fait du bien. La maison est pareille comme avant, ni cambriolée ni dans un état lamentable. Les filles ont survécu, le petit-fils? Il a fleuri, je le vois comme une fleur épanouie cet enfant si beau et joyeux. Ma mère? Je lui ai parlé hier soir et je la vois aujourd'hui. 

Moi? J'ai perdu six livres ce qui me réjouit et ma libido est revenue. C'est un signe de santé tout ça. Il y avait un homme célibataire dans le voyage. Il me plaisait. Rien ne s'est passé mais il a été le sujet de fantasmes intensifs de ma part!

Le voyage a été difficile, difficile mais enrichissant, comme la vie. J'en reviens épuisée et énergisée en même temps. Et comme je suis réveillée depuis trois heures du matin, décalage horaire oblige, et que mon frigo est totalement vide, je m'en vais de ce pas dans un petit café des environs, ouvert 24 heures. Prolongeons le voyage! 

jeudi 23 avril 2015

Relativiser

Ma fille n'est plus avec ce gars. Elle s'en est sortie. Elle aura besoin de support et elle en aura. Mais c'est une magnifique nouvelle qu'elle ne soit plus avec lui. Ce serait tellement pire et angoissant de partir 22 jours en la sachant entre ses mains. Je devrais me réjouir et je me réjouis. C'est vrai qu'elle a l'air d'une toute petite chose en dépression quand je la regarde mais elle est une toute petite chose en dépression qui a été assez forte pour se sortir de la violence. Elle s'en remettra. 

Psychologue et arrangements de départ

Ma fille va mal. Et je pars. Alors, la psychologue, ça urge. Je pense en avoir trouvé une, à la fois spécialiste de la violence conjugale et des troubles d'apprentissage. Le jack pot! C'est une autre psychologue très gentille, efficace et vite dans sa tête (j'avais pas fini ma phrase qu'elle avait compris et en rajoutait!), qui  m'a dit qu'elle pouvait prendre ma fille mais que l'autre serait encore plus efficace, car doublement spécialisée dans les problématiques de ma junior. C'est elle-même qui l'a contactée pour nous en plus. 

La grande Psychologue (si elle aide ma fille, je la vénère déjà eheh!) va nous rappeler cet après-midi,. Ce matin, aquaspinning avec ma grande et des amies. On est une belle gang. La petite n'est pas allée à l'école. Couchée dans le salon près de moi, l'air cadavérique. Elle va mal. Ah? Je l'ai déjà dit. 

Je la traite en malade. Je suis hyper gentille et maternelle. Ça tombe bien que je sois maternelle, je suis justement la maman de cette enfant! Et là, je peux me laisser aller totalement. Pas le temps de la responsabiliser, de la faire grandir, de la pousser vers son autonomie. Non, le temps de couver, dorloter, écouter (pas grand chose à écouter, elle ne parle pas), prendre soin, caresser les cheveux, la couvrir (elle a toujours froid), préparer ce qu'elle aime manger (pas la viande cependant, je ne veux et ne peux plus, pas de sucre non plus, pas de junk food, bon, c'est pas vrai que je prépare ce qu'elle veut mais ça fait partie de prendre soin de, une bonne alimentation, c'est la base et ça va l'aider à guérir). 

Je lui ai acheté une passe de métro de quatre mois, j'ai payé son téléphone (affreusement cher, elle avait dépassé ses données numériques), je vais lui laisser de l'argent de poche. Elle restera chez une amie dont je connais et fréquente la mère. Un bon milieu chaleureux. Elle aura une bonne psychologue et ça devrait s'organiser cet après-midi. 

Et une fois partie, je serai partie. 

mardi 21 avril 2015

Boire

Toute une bouteillle de vin. En plein après-midi. Toute seule. À la maison, toute seule,occasionnellement, c'est pas grave. 

Briser un verre de vin qu'on aime. Avoir de la misère à marcher et devoir se tenir aux murs, c'est moins joli. 

Partir

C'est tellement ça que j'ai à faire. Ça et rien d'autre.

Boire en plein après-midi

C'est ce que je fais. Je ne m'en vante pas et je ne m'en excuse pas non plus. Je constate tout au plus. 

Lecteurs et lectrices

Plus ou moins de mon âge, il y a Pierre. Un bon gars. En couple. Bon mari, bon père, bon fils. Un gars vraiment correct. Il me connaît très bien sans jamais m'avoir vue et je tiens toujours compte de ses conseils judicieux  et analyses fines. En fait, il ne me lit plus trop ces temps-ci  et je m'en ennuie. J'espère qu'il va revenir (message pas trop subtil!). 

Il y a aussi PassionnArts et plus, une véritable artiste pleine de ressources. On parlait exercices autrefois et là, plus de nouvelles là-dessus (???) Elle a une famille qui l'entoure et un mari attentif et ils font de beaux voyages. Je soupçonne cette femme généreuse mais un peu dissidente (ben oui, je peux discerner ça aussi) d'avoir plein de choses à dire et à dénoncer mais elle ne le fera jamais dans son blogue lu par toute sa famille, Un petit blogue privé, PassionnArts et plus, ça ne te tenterait pas? N'oublie pas de m'inviter. 
terrerose@msn.com

Et puis, ma compagne de sorties en ville, la belle Nanou la Terre. Celle-là, je la connais dans la vraie vie mais tout a commencé dans nos blogues.Une jolie femme enthousiaste qui m'a entraînée dans des cours de djambé, une personne qui a vécu des épreuves et les a surmontées et en vit encore et surmonte encore.Une surfeuse de la vague de la vie. Entière, vraie et généreuse. Je l'aime beaucoup et je me demande comment on peut ne pas l'aimer. 

Maman raconte du blogue Trois plus un est devenue tout de suite ma fille. Je l'adore mais je suis surtout la grand-mère virtuelle de sa fille de trois ans, sa groupie finie. Je suis en amour avec  cette enfant spirituelle et affirmée et tout ce que Maman raconte à son sujet m'enchante et me fait plaisir! Cette petite fille deviendra la permière ministre du Québec, je le sais, je le sens. 

Chez Zoreilles, quel titre de blogue formidable! Cette fille-là, je n'en dirai pas grand chose, juste que je vais aller toute seule au festival de film de sa région en autobus. que je vais la rencontrer là-bas et la reconnaître, tout simplement, sans malaise, sans mise en scène non plus. Elle sera là, on se reconnaîtra et on ira voir un film ensemble et tout ira bien. Amen!

Éphémère? C'est mon bébé. ma fille virtuelle. Faut pas lui faire du mal, Je deviens lionne. Elle est intelligente, toujours en cheminement et j'ai une grande confiance en elle. Elle va s'en tirer très bien, je le sais, je le sens et j'ai raison. 

Cryzal, dont j'aimerais bien avoir plus de nouvelles? Blogue?  Une femme de coeur. 

Une nouvelle jeune lectrice, Tiffany  d'Ottawa (Blogue d'une expatriée). Enceinte, en couple depuis peu, travaille pour le gouvernement, ex-anorexique, super intelligente et informée,. 

Rosabelle Mélanie. Admiration. Je suis groupie. La fille est diagnostiquée avec la sclérose en plaque. Non seulement elle ne s'écroule pas mais elle décide de vancre la maladie. Devient végétarienne militante,perd une centaine de livres et devient... professeure de course! Wow! Je la lis religieusement et je la vénère,rien de moins.

Et puis il y a ma chère Une femme en santé. Je l'aime tout simplement. Un amour simple et sincère. Bon, j'ai de l'admiration parce qu'elle a perdu une centaine de livres à force de persévérance te de volonté, mais elle les reprendrait et je l'aimerais tout autant. Je l'aime parce qu'elle est elle et que je suis moi, des fois ce genre de match arrive et là, c'est le cas!

Pur Bonheur? Une jeune grand-mère qui peint. décore. voyage et a deux gros chiens et un beau mari à la campagne. Un sens de l'humour développé mais on ne sait pas tout...

Juste moi, une fille organisée. Je l'ai rencontrée pour vrai, fait un certain temps. De bon conseil, j'apprécie!

Zolasoleil, une fille qui a l'air bien plus jeune que son âge et qui fait de l'exercice intensif dans son salon. J'ai essayé un peu mais bien trop difficile pour moi! ;o) Domaine de la santé. On s'est rencontrées dans un café. Contact facile. 

Mijo, ma belle Mijo que je n'ai vue qu'en photos. On se jase ça en privé des fois. Elle viendra me voir et je ferai de même un de ces jours!

Solange, l'artiste au sens de l'humour développé, qui m'a fait la belle surprise de m'envoyer par la poste l'original d'une des ses oeuvres. Oui, oui, elle a fait ça et je l'ai ici! Fantastique, non? 

Grande Dame, qui n'écrit plus beaucoup mais vient me lire de temps en temps. Il y eût une époque où on pouvait se régaler de sa fine plume. Une femme talentueuse. 

Louise, qui a un blogue privé "Entre deux instants", qui écrivait quand j'ai commencé à la lire que si jamais elle devait retourner travailler, elle divorcerait. Or, non seulement elle travaille à temps plein mais c'est son mari qui a quitté son emploi. Comme elle est courageuse et organisée, elle s'en tire même si c'est assez difficile des fois. Mais la vie n'est pas facile et je suis certaine que ça va aller de mieux en mieux. J'ai confiance en ses nombreuses qualités et en sa capacité de rebondir. 

Judith qui vient juste d'apprendre une nouvelle qui lui fait énormément de peine. Une fille qui vient de perdre vingt livres à force d'efforts. Une vaillante qui va se relever, on le sait bien. Mais là, c'est dur, très dur. 

Il y a aussi Karine, une fille super intéressante qui n'écrit pas souvent. Vous la lirez. Elle travaille dans un chlsd comme technicienne en loisirs. Elle aime son monde, a plein de belles idées et adore son travail. J'aime les gens comme ça et elle fait certainement une différence dans la vie des gens qui la côtoient! 

Quatre fois maman, en perpétuelles remises en question. Une fille intelligente qui fait l'école à la maison à sa fille qui a des problèmes d'apprentissage et qui va envoyer son fils à l'école l'an prochain en plus de s'occuper de ses deux tout-petits. 

Soixante et un

J'ai soixante et un an et demi. Je pourrais être la mère de la majorité de mes lectrices. Et en fait, je me sens un peu la mère d'Un autre prof, parce qu'elle n'en a pas de mère, morte trop jeune et elle en souffre et je lui suis attachée. Je la lis depuis longtemps et je l'aime. Jamais vue en personne. 

J'aime beaucoup Sahée aussi, mon intrigante Sahée, mais je n'ai pas du tout de rapport maternel avec elle. On s'affronte même mais je pense qu'on s'aime aussi. On se respecte, ça c'est certain. J'aime son côté battante, sa résilience. Ça m'enrage qu'elle ne maigrisse pas mais coudons, c'est tellement pas de mes affaires. J'aime aussi qu'elle soit une si bonne mère. J'aime ça les bons parents et elle n'a pas à se forcer là-dessus, elle l'a l'affaire. Naturellement. Déjà vue à un salon du Livre. Une jolie femme. 

Il y a aussi Gen, de La plume et le poing, celle-là, on s'est déjà chicanées en masse. C'est plus trop le cas. Je suis allée au vernissage de son premier livre (oh! ça s'appelle pas vernissage, ça s'appelle comment déjà? la présentation d'un livre tout neuf?) dans une brasserie japonaise de mon coin (très concept, ses livres sont sur les samouraïs), jolie elle aussi. Je l'ai revue au dernier Salon du livre et je lui ai acheté son nouveau Hanaken. Elle a du talent et de la personnalité mais même si elle aussi a perdu trop tôt sa mère, pas de relation filiale entre nous. 

Il y a Michèle qui me lit, que j'ai rencontrée déjà au Vieux Port et que j'aime. N'a pas de blogue. Je me demande pourquoi et je fais pression pour qu'elle en parte un. Ça serait super intéressant, je le sais. Une belle femme avec un vieux mari de mon âge qu'elle aime. Entière.  

Et puis, ma chère grande voyageuse Laurence, une femme extraordinaire. Je l'admire, oui. Elle a eu quatre enfants et a décidé de rentabiliser son temps avec eux en s'y consacrant entièrement mais sur une courte période. Ensuite, go, travail d'enseignante et maitrîse pour se qualifier. Et puis, voyage d'un an en Asie en famille. Ensuite, séparation hors-norme, et maintenant, à l'aube de la quarantaine, recherche de tout ce qu'elle ne pouvait pas se permettre avant, recherche? bien plus que ça, exploration et plaisir. Bref! Une femme entière qui a et aura une vie entière et pleine et qui sera encore intéressante à lire quand elle aura soixante et un an comme moi. 

Il  y aura une suite à ce billet mais là, la madame va se servir un autre verre de vin. En plein après-midi? oui. Alcoolique? Tellement pas!

Encouragements

Yoga, aquaspinning, fille qui s'est levée mais sera en retard. Pluie. Petite vie. Valise. Pas vrai pour la petite vie. Elle sera petite si je la fais petite. Je suis la maîtresse de ma vie. Plus difficile le poids depuis que Fille est ici. Et l'aquaspinning qui me rend vorace n'aide pas non plus. Mais je vais vaincre tout ça. C'est moi qui décide, pas mon estomac. 71 kilos. Je réagis. Énergiquement. Moral pas si mal. Pas si mal? Non, moral bon, parce que je le décide là tout de suite. Bon moral, bonne vie, bon corps (pour être en forme, il est en forme, droit et solide, j'en suis bien fière), vie qui coule comme le sang dans mes veines. Je peux tout. Si je veux, je peux et je veux. Ne pas lâcher. 

vendredi 17 avril 2015

L'art nourrit

Oui certainement. Mais le restaurant qui précède l'art fait grossir. Deux soirs de restaurant avant-spectacles et deux kilos en trop ce matin! Tant que ça? Oui. Je prends du poids archi-rapidement. Devrais-je paniquer pour autant? Mais non, pas du tout. Je me connais et je me suis de près. Pesée tous les jours ce qui me convient parfaitement. Il va suffire de rectifier fermement le tir et tout rentrera dans l'ordre. Ce qui rend les choses plus difficiles est cette pièce de théâtre ce soir, précédée d'un souper évidemment. Vais-je oser inviter mon amie et sa fille chez moi? On fait une sortie mères-filles. Cette amie, chez qui ma Vingt ans résidera pendant mon voyage, est une cuisinière émérite. Et moi? Bon, je trouve ça excellent ce que je cuisine mais c'est simple, mettons. 

Allons au yoga et je verrai après. L'exercice me fera du bien et m'aidera à prendre une décision. 

Je recommande chaudement la pièce de théâtre vue mercredi soir chez Jean-Duceppe "Judy Garland, la fin d'une étoile." avec la merveilleuse, extraordinaire Linda Sorgini. Elle chante pour vrai, a du chien, du charisme. Bref, je l'aime tellement que je suis allée écouter sa causerie dans le corridor de la Place des Arts  hier après-midi, j'ai pu la voir après, lui parler et lui serrer la main. Simple et authentique la dame. Je suis groupie. Le metteur en scène, M. Poirier, était heureux des louanges que nous lui avons faites sur sa pièce. Charmant lui aussi. 

Ma fille? C'est compliqué. Elle a reçu sa convocation à la cour des mains d'un huissier hier. Les papiers de l'Ivac que le clsc lui a donnés, que je croyais inutiles, ce serait bien de les remplir pour avoir accès à un psychologue. C'est la dame du centre d'hébergement qui m'a dit ça. Contacter le Cavac pour avoir de l'aide pour remplir le truc. Quand il mettent leur griffe, la demande à l'Ivac a plus de chances d'être acceptée. 

Bon... 

On va s'occuper de tout ça. Le Cavac est contacté déjà et j'attends un retour d'appel. 

La t.s. de la cour contactée aussi hier. On n'a pas reçu les conditions de monsieur. Ça viendra, c'est normal que ce soit long madame. Est-ce que monsieur a le droit de contacter les amis de ma fille? "Je n'ai pas les conditions de monsieur devant moi, mais en général oui, madame. L'interdiction de contact vaut pour votre fille et sa famille."

Elle va comment, ma fille? Fragile. M'a dit "Je vais faire quoi si tu meurs? Je ne sais pas me débrouiller dans la vie." C'est la première fois qu'elle sort quelque chose comme ça. 

Et moi, je vais comment? Je vois des spectacles. Avec ma fille ce soir, ça me fait plaisir. J'ai comme un besoin qu'elle soit proche de moi. 

mercredi 15 avril 2015

Système de justice

Avant mes adoptions, j'étais allée faire un tour à Haïti. Avec une amie que j'ai perdue à cause de la religion. Elle est la marraine de ma plus vieille et elles sont toujours en contact. Elle allait d'ailleurs l'évangéliser à l'hôpital alors qu'elle était en pleine psychose. Elles joignaient les mains pour prier le diable qui était en elle de la laisser tranquille. Je pense que les infirmiers devaient se demander laquelle était la plus folle des deux. Mais passons, ceci n'est pas le sujet de mon billet. Juste un autre élément qui me fait encore plus détester les religions et le mal qu'elles peuvent faire aux gens qui y adhèrent. 

Alors, je suis donc à Haïti, mon amie, qui était plutôt trippante dans ce temps-là (avant la religion) cherche un drink, une amulette, quelque chose de vaudou (à bien y penser, c'était pas déjà un peu la religion, son truc?) pour retrouver un amour perdu. Ou un nouvel amour, elle n'était pas trop difficile là-dessus. On va donc chez la madame vaudou qui nous prépare tout ça, garanti madame. Mon amie en boit et puis elle lui en fait une bouteille pour rapporter au Canada et faire boire à l'homme convoité. Bien. Tout le monde est content. Et moi aussi, bien sûr. Plus c'est exotique, plus je suis heureuse. Et on repart vers notre hôtel. Qui est loin. Le soir tombe. On n'a peur de rien. On est au temps de Duvalier. Le matin, on barre notre porte en partant pour la retrouver grande ouverte au retour. Ménage impeccable. Jamais rien de touché de nos choses. Le vol? Il n'y en a pas. 

Et voila que nous nous couchons à la nuit noire. Nous dormons et on frappe à la porte. Pas fort et puis fort. Mon amie ouvre. C'est la jeune fille de la femme à la potion vaudou. C'est à elle que mon amie avait payé. Or, elle s'est trompée dans la monnaie rendue. Elle a alors fait tous les hôtels de la ville (on était à Jacmel) pour retrouver les deux Canadiennes. Elle ne sait pas notre nom, donc elle doit nous décrire. Et voilà qu'elle nous trouve et c'était urgent qu'elle nous trouve, ça ne pouvait vraiment pas attendre à demain. Parce qu'en Haïti, on est coupable dès qu'on est accusé et c'est au coupable de prouver son innocence. La jeune fille, toute tremblante, nous a remis les quelques sous qu'elle nous devait. On a eu envie de lui dire de les garder mais on a pas osé après tout le trouble qu'elle s'était donné pour les remettre. Un gros bonne nuit et une bonne leçon pour nous. 

Notre système de justice n'est pas parfait mais chez nous, on est innocent avant d'être coupable. Et c'est très bien comme ça.

mardi 14 avril 2015

Ma fille, New-York, camp de jour

Ma fille a des amis qui vont à New-York, dont la chère amie de sa classe chez qui elle va résider pendant mon voyage. Je lui dis de s'informer, que si le prix est raisonnable, elle pourrait peut-être y aller. Elle me texte les dates (pendant la nuit!) et je vois ce matin que la date de sa comparution en cour pour Joblo est là-dedans. Le lui dit (elle est debout depuis six heures, ce matin, étrange... ), me réplique qu'elle n'est pas obligée d'aller en cour, que c'est ce que je lui ai dit (hein? jamais dit ça... juste dit qu'elle ne passerait pas devant le juge, que c'est lui qui est jugé, pas elle), ne veut plus y aller à la cour. Je suis tannée, j'éclate, faut que tu y ailles!!! 

Ce matin, elle me fatigue. Autant j'ai envie de la consoler, de la prendre dans mes bras (elle ne me laisserait pas faire), autant je suis tannée de ses problèmes. Tannée. J'ai le droit. Me fait du bien de faire une crise ici devant mon ordi, crise qui ne fait de mal à personne. 

Parce que je serai calme et gentille avec elle, vous le savez bien. Je lui offre à déjeuner, elle refuse. Je lui offre de faire son lunch, elle refuse aussi. A mal au coeur et à la tête. Je suis inquiète et ça ne sert à rien de s'inquiéter, ne rend service à personne. Laisser aller. 

Elle est en sécurité, elle s'en est sortie mais il y a et aura séquelles. On ne passe pas de la peur à l'amour plein de fois dans la même journée pendant des mois sans qu'il y ait des traces. Pas de nouvelles du clsc, pas de papiers de cour non plus d'arrivés. On se sent seules et abandonnées. Du moins, moi, je me sens comme ça. Elle aussi je suppose. Je ne sais pas trop. Elle ne me parle plus et est très distante. Comme si je l'énervais. Alors, je la laisse tranquille. Je ne sais plus trop sur quel pied danser. 

Finalement, mon autre fille a inscrit son fils au camp de jour près de chez nous. Elle voulait l'inscrire six semaines. J'ai dit que je m'en occupais quatre. Elle me l'emmènera à sept heures le matin et je le conduirai (à pied, c'est à côté), au camp à neuf heures trente et ensuite, j'irai le chercher à quinze heures trente, quatorze heures trente le vendredi. Le jeudi soir, il couchera chez moi. C'est bien et correct, je pense. Je l'avais offert. 

dimanche 12 avril 2015

Yoga

Six jours de yoga sur sept cette semaine et le septième, je voyais mon entraîneur. J'approche de l'extase, là! Non, mais, c'est pas loin d'être vrai, ça me fait vraiment un bien fou. 

Révélations

Chaque journée, il y a de nouvelles révélations de la part de ma fille. Hier, c'était que le petit garçon de Joblo n'était pas frappé seulement avec les mains mais avec une ceinture aussi. Au choix du père et peu importe la nature des "infractions". Le signalement ayant été finalement retenu, le sort de cet enfant est maintenant aux mains des autorités. 

Aujourd'hui, elle a dit que Joblo vendait de la drogue. C'est pour ça qu'il a de l'argent. Me semblait bien aussi qu'il avait pas mal d'argent pour quelqu'un sur l'aide sociale. 

Problèmes d'apprentissage et leurs conséquences

Ma fille en a une pelletée, dont la dysphasie qui fait qu'elle ne comprend pas toujours bien les conversations et messages. Ainsi, elle a bien expliqué au clsc qu'elle avait été victime de violence conjugale et a montré la carte du constat de police. S'en sont suivis des trucs qu'elle ne comprend pas. La police a été appelée par le clsc pour avoir plus d'information et la policière a expliqué que ma fille avait refusé l'aide du clsc parce qu'elle avait déjà une psychologue à l'école. Tout a été long (je répète ce qu'elle m'a raconté), on lui a donné des papiers pour le Cavac et elle n'a aucune idée si elle doit rappeler pour prendre rendez-vous pour avoir de l'aide (ils lui ont peut-être dit ça, mais peut-être pas non plus, elle n'en a plus aucune idée) ou bien attendre, quoi? Elle ne sait pas non plus. Tout est confus. Ils lui ont parlé beaucoup ce qui fait qu'évidemment, elle n'a rien retenu. J'aurais dû y aller avec elle mais quand j'y vais avec elle, je me fais accuser de la traiter en bébé. Elle aura vingt-et-un an dans quelques semaines. 

Elle veut refaire sa chambre, la peinture, la décoration, tout. Des couleurs foncées que moi je n'aimerai pas et que j'aurai à repeindre à son départ. Je lui dis qu'elle ne va pas passer sa vie chez maman et que la décoration pourrait nous plaire à toutes les deux, pourquoi pas? Me répond que dans son état, avec le peu de choses qu'elle est capable de  faire, elle passera sa vie chez maman. Personne ne voudra d'elle et ceux qui veulent d'elle la maltraitent. 

Elle est retournée à l'école depuis plus d'un an maintenant. Aucun progrès, zéro. même pas un pré-test de fait. Elle a encore le premier cahier de mathématiques et le premier cahier de français et ils ne font aucune autre matière avant d'avoir complété le niveau de scolarité du primaire. J'écris ça et j'ai envie de pleurer. Mais je ne pleurerai pas et je vais prendre sur moi et trouver de l'espoir en quelque part. Au moins, ici, elle est en sécurité ce qui est très bien. 

Et puis, les tests its ont bel et bien été passés et elle attend les résultats, de ça elle est certaine et a bien compris. 

vendredi 10 avril 2015

Journée productive

Aujourd'hui, j'ai reçu mon nouveau frigo, tout petit et mignon et qui me coûtera 45$ d'électricité pour toute l'année, pas si mal! J'ai fait un cours de yoga difficile que je trouve moins difficile. J'ai même aimé ça "pendant" (pas tout le temps, mais de bonnes parties) au lieu de seulement "après" (pour la satisfaction et la relaxation apportée et juste parce que l'épreuve est enfin finie eheh!). J'ai également texté des messages instructifs à ma chère Vingt ans qui me trouble ce temps-ci comme mes lecteurs préférés le savent (vous êtes tous mes préférés vu que je vous ai tous choisis. dit la Téteuse!). Alors je lui demande comment ça s'est passé au clsc et quand elle me dit qu'elle leur a parlé de son problème de violence conjugale et de sa plainte à la police à ce sujet, je m'exclame par écrit "Bravo! Je suis fière de toi!" ce qui la rend furieuse. Elle me répond de cesser de la traiter comme un bébé. Sur le coup, j'ai eu envie de rire, je ne l'ai pas fait et je me suis excusée. Je ferai attention, ai-je texté. 

Alors, elle leur a parlé de son besoin d'aide, ce qui me fait pousser de grands ah! de satisfaction, elle a passé ses tests its et aura les résultats par téléphone, on lui donnera probablement un rendez-vous de suivi  avec une t.s. ou une psy. Je suis ravie. D'autant plus que je pars bientôt. 

J'ai également eu l'idée de téléphoner à la mère de l'amie qui l'hébergera pendant mon absence. J'ai bien fait. Une super personne que j'aime beaucoup et qui connaît bien ma fille. 

Journée grise mais productive, donc. Je suis contente. 

jeudi 9 avril 2015

Tordu, tordue

Tordu Joblo, et pervers même, selon l'intervenante de la maison d'hébergement. Tordue la situation. Et tordue aussi la tête de ma fille. Fuckée ma fille. Désensibilisée, dans un autre monde. Tolère et considère normaux des trucs intolérables pour moi. Bon, évidemment, moi, c'est moi et elle, c'est elle, je sais, je sais, mais quand même, il lui a fait un lavage de cerveau intensif et ça ne part pas comme ça. Il y a plein d'idées tordues dans la tête de ma fille. 

Elle a fini par se lever. J'ai eu espoir que ce soit pour aller à l'école, mais non. Je ne me suis pas astinée et ai proposé qu'on sorte. Musée, magasins et puis aller voir pour son cel qui ne se charge plus. Faisait quand même beau. Froid encore mais beau. Elle a dit oui. 

Et a parlé tout le long de Joblo. En bien!!! 

"Tu sais, maman, à part pour ses défauts, c'est un super chum."

Il la bat, il bat son fils, il lui fait peur, il la commande, il a deux femmes et baise sans protection avec les deux en même temps, mais c'est un super chum???

Je m'exprime avec véhémence ici mais je suis plus intelligente que ça dans la vraie vie, rassurez-vous. J'ai dit d'un ton détaché: "Ah oui? Vraiment? Pourquoi tu dis ça?"

"Il m'achète des choses." 

Mausus de mausus, le moron est un super chum parce qu'il lui achète des choses??? Mais je l'ai élevée comment, cette fille? 

"C'est important pour toi qu'on t'achète des choses?"

Elle: "Très important"

On laisse son cel au kiosque Fido pour qu'ils essaient de le charger et on va dans les magasins. Elle cherche la robe Guess qu'il lui a achetée pour me la montrer. Me dit qu'il lui a acheté aussi un sac pour Noël et en a acheté un pareil à Autrefille . "Ah! Il vous achète les mêmes cadeaux?"

Elle: "Oui, comme ça il n'y a pas de jalousie"

Elle a l'air de trouver ça tout à fait normal. 

Moi, devenant curieuse (non, mais, je tombe des nues!): "Quand Autrefille est là, vous couchez toujours à trois?"

Elle:"Mais oui, où tu veux qu'elle couche, il y a la chambre de Enfant et une seule autre chambre."

Moi: "Oui, bien sûr, et vous avez toujours des relations sexuelles à trois?"

Elle: "Oui."

Moi: " Et tu aimes ça?"

Elle: "Non, mais je suis habituée."

Moi: "Elle a la clé de l'appartement de Joblo, Autrefille? 

Elle: "Oui, comme moi."

Elle trouve la robe qu'il lui a achetée et est en extase. "Regarde comme c'est beau. Et c'est cher aussi." 

"On allait souvent magasiner ensemble mais on allait à Laval, il y a encore plus de magasins. Et on allait au cinéma aussi et au restaurant (elle est songeuse et silencieuse), au restaurant, c'est pas arrivé souvent."

Chers lecteurs, je ne sais plus trop quoi penser. Cette même fille lit la bible et dort avec aussi. 

Ce soir, elle est sortie avec son amie d'école. Celle que j'aime. Elles vont venir coucher ici. 

Elle reviendrait avec Joblo demain et je ne serais même pas si surprise. Elle parle beaucoup de récupérer ses choses chez Joblo. Je lui dis que c'est possible, qu'il faut appeler la police pour être accompagnée.  Elle ne le fait pas et moi je ne m'en mêle pas. Si ce n'était que de moi, je laisserais les vêtements et la couverture achetés par Joblo chez Joblo. Mais la décision lui appartient. 

Frigo

Frigo acheté. Sera livré demain. Chez Corbeil. Pas des bulshiteux. Je recommande. Me sens efficace.

Vivre

Malgré tout. Coudons, je suis en bonne santé. La vie continue. J'attends un messager pour des papiers importants alors je ne peux pas sortir. Profiter de ce temps pour nettoyer la maison. Je n'en ai pas envie mais une fois commencé et surtout une fois fini, je serai contente du résultat. 

Ma fille dort. Refus de se lever. Une adulte. Je n'y peux rien. C'est comme ça. 

Ménage donc, ménage agressif. Go!

mercredi 8 avril 2015

Signalement retenu

À la suite de nouvelles informations, le signalement pour l'enfant a été retenu. 

Up and down

Celles et ceux qui me lisent depuis longtemps savent que je suis up and down. Et aujourd'hui est une bonne journée. C'est quand même extraordinaire et merveilleux et super que ma fille se soit tirée des griffes de ce tyran et qu'en plus elle ait porté plainte contre lui. Mon frigo ne marche encore plus (comprenez-vous la phrase? Pas clair je sais. Je veux dire qu'il remarchait et que là, non, caput! Heureusement que jouant de prudence, je n'avais pas acheté grand chose à manger) alors je proposerai aux deux filles qui dorment ici d'aller déjeuner au restaurant. Ça devrait leur faire plaisir. En attendant, je m'en vais voir mon entraîneur qui m'aide plus que la psychologue à cent dollars les 50 minutes que j'ai vue deux fois. Pour la moitié du prix. Et il sculpte mon corps en plus. Je gagne sur toute la ligne. 

Je suis chanceuse, je suis heureuse, je dois payer de l'impôt et je m'en fous, bon, pas tant que ça, mais oui, tant que je peux vivre et m'occuper de ma gang et de moi, de moi, ne pas m'oublier, fini de s'oublier, alors tout va bien. Mon vieil oncle mourant depuis longtemps m'a téléphoné. Il aura des bagels et ma visite et je lui apporterai mon itinéraire de voyage parce que cet homme aurait tellement aimé voyager. Un homme intelligent que j'aime beaucoup. 

mardi 7 avril 2015

Aide aux victimes

La travailleuse sociale de la cour, très gentille, m'a expliqué comment ça fonctionne. Quand une victime porte plainte, il y a un protocole SPVM-CLSC. Le dossier est transmis en priorité au clsc par la police si la victime le désire. Or, j'ai appris en contactant ma fille après mon appel à la t.s. que cette aide lui avait été offerte mais qu'elle l'avait refusée parce qu'elle avait déjà sa psychoéducatrice de l'école pour l'aider! 

Attendre

Je suis perturbée. Ça tue toute effficacité. Je suis bien allée au yoga ce matin, bravo à moi et ça m'a fait beaucoup de bien. Toujours aussi dur le yoga. C'est comme ça et c'est bien, ça travaille et entretient le vieux corps. Probable que ce soit parce que j'ai dans la soixantaine que je trouve ça si dur, bien qu'il me semble que je trouvais ça dur aussi avant. À bien y penser, l'aquaspinning, c'est de la petite bière comparé à un cours de yoga dans une bonne école. 

Je règle certains dossiers qui concernent ma fille. Je ne suis donc pas totalement inefficace. Je le fais à la demande de ma fille, rassurez-vous. Elle est l'adulte et elle prend ses propres décisions. J'ai donc attendu qu'on me rappelle pour un rendez-vous de détection des its. Joblo en avait au moins une selon les tests qu'il avait passés, la chlamydia et évidemment, il accusait ma fille de la lui avoir donnée. Bon, ma fille a toujours mis des condoms avec ses autres partenaires, ce qui n'est pas le cas de Joblo. Il veut se reproduire à tous les vents, Joblo, alors non, pas de condoms. Mais on se fout de qui vient le truc, si truc its il y a, il faut le dépister et le soigner. Le rendez-vous est pris, yé! 

J'attends aussi que la cour me rappelle. Je veux savoir s'il y a une thérapie de prévue pour les victimes. Alors, j'attends. C'est ça.  Et je fais de l'ordi et pas grand chose d'autre. Et c'est comme ça et c'est correct. Point. 

lundi 6 avril 2015

La vie continue

Cryzal faisait remarquer à juste titre dans un commentaire au billet précédent qu'alors que l'agresseur a droit à des thérapies, il n'y a rien pour la victime! Je vais appeler la travailleuse sociale de la cour demain pour demander si c'est bien le cas. Il semblerait bien car elle n'a rien proposé à ma fille. 

Elle est traumatisée ma fille. Pas là aujourd'hui, partie à Québec avec une amie. Tout ce qui lui change les idées et qu'elle a envie de faire me semble une bonne idée. Mais sinon, elle pleure, a l'air troublée. Et moi aussi, je suis tout ça. Je suis allée pleurer dans les bras du chum de ma mère hier, oui, oui, son chum de 85 ans que je n'aime pas tout le temps. Hier, je l'aimais, faut croire! ;o) 

On va donc s'occuper de ma fille, trouver des ressources. 

Mais je vais m'occuper de moi aussi, moi d'abord même. Se rappeler des consignes dans l'avion. On met d'abord son masque à oxygène à soi avant d'aider les autres à mettre le leur. Pas fait d'exercice depuis mercredi passé, jour de l'entraîneur. Ça me manque. Alors, yoga ce matin et montagne cet après-midi si je ne suis pas totalement épuisée du yoga. Il y a des cours tellement difficiles et au-dessus de mon niveau à moi que j'en sors ébranlée. Et comme je ne connais pas la prof d'aujourd'hui, je verrai bien ce qu'il en est. 

Mon poids? Il a baissé sans aucun effort et sans faire myfitnespal. 69. 6 kilos ce matin ce qui correspond à 153.4 livres! Et je me suis fait des pâtes à l'ail hier parce que j'en avais envie. Avec du vin. Et la veille, j'avais soupé chez des amis, poulet au beurre, mes amis, et beaucoup de vin cette fois. 

Alors pourquoi je ne grossis pas? Parce qu'il semblerait que je n'aie plus de compulsions alimentaires. Je vis des choses très difficiles et je ne compense pas par la nourriture. J'ai réussi à vaincre cette mauvaise habitude. Le fait de ne plus manger aucun sucre et d'être vigilante là-dessus aide énormément. 

Il aura fallu attendre jusqu'à mes soixante ans pour me débarrasser de ma béquille sucrée? Oui.

Et puis, je mange pas mal ce que je veux, très santé. on s'entend, mais mes quantités sont maintenant raisonnables. Mes pâtes à l'ail d'hier étaient servies dans un petit plat, pas un grand. Et le poulet au beurre chez mes amis, j'en ai pris deux cuillerées, j'ai pris plein de légumes, pas de riz et un demi-pain nan, pas tout un. J'ai même mangé un petit morceau de tarte aux pommes fait par mon amie comme dessert, je n'en suis pas morte et je n'ai même pas eu envie d'un deuxième morceau. 

Je fais attention mais je n'en souffre pas. La semaine passée, Vingt ans est revenue avec les trois quart d'une tarte de chez son frère. De la tarte de pâtisserie fine qui m'aurait fatiguée jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans ma vie antérieure. Là, même pas, à peine. Je n'ai pas pris de chance, je l'ai bien enveloppée et je la lui ai donnée le lendemain matin pour apporter à son école et partager avec ses amis de classe. Ma bru, qui est mince comme un fil, avait certainement fait la même chose en donnant la tarte à ma fille: ne pas se créer de tentations.  J'apprends beaucoup des gens minces!

dimanche 5 avril 2015

DPJ

Ma fille a mal dormi. "Je suis inquiète pour le fils de Joblo." Ils faisaient équipe tous les deux lors des colères du paternel. Ne pouvaient pas se parler et ne s'opposaient jamais au King de la maison mais se donnaient du support silencieux du regard. Elle me raconte ce que le petit devait endurer. Tu devrais appeler la dpj, juste pour t'informer si c'est assez pour faire un signalement. Elle le fait. On la laisse et on va dans une autre pièce (une de ses amies est ici). Quand c'est fini, elle dit que le signalement n'a pas été retenu. 

Me semblait pourtant qu'un enfant qui vit dans la peur, ne peut pas s'exprimer librement, reçoit une fessée s'il n'a pas mangé tout son lunch, n'a pas le droit de déranger le matin même si les parents se lèvent seulement dans l'après-midi (pas vrai, me dira ma fille, il a le droit de demander une collation une fois, le père dit oui ou non et ça finit là), un enfant qui est témoin de violence conjugale et obligé de prendre parti (Elle est conne, Vingt ans, n'est-ce pas, Fils?  et l'enfant doit répondre oui haut et clair alors qu'il adore ma fille), il a vu son père  mettre Vingt ans dehors en hiver en soutien-gorge, briser ses choses, crier après, l'emmener dans sa chambre pour la battre, garrocher ses perruques, la diminuer, l'insulter, l'arroser, cet enfant n'a pas le droit de pleurer, même pendant une fessée. C'est beaucoup d'éléments. On n'enquêtera même pas?

Je décide de rappeler pour faire mon propre signalement. Vingt ans avait raison, mon signalement qui est semblable au sien (c'est d'elle que je tiens mes informations) ne sera pas retenu. "Il faudrait quoi monsieur pour qu'on rencontre l'enfant?" "Il faudrait qu'il ait des problèmes de comportement, qu'il soit signalé par l'école par exemple, il faudrait des sévices physiques graves. Nous sommes une loi d'exception, nous ne pouvons nous immiscer dans les familles que pour des raisons graves. D'après ce que vous me dites, cet enfant n'a pas une vie idéale mais il n'est pas en danger. Le signalement ne sera pas retenu, madame." 

On garde cependant notre témoignage. Si jamais il y avait d'autres signalements qui s'ajoutaient, le fait que quelqu'un ait déjà appelé avant aiderait à les prendre plus au sérieux. 

samedi 4 avril 2015

Épilogue

Ma fille a fait une longue déposition à la police hier. Son agresseur a été arrêté, il a passé la nuit en prison et devrait passer devant le juge ce matin pour être libéré avec des conditions qui seront communiquées à ma fille par téléphone par quelqu'un de la cour. Dans les conditions, il y aura nécessairement l'interdiction de la contacter.

Pourquoi s'est-elle enfin décidée? Un élément curieux qui l'a fait pleurer abondamment a été un des déclencheurs. Il a contacté une très bonne amie à elle, la meilleure ai-je failli écrire, mais elle a plus d'une meilleure amie et la meilleure actuellement, à mon avis à moi, c'est celle qui va à l'école avec elle et qui la supporte vaillamment depuis les débuts de sa saga avec Joblo. C'est d'ailleurs celle-là que Vingt ans voulait avec elle pour aller à la police et nous sommes allées la cueillir en taxi.

Mais bref, Joblo a le carnet d'adresses de Vingt ans car les trucs de ma fille sont toujours chez lui. Il contacte donc cette amie d'enfance, lui jase, la charme, lui demande son aide pour récupérer l'amour de sa vie (ma fille!). Il est tellement charmant et manipulateur qu'elle se rend chez lui pour en discuter! Non, mais, quelle idiote! J'en reviens pas. Elle va chez le type ex-conjoint de sa grande amie sans le dire à l'amie en question. Elle est pourtant au courant des problèmes, c'est chez elle que ma fille s'était réfugiée, l'autre bord du pont, la première fois qu'elle avait quitté Joblo!

Ma fille est extrêmement ébranlée par ce contact. Dit que son amie semble prendre la part de Joblo, l'exhorte d'au moins lui écrire une lettre, trouve cruel que Vingt ans ait quitté le pauvre gars qui l'aime tant comme ça sans aucune explication. Ma fille pleure et pleure encore.

J'en profite pour reparler de la police. Il va appeler toutes tes amies comme ça, tout ton entourage. Tu lui as demandé clairement de te laisser tranquille, il ne le fait pas, ne le fera jamais. Elle dit oui, elle dit non, elle pleure et hésite. Pour compliquer les choses, j'ai Petit-fils à garder chez moi. J'aime pas trop qu'il soit mêlé au drame, le petit. Vingt-cinq ans arrive sur ces entrefaites pour coiffer sa petite soeur. On va laisser faire la coiffure, peux-tu t'occuper de Petit-fils. Oui. Merci.

Elle ne veut pas y aller seulement avec moi. On appelle son amie. On y va les trois en taxi. Rendues là, on nous fait attendre. Comme ma fille est fragile et que j'ai peur qu'elle veuille partir, je vais dire discrètement au comptoir qu'il s'agit d'un cas de violence conjugale. Tout change. On nous fait entrer immédiatement dans une salle. Le policier, hypergentil, nous offre des verres d'eau, va nous les chercher, nous dit qu'une équipe a été appelée et sera là dans cinq minutes. 

Arrivent deux policières. Ma fille parle peu, presque pas et pas du tout de violence. Je suis portée à parler à sa place. Je me fais regarder de travers, avec raison je pense. Alors, je dis que c'est mieux que j'attende à l'extérieur et les policières acquiescent, soulagées de ne pas avoir à me mettre elles-mêmes à la porte! ;o) 

Finalement, ma Vingt-quatre ans, la mère de Petit-fils, appelle, furieuse que j'aie laissé son fils avec sa grande soeur. Elle vient de l'apprendre par la grande soeur elle-même. J'ai beau lui dire qu'il est bien et que sa soeur est en pleine forme, elle est inquiète. On est arrivées à midi 40 et il est déjà 14h30. Je demande au policier de garde si je serai interrogée, il me dit qu'on m'appellera au besoin. Je rentre. 

Ma fille fera sa déposition jusqu'à 16 heures. Elle en avait des choses à dire!

jeudi 2 avril 2015

Choses pratiques

Journée impôts. Ben quoi, il n'y a pas que les drames, il  y a aussi les platitudes de la vie qu'il faut voir d'un bon oeil. Rendre agréable ce qui ne l'est pas. Je peux. Sourire est un bon départ. 

mercredi 1 avril 2015

Harcèlement criminel

Hier, ma fille Vingt ans n'est pas restée à l'école pour son cours de yoga parascolaire. Elle avait couché chez sa soeur et n'avait pas ses vêtements de yoga. Bien lui en prît finalement, car Joblo l'attendait à la sortie. Comme il ne la voyait pas, il est monté au troisième étage et à demandé aux élèves qui restaient où Vingt ans était. C'est son amie d'école qui nous a rapporté tout ça. 

Vingt ans était chez nous, catastrophée, quand je suis revenue de chez la psy. Elle avait convenu d'aller chercher son neveu (mon Petit-fils chéri) à l'école pour rendre service à sa soeur. Ouf! Il était bien tard, dépêche-toi, je vais y aller avec toi, faut pas tarder si on veut arriver à temps. Elle a semblé soulagée que je l'accompagne. Une fois dans le bus, elle m'a dit avoir vu sa voiture et qu'il était repassé plusieurs fois en plus. Panique. 

Alors elle a couché chez sa soeur et cette dernière est venue la conduire ici en voiture tôt ce matin. On (j'ai? avec son accord) a téléphoné à la psychoéducatrice de l'école pour la mettre au courant. Je suis allée la conduire jusqu'à la porte de l'école (elle n'a des cours qu'en après-midi le mercredi) et je vais aller la chercher ensuite. Comme je ne serai pas là ce soir, je la laisserai chez une amie dont je connais bien la mère. 

Il y aura probablement plainte pour harcèlement criminel. La super psychoéducatrice de l'école est en train d'organiser ça avec elle si elle le veut bien évidemment. C'est ma fille qui a le dernier mot. 

Le gars est en plein délire religieux. Il lui texte des trucs sur le diable et le danger de fréquenter des non-croyants et lui offre de retourner prier avec lui. Ils essayaient depuis Noël de faire un bébé, je viens de l'apprendre en lisant ses textos. Elle a confirmé. 

Bref, j'essaie de me calmer. 

mardi 31 mars 2015

Frigo et cie

Tous mes appareils ménagers sont vieux, très vieux, mourants et en voilà un dont j'ai constaté le décès ce matin: mon frigo. Bof! Pas énervée du tout la fille. Je me suis énervée pour des choses tellement plus importantes, comme la vie et la sécurité de mon enfant. Un frigo mort, je peux vivre avec ça! J'ai mis tous mes trucs dans une boîte en plastique sur le balcon et je vais en acheter un autre frigo, quand j'aurai le temps. Ce qui ne sera pas aujourdhui, je m'en vais au yoga et ensuite chez la psy. 

Je suis calme, heureuse et en contrôle de ma vie. C'est moi qui décide de ma façon de réagir aux événements. Rien ne va égratigner ma zénitude. 

lundi 30 mars 2015

Bonheur et légèreté

On le crée son bonheur. On le fait son bien-être. Prendre soin de soi. Je le fais. L'aquajogging ne reprenant que le 20 avril, je vais au yoga tous les jours. C'est dur? Tellement. Mais moins dur de jour en jour et j'apprends et je fais avec et je me sens si bien quand je sors de là. Énergisée. Ma petite Vingt ans est chez sa soeur. J'aime mes enfants et ma vie et mon futur voyage aussi. Ce soir, je ferai une soirée télé. Ces gars-là et Nouvelle Adresse. Deux émissions que j'aime. Je me sens bien. C'est fou ce que je suis contente que ma fille se soit sortie de cette relation qui lui faisait du mal. La super psychoéducatrice de son école me dit que c'est possible qu'elle retourne encore avec lui, que ça se fait en plusieurs étapes, se libérer d'un tel manipulateur. C'est correct. Je vis ça un jour à la fois. Et aujourd'hui est une super bonne journée. Il y a aussi mon voyage qui s'en vient. J'ai hâte. 

dimanche 29 mars 2015

Drôle de journée

Je devrais être en extase et filer le parfait bonheur parce que ma fille a quitté son agresseur. Et je ne suis qu'un paquet de nerfs, de noeuds, de stress. Ma fille du milieu qui est venue bruncher avec maman et moi me le faisait remarquer. C'est comme si j'étais tellement en mode inquiétude haute depuis si longtemps, que je ne pouvais pas mettre les lumières plus basses. Elles sont bloquées en mode intense. J'ai l'impression qu'une catastrophe va arriver d'un instant à l'autre. Je vois la psy mardi et je suis certaine qu'elle ne pourra pas m'aider. Si j'avais un problème avec un enfant, elle m'aiderait pourtant efficacement, je le sais. 

Heureusement, j'ai vu Petit-fils et il n'y a qu'un enfant pour briser les défenses, faire des dessins (on a dessiné chacun un cheval), sortir nos tapis de yoga et en faire chacun de notre bord, jouer aux cartes. Quand il est là, je ne pense pas, j'agis et je retombe en enfance. Il ne le sait pas mais il est le meilleur psychologue que je puisse avoir. 

Avant ça, après le brunch, on était allés visiter des condos tous les trois avec sa mère et on en a trouvé un très bien, en pleine ville, prix accessible. J'ai monté le montant que je donne. Je vais l'aider, c'est sûr, presque impossible pour les jeunes d'acheter sans aucune aide parentale de nos jours. Elle n'est pas certaine, magasine. Tout ceci est bien sage. Je suis fière d'elle. Pas de presse non plus. Elle peut acheter une autre année. 

Je suis mal à l'aise quand je vois Vingt ans. Je la trouve souffrante. Finis ses beaux sourires pour cacher ce qui se passait. Elle ne sourit plus du tout. 

Ils sont tous partis chez mon fils. Ça fait bien mon affaire. Vingt ans va revenir plus tard. Probable que j'aille la reconduire à l'école demain. On va en discuter. Si Joblo est dans les parages, va falloir appeler la police. Elle n'est pas pour continuer à se cacher de lui. La dernière fois qu'elle l'a quitté, elle a changé son numéro de téléphone, quitté l'école, est déménagée chez une amie sur la Rive-sud. Ça n'a aucun bon sens, c'est elle la victime et c'est elle qui continue à payer pour les actes criminels de Joblo. Cette fois, s'il se pointe, je vais aller moi-même à la police. J'en sais assez pour l'incriminer. Que ma fille le veuille ou pas, je vais porter plainte, on verra bien ce que ça donnera. Elle n'a pas à changer quoi que ce soit à sa vie pour un agresseur, pas question. 

Extrait

"Les différences entre une femme qui tombe en amour et un homme violent qui tombe en amour sont les suivantes:

Elle recherche une relation amoureuse basée sur l'égalité et le respect.

Il rêve d'avoir une femme qui répond à tous ses besoins, qui est belle à tous les moments de la journée, n'a pas de besoins personnels et qui est ébahie par son charme et son intelligence. Il désire une femme qui sera à son service et ne se plaindra jamais à propos de quoi que ce soit qu'il fasse. Une femme qui ne viendra pas gâcher sa journée en lui partageant ses propres frustrations ou malheurs. Bien que l'abus ne soit pas le but ultime de l'homme violent, le contrôle l'est certainement. Il utilisera donc la violence pour garder le contrôle, car il sent qu'il est en droit de le faire.

Un conjoint abusif est un être humain, pas un monstre maléfique. Cependant, il a un problème profondément complexe et destructif qui ne devrait pas être sous-estimé.

Les comportements violents d'un homme violent sont conscients. Il agit délibérément plutôt que par accident ou par perte de contrôle- c'est son mode de pensée et ses valeurs qui guident ses comportements qui sont inconscients.

(...) L'homme violent sait ce qu'il fait, mais pas nécessairement pourquoi il le fait."

Ce texte est tiré du site internet du Refuge pour les femmes de l'Ouest de l'Île.

samedi 28 mars 2015

Voyages et espoir

Je regarde des sites de voyage ce matin. Ce serait bien de partir avec Vingt ans. Tout me semble possible. En même temps, je suis réaliste. Cette accalmie peut n'être que ça, une accalmie, une pause dans la tempête. Je l'accepte ça aussi, que la permanence n'existe pas. Je suis zen, tellement que ce sont des voyages de yoga que je regarde! 

J'y vais d'ailleurs ce matin au yoga. Dans un cours difficile. La vie est difficile et on passe à travers. Ensuite, plein de films sur l'art. L'art nourrit et comme je veux maigrir un peu encore....  ;o) 

Vingt ans est avec sa soeur et elles vont en gang à la cabane à sucre. Pas d'inquiétude donc. 

vendredi 27 mars 2015

Elle l'a quitté

C'est ce que je viens d'apprendre. Le fait qu'elle ait vu la psychoéducatrice de son école deux fois cette semaine et qu'elle la revoie lundi matin a probablement aidé beaucoup. Je ne sais pas trop ce que je ressens parce que je ne le réalise pas trop encore. Cette fois, ce n'est pas nous, sa famille, qui l'avons sortie de là, elle l'a décidé toute seule (probablement avec l'appui de la psychoéducatrice). Je vais d'ailleurs lui parler lundi à cette fantastique intervenante (toute personne qui aide ma fille est fantastique). Elle m'a téléphoné cet après-midi avec l'accord de ma fille mais j'ai manqué l'appel. Je suis étourdie par la nouvelle, vraiment. Je sentais que ça s'en venait possiblement, car, comme l'avait remarqué Juste moi, elle prenait de l'assurance et s'ouvrait de plus en plus. 

Départ du matin

Fille partie pour l'école. En retard comme d'habitude. "Tu crois que c'est une maladie, maman, de toujours être en retard?"

Elle n'a pas dit qu'elle revenait ici et je n'ai pas posé de questions non plus. Son traitement est terminé. 

Elle ferme son petit ordi personnel de luxe qu'elle s'était acheté avec son argent du temps où elle travaillait. "Je devrais l'apporter tu penses?" Cette fois, je réponds sans réfléchir et je sors spontanément de ma retenue des derniers jours dont je ne suis pas peu fière. "Certainement pas chez Joblo!" 

-"Tu as bien raison, si je ne veux pas me le faire casser."

-"Il brise encore tes choses?"

-"Oui, il dit que c'est mieux de faire ça que de s'en prendre à moi."

mercredi 25 mars 2015

Psychologue

Elle s'y connaît moins que les gens de SOS violence conjugale (Pierre l'avait déjà dit!) et même moins que moi en violence conjugale. Ça fait prétentieux mais c'est ça qui est ça pareil, depuis que je lis, que je m'informe et que je consulte à ce sujet, je commence à m'y connaître pas mal. 

Par exemple, associer la violence conjugale à la maladie mentale comme elle l'a fait lors de notre rencontre est faux, inapproprié et trompeur. Les gens du milieu refusent que la violence conjugale relève d'une autre raison que du choix de l'agresseur. Parfois, on disait que le gars battait sa femme parce qu'il avait bu, les intervenantes vont immédiatement corriger: il boit pour battre sa femme. Bref, l'homme violent choisit la violence parce que ça lui rapporte, pas parce qu'il est une autre pauvre victime qui ne sait pas ce qu'il fait. Peu importe son enfance malheureuse, son état de santé, sa faillite personnelle, qu'il ait été agressé lui-même ou pas, rien ne justifie de violenter sa conjointe, point. 

La psy est une spécialiste de l'adoption et surtout des troubles de l'adoption dont le trouble grave de l'attachement et là-dedans, elle est bonne. C'est son champ d'expertise. Le fait que l'agresseur soit lui aussi un enfant adopté a biaisé sa vision et ça n'aurait pas dû. Elle a vu en lui l'enfant souffrant de troubles de l'attachement, de la peur de l'abandon, d'insécurité maladive. Je ne nie pas que le gars en question puisse souffrir de tout ça, mais ce n'est pas à moi (ni à elle!) à le sauver et à le traiter. Il ne demande pas d'aide. Refuse de consulter qui que ce soit. Ma fille lui en a parlé. Rien à faire. Personne ne va se mêler de sa vie. 

Ce gars-là, c'est un "sauvons-nous-de-lui-en-courant", pas quelqu'un à comprendre. Je ne veux pas comprendre les raisons qui font qu'il violente ma fille, je ne veux plus qu'il violente ma fille. Je veux la sortir de là. 

Ceci dit, cette psy connaît déjà toute la famille, on a sauvé du temps. 

Je suis à l'aise avec elle, on a sauvé du temps pour ça aussi. 

Lui parler m'a obligée à revisiter des souvenirs douloureux mais également à mettre de l'ordre dans mes idées. C'est bien. 

Est-ce qu'elle peut m'aider moi personnellement? Pas tant que ça. Est-ce que je vais et veux la revoir? J'ai hésité. Une seule autre fois sera bien et bon. La semaine prochaine. 

Si je veux faire une thérapie pour réorganiser ma vie à moi, ça ne sera pas avec elle. Elle représente la famille, avec elle, je parle enfants spontanément et tout le temps et c'est ça qui l'ntéressse. Elle m'a déjà énormément aidée dans le passé avec ma plus vieille et les services sociaux et les centres d'accueil. Elle m'a donné un appui solide et courageux et je lui en suis extrêmement reconnaissante. Mais notre relation s'arrête là, au coaching parental efficace. Moi en tant que moi, elle n'en a rien à faire. Mais moi en tant que moi, qui suis-je donc? Est-ce que j'arrive si bien à me définir à l'extérieur de mes enfants? Pas tout le temps, non. 

Bref, il y a plein de choses à creuser de ce côté-là et ça peut devenir extrêmement intéressant. Ai-je besoin d'une psychologue pour ça? Peut-être que oui, peut-être que non. Pour le coup de pouce initial, oui, je crois que ça serait utile 

Donc, je la revois une fois, je pars en voyage (oui, ça s'en vient!) et ensuite je retravaille avec aide sur mon vrai moi-moi, personne et non pas mère de quatre enfants et grand-mère d'un petit-fils et fille d'une maman qui vieillit ce qui me fait beaucoup de peine? L'aide n'étant plus cette psychologue mais bien une autre ou pas, je verrai. 

Je me sens mieux aujourd'hui, c'est clair. Parce que j'ai vu une psychologue hier ou bien parce que ma fille est ici, semble en réflection et en bien meilleure forme qu'hier, parce que ma fille couche ici ce soir et a invité des amies en plus? Ou bien ou bien... je me sens mieux et en contrôle de ma vie, de ce que je peux diriger dans ma vie. je me sens mieux et j'aime ça, youppi! 

Le seul hic c'est que j'ai pris un kilo depuis que fille est là. J'ai un peu garni mon frigo vide et puis hier, je lui ai acheté le souper libanais qu'elle réclamait (je fais tout pour lui plaire et qu'elle vive de beaux moments!) et on a ouvert une bouteille de vin, alors que je ne bois pas tous les jours quand je suis seule. Et puis, aujourd'hui, des crêpes pour bruncher et bien sûr je l'accompagne là-dedans. Et puis, j'ai tout le temps faim, la grande faim est revenue. Je suis sur une pente dangereuse niveau poids. Très. Je veux rétablir mais je ne pense qu'à manger. Mauvais. Lien direct. 

mardi 24 mars 2015

Peine

J'en ai. À cause encore de ma fille? Oui. Quand je ne la vois pas, j'arrive un peu à ne pas y penser, mais quand je la vois tellement changée, triste, avec un pauvre petit sourire, c'est juste affreux. Mon coeur se serre. Le cercle de la violence se rétrécit et c'est visible à l'oeil nu. 

lundi 23 mars 2015

La saga de ma Vingt ans

Et ça continue. On a subitement un grand accès à notre Vingt ans chérie. Il semblerait que Joblo ait "une amie" qu'il préfère voir seul. Il est donc ravi et partant pour se débarrasser de Vingt ans quand l'autre visite. Hier, il est venu la conduire à notre brunch dominical au restaurant (en retard, mais elle était là), ensuite, elle est allée magasiner (elle n'achète rien, elle n'a pas d'argent) avec sa grande soeur pendant que je visitais des condos avec Vingt-quatre ans. À mon retour, elle était chez moi! Ben voyons donc, on la voit vraiment beaucoup et facilement en plus. 

Le soir, elle est venue souper avec nous chez mon fils, des amies sont venues l'y chercher en voiture (ses amies commencent à avoir un permis de conduire) pour la ramener chez moi et passer la soirée avec elle. 

Elle a dormi ici et refuse de se lever ce matin. Probable qu'elle attend des nouvelles de Joblo. Ses trucs d'école sont chez lui. J'ai bien insisté pour qu'elle aille à l'école quand même mais ça n'a pas marché. Elle est comme un petit chien qui attend l'appel de son maître. Bon, pas trop gentil d'écrire ça, mais ça n'a tellement pas de bon sens cette histoire. Heureusement, je vois la psy demain. 

Au moins, elle est en sécurité ici. Je continue ma vie et m'en vais à l'aquaspinning avec Vingt-cinq ans qui continue toujours d'y venir avec moi à ma grande joie. Un jour à la fois. 

Autre nouvelle, le fils de Joblo va maintenant toutes les fins de semaine chez sa mère. Il a besoin de liberté Joblo, on dirait bien.  

vendredi 20 mars 2015

Poids

Des fois, je relis ce que je faisais à la même date l'année d'avant dans mon blogue. Ça a aussi cette utilité-là un blogue, voir si on évolue ou stagne. Et je lis dans un commentaire du 21 mars 2014 que je pesais 176 livres ce matin-là! Non, mais, j'en reviens pas. Alors, si je pèse 155 livres ce matin, je pèserais donc 21 livres de moins qu'à peu près à la même date l'année passée. Wow! C'est un gros changement. Je ne m'en peux plus de me réjouir. Je ne vais pas lâcher en tout cas. Joie. 

Dire ce que je pense

Vingt ans est venue chez moi hier. Quand Joblo reçoit des gens, et des gens ça veut dire une fille, il me la renvoie. Il ne la texte pas de la soirée et elle a la permission, et même l'obligation, de dormir chez sa mère. Mais comme elle est persuadée que Joblo ne couche pas avec son invitée, Vingt ans n'est pas inquiète du tout et même relax. Elle a invité deux amies, elles ont rigolé toute la nuit, essayé des vêtements, écouté de la musique. Le bonheur!

Cet après-midi, cependant, elle attendait de ses nouvelles. La tension est revenue. Et voilà qu'elle en a, juste comme on s'en va porter des bagels à mon vieil oncle mourant depuis longtemps maintenant. Chez lui. Elle a décidé de venir le voir avec une des amies qui est encore là, l'amie la plus proche, celle qui me renseigne pour savoir si elle est à l'école ou pas. 

Et Joblo insiste encore pour venir me rencontrer. Alors, elle insiste à sa place, veut me montrer ses écrits. "Écoute, chérie de mon coeur, je ne veux pas voir ton cel. Ce qui est écrit là-dedans est privé, personne ne devrait lire ce qu'on t'écrit, mon amour."

-Mais pourquoioioioioi  tu ne veux pas le voir? Ça sera pas long... vingt minutes, qu'il dit. Il veut juste t'expliquer."

-La dernière fois qu'il m'a parlé, il m'a dit qu'il voulait m'expliquer que tu n'étais pas un ange. Je ne suis pas intéressée du tout à rencontrer un gars pour m'expliquer ça. Tu es une fille formidable, s'il voulait m'expliquer à quel point tu es formidable, ça pourrait m'intéresser. 

-Mais maman, c'est vrai que je ne suis pas un ange... si tu savais...

-As-tu tué quelqu'un, fait mal à quelqu'un, menacé quelqu'un, volé? 

-Non, mais quand on était plus ensemble, Joblo et moi, j'ai pas juste couché avec X, comme je l'avais dit, j'ai aussi couché avec Y et Z et ....

Je l'arrête.

-Ma beauté, même s'il y en avait un différent chaque jour, ça t'appartient. Tu n'as pas à me raconter ça, ni a Joblo d'ailleurs. Tu demeures un ange, une personne intègre au grand coeur toujours prête à aider les autres. On n'est pas plus angélique parce qu'on n'a pas de vie sexuelle. Tu es une personne bien, Vingt ans, ne laisse personne te dire le contraire. 

S'ensuivit une conversation plus "vraie", où elle ne nie pas que Joblo doive toujours avoir raison, que quand il parle de "discuter" il s'agit plutôt de lui qui lui explique longuement ses torts et d'elle qui s'excuse tout aussi longuement. Si elle insiste autant pour que je le rencontre, c'est qu'elle paiera pour si elle n'y parvient pas. Voilà qu'elle pleure. Je parle encore de le quitter. Elle ne veut pas. "Quand tu seras prête. je serai là, on sera tous là pour t'aider."

On parle de plan d'urgence aussi. Si jamais tu dois sortir la nuit sans rien, ni argent ni carte de métro. Elle peut courir chez son amie, celle-là même qui est avec nous, quinze minutes de marche. Bien. Et si tu n'as pas le temps de te rendre là, s'il te court après. Il y a un dépanneur. Appeler 911 svp. 

Elle écoute et répond aux mesures d'urgence. Elle est donc bien consciente que danger il peut y avoir. Mais elle retourne pourtant. 

Le cycle de la violence va se refermer, les bons moments vont diminuer et bientôt il n'y en aura plus du tout. Attendre. 

Son frère qu'elle devait voir? Pas vu. Je n'ai pas trop interrogé. Déjà qu'elle pleurait, je ne voulais pas en rajouter.